Tag: réseaux sociaux

  • Sonia Bellina : l’enquête avance, la haine misogyne éclate

    Sonia Bellina : l’enquête avance, la haine misogyne éclate

    Le 21 août, l’enquête sur la mort de Sonia Bellina a franchi une étape décisive. Un homme de 32 ans, domicilié dans le Gard, a été mis en examen pour « assassinat » et placé en détention provisoire. Le suspect, présumé innocent, a reconnu avoir rencontré la jeune femme la veille et la nuit des faits dans le cadre d’une relation tarifée, mais n’a pas reconnu l’avoir tuée et a exercé son droit au silence. Selon le parquet, plusieurs éléments laissent penser qu’il aurait été son dernier contact.

    Déjà condamné pour violences conjugales en 2023, il portait un bracelet anti-rapprochement destiné à protéger son ex-compagne. Un second homme, placé en garde à vue, a été remis en liberté et mis hors de cause à ce stade. Pour rappel, le corps de Sonia Bellina, 29 ans, avait été découvert le 12 août partiellement carbonisé dans des vignes à Saint-Gilles. Son identité a été confirmée une semaine plus tard par ADN. L’information judiciaire doit désormais préciser le déroulement et le mobile du crime.

    La misogynie

    jusque dans la mort

    Si la justice retient à ce stade la qualification d’« assassinat  », plusieurs associations et responsables politiques parlent déjà de féminicide. Le mobile misogyne n’est pas établi par l’enquête. Mais la misogynie s’est manifestée avec violence après sa mort : commentaires sur son corps, sa vie privée ou encore son activité supposée d’escort-girl, jusqu’à des messages affirmant qu’elle aurait « mérité » son sort. Une mécanique bien connue des associations féministes : disséquer une vie et des choix pour chercher à expliquer, relativiser voire excuser la violence subie.

    Sa famille, par la voix de son avocat Me M. Battikha, a dénoncé une « double peine » et annoncé vouloir poursuivre les auteurs de ces publications. Au-delà de l’enquête, l’affaire Sonia Bellina met une nouvelle fois en lumière la persistance d’une culture de culpabilisation des femmes victimes de violences, jusque dans la mort.

    « Un féminicide supplémentaire »

    La section nîmoise du PCF indique dans un communiqué son « horreur » après l’assassinat de Sonia Bellina et adresse ses condoléances à sa famille. Pour son secrétaire Jacques Chabalier, ce crime constitue « un féminicide supplémentaire » et rappelle l’urgence de faire des violences faites aux femmes une priorité nationale. Le parti dénonce aussi les « logiques masculinistes » et les propos misogynes diffusés depuis la mort de la jeune femme sur les réseaux sociaux, appelant à des plaintes et des condamnations. A.J.

  • Sébastien Delogu convoqué devant la justice pour outrage le 13 novembre

    Sébastien Delogu convoqué devant la justice pour outrage le 13 novembre

    Le député (LFI) de la 7e circonscription des Bouches-du-Rhône Sébastien Delogu s’est vu remettre à l’issue de sa garde à vue jeudi soir une convocation par officier de police judiciaire, confirme le parquet de Marseille auprès de La Marseillaise. Celui-ci devra s’expliquer devant le tribunal correctionnel le 13 novembre prochain, après l’altercation qui l’a opposé lundi après-midi à trois policiers qui intervenaient dans l’immeuble où il réside pour interpeller un voleur présumé. «Il est poursuivi du chef d’outrage sur personnes dépositaires de l’autorité publique», précise le parquet.

    Le parquet confirme par ailleurs avoir bien reçu la plainte déposée mercredi soir par l’avocat du parlementaire, Me Yonès Taguelmint, «contre les trois policiers pour outrage et violences par personne dépositaire de l’autorité publique». Dans les enregistrements de vidéosurveillance diffusés en ligne, on entendait l’un des policiers traiter le député de «trou du cul», tandis que les agents en civil assuraient dans leur plainte avoir eux-mêmes été insultés après que le parlementaire leur a demandé de s’identifier.

    Dans une publication sur les réseaux sociaux à l’issue de sa garde à vue, Sébastien Delogu remercier les forces de l’ordre «qui se sont comportées de manière irréprochable» et indiquait qu’il allait s’exprimer «prochainement».

  • Une rentrée scolaire sous le feu des critiques

    Une rentrée scolaire sous le feu des critiques

    « Il n’y aura pas de réforme Geffray. » Ce mardi, ce n’est pas rue de Grenelle qu’Édouard Geffray, ministre de l’Éducation, a tenu la traditionnelle conférence de rentrée, mais dans la cour du lycée Arago dans Paris. À quelques mois de la présidentielle, le ministre en poste depuis 10 mois, a affirmé sa volonté d’en finir avec « l’annualité des mesures qui limite les perspectives » et a déclaré que l’Éducation nationale a besoin « d’un cap » et « non d’une réforme de plus ». Devant un parterre de journalistes, le haut fonctionnaire a énoncé ses quatre priorités pour cette année scolaire : instruire, protéger, unir et prévoir.

    2 500 mots de vocabulaire en maternelle

    Rappelant les inégalités scolaires qui se creusent au sein de l’éducation nationale, le ministre a insisté sur la nécessité de la maîtrise de la langue. « L’objectif est 2 500 mots de vocabulaire acquis à la fin de la maternelle […] si on y parvient nous aurons réduit drastiquement les inégalités scolaires liées aux inégalités sociales », affirme le haut fonctionnaire.

    Un objectif dont il n’a précisé aucun des contours ou des ressources déployées. Alors que les syndicats du premier degré, comme la FSU-Snuipp, la CGT ou Sud’Action, craignent une rentrée difficile à cause d’un manque de moyens humains en maternelle et en primaire.

    Une lutte contre les inégalités qu’il souhaite également mener en « aidant les personnes en difficulté et en cultivant l’excellence ». Le ministre a donc annoncé un accompagnement renforcé pour tous les collèges dont plus de 40% des élèves obtiennent moins de 8/20 en français et en mathématiques au brevet. « Toutes les demandes de formations éducatives y seront systématiquement satisfaites », a-t-il promis.

    L’organisation de la première édition d’un concours général des collèges a aussi été annoncée. Une mesure présentée par le ministre comme un moyen de « cultiver l’excellence ». Chaque collège pourra s’y inscrire, tant qu’il présente autant de garçons que de filles.

    Édouard Geffray, qui a fait de la maîtrise de la grammaire et de la syntaxe son cheval de bataille a également promis la publication le 10 septembre d’un « barème précis » sur le niveau de langue attendu pour les épreuves du baccalauréat. Cette publication devrait permettre à chaque élève de se préparer aux épreuves avec des bases communes.

    Dans sa volonté d’unir « dans une société fracturée », le ministre a également annoncé l’obligation d’une « cérémonie commémorative » annuelle d’hommage à tous les « morts pour la France » autour du 11 novembre pour tous les élèves du CM1 à la Terminale. « Parce qu’il faut que nous sachions d’où nous venons pour savoir où nous allons », estime-t-il.

    Lutte contre les violences sexuelles

    Le sujet des violences sexuelles envers les enfants a aussi été évoqué avec le déploiement d’un questionnaire pour tous les élèves, de la maternelle à la terminale avec la possibilité de laisser leur nom et prénom s’ils souhaitent être aidés. « Nous avons un devoir de libérer la parole. Chaque élève de France pourra s’exprimer sur les violences dont il aurait pu être victime », ajoute-t-il.

    Il a également confirmé l’interdiction des téléphones portables dans tous les collèges et lycées de France. La solution, pour le haut fonctionnaire, de protéger les enfants des dangers des écrans et des contenus qui alimenteraient les stéréotypes de genre sur les réseaux sociaux. Le ministre précise toutefois qu’il y aura quelques semaines pour que les établissements adaptent leur règlement intérieur, tout en affirmant « qu’aucun argument sérieux ne permet de soutenir qu’un écran est indispensable en cours ».

    Une mesure que le syndicat national des enseignements de second degré (SNES FSU) dénonce comme hypocrite dans un communiqué de presse publié mercredi. Pour l’organisation, il s’agit d’« un discours à peu près inopérant sur les dangers de la surexposition aux écrans » et prône bien plutôt « une politique de prévention visant à éviter une utilisation excessive du numérique y compris par et pour l’École ». Ils pointent également du doigt la difficulté de mettre aussi rapidement en place cette interdiction.

  • Marseille : le désastre de Bonneveine, un bourbier politique

    Marseille : le désastre de Bonneveine, un bourbier politique

    À l’initiative de LFI et de la coalition citoyenne Comm’un Possible Marseille (Donut Infolab, Alternatiba Marseille, Climat Paca, Eden Initiative, etc.), une petite manifestation d’une vingtaine de personnes s’est tenue devant la mairie centrale à 18h « pour rendre le massacre à son auteur » en déposant sous les fenêtres de Benoît Payan des tronçons d’arbres.

    « Du grand n’importe quoi » assène Romain Simmarano, le conseiller municipal (Renaissance) d’opposition pour qui « Bonneveine est plus qu’une simple faute politique, c’est un symptôme : la mairie est littéralement à l’arrêt, alors que Marseille a besoin de mouvement, d’énergie, d’envie, de résultats ! »

    Mardi matin, les tronçonneuses ont continué à hacher menu les 26 pins matures déstabilisés par les travaux et abattus la veille malgré la forte mobilisation citoyenne et associative. « C’est un désastre à partir d’une connerie initiale de la ville. S’il y avait eu un management compétent, on n’en serait pas là ! », peste Richard Hardouin, le président de France nature environnement 13, venu voir le désastre, mais empêché par les policiers municipaux d’approcher des cratères. « On aurait pu sauver des arbres en les élaguant ou en les étayant », estime le défenseur de l’environnement. « C’est choquant d’avoir constitué fin juillet un groupe avec des riverains responsables, de se réunir le 10 août avec Perrine Prigent, l’adjointe aux espaces verts, qui n’a pas attendu le délai de 15 jours qu’elle avait proposé. Ils ont abattu même des arbres non préconisés par l’expertise d’ONF Vegetis. » Une habituée du parc fulmine : « C’est un scandale sans nom. Quand on voit que des pompiers sont morts pour sauver des forêts dans les Landes ! »

    Plus loin, un militant s’est perché dans un grand pin condamné. Jean-Luc, habitant du Roy d’Espagne, entend ainsi protester « contre le plan de découpe lancé subitement par un bureau d’études qui a décidé sans l’avis des riverains avec sa vision de la nature, de lancer une guerre éclair. Ce sont des arbres matures qui rendaient service aux habitants. Les arbres ne sont pas des biens mobiliers. Le parc doit se faire autour des arbres existants. » Il finit par descendre, aidé d’un escabeau amené par la police.

    Invités à une réunion à la Direction de la Nature en Ville, avenue Clot-Bey, les représentants du collectif de riverains sont ressortis dépités. « On a été reçu par trois seconds couteaux des espaces verts, sans répondant, qui en ont dit le moins possible. Il n’y avait pas Perrine Prigent l’adjointe aux espaces verts, ni Marc Foveau le DGA qui avait lancé l’invitation », se désole encore Alain Senentz président du collectif de riverains.

  • Le Conseil constitutionnel censure l’interdiction des réseaux sociaux aux moins de 15 ans

    Le Conseil constitutionnel censure l’interdiction des réseaux sociaux aux moins de 15 ans

    C’était une des mesures emblématiques du second mandat d’Emmanuel Macron : le Conseil constitutionnel a censuré vendredi l’interdiction des réseaux sociaux aux moins de 15 ans. Dans leur décision, les Sages ont estimé que la mesure «porte une atteinte qui n’est pas adaptée, nécessaire et proportionnée» à leur liberté d’expression et de communication.

    Si ces derniers reconnaissent «l’exigence constitutionnelle de protection de l’intérêt supérieur de l’enfant», ils relèvent que cette interdiction très large «est susceptible de s’appliquer à des services de communication en ligne dont les risques pour la santé et la sécurité des mineurs (…) ne sont pas établis».

    Face à cet échec, le président de la République a chargé son Premier ministre de «travailler (…) dans les meilleurs délais» à une rédaction «tenant compte de la décision du Conseil constitutionnel ainsi que du cadre européen», a indiqué l’Elysée dans un communiqué, ajoutant que «la détermination» du chef de l’État à faire aboutir cette réforme «d’ici au printemps 2027 demeure totale».

    Le texte censuré devait entrer en vigueur le 1er septembre.

  • Une cagnotte pour les grévistes d’Haribo

    Une cagnotte pour les grévistes d’Haribo

    Dans le combat de longue haleine des salariés d’Haribo, toujours en grève depuis plus de 6 semaines pour une revalorisation salariale, il y a des soutiens qui comptent. Et si les grévistes se réunissent ce jeudi pour une mobilisation devant le site marseillais à l’appel de l’intersyndicale CGT-FO, du PCF 13 et de l’UD CGT 13, la solidarité envers leur mouvement social vient aussi d’internet et des réseaux sociaux. Car l’influente page Memes marseillais, suivie par plus de 120 000 personnes sur Instagram, et plutôt habituée à du contenu humoristique sur Marseille, a lancé, ce mardi soir, une cagnotte en ligne. Laquelle fait office de caisse de grève puisque reliée à la CGT Haribo, qui bénéficiera des fonds.

    « Même si on ne se considère pas vraiment comme des influenceurs, c’est notre rôle de nous positionner sur les sujets qui touchent notre ville. On avait déjà lancé une cagnotte pour les sinistrés de l’incendie de l’Estaque, l’année dernière », explique Noémie, alias Nono sur les réseaux sociaux, membre de la petite équipe derrière Memes marseillais.

    Une manière de participer à la lutte des salariés et de poursuivre la mise sous pression de la direction qui repousse les négociations au 28 septembre prochain (lire notre article du 5 août). « On veut faire passer le message que, tant qu’il n’y a pas de négociations, on ne parlera pas d’Haribo en bien », martèle Nono. L’initiative ne vient pas de nulle part puisqu’en lien avec le difficile dialogue social sur le site : « Le fait que la direction les laisse faire 6 semaines de grève, qu’elle soit aussi dure dans les négociations, alors qu’on parle d’une entreprise qui réalise des dizaines de millions de bénéfices, c’est scandaleux », dénonce Nono. Avant de rappeler le fond du sujet : « Ils demandent une augmentation de salaire en lien avec l’inflation ! Ils ne se mettent pas en grève pour le plaisir ! ».

    « Mettre de la visibilité sur le combat des salariés »

    Le lancement de cette cagnotte par une page de contenu humoristique peut surprendre certains mais il s’inscrit bien dans « les valeurs » défendues par cette dernière. « Haribo est une entreprise phare à Marseille, tout le monde la connaît mais elle doit avoir un devoir d’exemplarité. C’est en lien avec nos valeurs de mettre de la visibilité sur ce combat des salariés », développe Nono. Laquelle n’est d’ailleurs pas étrangère aux mouvements sociaux locaux : « Quand j’étais petite, j’avais suivi la grève de l’usine de thé à Gémenos [aujourd’hui devenue 1336 suite à reprise par les salariés en coopérative ndlr] depuis je n’achète que ce thé ». Le choix d’une cagnotte en ligne n’est pas anodin, tout comme celui de la plateforme qui l’accueille : « La cagnotte a un aspect communautaire : ça motive de voir que d’autres gens donnent, qu’il y a un objectif et Tribee est une plateforme éthique qui ne prend pas de commission ». En bref, de quoi redonner de la force aux salariés d’Haribo.

    *Retrouvez la cagnotte sur tribee.fr

  • Piste cyclable à Toulon : qui cherche à faire dérailler l’intérêt général?

    Piste cyclable à Toulon : qui cherche à faire dérailler l’intérêt général?

    « Après plus de vingt ans, nous avons enfin obtenu ce que nous réclamions : une traversée cyclable sécurisée du centre-ville sur l’avenue de la République », explique très enthousiaste le président de Toulon Var Déplacement (TVD) Daan Wynen, en notant que « Toulon vit actuellement un moment particulier et positif ». Un avis partagé par l’ensemble du monde associatif qui milite pour une diminution de la part de l’automobile dans la ville, donc de la pollution et des embouteillages.

    Une immense satisfaction quelque peu ternie par ce qui ressemble à une véritable campagne de dénigrement visant à faire capoter le projet en phase de test cet été. À voir le nombre de commentaires sur les réseaux sociaux on peut en effet s’interroger sur qui est à la manœuvre pour attiser les mécontentements et jouer la carte de la division. Pour les observateurs éclairés, il va sans dire que l’attaque semble être menée en sous-marin par l’opposition municipale RN.

    Éperdument climatosceptique, l’extrême droite n’a en effet que mépris pour la transition écologique comme le démontrent ses élus dans leurs interventions en séances publiques. Ainsi la création de cette voie réservée très attendue a largement été décriée prétextant que ce n’était pas le bon endroit, pas le bon moment. Bref, que le mieux était de tout laisser en l’état. C’est-à-dire sans véritable solution.

    Pour le président de TVD, les réactions des internautes sont complètement « déconnectées de la réalité et souvent inacceptables dans leur tonalité ».

    Stop au vélo bashing

    Parmi ces milliers de commentaires, poursuit-il, se retrouvent mêlés mauvaise foi, hostilité pure et simple envers les cyclistes, mensonges et idées reçues. Mais aucun des arguments ne résiste à un examen approfondi, souligne le représentant associatif qui reste persuadé que c’est en créant les conditions du changement qu’il peut advenir. Ainsi, permettre une pratique sécurisée du vélo en milieu urbain permet non seulement de répondre aux droits des usagers actuels, mais aussi d’attirer de nouveaux adeptes de ce mode de déplacement vertueux, bon pour la planète, la santé et l’intérêt général.

    D’autant que c’est aussi une façon de lutter contre les embouteillages avec un meilleur report modal.

    Qu’en est-il justement des bouchons déplorés sur l’avenue de la République ? La circulation devient en effet difficile aux heures d’embarquement des ferries. Mais il faut avoir la mémoire courte pour ne pas se souvenir qu’il en était de même l’été dernier, comme les précédents. Compliqué donc d’en rendre responsable la perte d’une voie de circulation au profit d’une piste cyclable bidirectionnelle.

    Tout cela pour souligner le courage politique de la maire de Toulon Josée Massi (SE). Courage qui a tant manqué à son prédécesseur Hubert Falco, abandonnant le projet tramway après l’avoir fait voter à l’unanimité par crainte d’être vilipendé.

  • Le drame humain de Ceuta et son instrumentalisation

    Le drame humain de Ceuta et son instrumentalisation

    Les images de Ceuta sont insoutenables et les réactions politiques face à ce véritable drame humain, abjectes. Comment rester de marbre face au désespoir qui a conduit des dizaines de milliers de marocains, d’exilés subsahariens, à braver la mer, les barbelés, les armes, une mort certaine, pour tenter de rejoindre un bout d’Europe en quête d’un avenir meilleur ? Des questions restent en suspens quant aux conditions qui ont permis à plus de 60 000 personnes de franchir cette frontière entre le Maroc et l’enclave espagnole.

    Rapidement, l’internationale brune a instrumentalisé ce drame pour servir son idéologie raciste et xénophobe, Giorgia Meloni en tête. La présidente d’extrême droite du Conseil italien a appelé à suspendre l’Espagne de l’espace Schengen, rejointe par son homologue danoise la sociale-démocrate Mette Frederiksen, défenseure d’une politique migratoire ultra-restrictive. Et ce, alors que Ceuta n’appartient pas par dérogation à cet espace de libre circulation… La désinformation au plus haut sommet des États. Face à cela, le Premier ministre espagnol Pedro Sánchez a demandé ce mardi la tenue d’une réunion des ministres de l’Intérieur de l’Union européenne qui se tiendra en visioconférence.

    Attaqué de toutes parts, le chef de gouvernement socialiste a accusé les réseaux de traite d’être humains d’avoir organisé ces arrivées massives et renforcé la sécurité sur le territoire en déployant une barrière flottante. Sur les réseaux sociaux, les comptes qui avaient annoncé que les frontières étaient ouvertes ont mystérieusement disparu.

    72 morts selon Madrid, 11 corps récupérés par Rabat

    Dans son éditorial de ce lundi, le premier quotidien d’Espagne El País (centre gauche) titre : « Mohammed VI et ses projectiles humains », estimant que « les munitions avec lesquelles le Maroc tire sans cesse sur l’Espagne, c’est son propre peuple ». Car cet épisode n’est pas sans rappeler celui de mai 2021, où plus de 12 000 personnes avaient rejoint Ceuta en quelques jours. Un coup de pression du royaume chérifien sur Madrid, sur fond de crise diplomatique autour du Sahara occidental. Et si depuis, l’Espagne a reconnu la marocanité du territoire disputé, elle tente par ailleurs de réchauffer ses relations avec Alger. De quoi irriter la couronne ? Selon le quotidien El Español (libéral-conservateur), des sources de l’état-major de la Garde civile espagnole auraient « repéré des agents des services de renseignement marocains infiltrés parmi les milliers de migrants entrés illégalement à Ceuta ».

    Et si la quasi-totalité d’entre eux sont, depuis, retournés au Maroc, près d’un millier de mineurs sont restés dans l’enclave, selon l’ONG Save the Children. Des tombes sont érigées au sein du cimetière musulman pour y enterrer dignement ceux qui n’ont pas survécu. Ils sont 72, selon les autorités espagnoles, tandis que Rabat comptabilise 11 corps récupérés côté marocain. La liste risque de s’allonger. L’Association marocaine des droits humains (AMDH) recense à ce stade « près de 130 victimes » et des dizaines de disparus. Des avis de recherche sont lancés sur son groupe Facebook, parmi lesquels figure un adolescent de 13 ans qui a fui vers Melilla. Sur les images prises sur place, on voit des parents postés aux pieds des grillages barbelés de Fnideq, ville frontalière de Ceuta. Ces derniers montrent aux passants des photos de leurs enfants dont ils sont sans nouvelles depuis des jours et qu’ils espèrent toujours vivants.

  • La DZ mafia nie avoir menacé le maire d’Alès

    La DZ mafia nie avoir menacé le maire d’Alès

    Six personnes cagoulées derrière une table recouverte d’un drap avec le logo DZ, qui n’est pas sans rappeler la vidéo publiée après le meurtre, en octobre 2024, d’un chauffeur de VTC à Marseille par un adolescent de 14 ans. Dans ce nouveau film de quelques minutes posté mercredi soir sur les réseaux sociaux, des membres assurant appartenir à l’organisation criminelle se dédouanent, niant toute implication dans les menaces visant le maire d’Alès dans le Gard, Christophe Rivenq, exfiltré de son domicile par le Raid en pleine nuit.

    L’homme au centre de l’image assure que l’organisation « n’est en aucun cas responsable » des menaces visant l’édile, qualifiées « d’acte lâche et odieux fait par des personnes voulant nuire à la société, rabaissant la moralité française, mais surtout en visant le groupe de la DZ ». Plus inquiétant encore, il assure également que le groupe cherche à identifier les auteurs de « cet acte qui nuit énormément à (leurs) affaires ».

    Une enquête

    toujours en cours

    Contacté, le Parquet national anticriminalité organisée (Pnaco), chargé de l’enquête sur l’ensemble des menaces visant le maire, nous indique qu’à « ce stade, il a eu connaissance de cette vidéo », et que les « investigations se poursuivent ».

    Le maire LR d’Alès, Christophe Rivenq, a reçu le 16 juillet une enveloppe contenant deux balles de calibre 9 mm, ainsi que des inscriptions menaçantes taguées sur le mur de sa clôture, signées « DZ NG », pour DZ Mafia nouvelle génération, possible scission du groupe. Placé sous protection policière depuis, il a été exfiltré de son domicile par le Raid, dans la nuit de lundi à mardi, après la remontée d’une menace évoquant la possible présence d’une voiture piégée, information non confirmée à ce stade.

  • Fin de partie chaotique de la session parlementaire

    Fin de partie chaotique de la session parlementaire

    Les débats se sont nettement tendus peu après minuit dans la nuit de lundi à mardi, face au refus du gouvernement de permettre aux députés de voter sur des amendements déposés par plusieurs d’entre eux pour supprimer du texte sur l’urgence agricole le volet sur les néonicotinoïdes, introduit au Sénat. À ce stade de la procédure, le gouvernement bénéficiait en effet d’un droit de veto, et pouvait décider de leur mise au vote.

    Une partie du bloc central a protesté avec vigueur contre ce choix, encouragée par toute la gauche: « Si le débat doit avoir lieu, ayons ce débat », a plaidé l’ancienne ministre de la Transition écologique Agnès Pannier-Runacher (Ren.), face à une ministre de l’agriculture, Annie Genevard, inflexible. Le président du groupe EPR Gabriel Attal s’est étonné que le gouvernement ne laisse pas le Parlement « trancher ». La ministre de l’Agriculture a finalement vu son texte approuvé par une large majorité
    – 296 voix contre 224 -, ce dont elle s’est dite « très satisfaite » mardi. Le Premier ministre Sébastien Lecornu a lui assuré que le texte comporte des mesures « attendues par le monde agricole » et appelé à ne pas l’« instrumentaliser à des fins politiciennes ». Mais les divisions sont évidentes. Agnès Pannier-Runacher a dénoncé mardi « un passage en force du gouvernement » et un « déni de démocratie ». Au Sénat, ce projet de loi d’urgence agricole devait passer triomphalement, après avoir surmonté l’épreuve de l’Assemblée.

    Soutien de l’extrême droite

    Les textes sur le sport professionnel, et sur la montagne vivante et souveraine, approuvés lundi à l’Assemblée, devaient aussi être adoptés sans difficultés. Au Palais Bourbon, les projets de loi sur la sécurité du quotidien (Ripost), l’interdiction des réseaux sociaux aux moins de 15 ans, ainsi qu’une proposition de loi sur l’immobilier de l’État, devaient eux aussi obtenir un ultime feu vert. Mais certains votes n’ont été obtenus qu’au prix de concessions majeures sur le fond – ainsi du projet de loi justice criminelle de Gérald Darmanin, amputé d’un article phare sur le plaider-coupable criminel, rejeté tant par la gauche que par le RN. Et pour nombre de textes, que ce soit sur le versant régalien ou économique, les majorités n’ont souvent été atteintes que grâce au soutien du Rassemblement national. Les députés d’extrême droite n’ont pas manqué de le souligner, moquant les bancs souvent clairsemés de la coalition gouvernementale.

    Fermeture du Parlement ce mercredi, pour 2 mois

    Une situation qui désole la gauche. Le député du groupe écologiste Pouria Amirshahi pointe une « accélération de l’agenda réactionnaire », avec la « bascule de nos institutions vers des dispositifs qui sont soit d’inspiration lepéniste (…), soit votés avec le concours de leurs troupes ». Dans son viseur notamment, la loi sur la présomption d’usage légitime des armes pour les forces de l’ordre, adoptée le 7 juillet à l’Assemblée, et contre laquelle plus de 700 000 personnes ont signé une pétition. Après cette salve de textes, l’Assemblée fermera mercredi, pour environ deux mois. Avec déjà dans toutes les têtes le casse-tête de la discussion budgétaire, qui s’annonce « inextricable » selon Pouria Amirshahi.