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  • À Avignon, le Rouge Gorge renonce à accueillir Oser la France

    À Avignon, le Rouge Gorge renonce à accueillir Oser la France

    Sarah Knafo (Reconquête), François Fillon, Natacha Polony, Valérie Boyer (LR), François-Xavier Bellamy (LR) ou encore Juan Branco : la liste des personnalités invitées aux universités d’été du mouvement Oser la France, fondé par le vice-président des Républicains Julien Aubert, oblige désormais les organisateurs à trouver un nouveau lieu d’accueil. Prévu initialement le 17 octobre au Rouge Gorge, à Avignon, l’événement ne s’y tiendra finalement pas.

    À la suite de la mobilisation d’un collectif d’associations vauclusiennes, qui s’interrogeait sur la neutralité de la salle de spectacle, la direction de l’établissement a annoncé, ce vendredi 9 octobre, mettre fin au contrat de location.

    Tout en rappelant que la réservation avait été conclue dès 2025 pour accueillir l’événement et qu’il s’agissait « d’une prestation de service privée et non d’une programmation portée par le Rouge Gorge », l’établissement justifie sa décision par la volonté de « préserver » son « indépendance ».

    « La dimension prise par cet évènement dépasse désormais le cadre de la prestation initialement convenue », poursuit le Rouge Gorge, qui souhaite « conserver la maîtrise » de son activité, de ses engagements et de l’identité du lieu, tout en assurant défendre « des valeurs de tolérance, de respect et d’inclusion ». Et d’ajouter que l’évènement était « susceptible de venir troubler l’ordre public ».

    « C’est une victoire », réagit auprès de La Marseillaise Muriel Trichet, membre du collectif féministe NousToutes 84 : « Le fait qu’ils aient fait machine arrière montre que la convergence des luttes a fonctionné. On mettait en avant le fait qu’un espace culturel ne devrait pas accueillir ce genre d’évènement ».

    Réaction ce samedi

    Contacté, Julien Aubert réserve sa réaction lors d’une conférence de presse prévue ce samedi 10 octobre. Il avait toutefois déjà répondu à la mobilisation des associations opposées à la tenue de l’événement au Rouge Gorge. « Le désaccord politique est légitime ; vouloir faire porter à un lieu culturel la responsabilité des opinions de ses locataires revient à installer une police idéologique des salles et des tribunes. C’est surtout une méthode propre aux fascistes : s’attaquer à la culture, pour asphyxier la démocratie », lançait-il dans un communiqué diffusé sur ses réseaux sociaux.

    Après avoir évoqué une « reductio ad Hitlerum », Julien Aubert poursuit en affirmant que la « démocratie ne consiste pas à décider qui mérite une salle, mais à répondre aux idées par des idées ». Avant de conclure qu’il « espère que les collectivités publiques qui financent ces associations » liront son message. Ce sur quoi il y a peu de doutes : certains membres du collectif monté par Julien Aubert pour les élections municipales sont aujourd’hui aux côtés du maire d’Avignon Olivier Galzi (DVD).

  • [Entretien] Josée Massi : « Nous aurons des candidats avec l’étiquette majorité municipale »

    [Entretien] Josée Massi : « Nous aurons des candidats avec l’étiquette majorité municipale »

    La Marseillaise : Les jeunes sont à nouveau mobilisés aujourd’hui pour réclamer des moyens pour l’enseignement. Comment l’ancienne professeure de mathématiques analyse-t-elle la situation ?

    Josée Massi : Leurs revendications sont légitimes. Je suis allée à leur rencontre, la semaine dernière, avec Monsieur le préfet, le futur président de la Région et le Dasen (Directeur académique des services de l’Éducation nationale) devant le lycée Bonaparte, dans lequel j’ai été élève puis j’ai enseigné, après avoir été pion comme on disait avant. Donc, je connais par cœur ces bâtiments. Je pense qu’en effet, ils ont un peu vieilli.

    Vous connaissez ma méthode, je suis plutôt pour écouter, consulter et trouver des solutions. Je regrette simplement que certains profitent de leur mobilisation pour casser. Mais, je le répète, ils ont des revendications tout à fait légitimes et il faut les écouter. Je leur ai d’ailleurs proposé une table tonde.

    Vous revendiquez depuis votre première élection une position sans étiquette. Est-ce toujours aussi important pour vous ?

    J.M. : Oui, c’est important. C’est uniquement l’intérêt général qui me guide à chaque fois. On peut avoir de bonnes idées à gauche et de bonnes idées à droite. Ce qui m’intéresse, c’est : qu’est-ce qui est bien pour les Toulonnais ? Dans ma liste, il y a des personnes de sensibilités différentes et je ne leur ai pas demandé d’être encartées. C’est pour cela que je ne me suis pas positionnée pour les sénatoriales. J’ai été beaucoup approchée pour aller sur des listes, mais j’ai fait le choix de rester cohérente. Après, la liberté de s’engager a été laissée à chacun tout en précisant simplement que rejoindre untel ou untel reviendrait à s’inscrire en sortie de la majorité municipale. Il faut être cohérent.

    Deux sénateurs RN ont été élus dans le Var. Quel regard portez-vous sur ce résultat ?

    J.M. : C’est la démocratie, il faut la respecter. Je veux d’abord féliciter les deux autres sénateurs, Françoise Dumont et Christian Simon. Ce que je crois, c’est que la division nous a coûté un sénateur. Ils auraient pu s’entendre et mettre de côté des problèmes d’ego… Quand on passe à quatre listes à droite, franchement, on peut se poser des questions. J’espère que cela servira de leçon à tous pour les prochaines échéances électorales.

    Toulon peut-elle rester la place forte qui dit non au RN, comme elle l’a fait lors des dernières législatives, en étant la seule circonscription sur les huit à ne pas mettre genou à terre devant l’extrême droite. Vous engagerez-vous dans la bataille ?

    J.M. : Je vous confirme : nous entrerons dans la bataille. Il y aura des candidats issus de la majorité municipale aux législatives, aux départementales et aux régionales. Nous n’étions pas prêts pour les sénatoriales avec une équipe issue principalement de la société civile, mais là, nous le serons. « Majorité municipale », je pense que c’est une bonne étiquette. Et comme vous le dites, Toulon est la seule circonscription du Var à ne pas avoir un député RN. J’espère bien qu’on va continuer. En tout cas, je mettrai tout mon poids dans la bataille.

    Votre prédécesseur, Hubert Falco (DVD), ne rate jamais une occasion, depuis quelque temps, de lâcher une vacherie à votre encontre…

    J.M. : C’est son droit. Je remarque que, dernièrement, il s’exprime beaucoup sur les réseaux sociaux. Mais moi, je n’ai plus de nouvelles depuis la campagne. Je pense simplement qu’il y a des données qu’il n’a pas sur certains sujets, notamment sur la cité judiciaire.

    C’est un sujet qui me tient à cœur parce que je pense qu’il est incroyable que le tribunal de Toulon soit dans un état d’insalubrité pareil. J’en ai fait un combat depuis trois ans. L’État demande maintenant aux collectivités de mettre la main à la poche. Le projet représente environ 130 millions d’euros, dont 30 millions pour une cité provisoire. Nous avons donc cherché des solutions permettant de diminuer ce coût. Il existe notamment des locaux de la DDTM (Direction départementale des territoires et de la mer) qui sont vides et sécurisés. Un chargé d’admission est venu les examiner. Il faudrait y réaliser quelques travaux, notamment pour les salles d’audience. Nous avons proposé que toutes les collectivités se mettent autour de la table et aident. Pour le moment, nous en sommes là.

    Pourquoi cet acharnement de sa part aujourd’hui ?

    J.M. : Il faudrait lui poser la question. Je suis devenue maire de Toulon en 2023 pour le dépanner, parce que j’étais la seule en qui il avait confiance et de qui il pouvait dire : « Si je dois revenir, c’est la seule qui me rendra la place. » Et l’année dernière, en juin, il a fait un communiqué me demandant d’y aller. C’est important de le rappeler. Après, il a changé d’avis. Vous pourriez me demander pourquoi, mais je ne vais pas rajouter de la polémique à la polémique. Il n’a qu’à prendre ses responsabilités. J’ai toujours été loyale, je crois que celui qui n’a pas été fidèle, c’est quand même lui. Quand je vois sa garde rapprochée, je me demande ce qu’est devenu son positionnement politique ? Certains d’entre eux sont partis rejoindre Éric Ciotti ou carrément le RN… En tout cas, puisqu’on parle de parole donnée, je tiens à rendre hommage à Michel Bonnus [ancien sénateur LR et candidat à la mairie de Toulon, ndlr] qui se bat contre la maladie et à qui je souhaite de remporter ce combat. Il avait promis que, s’il n’était pas devant, il se retirerait. Et c’est ce qu’il a fait.

    Vous êtes régulièrement attaquée par l’extrême droite. Comment le vivez-vous ?

    J.M. : Madame Lavalette cherche la polémique. C’est sa technique. Moi, je ne rentre jamais là-dedans. Elle me caricature, mais je ne réponds pas. En conseil municipal, elle cherche la confrontation. C’est la stratégie du chaos. Elle répète que j’ai été élue avec les voix de la gauche ou de La France insoumise, quelle importance ? Ce sont les Toulonnais qui ont choisi. J’ai fait 52%. Elle a fait 48%. Elle peut dire ce qu’elle veut. Et mon programme, je vais l’appliquer. Elle parle d’idéologie en critiquant la mise en place de la piste cyclable sur l’avenue de la République. Mais les résultats sont là et c’est un grand succès. Nous faisons toutes les mesures. Entre 7 et 8 heures du matin, il passe 600 vélos et on constate 5 000 voitures en moins par jour. Je regarde maintenant si elles se sont reportées ailleurs. Elle prétend aussi que la ville est saccagée par les tags de l’extrême gauche depuis mon élection. Bizarrement, elle passe sous silence ceux du groupe Némésis, des identitaires… Alors qu’il y en a beaucoup.

    L’État menace de torpiller encore davantage les finances des collectivités territoriales. Comment réagit la maire de Toulon et présidente de la Métropole ?

    J.M. : On sait qu’avec la dette colossale de la France, on va tous devoir faire des efforts. Moi, j’en suis consciente. Mais ce n’est pas nouveau, ça fait trois ans que je suis maire et qu’on construit des budgets sans savoir ce qu’on va avoir en termes de dotation de l’État. Après, j’ai regardé ce que va proposer le Rassemblement national, qui se positionne, lui, sur 150 milliards de moins. Je ne sais pas où ils vont les trouver.

    Quel regard portez-vous sur les prochaines échéances électorales nationales ?

    J.M. : Je suis résolument optimiste. Je pense que les Français, à un moment, prennent leurs responsabilités. Et ce ne sont pas ceux qui hurlent le plus qui feront l’élection. Moi, je suis relativement confiante. Je rappelle que j’étais donnée perdante face à la numéro 3 du RN, Laure Lavalette, et que ce n’est pas du tout ce qui s’est passé au final. Moi, je suis relativement confiante.

  • Affaire Bardella : la Macronie découvre que le RN n’a pas changé

    Affaire Bardella : la Macronie découvre que le RN n’a pas changé

    Depuis Madrid, lors d’une conférence de presse commune avec le Premier ministre socialiste Pedro Sanchez, le chef de l’État a dénoncé des propos « rapportés évidemment gravissimes et inacceptables ». Il a intimé aux « responsables politiques » du RN de « clarifier la ligne, les mots et les gens qui, dans leur parti, peuvent prononcer de telles choses ». Immédiatement, l’intéressé a répliqué. « Après le 7 octobre 2023, j’ai marché dans les rues de Paris, et me suis rendu en Israël. Pas lui », a cinglé Jordan Bardella sur X.

    Emmanuel Macron s’était rendu à Jérusalem et en Cisjordanie le 24 octobre 2023, 17 jours après les attaques du Hamas contre Israël qui ont fait 1 221 morts. Il n’avait, en revanche, pas pris part à la marche contre l’antisémitisme organisée le 12 novembre 2023 à Paris par les présidents de l’Assemblée nationale et du Sénat, arguant que son « rôle » était « de continuer à préserver dans cette période l’unité du pays et de ne jamais renvoyer dos à dos les uns et les autres ». Jordan Bardella s’est de son côté rendu en Israël en mars 2025, à l’invitation du gouvernement d’extrême droite israélien, pour participer à une conférence contre l’antisémitisme.

    Mediapart a publié lundi des messages antisémites datant de 2013 qu’il attribue à Jordan Bardella, alors jeune militant du parti. « Les banques sont toutes détenues par des Juifs » ; « Le juif doit dominé (sic) les autres peuples, les écraser et les voler, un sioniste est forcément juif, et en profondeur », aurait notamment écrit le futur président du RN qui conteste « formellement » en être l’auteur. Emmanuel Macron a également déploré « la violence langagière » de la candidate d’extrême droite Marine Le Pen à l’encontre de Mediapart. Une telle violence « conduit toujours après à une escalade et, même quand c’est métaphorique, ce qui doit accompagner un débat démocratique, c’est le respect », a réagi Emmanuel Macron. La veille Marine Le Pen a conseillé au site d’investigation de revêtir son « costard en Kevlar », la matière utilisée pour les gilets pare-balles. Une référence d’une « violence sidérante », a dénoncé Mediapart.

    Mais la macronie depuis son accession au pouvoir a contribué à l’intensification de ces attaques envers les médias. N’est-ce pas Emmanuel Macron lui-même qui en 2018, après les révélations autour de l’affaire Benalla, chargeait « une presse qui ne cherche plus la vérité ». Des médias qui, selon le chef de l’État chercheraient à se substituer au « pouvoir judiciaire » ? Une rhétorique reprise par la droite en la personne de Nicolas Sarkozy – pour ne citer que lui – à l’extrême droite.

    Philippe et Braun-Pivet

    se réveillent

    Il s’agit d’une crise de campagne majeure pour la candidate qui survole les sondages, dans laquelle d’autres candidats se sont également engouffrés mercredi. « Le RN prétend avoir changé mais, à intervalles réguliers, ses candidats et ses cadres expriment des opinions scandaleuses », a jugé Édouard Philippe (Horizons) dans le Parisien, en référence aux « brebis galeuses » que le RN se félicite d’exclure au premier signalement, lors de chaque séquence électorale (lire ci-dessous). Chez Les Républicains en revanche, le candidat à la présidentielle Bruno Retailleau a refusé à ce stade de réagir.

    Autre figure à s’insurger, la présidente de l’Assemblée nationale Yaël Braun-Pivet (Renaissance) qui a assuré mercredi n’avoir « jamais cru » que le RN soit devenu, comme il s’en enorgueillit, « le bouclier de la communauté juive ». Rappelant que le Front national a été fondé par Jean-Marie Le Pen, multicondamné pour négationnisme, elle a évoqué « les accointances de ce parti pendant des années avec toute la sphère antisémite et complotiste ».

    Et pourtant, c’est bien à l’issue d’un arrangement tacite avec le RN que le bloc central a pu faire réélire Yaël Braun-Pivet à la tête de l’hémicycle. En échange, les élus d’extrême droite ont obtenu des postes clés au palais Bourbon, dont deux vice-présidences. Réagissant à l’affaire, le sénateur communiste Ian Brossat insiste sur X : « tous les imbéciles qui ont donné des brevets de respectabilité au RN devraient mourir de honte ». Ils sont nombreux.

  • Drapeau confédéré : le Collectif aixois contre l’extrême droite s’insurge

    Drapeau confédéré : le Collectif aixois contre l’extrême droite s’insurge

    Symbole raciste et suprémaciste, une bannière confédérée a été déployée, samedi, lors de l’American day organisé par les associations Bikers 100 P et Hors Limites, à Simiane-Collongue. L’organisateur et le maire assument une simple « décoration » . Le Collectif Aixois contre les idées et les violences d’extrême droite a réagi dans un communiqué, mercredi : « L’exposer, c’est diffuser dans l’espace public le message que le racisme et le suprémacisme blanc relèvent d’un patrimoine culturel acceptable ». Le collectif ajoute : « Notre collectif s’étonne qu’aucun des élus présents n’ait jugé nécessaire de demander le retrait de cet emblème, ni de s’en désolidariser publiquement. Plus grave encore : le chef de la police municipale a posé devant ce drapeau, pour une photo que l’on peut voir sur le compte Facebook de l’élue déléguée à la Communication (…). » La structure demande notamment « que Philippe Ardhuin, maire de Simiane-Collongue, et Renaud Muselier, président de la Région, condamnent publiquement et sans ambiguïté le drapeau confédéré et ce qu’il représente, que le maire de la ville recadre le chef de la police municipale (…) ».

  • Amendes salées contre le fraudeur aux meublés Airbnb

    Amendes salées contre le fraudeur aux meublés Airbnb

    Un multi bailleur professionnel a été condamné mercredi par le tribunal judiciaire de Marseille à 440 000 euros d’amendes civiles pour six locations saisonnières en infraction. La Ville salue « une nouvelle victoire dans sa lutte contre la fraude aux locations de courte durée ». « Nous ne laisserons personne transgresser les règles », a réagi le maire Benoît Payan (DVG). Cette judiciarisation a « un effet notable » indique l’adjointe au logement, Audrey Garino (PCF) qui constate « pour la première fois, en 2025, une baisse de 16% des logements loués en meublés de tourisme à Marseille ».

    Opérant via un montage complexe de trois sociétés, il revendiquait, pour maximiser les profits, de contourner la réglementation stricte mise en place par la Ville de Marseille qui n’autorise plus la location de meublé de tourisme en dehors de la résidence principale du loueur, sauf compensation. Le juge des référés rappelle que ses logements « auraient dû faire l’objet d’une autorisation délivrée par la Ville de Marseille, autorisation qui n’a pas été obtenue, ni même sollicitée ». La sanction est assortie d’une astreinte afin de s’assurer que les 4 logements au 9 rue des Honneurs, 2e, au Panier et les 2 autres logements au 16, rue Colbert, 1er, soient « effectivement et durablement réaffectés à de l’usage d’habitation ».

    Une « personnalité dénuée de tous scrupules »

    « Marseille ne veut pas de ce genre d’investisseurs » avait plaidé Me Jorge Mendes Constante pour la Ville à l’audience du 1er juillet dernier. Les jugements (un pour chaque adresse) ne ménagent pas l’investisseur Florent Richard, 37 ans qui se vantait sur YouTube de s’être constitué 3 millions d’euros de capital en trois ans avec 44 logements sur Bordeaux, Paris et Marseille.

    Le tribunal a dressé le portrait de Florent Richard, « personnalité publique » très active sur les réseaux sociaux, qui s’enorgueillit sur sa chaîne Youtube où il prodigue des conseils, d’« être devenu millionnaire grâce à son activité de loueur de meublés touristiques ». Ainsi, selon le jugement, « il se positionne en professionnel de cette activité, pourtant rattachée fiscalement à une activité de “loueur de meublé non professionnel” échappant par là à la fiscalité applicable aux hôteliers professionnels tout en tirant des profits indirects de son positionnement professionnel ». De ce « comportement public », le tribunal retient qu’il s’agit d’une « personnalité dénuée de tous scrupules quant aux conséquences de son activité pour la Ville et ses habitants, ville qu’il ne décrit que de manière déshumanisée en insistant sur le potentiel lucratif du lieu, se targuant par exemple sur Facebook de faire “du business, pas de la charité” ».

  • L’arrêté contre « l’occupation de l’espace public » refait surface à Avignon

    L’arrêté contre « l’occupation de l’espace public » refait surface à Avignon

    Un peu moins de deux semaines après la suspension de l’arrêté interdisant, sous certaines conditions, « l’occupation de manière prolongée en station debout, assise ou allongée des voies publiques », dans une trentaine de rues du centre-ville d’Avignon, la municipalité en dépose une seconde version. Qui a été modifiée afin d’éviter de se le faire retoquer une seconde fois.

    Le premier jet était, comme précisé dans l’ordonnance du tribunal administratif de Nîmes, trop imprécis sur le plan géographique et temporel. Dans ce nouveau document, que nous avons pu consulter, quelques rues et places ne sont plus concernées par ces interdictions, telles que le parvis de la cité administrative ou encore la place Carnot. Tandis que les principaux axes, tels que la rue de la République ou encore la rue Carnot, restent concernés. De plus, alors que le précédent arrêté souhaitait appliquer les mesures du lundi au samedi, le nouveau cible seulement les mercredi, vendredi, samedi et dimanche de 14 heures à 23 heures, jours où les « troubles » sont majoritairement constatés d’après les services municipaux.

    « C’est un enjeu de sécurité, de sérénité et d’attractivité pour notre ville. Je viens donc de signer un nouvel arrêté prenant en compte les remarques du juge qui a retoqué notre première version », lâche de son côté le premier édile, Olivier Galzi (DVD), sur ses réseaux sociaux.

    Aucune mention de chiens

    Dans les considérations, la municipalité écrit simplement « occupation prolongée de l’espace public » et non plus « occupation anormale de l’espace public ». Là, le texte se veut bien plus précis, définissant le mot « anormale » par plusieurs comportements. Soit pêle-mêle les « sollicitations agressives, menaçantes, répétitives ou importunes adressées aux usagers », les « insultes et/ou propos injurieux », les « comportements obscènes ou indécents », les rixes ou encore « plus largement tous comportements dangereux susceptibles de porter atteinte à la sécurité des personnes ou des biens ». Le même article se penche dans un deuxième temps sur les « occupations et comportements entravant le libre usage du domaine public ». Et tente également par divers points de caractériser plus précisément les infractions éventuelles. Ce que la municipalité précise d’ailleurs en assurant que les « comportements, attitudes ou occupations visés ne peuvent être regardés comme constitués que sur la base d’éléments matériels circonstanciés et vérifiables par les agents habilités ». Plus aucune mention de chiens n’est faite, contrairement au précédent arrêté où tout un article y était consacré.

    Contactée, la Fédération des acteurs de la solidarité (FAS), qui avait contesté l’arrêté initial, n’a pas encore pu prendre connaissance du document. Une fois que ce sera fait, une analyse sera effectuée afin de prendre une décision à propos d’un nouveau recours.

  • L’arrêté contre l’occupation de l’espace public suspendu à Avignon

    L’arrêté contre l’occupation de l’espace public suspendu à Avignon

    L’arrêté de la ville d’Avignon, pris le 31 juillet et interdisant, sous certaines conditions, « l’occupation de manière prolongée en station debout, assise ou allongée des voies publiques », dans une trentaine de rues du centre-ville, a été suspendu par le juge des référés du tribunal administratif de Nîmes ce vendredi 11 septembre.

    Dans une ordonnance que La Marseillaise a pu consulter, le juge motive sa décision par l’imprécision de plusieurs paramètres géographiques et temporels. Estimant dans un premier temps que « les interdictions édictées à ce titre doivent être strictement proportionnées à leur nécessité », il poursuit en relevant que « l’arrêté litigieux n’indique pas davantage quelles occupations prolongées de la voie publique porteraient atteinte, par leur nature même, à la libre circulation des personnes, à la sécurité publique ou à la salubrité publique, si ce n’est l’émission de bruit, mais dont il ne fixe ni la durée, ni l’intensité ».

    Le magistrat rappelle toutefois que la commune d’Avignon « invoque des troubles nombreux et réitérés ». Il ajoute ensuite que « l’article 2 de l’arrêté contesté n’est pas plus précis quant à la portée de l’interdiction du “stationnement prolongé” des regroupements de chiens sur la voie publique ». En conséquence, estime-t-il, « le caractère nécessaire de cette mesure de police n’est pas démontré » et « est de nature à créer un doute sérieux quant à la légalité de cette interdiction ».

    La commune d’Avignon doit également verser 1 000 euros à la Ligue des droits de l’Homme et à la Fédération des acteurs de la solidarité (FAS) Provence-Alpes-Côte d’Azur. Une audience sur le fond est prévue dans les prochains mois.

    « Ouf de soulagement »

    « C’est un ouf de soulagement pour les associations et les travailleurs sociaux qui travaillent sans relâche », confie Thierry Mila, président de la FAS Paca. Il remet sur la table sa proposition de rencontre entre les équipes municipales et les structures sociales. Un courrier doit être adressé dès lundi afin de « demander à travailler ensemble, en toute intelligence, pour une solution digne, pérenne et non répressive ».

    De son côté, le maire d’Avignon Olivier Galzi (DVD) a réagi dans une vidéo publiée sur les réseaux sociaux. Il y critique la décision du tribunal : « On nous a dit que l’on n’avait pas assez qualifié plusieurs paramètres comme le niveau sonore. Il faut imaginer que les policiers municipaux doivent venir avec des sonomètres », ironise-t-il. « Vous voyez bien, à travers cette histoire ahurissante, que le système ne va pas dans le bon sens », poursuit-il, reprenant au passage son slogan politique. Il estime que « le bon sens », selon lui, consiste à agir lorsqu’un problème est identifié et que « tout le monde est d’accord pour le résoudre ». Tout en confirmant que la décision de justice sera respectée, l’édile assure que l’arrêté sera retravaillé : « Nous ne renoncerons pas ».

  • Pour les comédiens, la loi comme rempart face à l’IA

    Pour les comédiens, la loi comme rempart face à l’IA

    Et si l’intelligence artificielle (IA) finissait par remplacer les acteurs ? Alors que les réseaux sociaux pullulent déjà de vidéos générées artificiellement et parfois difficiles à identifier, la perspective d’un nouvel écosystème cinématographique, entièrement produit par des lignes de code, émerge progressivement. De quoi inquiéter les comédiens qui, soucieux de conserver le contrôle de leur image, cherchent à renforcer leur protection juridique.

    « Les entreprises d’IA sont les plus féroces et les plus gourmandes en matière d’images. Le problème, c’est qu’on n’a pas de recours juridique comme on en a eu jusqu’à présent pour se protéger des plagiats, des copies…, s’inquiète Catherine Lecoq, comédienne et déléguée de la CGT spectacle. On se bat donc pour que le pillage des IA génératives n’ait pas la main sur nos vies. C’est dans ce cadre qu’on a porté, avec l’Adami [organisme français qui gère et défend les droits des artistes-interprètes, Ndlr], une loi à l’Assemblée nationale. » Cette proposition de loi, n° 2634, a été adoptée par le Sénat en avril, est examinée par l’Assemblée nationale. Elle doit permettre « l’instauration d’une présomption d’utilisation des contenus culturels par les fournisseurs d’intelligence artificielle ». Autrement dit, lorsqu’un indice rend vraisemblable que le fournisseur d’une IA a utilisé une œuvre protégée, cette utilisation est présumée établie jusqu’à preuve du contraire.

    Ressentir l’émotion,
    « d’humain à humain »

    « Ce qui nous rassemble nous, les humains, c’est l’empathie, défend la syndicaliste. Nous n’aurons jamais ça avec l’IA, car elle ne produit pas d’émotion réelle. (…) Or, je pense que les gens ont vraiment besoin de ressentir cette émotion directe qui n’est, en réalité, transmissible que d’humain à humain. » De quoi, selon elle, protéger encore un peu le monde du spectacle vivant.

  • Le triathlon Embrunman face à la controverse des primes

    Le triathlon Embrunman face à la controverse des primes

    Il s’agit un événement mythique qui fait rêver plus d’un triathlète. L’Embrunman, une course XXL dans les Hautes-Alpes, qui cumule 4 km de natation, 188 km de vélo et un marathon. Mais depuis sa dernière édition, le 15 août 2026, l’organisation est au cœur d’une polémique, accentuée par les réseaux sociaux. Au centre de la controverse : la répartition des primes entre les athlètes des catégories féminine et masculine, jugée par certains inégale, et surtout, les propos cinglants tenus par l’organisateur envers les athlètes ayant relevé ces différences de traitements.

    « Pas question de donner de l’argent que nous suons à trouver à des veaux » ; « Nous allons sûrement réserver l’Embrunman aux hommes, ce qui évitera toute polémique » : ces extraits d’un mail rédigé par Gérald Iacono, organisateur de l’Embrunman, à Alice, arrivée 4e féminine, ont été relayés sur les réseaux sociaux. « Je demandais juste des explications concernant les primes intermédiaires distribuées uniquement aux hommes », a-t-elle écrit sur Instagram.

    Quelques jours avant, Marine Moulin, triathlète belge et arrivée à sa grande surprise deuxième féminine de la dernière édition, exprimait déjà sa déception. Suite à ses échanges avec l’organisateur sur le même sujet, elle publie une lettre ouverte sur son compte Facebook. « Je me retrouve face à un système qui pose de vraies questions en matière d’équité entre les hommes et les femmes », écrit-elle. Marine Moulin, malgré sa place sur le podium, n’a pas touché de prime. Celles-ci, certes identiques pour les deux sexes, ne sont attribuées qu’aux athlètes de la catégorie Élite. Or, « les critères permettant d’accéder à ce statut sont identiques pour les hommes et les femmes, alors que les performances féminines et masculines ne peuvent pas être comparées de la même manière sur des seuils chronométriques identiques », explique-t-elle. Cette année, vingt-deux hommes Élites étaient inscrits pour seulement trois femmes, et une seule a finalement pris le départ. « Il n’est pas logique, ni égal de juger une femme sur des mêmes critères chronométriques qu’un homme », estime la triathlète.

    « Manque de considération envers les femmes »

    Dans la même lignée, les primes intermédiaires, attribuées en fonction du chronomètre sur différents points de passage, sont établies suivant le classement tous sexes confondus. « Il est donc très difficile, voire impossible, pour une femme d’obtenir ces primes », regrette Marine Moulin.

    « Ce qui pose problème, c’est le vrai manque de considération envers les femmes », dit-elle. Elle regrette surtout que les réponses de l’organisation aient été « dénigrantes » : « Elles m’ont donné le sentiment que ma performance était balayée d’un revers de main, au point de me faire douter moi-même de sa légitimité. »

    Gérald Iaocono assume ses propos, écrit « sous le coup de la colère », car il était selon lui « insulté sur les réseaux sociaux ». « Si ces athlètes ne sont pas d’accord avec le règlement, elles n’ont qu’à ne pas participer. Ces polémiques décrédibilisent le sport », juge-t-il. Pour lui, le règlement de versement des primes est égalitaire et les critères pour rentrer dans la catégorie Élites assez larges pour permettre à des femmes d’y entrer. « Si une femme qui finit en 14 heures reçoit une prime, c’est injuste pour l’homme qui fait le même temps et n’en reçoit pas !, poursuit-il. Les femmes sont beaucoup moins nombreuses et leur inscription engendre donc moins d’argent. Cela voudrait-il dire que les hommes, plus nombreux, devraient payer les primes des femmes ? Ce serait anormal. »

    Suite aux critiques, l’organisation a annoncé, début septembre, modifier le règlement, sans avoir décidé de quoi que ce soit pour le moment. « J’ai un peu peur, réagit Marine Moulin, mais j’espère que ce sera dans le bon sens. »

    Agathe Di Lenardo

  • Sonia Bellina : l’enquête avance, la haine misogyne éclate

    Sonia Bellina : l’enquête avance, la haine misogyne éclate

    Le 21 août, l’enquête sur la mort de Sonia Bellina a franchi une étape décisive. Un homme de 32 ans, domicilié dans le Gard, a été mis en examen pour « assassinat » et placé en détention provisoire. Le suspect, présumé innocent, a reconnu avoir rencontré la jeune femme la veille et la nuit des faits dans le cadre d’une relation tarifée, mais n’a pas reconnu l’avoir tuée et a exercé son droit au silence. Selon le parquet, plusieurs éléments laissent penser qu’il aurait été son dernier contact.

    Déjà condamné pour violences conjugales en 2023, il portait un bracelet anti-rapprochement destiné à protéger son ex-compagne. Un second homme, placé en garde à vue, a été remis en liberté et mis hors de cause à ce stade. Pour rappel, le corps de Sonia Bellina, 29 ans, avait été découvert le 12 août partiellement carbonisé dans des vignes à Saint-Gilles. Son identité a été confirmée une semaine plus tard par ADN. L’information judiciaire doit désormais préciser le déroulement et le mobile du crime.

    La misogynie

    jusque dans la mort

    Si la justice retient à ce stade la qualification d’« assassinat  », plusieurs associations et responsables politiques parlent déjà de féminicide. Le mobile misogyne n’est pas établi par l’enquête. Mais la misogynie s’est manifestée avec violence après sa mort : commentaires sur son corps, sa vie privée ou encore son activité supposée d’escort-girl, jusqu’à des messages affirmant qu’elle aurait « mérité » son sort. Une mécanique bien connue des associations féministes : disséquer une vie et des choix pour chercher à expliquer, relativiser voire excuser la violence subie.

    Sa famille, par la voix de son avocat Me M. Battikha, a dénoncé une « double peine » et annoncé vouloir poursuivre les auteurs de ces publications. Au-delà de l’enquête, l’affaire Sonia Bellina met une nouvelle fois en lumière la persistance d’une culture de culpabilisation des femmes victimes de violences, jusque dans la mort.

    « Un féminicide supplémentaire »

    La section nîmoise du PCF indique dans un communiqué son « horreur » après l’assassinat de Sonia Bellina et adresse ses condoléances à sa famille. Pour son secrétaire Jacques Chabalier, ce crime constitue « un féminicide supplémentaire » et rappelle l’urgence de faire des violences faites aux femmes une priorité nationale. Le parti dénonce aussi les « logiques masculinistes » et les propos misogynes diffusés depuis la mort de la jeune femme sur les réseaux sociaux, appelant à des plaintes et des condamnations. A.J.