Tag: Etats-Unis

  • Premier grand test pour Carlo Ancelotti et le Brésil face au Maroc

    Premier grand test pour Carlo Ancelotti et le Brésil face au Maroc

    Monstre sacré parmi les entraîneurs, l’Italien Carlo Ancelotti tente le pari de remporter un titre de champion du monde comme sélectionneur du Brésil au Mondial-2026, avec un premier grand test dès dimanche (0h) contre le Maroc, demi-finaliste il y a quatre ans. C’est le match au sommet de ce groupe C, qui compte également l’Ecosse et le Petit Poucet Haïti.

    « Carletto », qui, à 67 ans, fait ses débuts comme sélectionneur en Coupe du monde, est le seul entraîneur à avoir remporté cinq Ligues des champions et le titre dans les cinq principaux championnats européens.

    « J’espère que tout ce que j’ai fait contre lui, je pourrai désormais le faire pour lui, surtout pendant la Coupe du monde », a affirmé cette semaine l’attaquant Raphinha, 29 ans. Le joueur du FC Barcelone a remporté huit classicos alors qu’Ancelotti entraînait le Real Madrid entre 2022 et 2025.

    « L’atmosphère

    s’est transformée »

    En l’absence de la star Neymar, blessé fin mai et qui ne s’est pas entraîné depuis, Raphinha est avec Vinícius Jr l’un des grands espoirs des quintuples champions du monde qui veulent mettre fin à une disette de titres mondiaux depuis 2002. Mais la Seleçao a montré un jeu irrégulier sur la route du Mondial nord-américain, où elle a perdu des joueurs importants comme Rodrygo et Estevao.

    « Nous avons traversé des périodes compliquées pendant cette préparation, mais je pense que nous sommes bien pour le début du tournoi », a déclaré Raphinha. Depuis l’arrivée d’Ancelotti il y a un an, « l’atmosphère s’est transformée. Il a une présence très forte et ne se focalise pas sur les polémiques », a souligné le gardien de Liverpool, Alisson. L’équipe est critiquée pour son manque d’individualités sortant du lot, dans un pays qui a toujours voué un culte à la créativité. L’équipe est critiquée pour son manque d’individualités sortant du lot, dans un pays qui a toujours voué un culte à la créativité.

    Plusieurs pertes

    pour les deux nations

    Ancelotti a cédé à la pression populaire et appelé l’artiste Neymar mais l’attaquant de Santos est loin d’être assuré d’une place dans le onze de départ. Même diminué physiquement à 34 ans, il est l’un des rares à pouvoir sortir un geste venu d’ailleurs.

    À court de rythme, le meilleur buteur de l’histoire de la Seleçao (79 buts) sera absent contre les Marocains mais l’Italien peut compter sur le jeune Endrick qui, à presque 20 ans, est déjà comparé à l’ancienne gloire Romario. Le Maroc a lui aussi connu des déconvenues.

    Les champions d’Afrique 2026 – titre obtenu sur tapis vert qui fait l’objet d’un appel du Sénégal – ont perdu jeudi l’ailier Abde Ezzalzouli et le défenseur de l’Olympique de Marseille Nayef Aguerd, blessés lors du dernier match de préparation contre le Norvège la semaine dernière. Marwan Saadane et le joueur d’Angers Amine Sbaï sont les deux remplaçants. Casse-tête à venir pour le sélectionneur Mohamed Ouahbi, qui perd l’un de ses titulaires avec « Abde Ez ».

    ET AUSSI

    Le programme du week-end

    Groupe B : Qatar – Suisse (samedi 21h, Levi’s Stadium de San Francisco) Groupe C : Brésil – Maroc (dimanche 0h, MetLife Stadium de New York) ; Écosse – Haïti (dimanche 3h, Gillette Stadium de Boston) Groupe D : Australie – Turquie (dimanche 6h, BC Place de Vancouver) Groupe E : Allemagne – Curaçao (dimanche 19h, NRG Stadium de Houston) ; Côte d’Ivoire – Équateur (lundi 1h, Lincoln Financial Field de Philadelphie) Groupe F : Pays-Bas – Japon (dimanche 22h, AT&T Stadium de Dallas) ; Suède – Tunisie (lundi 4h, Stade BBVA de Monterrey)

    Belle audience pour le match d’ouverture

    4,88 millions, c’est le nombre de téléspectateurs présents devant M6 pour le match d’ouverture entre le Mexique et l’Afrique du Sud (2-0). C’est un record pour une édition estivale de la Coupe du monde depuis 2014.

    Les Bleus sous la chaleur

    L’équipe de France a réalisé ses premiers entraînements, depuis son arrivée à Boston. La météo n’a pas épargné les Bleus, qui devront rapidement s’habituer à la chaleur. Le thermomètre a dépassé les 30 degrés pour leurs premières mises en place aux États-Unis.

    Déjà de nombreux sièges vides

    Si le match d’ouverture a rassemblé plus de 80 000 spectateurs à Mexico, les tribunes étaient plus clairsemées à Guadalajara pour Tchéquie – Corée du Sud. La FIFA a annoncé 44 985 personnes sur 48 000, mais les images montraient de larges portions vides dans le stade. Pour chaque match, plusieurs milliers de billets sont encore disponibles sur le site de revente de la FIFA, notamment à cause des prix faramineux.

  • [Coupe du Monde] Dans le groupe E, incertitudes à tous niveaux

    [Coupe du Monde] Dans le groupe E, incertitudes à tous niveaux

    Allemagne, Côte d’Ivoire, Equateur et Curaçao. Trois nations fortes de leur continent respectif et le Petit Poucet incontesté de cette 23e édition. La 4e place de cet indécis groupe E ne devrait pas échapper à l’ancienne colonie néerlandaise, peuplée de 185 000 habitants – soit à peine plus que la ville de Grenoble -, tant l’écart de niveau semble élevé. Pour le reste, les débats sont ouverts.

    Les certitudes ne sont pas nombreuses pour les troupes de Julian Nagelsmann, qui débutent justement contre Curaçao (dimanche 19h). Manuel Neuer est sorti de sa retraite internationale pour aider son pays, le prodige Lennart Karl s’est blessé en préparation et les cadres de cette équipe sortent d’une saison en dents de scie. Les Kimmich, Goretzka, Musiala, Wirtz, Woltemade n’ont pas été des plus flamboyants, mais ils seront tout de même les principaux atouts de leur sélectionneur.

    Qui pour créer la surprise ?

    Dans cette situation, Equatoriens et Ivoiriens ont leur carte à jouer, même face à la sélection allemande. Après de solides campagnes de qualification, les deux formations arrivent en forme en Amérique du Nord. Leur affrontement, dans la nuit de dimanche à lundi (1h), établira une première hiérarchie dans cette poule E. Le vainqueur verra à coup sûr les 16e de finale et sera en position de remporter ce groupe.

  • Mexique, États-Unis Canada : qui ira le plus loin ?

    Mexique, États-Unis Canada : qui ira le plus loin ?

    Pour la première fois, ils sont au nombre de trois. 24 ans après le duo Japon-Corée du Sud, la Coupe du monde de football se dispute dans trois pays différents : le Canada, le Mexique et les États-Unis. Les trois hôtes ont été automatiquement qualifiés, mais quelles sont leurs chances de bien figurer ? Au lendemain de l’entrée en lice des Mexicains, Canadiens et Américains débutent leur compétition.

    Les États-Unis de Mauricio Pochettino affichent de l’ambition pour leur Mondial à domicile. Dans un groupe D abordable (Paraguay, Australie, Turquie), s’extirper de ce premier tour est une possibilité sérieuse. La 2e place de la poule offrirait un 16e de finale contre le 2e du groupe G, potentiellement l’Égypte ou… l’Iran. Les États-Unis possèdent un bon onze de départ avec une paire d’attaque Folarin Balogun (Monaco) – Christian Pulisic (Milan AC). Le milieu de terrain est bien garni avec Tillman, Adams et McKennie, ainsi que Reyna, Aaronson et le Marseillais Timothy Weah sur le banc. Les doutes sont permis sur le secteur défensif, qui a coulé en amical au printemps
    (2-5 face à la Belgique, 0-2 contre le Portugal).

    Le Canada veut fêter sa première

    Zéro, c’est le nombre de victoire en Coupe du monde du Canada dans son histoire. Six matches, six défaites pour les Nord-Américains, mais l’espoir est réel de voir cette série négative prendre fin sur leur sol. Placés avec la Bosnie, le Qatar et la Suisse (groupe B), un seul succès pourrait leur permettre de franchir le premier tour. Surtout que l’arrivée du sélectionneur Jesse Marsch, découvert au Red Bull Salzbourg grâce à un style offensif, a été bénéfique pour l’équipe. Un seul revers sur les onze dernières rencontres. Légèrement blessé, la star Alphonso Davies (Bayern) va manquer l’ouverture, mais le talent ne manque pas dans cette sélection. Jonathan David, l’ex-Marseilais Ismaël Koné, Tajon Buchanan, Alistair Johnson et Promise David sont des atouts considérables.

    Le Mexique a aussi l’occasion de s’ouvrir le tableau en terminant 1er de la poule A. Les hôtes pourraient retrouver l’Angleterre en 8e de finale. Une sélection expérimentée, qui accueille plusieurs jeunes talents. Un bon tournoi d’éléments comme Raul Jimenez, Johan Vasquez et Santiago Gimenez permettraient à leur pays d’être le meilleur des trois organisateurs.

    Canada – Bosnie-Herzégovine (vendredi 21h, BMO Field de Toronto, groupe B)
    États-Unis – Paraguay (samedi 3h, SoFi Stadium de Los Angeles, groupe D).

  • La France vise une troisième étoile face à une concurrence relevée

    La France vise une troisième étoile face à une concurrence relevée

    Sur le papier, les Bleus ont tout pour séduire et décrocher une troisième étoile, rejoignant ainsi l’Argentine au palmarès des triples champions du monde. Un effectif complet dans tous les secteurs de jeu, un capitaine, Kylian Mbappé, au sommet de son art, un Ousmane Dembélé fraîchement sacré Ballon d’Or, un Michael Olise en pleine
    réussite sous les couleurs du Bayern Munich et un Didier Deschamps fort de son immense expérience au plus haut niveau.

    Autant d’atouts qui font de l’équipe de France l’un des principaux prétendants au sacre mondial. Mais avant d’espérer revivre l’épopée de 2018, le chemin s’annonce long et semé d’embûches. Plusieurs grandes nations nourrissent elles aussi l’ambition de soulever la Coupe du monde, actuellement détenue par l’Argentine d’un Messi au crépuscule de sa carrière.

    Parmi les adversaires à surveiller de près, le Portugal fait figure d’épouvantail. Au-delà d’un Cristiano Ronaldo désormais quadragénaire, la Seleção peut s’appuyer sur une génération talentueuse arrivée à pleine maturité.

    Préparation pas idéale

    Les Parisiens João Neves, Nuno Mendes et Vitinha, récents doubles champions d’Europe, en sont les parfaits symboles. Tout comme les cadres évoluant en Premier League, le championnat le plus relevé du continent, à l’image des Citizens Rúben Dias et João Cancelo ou encore du Mancunien Bruno Fernandes.

    L’Angleterre et l’Espagne, toutes deux portées par une jeune génération particulièrement prometteuse, figurent également parmi les favoris à la victoire finale. Mais des nations historiques comme le Brésil et l’Allemagne, moins souveraines ces dernières années, demeurent capables de jouer les trouble-fêtes tout au long de la compétition. Si l’équipe de France affiche un effectif particulièrement riche, elle n’a pas totalement convaincu lors de ses dernières sorties. La défaite surprise face à la Côte d’Ivoire, puis le succès poussif contre l’Irlande du Nord, en préparation, ont mis en lumière plusieurs failles dans le jeu tricolore, notamment sur le plan défensif devenu si primordial.

    Le programme des Bleus

    1er match : mardi 16 juin contre le Sénégal (à 21h, heure française)

    2e match : lundi 22 juin
    contre l’Irak (à 23h)

    3e match : vendredi 26 juin contre la Norvège (à 21h)

  • [Entretien] Pascal Boniface : « Trump espère être au centre du monde le temps de la compétition »

    [Entretien] Pascal Boniface : « Trump espère être au centre du monde le temps de la compétition »

    La Marseillaise : Dans quel contexte s’ouvre cette Coupe du monde ?

    Pascal Boniface : Le Canada regrette d’avoir candidaté parce qu’ils ont 13 matchs et aucun d’importance. La FIFA leur a imposé des conditions vraiment draconiennes dont l’interdiction d’organiser des spectacles pendant l’arrivée des matchs. Le Mexique a le match d’ouverture mais il n’a aussi que 13 matchs donc c’est avant tout une compétition aux États-Unis. Ce qu’il faut savoir aussi, c’est que lorsque le dossier de candidature a été déposé, Trump était déjà au pouvoir et il y avait déjà des relations très compliquées entre les pays. Depuis c’est pire, puisqu’il a carrément menacé d’annexer le Canada. Il faut aussi se rappeler qu’en 2019, lors de l’attribution de la compétition, Trump avait menacé de sanctions ceux qui ne votaient pas sa candidature. C’est la première fois dans l’histoire de la Coupe du Monde qu’un chef d’État menaçait les autres s’ils ne votaient pas pour lui. Et la FIFA n’avait pas réagi.

    Trump n’est pas fan de football. Pourquoi a-t-il tant tenu à accueillir cette compétition ?

    P.B. : Trump n’aime pas le football, ce n’est pas un fan, mais il aime bien les caméras. Il sait que le football, et la Coupe du Monde particulièrement, attirent les caméras donc il espère pouvoir être au centre du monde le temps de la compétition. Il risque de l’être pour des raisons négatives qui sont contraires à l’esprit du sport.

    La politique de son administration sur la délivrance des visas illustre son racisme ?

    P.B. : Il a voulu envoyer un message à son électorat, en disant que même s’il avait perdu la main en Iran et que les choses n’allaient pas aussi bien qu’il le disait et le voulait, il restait ferme sur la question des migrants. Et donc, il refoule un arbitre somalien, il refuse des supporters d’autres équipes, il accueille dans des conditions tout à fait épouvantables l’équipe du Sénégal qui a subi une fouille très intrusive sur le tarmac, qui n’aurait certainement pas été réservée à une équipe européenne.

    Et la FIFA reste passive ?

    P.B. : Son attitude est proprement scandaleuse. C’est un arbitre référent qui a été désigné par la FIFA comme le meilleur arbitre africain pour l’année passée. Le refus de Trump de le laisser rentrer est à la fois une insulte à la FIFA et à tout le continent africain. C’est la première fois dans l’histoire de la Coupe du Monde que le pays organisateur refuse l’arrivée d’un arbitre envoyé par la FIFA. C’est quelque chose qui est tout à fait hors normes que la FIFA n’aurait jamais dû accepter sans protester. Elle n’a même pas fait semblant d’être ulcérée par cette mesure qui est proprement raciste. On ne reproche rien de précis à cet homme sauf d’être somalien donc c’est bien en fonction de ce qu’il est et non pas de ce qu’il a fait qu’on lui refuse un visa. Trump avait tenu des propos extrêmement négatifs et vexatoires à propos de la Somalie en disant que c’est un pays horrible, particulièrement arriéré, dans lequel il n’y avait rien d’autre que des gens qui se battaient.

    Certaines places affichent des prix exorbitants, ce qui contraste avec un sport censé être populaire ?

    P.B. : C’est devenu la tradition qu’il y ait des places extrêmement cher payées par des gens qui ont les moyens ou par des sponsors. Mais il y a également une tradition qu’il y ait des places à des prix abordables, ce qui n’est pas du tout le cas là. À cela s’ajoute le prix des hôtels qui a augmenté ainsi que celui des transports urbains : il faut compter 100 dollars [au lieu de 12,90$, Ndlr.] pour aller de New York aux matchs à New Jersey. C’est l’offre et la demande, selon les règles du libéralisme américain. Ce capitalisme sauvage a pour conséquence des chambres d’hôtels vides et des stades où tous les sièges ne sont pas remplis, ce qui n’est pas étonnant.

    Des stades autour desquels l’ICE menace ?

    P.B. : Il y a d’une part des supporters de certaines équipes venant de pays considérés comme inamicaux ou suspects de la part de Trump qui n’ont pas eu leur visa. Et puis il y a effectivement notamment les Latino-Américains passionnés de football qui risquent de ne pas venir au stade de peur de subir des rafles de l’ICE comme ça s’est fait dans les compétitions nationales américaines.

    C’est déjà arrivé que l’un des pays organisateurs d’une Coupe du monde soit partie prenante d’une guerre ?

    P.B. : Jamais, parce que généralement quand il y a des guerres on arrête les compétitions. Le fait que le pays organisateur soit en guerre avec un pays qualifié, c’est là aussi une très grande première.

    Trump espérait trouver un accord avant la cérémonie d’ouverture ?

    P.B. : Il l’aurait certainement souhaité, mais il n’a pas la maîtrise des événements et il est dépassé par ces derniers. Il aimerait effectivement montrer qu’il a bien mérité le prix de la paix de la FIFA, en mettant fin à une guerre qui a lui-même déclenché par ailleurs.

    *La géopolitique, les pieds dans le sable

    Aux éditions Eyrolles.

  • Le Mondial débute entre stars et tensions

    Le Mondial débute entre stars et tensions

    Cette Coupe du monde 2026 s’annonce comme celle de tous les records. Pour la première fois, la Coupe du monde est organisée conjointement par trois pays d’Amérique, qui s’apprêtent à accueillir le gratin du football mondial. États-Unis, Mexique et Canada sont les trois hôtes de cette 23e édition à rallonge du plus grand événement sportif planétaire (11 juin-19 juillet). Un tournoi XXL s’apprête à débuter, ce jeudi, avec pas moins de 48 nations représentées -pour le plus grand bonheur de la Fifa, financièrement parlant- et des matches disputés dans 16 villes, de Monterrey à Vancouver, en passant par Seattle, Kansas City et New York.

    Une compétition polémique depuis ses prémices, mais dont l’intérêt sportif reste intact. L’Espagne de Lamine Yamal est l’équipe la plus impressionnante de ces derniers mois, mais les favoris sont nombreux. La France (voir ci-contre), le Portugal et l’Argentine, championne en titre, seront redoutables. Les doutes s’accumulent autour du Brésil, de l’Allemagne et de l’Angleterre, avec une liste presque sans stars. Les deux meilleures nations africaines, Maroc et Sénégal, ont enfilé leur costume d’outsiders dans la quête du dernier carré.

    La Coupe du monde n’a pas encore commencé que les États-Unis reçoivent carton rouge sur carton rouge. La planète football a déjà trouvé sa première figure marquante du tournoi avec l’officiel somalien Omar Abdulkadir Artan. Désigné meilleur arbitre africain 2025, l’homme de 34 ans a été refoulé à son arrivée aux États-Unis après 11h d’interrogatoire et de rétention administrative, avant d’être renvoyé vers Istanbul. En cause : des documents jugés non conformes selon les services américains de protection des frontières. « J’avais les bons papiers et le bon visa. Malgré les circonstances, je garde une attitude positive », affirme l’arbitre. « La Fifa n’intervient pas dans les procédures d’immigration du pays hôte », se contente de déclarer l’instance organisatrice.

    Les États-Unis n’en sont pas à leur coup d’essai, avec des problèmes de visas observés pour des supporters, journalistes, sans parler des délégations, comme l’Iran ou l’Irak. Donald Trump a durci sa politique migratoire, avec une implication accrue de l’ICE, police de l’immigration, alimentant un climat d’inquiétude. De son côté, la Fifa s’efforce de se dédouaner de ces situations, malgré la proximité affichée entre son président, Gianni Infantino, et Donald Trump.

  • Le Mondial 2026 approche et les tensions géopolitiques persistent

    Le Mondial 2026 approche et les tensions géopolitiques persistent

    Lundi soir, la Fifa a annoncé qu’un arbitre somalien, Omar Abdulkadir Artan, refoulé par la police américaine des frontières samedi à son entrée à Miami (Floride) en provenance d’Istanbul, n’officierait finalement pas durant la Coupe du monde. Un premier gros couac pour la Fédération internationale, qui a expliqué dans un communiqué qu’elle « n’intervient pas dans les procédures d’immigration du pays hôte, y compris dans l’octroi des visas ».

    Omar Abdulkadir Artan disposait pourtant d’un visa en règle, selon un haut conseiller auprès du ministère de la Jeunesse et des Sports de la Somalie, dont les citoyens sont frappés d’une interdiction de voyage aux États-Unis par l’administration de Donald Trump.

    L’Irak a également connu des tracas administratifs à son arrivée aux États-Unis. Selon le Guardian, l’attaquant vedette des Lions de la Mésopotamie Aymen Hussein a été retenu près de sept heures samedi à l’aéroport de Chicago, tandis que le photographe officiel de la sélection, Talal Salah, s’est vu refuser l’entrée sur le territoire malgré un visa valide.

    Quant à l’Iran, il fait toujours l’objet d’une attention particulière, dans le contexte de la guerre déclenchée le 28 février par des attaques américano-israéliennes.

    Le flou règne toujours sur les conditions d’accès aux États-Unis de la Team Melli, qui a pris ses quartiers dimanche à Tijuana (Mexique) au lieu de Tucson (Arizona) comme initialement prévu, en raison du refus des autorités américaines de délivrer des visas de longue durée.

    Manifestations prévues

    à Mexico

    L’équipe iranienne doit disputer ses trois matches du premier tour aux États-Unis (Los Angeles et Seattle). Or, si les joueurs et l’encadrement ont bien reçu leurs visas, une quinzaine d’accompagnants n’ont pas obtenu le précieux sésame, dont le président de la fédération Mehdi Taj, qui a servi au sein des Gardiens de la révolution, une organisation considérée comme terroriste par Washington.

    En attendant, les regards sont tournés vers Mexico, où aura lieu jeudi le match d’ouverture de cette 23e édition, entre le Mexique et l’Afrique du Sud, au mythique stade Aztèque de Mexico.

    « Nous allons garantir (…) que la célébration de l’inauguration de la Coupe du monde se passe bien, dans la paix et la tranquillité », alors que des manifestations massives d’enseignants sont prévues dans la capitale, a déclaré lundi la présidente mexicaine Sheinbaum.

  • Tran To Nga, rescapée de l’agent orange témoigne

    Tran To Nga, rescapée de l’agent orange témoigne

    Quel meilleur témoignage qu’une rescapée de l’épandage de 80 millions de litres d’herbicides déversés, pendant la guerre du Vietnam par les États-Unis. Avec des enfants qui, pour la quatrième génération, continuent de lourdement pâtir de ce poison produit entre autres par les sociétés pétrochimiques américaines Monsanto-Bayer et Dow Chemical.

    Pour mémoire, la résistante vietnamienne a engagé un procès international contre ces firmes. Elle viendra notamment donner les dernières informations concernant son prochain rendez-vous au tribunal le 16 juin à Paris.

    Le comité varois de l’Association d’amitié franco vietnamienne (AAFV) expliquera son implication au bénéfice de ces enfants lourdement handicapés ou atteints de cancer. Notamment par l’achat, grâce au lancement d’une souscription, d’un troupeau de vaches destiné à un village du Sud, afin qu’ils aient accès à la viande fraîche et au lait. Mais aussi en essayant de créer plus de solidarité. Une école maternelle pour les enfants handicapés par la dioxine a également été construite ainsi qu’une de réserve d’eau potable.

    On sait maintenant combien ces poisons sont absorbés puis stockés dans les organismes et les conséquences sur le long terme et combien l’environnement est pollué par ces substances dangereuses. Un sinistre bilan sanitaire qui devrait conduire les politiques publiques à beaucoup plus de prudence.

  • Ils dénoncent l’asphyxie de Cuba par les États-Unis

    Ils dénoncent l’asphyxie de Cuba par les États-Unis

    « Lobjectif premier, c’est de faire pression pour que nos députés se positionnent sur la situation à Cuba », martèlent Nicole Giraudi, présidente de France Cuba Marseille 13, et Alain Sicre, représentant de Cuba Coopération, alors qu’un débat sur le sujet doit avoir lieu ce jeudi 11 juin à l’Assemblée nationale. Tous deux font partie des organisations qui se rendront ce mardi devant la préfecture de Marseille. À leurs côtés, Moncada, le Mouvement de la paix et la Ligue des droits de l’Homme dénoncent eux aussi l’impact du blocus sur la population cubaine.

    « Il y a une impossibilité à vivre sur le sol cubain depuis les mesures prises par Donald Trump », se désole Nicole Giraudi. Ces nouvelles restrictions « empêchent l’approvisionnement du pays en pétrole, menacent de sanctions les entreprises étrangères qui travaillent à Cuba », et limitent les échanges touristiques. « Une asphyxie généralisée » qui s’ajoute au blocus en place depuis 1962, et qui impacte toute la population cubaine. « Ils n’ont plus que 2 à 4 heures d’électricité par jour, plus de médicaments, plus de systèmes de canalisation car ce sont des entreprises étrangères qui les installaient », souffle Alain Sicre.

    En plus de l’effondrement de l’économie, les associations craignent pour la vie des habitants. De nombreuses opérations urgentes sont reportées, l’eau n’est plus potable en raison des déchets qui s’accumulent. « Tout ça dans le silence de la France, qui est très timide sur le sujet. »

    Débloquer l’aide

    Si les associations locales poursuivent leurs actions, elles estiment aujourd’hui avoir atteint une limite. « On ne peut plus envoyer de conteneurs. On en a qui dorment dans des entrepôts, prêts à partir, avec du matériel médical, de la nourriture pour bébés… » Mais acheminer de l’aide est devenu quasiment impossible, notamment depuis que la compagnie maritime CMA CGM ne livre plus Cuba. « Il faut souligner les barrières mises à l’humanitaire. Ça ne peut plus attendre, on a besoin d’une volonté politique et de véritables coopérations », campe Alain Sicre.

    À quelques jours du débat prévu à l’Assemblée nationale, les associations espèrent obtenir des prises de position claires de la part des députés locaux. « Le gouvernement peut sanctionner, et dire que les entreprises françaises continueront de soutenir Cuba », estime Nicole Giraudi. De quoi rappeler que le sort de l’île dépend avant tout de la solidarité internationale.

    Un rassemblement à l’initiative du PCF Var mercredi à Toulon

    À la veille de la proposition de résolution portée par le PCF devant l’Assemblée nationale jeudi, la Fédération du PCF du Var appelle au rassemblement mercredi, à 17h30, place du Murier à Toulon. « Il est temps que la France se fasse entendre pour exiger la fin du blocus, la levée des sanctions américaines aux entreprises qui commercent avec Cuba, que notre pays rétablisse et développe des coopérations avec Cuba, et apporte de l’aide humanitaire », soutiennent les communistes varois. Cette mobilisation s’inscrit dans la lignée de leur engagement pour la cause, à l’image de la collecte de médicaments et de produits d’hygiène en faveur du peuple cubain organisée dans le département depuis le 11 avril. Une campagne qui « rencontre un grand succès », se félicite le PCF Var. Une distribution de tracts aura lieu en marge du rassemblement.
    Ad.B.

  • Des vérités qui dérangent

    Des vérités qui dérangent

    L’avènement de l’intelligence artificielle crée un nouvel univers paradoxal. Il est en capacité de noyer chaque individu sous un raz-de-marée de posts, images, messages, dont la véracité n’est pas avérée,
    met à mal et fragilise l’ensemble des rédactions puisqu’il représente une menace concrète pour de multiples fonctions et métiers et exige, dans le même temps, un surcroît de journalisme, pour vérifier et valider -ou non- les dites « informations ». À cela s’ajoute le jeu des algorithmes, maintes fois dénoncé lors des récentes campagnes électorales, comme vecteur d’un entre-soi qui fait fi de la moindre vérification. L’abandon successif du fact-checking par Twitter puis Facebook en dit long sur cette volonté d’ouvrir les vannes de la « liberté d’expression » qui, aux États-Unis, permet à chacun de dire tout et son contraire, sans les limites légales qui existent -encore- en Europe.

    Une boîte de Pandore

    Une boîte de Pandore, une faille abyssale dans laquelle se sont engouffrés les manipulateurs, les tenants d’une « vérité » parallèle et alternative, qui préfèrent tout bonnement remettre en question un raisonnement cartésien pour faire la part belle aux « croyances ». Donald Trump a lui-même enfermé ses fans et followers via son propre média dans un monde de post-vérités, à l’instar d’un vaste mouvement d’extrême droite passé à l’offensive médiatique en multipliant les saillies complotistes ou climatosceptiques.

    À côté de ça, des dizaines de journalistes sont morts cette année, tués par balles ou par des bombes, pour démêler le vrai du faux, rapporter simplement le témoignage du réel. Celui qui dérange.