L’accusé, entendu jeudi, s’est excusé pour ses messages très dénigrants adressés à Laëtitia, mais a maintenu que, selon lui, elle était « consentante » et qu’il ne l’avait « jamais forcé à rien ».
« J’ai trouvé les expertises psychologiques et psychiatriques très intéressantes, j’étais subjugué, surtout le compte rendu des experts, qui m’a permis d’avoir un regard plus accru sur l’autoritarisme, la perception que les autres ont de moi », a déclaré Guillaume B.. Il a par ailleurs affirmé que l’avocat de Laëtitia lui avait « permis d’ouvrir les yeux ».
Il s’est dit « pleinement et parfaitement coupable » de proxénétisme, mais a de nouveau nié avoir forcé Laëtitia à quoi que ce soit. « Je me sens coresponsable de beaucoup de choses. On s’est entraînés tous les deux dans un chemin qui n’était pas le bon. J’ai largement participé, mais je n’étais pas tout seul », a-t-il revendiqué. « Si on en est arrivés là, c’est parce qu’il y avait deux personnes perverses, pas une », a-t-il ajouté.
Concernant les risques liés au fait qu’il demandait à Laëtitia d’avoir des rapports sexuels avec des clients sans préservatif, il a avancé : « Les risques nous excitaient tous les deux et je prenais des risques autant qu’elle. »
« Oui, avec le recul, elle a pu être sous mon emprise », a-t-il tout de même reconnu. Guillaume B. a dit « ne plus avoir de mots » à la lecture de ses échanges avec Laëtitia, « idiots, stupides, immatures ». « Je ne pratiquerai plus jamais ce genre de choses, c’est clair et net, je suis guéri à vie », a-t-il conclu.
La présidente a interrogé l’accusé au sujet de plusieurs messages qu’il avait envoyés à la plaignante : « Je te rappelle que tu es à mon service, que tu n’es qu’une grosse merde. C’est plus des claques que je vais te mettre, c’est des coups de poing. » Surtout, elle a lu de nombreux messages envoyés par Laëtitia à son ex-conjoint prouvant qu’elle voulait sortir de cet engrenage et l’en avait informé : « Je veux tout arrêter, je suis fatiguée de tout ça », « je veux juste être bien traitée, c’est tout », « je suis psychologiquement et physiquement épuisée, j’ai souffert, j’en peux plus », « je veux plus être une esclave, c’est que source de peine », « je mérite le respect comme chaque être humain ». Ce à quoi l’accusé lui répondait : « Alors sérieusement trouve toi un autre mec. » Par ailleurs, quand Laëtitia lui dit vouloir « du calme et du classique », il lui répond « je te le donnerai jamais ».
À la lecture de ces échanges, Guillaume B. a pour la première fois tenu à s’excuser auprès de Laëtitia, mais seulement « d’avoir écrit tout ça ». « Quand j’ai relu les messages, je me suis maudit moi-même, je me déteste quand je les vois, a-t-il lancé. J’y vois l’entêtement d’un homme face à une personne qui explique avec amour et gentillesse quelque chose que quelqu’un n’entend pas. »
La présidente a aussi lu les messages de l’accusé avec une autre personne : « Mon esclave s’est déjà fait violer quatre fois dans sa vie et j’adore ça. » En début d’après-midi, elle a diffusé des enregistrements audios et des vidéos, notamment de rapports sexuels et de scatophilie, pendant lesquels la salle était fermée au public et à la presse. Au moment de la réouverture de la salle au public, l’accusé a reconnu que Laëtitia ne prenait aucun plaisir sur ces images, où elle poussait des hurlements. Il maintient cependant que, selon lui, « elle était consentante, sinon elle me l’aurait dit », malgré les nombreux messages prouvant qu’elle voulait arrêter.
Dans une autre vidéo, la seule diffusée devant le public, Laëtitia filme une altercation pendant laquelle elle dit à Guillaume B. : « J’ai juste besoin d’être, de respirer, juste d’être vivante, pas d’aller me faire sauter, pas me prendre cinq mecs. Tu peux pas considérer que je sois malade et que j’aie besoin de me ressourcer ». « Moi, je te dis, le cul en toutes circonstances, c’est justement ce qui fait du bien », « tu aimes ça obéir », lui répond son ex-conjoint dans la vidéo.
« Cela confirme qu’on a deux visions différentes. Cela illustre mon entêtement de l’époque, de pas ouvrir mon cœur et de m’entêter dans cette stupidité-là », a réagi l’accusé.
« Qu’est-ce qui fait que, dans votre tête, vous vous dites que c’est possible de demander à votre compagne d’avoir un rapport sexuel avec le chien de votre frère ? », l’a par ailleurs questionné l’avocat de Laëtitia. Alors qu’une amie du couple témoignait, elle s’est souvenu que Laëtitia lui avait confié : « Si demain je meurs, il ne faut pas penser que c’est normal, il faudra faire des recherches. »

Leave a Reply