Tag: violences sexuelles

  • Vers une rentrée sociale de haute volée

    Vers une rentrée sociale de haute volée

    C’est le mouvement féministe qui va débuter les hostilités face au pouvoir en place avec le retour des rassemblements devant les tribunaux dès le 7 septembre. S’ensuivra une journée de grève et de manifestation concernant plusieurs secteurs sensibles : les travailleurs de la santé, des industries électriques et gazières, de l’enseignement supérieur avec le soutien des étudiants, le 15 septembre. Et le rythme
    va monter crescendo jusqu’à la fin du mois avec
    la date du 26 septembre dans le viseur. Avant une journée qui va faire office de point d’orgue avec
    un appel intersyndical dans la fonction publique
    et une grande manifestation des sapeurs-pompiers à Paris, le 29. Septembre s’annonce chaud !

    7 septembre

    Retour féministe devant les tribunaux

    La mobilisation pour avoir une loi-cadre contre les violences sexuelles et sexistes sur les femmes et les enfants a été suspendue pour l’été, le 7 juillet, on va donc reprendre dès ce 7 septembre », explique Annick Karsenty, présidente de Femmes solidaires Marseille.

    Un appel lancé par « l’ensemble des forces qui constituent la coalition ». Coalition qui rassemble 150 organisations et associations féministes à l’origine de la mobilisation devant les tribunaux notamment lancée suite à l’affaire Lyhanna. « On veut maintenir la pression et relancer la mobilisation au plus tôt ! C’est à partir de là que la loi peut être discutée au Parlement », développe la militante féministe. En clair, la coalition espère que la pression sur le terrain appuie ses revendications et permette ainsi qu’elles soient reprises par le Parlement. « On réclame 3 milliards d’euros par an, on propose 140 recommandations, la balle est dans le camp du gouvernement. Et vu les mobilisations qu’il y a eues entre le féminicide de Lyhanna et début juillet, le gouvernement a été obligé de nous entendre », insiste Annick Karsenty. D’où l’intérêt de poursuivre la mise sous pression.

    15 septembre

    Un mouvement électrique et une grève massive dans le secteur de l’énergie

    On s’attend à des taux de grévistes jamais vus dans le secteur. » Renaud Henry, secrétaire général de la CGT Énergie Marseille, est plus que confiant sur l’ampleur de la mobilisation à venir chez les travailleurs du secteur de l’énergie.

    L’intersyndicale (CGT, FO, CFE-CGC, CFDT…) des agents des industries électriques et gazières (IEG) appelle à une journée de grève ce 15 septembre et elle promet d’être suivie. « On fait face à une attaque généralisée, avec en ligne de mire la fin du «tarif agents« suite à un rapport de la Cour des comptes », explique le syndicaliste marseillais.

    Concrètement, le gouvernement veut rompre avec ce tarif préférentiel sur l’électricité et le gaz pour les travailleurs du secteur et prévoit tout un panel de mesures austéritaires pour les petites mains de l’énergie en France. « On est dans la poursuite de la doctrine de ce gouvernement : appauvrir les travailleurs et enrichir le capital », résume Renaud Henry. Autant dire que cela ne passe pas. Et cela passe encore moins lorsqu’on sait que cette même profession était déjà mobilisée pour des augmentations salariales, l’an dernier à la même époque.

    Leur mouvement avait lancé la riposte sociale de la CGT en 2025, les électriciens et gaziers sont donc bien partis pour redevenir la locomotive du monde du travail en 2026. « C’est insupportable pour les agents : l’année passée nous avons fait grève car notre grille de salaires débute en dessous du Smic et aujourd’hui on a la présidente de la Cour des comptes, Amélie de Montchalin, une ancienne ministre qui a participé aux 1 000 milliards de dettes qui vient donner des leçons à des travailleurs qui ont du mal à finir le mois. »

    De quoi surtout reposer dans le débat public la question du pouvoir d’achat et des augmentations salariales qui ne suivent pas l’inflation. « Cela fait 15 ans qu’on a des augmentations salariales entre 0,5% et 1,5%, voire 2% les grandes années où l’on faisait des grèves pour avoir un peu plus… Mais la Cour des comptes demande l’arrêt des augmentations pour le secteur », dénonce Renaud Henry. Preuve que la colère est réelle, ce sont les quatre organisations représentatives du secteur qui sont dans le coup. « Même les cadres poussent à la mobilisation », assure Renaud Henry. Avant de glisser : « La question de la reconduction de la grève se pose déjà. » Les agents comptent envoyer un message limpide au patronat et au gouvernement.

    15 septembre

    Étudiants, enseignement supérieur et santé dans la bataille

    Si ce sont les agents de l’énergie qui montent au créneau en premier lieu ce 15 septembre, ils sont loin d’être les seuls travailleurs à se mobiliser à cette date. Plusieurs autres fédérations de la CGT appellent à la grève le même jour, à l’instar de la Fédération nationale des industries chimiques (Fnic-CGT).

    Cette dernière entend pousser pour des augmentations salariales à la hauteur de l’inflation et s’opposer plus globalement au projet de budget austéritaire que prépare le gouvernement : « Sans riposte d’envergure, nous serons condamnés à vivre ou à revivre les heures les plus sombres de notre histoire sociale. » Même analyse pour la Fédération CGT de la santé et de l’action sociale qui dénonce les mesures à venir avec un appel à la grève également, qui concerne toutes les structures du secteur de la santé et du médico-social : « De nouvelles dégradations s’annoncent pour les budgets de l’État et de la Sécurité sociale : restriction d’accès aux soins, suppression de personnels, augmentation du reste à charge pour les patients… »

    Ajoutons à cela l’intersyndicale de l’enseignement supérieur (CGT, CFDT, Unsa, Solidaires…) qui prévoit aussi une large mobilisation, là encore contre le budget à venir. Les travailleurs de la recherche pourront aussi compter sur le soutien des étudiants puisque plusieurs organisations de jeunesse appellent aussi à la riposte. De quoi faire du 15 septembre un moment de convergence.

    26 septembre

    Culture, climat et paix au programme

    La CGT Spectacle et plusieurs organisations progressistes du monde de la culture, appellent à « une semaine d’actions à partir du 21 septembre avec comme point fort le 26 septembre » avec le mot d’ordre : « Organisons une rentrée sociale. »

    Au programme : toujours la défense des droits des intermittents notamment, avec en ligne de mire les négociations autour de l’assurance chômage. Mais aussi l’opposition aux baisses de dotations des collectivités locales qui impliquent une baisse des subventions pour les structures artistiques. Ce timing tombe à pic puisque deux dates encadrent cette semaine d’actions. Dont le 21 septembre qui marque la journée mondiale pour la paix. « Il va y avoir une série d’initiatives dans plusieurs villes. On réfléchit à un rassemblement à Istres où se trouvent des armes nucléaires », explique Michel Dolot, pour le Mouvement de la paix des Bouches-du-Rhône. Son organisation a aussi dans le viseur son congrès national à Port-de-Bouc, en octobre.

    Et le 26 septembre s’annonce aussi comme un temps fort avec l’organisation de « marches pour le climat, la paix et les solidarités » dans plus de 50 villes en France.

    29 septembre

    La fonction publique contre le budget

    La date du 29 septembre s’annonce comme l’autre temps fort de cette rentrée sociale avec un appel à la grève de l’intersyndicale de la fonction publique au complet (CGT, FSU, FO, Unsa, Solidaires, CFDT et syndicats autonomes). « Les agents de la fonction publique que nous représentons ont toutes les raisons de se mettre en grève et de pouvoir exiger justement un autre budget puisque le lendemain le 30, Sébastien Lecornu fera ses annonces budgétaires », explique Virginie Akliouat, secrétaire de la FSU 13. Des manifestations vont avoir lieu dans plusieurs villes de la région Sud avec toujours l’objectif de faire plier le gouvernement. « Cette mobilisation est là pour influer sur les arbitrages qui vont être rendus et peser sur le débat qui va s’ouvrir pour obtenir un nouveau budget », développe la syndicaliste.

    Outre la large unité syndicale sur le sujet, qui englobe d’ailleurs les trois pans de la fonction publique, plusieurs organisations de la CGT entendent faire convergence avec les fonctionnaires, comme l’Union syndicale des retraités CGT des Bouches-du-Rhône. Cette dernière relaie la dernière communication du Comité confédéral national (CCN) de la CGT, l’une des instances décisionnaires de la centrale syndicale : « Rejoignons-les et faisons du 29 septembre une grande journée de grèves et de manifestations pour les services publics et l’augmentation des salaires. »

    Une manière d’enfoncer le clou après le 15 septembre et peut-être de préparer de nouvelles dates de mobilisations interprofessionnelles en octobre ? En tout cas, tous les mouvements sociaux de septembre s’accordent sur un fil rouge : l’opposition au budget austéritaire en préparation.

    29 septembre

    Les pompiers montent à Paris

    Plus qu’un symbole, l’ensemble des syndicats de pompiers appelle à une manifestation à la capitale ce 29 septembre après un été plus que rude pour leur profession. « Il va y avoir du monde à Paris, des sapeurs-pompiers de toute la France et des personnels administratifs », assure Laurent Guilloteau, pour la CGT Sdis et pompier des Bouches-du-Rhône. Pour faire monter la pression en amont, l’intersyndicale a justement déposé un préavis de grève dès le 8 septembre jusqu’au 20 octobre.

    Et aussi

    8 septembre. Grève dans les librairies à l’appel de la CGT et SUD de la profession à l’occasion de négociations dans le secteur sur les salaires.

    10 septembre. Marylise Léon, la secrétaire générale de la CFDT va être dans le Var, le 10 septembre. Une visite pour préparer les élections professionnelles dans la fonction publique mais pas uniquement puisqu’un passage à l’arsenal de Toulon est aussi au programme.

    7 au 11 septembre. La Confédération nationale des buralistes annonce des mobilisations du 7 au 11 septembre avec un rendez-vous à Salon-de-Provence, le 9 septembre.

    15 septembre. Le secrétaire général de Force ouvrière, Frédéric Souillot, sera à Marseille, ce 15 septembre, pour un meeting de rentrée de l’Union départementale FO des Bouches-du-Rhône.

    20 septembre. Manifestations prévues dans plusieurs villes contre la loi dites du « permis de tuer ».

    28 septembre. De nombreuses associations féministes appellent à la mobilisation dans le cadre de la journée mondiale pour le droit à l’avortement.

  • Sonia Bellina : l’enquête avance, la haine misogyne éclate

    Sonia Bellina : l’enquête avance, la haine misogyne éclate

    Le 21 août, l’enquête sur la mort de Sonia Bellina a franchi une étape décisive. Un homme de 32 ans, domicilié dans le Gard, a été mis en examen pour « assassinat » et placé en détention provisoire. Le suspect, présumé innocent, a reconnu avoir rencontré la jeune femme la veille et la nuit des faits dans le cadre d’une relation tarifée, mais n’a pas reconnu l’avoir tuée et a exercé son droit au silence. Selon le parquet, plusieurs éléments laissent penser qu’il aurait été son dernier contact.

    Déjà condamné pour violences conjugales en 2023, il portait un bracelet anti-rapprochement destiné à protéger son ex-compagne. Un second homme, placé en garde à vue, a été remis en liberté et mis hors de cause à ce stade. Pour rappel, le corps de Sonia Bellina, 29 ans, avait été découvert le 12 août partiellement carbonisé dans des vignes à Saint-Gilles. Son identité a été confirmée une semaine plus tard par ADN. L’information judiciaire doit désormais préciser le déroulement et le mobile du crime.

    La misogynie

    jusque dans la mort

    Si la justice retient à ce stade la qualification d’« assassinat  », plusieurs associations et responsables politiques parlent déjà de féminicide. Le mobile misogyne n’est pas établi par l’enquête. Mais la misogynie s’est manifestée avec violence après sa mort : commentaires sur son corps, sa vie privée ou encore son activité supposée d’escort-girl, jusqu’à des messages affirmant qu’elle aurait « mérité » son sort. Une mécanique bien connue des associations féministes : disséquer une vie et des choix pour chercher à expliquer, relativiser voire excuser la violence subie.

    Sa famille, par la voix de son avocat Me M. Battikha, a dénoncé une « double peine » et annoncé vouloir poursuivre les auteurs de ces publications. Au-delà de l’enquête, l’affaire Sonia Bellina met une nouvelle fois en lumière la persistance d’une culture de culpabilisation des femmes victimes de violences, jusque dans la mort.

    « Un féminicide supplémentaire »

    La section nîmoise du PCF indique dans un communiqué son « horreur » après l’assassinat de Sonia Bellina et adresse ses condoléances à sa famille. Pour son secrétaire Jacques Chabalier, ce crime constitue « un féminicide supplémentaire » et rappelle l’urgence de faire des violences faites aux femmes une priorité nationale. Le parti dénonce aussi les « logiques masculinistes » et les propos misogynes diffusés depuis la mort de la jeune femme sur les réseaux sociaux, appelant à des plaintes et des condamnations. A.J.

  • Places d’accueil sabrées, des vies fragilisées

    Places d’accueil sabrées, des vies fragilisées

    « Moi et ma famille on était hébergés à l’hôtel par le 115, ils nous ont appelés pour nous informer qu’ils ont trouvé une chambre [dans] un foyer… On a essayé de refuser, ils ont dit que nous n’avons pas le choix, c’est soit ça, soit ils nous mettent dehors. On a fait confiance et on a accepté. Aujourd’hui, ils nous ont déplacés et c’est la déception totale. » Dans une lettre au Secours catholique, cette maman de deux enfants dont un âgé d’un an, appelle à l’aide. Elle s’est vue mettre la pression pour déménager alors qu’elle a toute sa vie dans une ville où elle essaie de s’en sortir. Son mari ayant même obtenu un travail. Elle poursuit : « Le foyer est au milieu de nulle part. Et la chambre, plus petite que celle de l’hôtel, pleine de cafards. Sans climatisation, mes enfants n’ont pas pu dormir jusqu’à 1h. Mon fils n’a pas du tout accepté ce changement, il était très malheureux. J’aimerais que le 115 me déplace (…) avec des conditions de vies plus adaptées pour mes enfants et moi ».

    Des témoignages comme ça, Alain*, travailleur social du Secours catholique dans un centre d’accueil pour femmes, en a à la pelle. Dire qu’il soutient la lettre de l’association envoyée au préfet, dénonçant comme de nombreuses autres impliquées dans l’hébergement d’urgence, les instructions du représentant de l’État, est un euphémisme.

    Il raconte cette femme venue de Lyon avec ses enfants pour fuir son mari violent qui voulait la tuer et qui a fait de la prison pour cela. On lui demande d’y retourner car les violences n’ont pas eu lieu dans la ville où elle est accueillie. Elle restera dans sa voiture avec ses enfants en attendant une solution. Cette autre, enceinte de neuf mois qui sort de l’hôpital après des contractions, reste sans aucune solution auprès du 115, et est hébergée au centre, le temps d’en trouver une. Ou encore cette femme enceinte, violentée à Montpellier, qui part à Vitrolles, que le 115 refuse d’héberger car elle n’est plus en danger.

    Faveurs sexuelles et viol

    Être femmes à la rue, c’est « 100% de chances de se faire agresser sexuellement ou violer », assène le travailleur social. C’est aussi « être obligée d’échanger des faveurs sexuelles en hébergement chez un tiers, de faire l’esclave moderne en faisant le ménage » assure-t-il, fort des histoires de la vingtaine de personnes que reçoit le centre chaque jour. Un lieu pour prendre sa douche, se poser, respirer en toute intimité. S’il conçoit que les places en hôtel sont coûteuses, il rappelle que « ce n’est pas la panacée ». « On ne peut pas y cuisiner et cela se passe plus ou moins bien suivant l’hôtelier. Le matin, on doit partir, le soir on dort à 20h ou à 19h. Parfois, c’est ouvert le matin, parfois, l’après-midi, parfois, on oblige à faire le ménage pour rester, sous peine d’un signalement où on va dire que la personne s’est mal comportée et elle peut être mise dehors. On a eu des retours où l’on se servait joyeusement en disant que si l’hébergée voulait rester, c’était de la faveur sexuelle » détaille-t-il.

    Il revient aussi sur les conséquences de cette remise à la rue pour des personnes qui vont jusqu’à garder tous leurs tickets RTM pour nourrir leur dossier, montrant à quel point elles sont honnêtes. « Oui, ce sont souvent des personnes en situation irrégulière » admet Alain, « mais qui sont là depuis 3, 4 ou 5 ans, qui ont un emploi, se comportent comme des bons citoyens. Les enfants vont à l’école. Et à qui on dit finalement, désolé, tu repars à la rue, ou alors à Vitrolles, Marignane » indique-t-il. De quoi nourrir « la colère voire la haine, avec des gamins qui trouveront leur intérêt à faire le chouf à la cité du coin, moyennant 150 euros la journée », où « l’argent économisé en hébergement d’urgence, va être dépensé en santé mentale, en frais hospitaliers, en police, en lutte contre le narcotrafic ». Un « terrible retour en arrière » déplore-t-il.

    Le tout alors que les femmes sans-abri étaient une priorité affichée par la préfète à l’égalité des chances, Isabelle Épaillard, aujourd’hui sur le départ. Cette dernière insistant dans nos colonnes sur leur prise en compte lors de la présentation en juillet, par l’Observatoire de la pauvreté de la première enquête sur « le parcours de prise en charge des personnes sans domicile en sortie d’hospitalisation à Marseille ». Un double discours insoutenable pour les associations qui ont entamé un véritable bras de fer avec l’État.

    *Le prénom a été changé

  • Le zéro pointé de la CGT Intérieur au ministre de la Justice

    Le zéro pointé de la CGT Intérieur au ministre de la Justice

    Un document de 12 pages qui met le feu aux poudres. Après l’émoi déclenché par la mort de Lyhanna, 11 ans, le 4 juin dans le Gers et la mise en examen, pour meurtre et viol sur mineure de moins de 15 ans, de Jérôme Barella, principal suspect, le ministre de la Justice a transmis un courrier à son homologue de l’Intérieur. Daté du 29 juillet, révélé par Le Monde, il pointe des dysfonctionnements « d’ordre structurel », qui tiennent à la question des moyens, de la formation, des outils et du pilotage, mais pas « à la volonté des personnels de terrain. » Est également évoqué un gigantesque « stock fantôme », des dossiers non répertoriés par la justice faute de lui avoir été transmis.

    De quoi agacer singulièrement les syndicats de policiers. Dans un long communiqué en date du 11 août, la CGT Intérieur réplique en alignant les chiffres issus de ce même document : « 85 047 plaintes en attente, six policiers pour 4 000 dossiers au Mans, 257 millions pour un logiciel qui n’existe pas. » « Le résultat de décisions politiques identifiables, prises en connaissance de cause » assène-t-elle. Pour elle, Gérald Darmanin, ministre de l’Intérieur durant 4 ans, « découvre son propre bilan. »

    Tout sur le bureau du ministère depuis 3 ans

    Et « oublie que par sa réforme néfaste, il a démantelé les filières d’investigation (…) et appauvri la police nationale et la gendarmerie dans leur dimension judiciaire ».

    Sur le chiffre édifiant des plaintes en rade, « certaines n’ont jamais quitté le commissariat. D’autres ont été perdues. Rien de tout cela n’est un accident : chacun de ces manques a été provoqué, budget après budget, par des responsables qui savaient », balance la CGT. Et de citer « le rapport interinspections de juin 2023 sur l’engorgement de la chaîne pénale, celui de la Cour des comptes de mai 2023, le rapport d’évaluation des stocks recensant plus de trois millions de procédures non traitées et alertant expressément sur le sort des viols et agressions sexuelles sur mineurs », tous « sur le bureau du ministre de l’Intérieur de l’époque. »

    L’organisation syndicale est allée jusqu’à calculer le temps que les fonctionnaires de police pouvaient consacrer aux dossiers. Reprenant l’exemple du Mans, où six policiers du groupe de protection des familles se partagent plus de 4 000 cas, soit 667 procédures par agent. « Rapporté à la durée légale annuelle de travail -1 607 heures-, il reste deux heures et vingt-quatre minutes par dossier et par an », indique la CGT. Tandis qu’à Amiens, « où trois enquêteurs portent chacun plus de trois cents dossiers, on atteint cinq heures et vingt minutes », complète-t-elle.

    L’enquête, spécificité abandonnée

    Elle pointe également une date, 1995, où l’enquête a « cessé d’être un métier. » Le corps des enquêteurs dissous, « 16 000 inspecteurs de police rejoignent 2 200 officiers de paix » dans le nouveau corps des officiers.

    La CGT établit également une autre bascule, en 2024. Depuis, l’ordre public prime dans la gestion des troupes estime l’organisation syndicale. « Un dossier d’enfant ne fait pas de bruit. Une manifestation, si », commente-t-elle. Elle raconte aussi cet outil numérique daté et inepte, qui « perd des fichiers, découpe les procès-verbaux et impose des ressaisies redondantes des mêmes informations dans des logiciels qui ne se parlent pas. » Le projet « Scribe », lancé en 2016 pour le remplacer, est abandonné en 2021 puis relancé pour « 2028 au mieux » assure-t-elle.

    En conséquence, la CGT exige de « faire de l’enquête un métier », « donner aux enquêteurs un outil qui fonctionne » et « sortir l’enquête de l’arbitrage préfectoral. » Elle réclame aussi la présence des syndicats et des associations de victimes à la réunion prévue le 3 septembre entre les deux ministères.

  • L’organisation du Delta festival placée en liquidation judiciaire

    L’organisation du Delta festival placée en liquidation judiciaire

    Douze ans après sa création sur les plages du Prado, l’organisation du Delta Festival a annoncé dans un communiqué que le tribunal avait prononcé ce vendredi la liquidation judiciaire de la SAS Delta Agency, société organisatrice de ce qui est devenu l’un des plus importants festivals de musiques actuelles du sud de la France.

    Fondé en 2014 par les Marseillais Matthieu Predal et Olivier Ledot, alors étudiants, le Delta Festival s’est progressivement imposé dans le paysage culturel national. Électro, rap, pop et musiques actuelles s’y sont succédé au fil des éditions avec des artistes comme DJ Snake, David Guetta, Martin Garrix, Damso, Soprano ou Angèle et jusqu’à 150 000 festivaliers. Même si la billetterie au rabais des dernières semaines (un pass acheté pour un pass offert) ne laissait rien présager de bon, cette liquidation intervient après une année 2026 mouvementée.

    À quelques jours de l’édition 2026, une série de témoignages de femmes accusant Olivier Ledot, cofondateur et président du festival, de violences sexuelles présumées ont entraîné le retrait de plusieurs collectifs partenaires et la déprogrammation d’artistes. Après la mise en retrait d’Olivier Ledot et l’ouverture d’une enquête indépendante, le festival s’était maintenu du 23 au 26 juillet.

    Situation économique impossible à surmonter

    Dans un message intitulé « On voulait vous écrire une dernière fois », l’équipe rappelle les difficultés accumulées ces dernières années : « Les annulations liées au Covid en 2020, la tempête de 2023, les inondations exceptionnelles de 2024, le mistral de 2025, puis des grêlons de la taille de balles de tennis le samedi 25 juillet 2026. Nous avons tout affronté, tout encaissé, sans jamais rien lâcher », écrit-elle. Mais selon l’organisation, « l’ampleur nationale » de l’affaire Ledot, les annulations d’artistes et de la journée du samedi « journée de plus forte affluence » ont mené à « une situation économique devenue impossible à surmonter ».

    La liquidation a des conséquences sociales importantes. « 23 personnes vont être licenciées pour motif économique », précise le communiqué. L’organisation rappelle aussi que chaque édition faisait travailler des centaines de techniciens, intermittents, agents de sécurité, restaurateurs, fournisseurs et associations…

    Les créanciers, y compris les festivaliers concernés par l’annulation du 25 juillet, disposent désormais de deux mois pour déclarer leur créance. Pour autant, la page n’est peut-être pas totalement tournée. Une reprise reste juridiquement possible et pourrait faire revivre une marque devenue emblématique de l’été marseillais.

  • Hébergement d’urgence, les associations à bout dans les Bouches-du-Rhône

    Hébergement d’urgence, les associations à bout dans les Bouches-du-Rhône

    Nous vous demandons, Monsieur le préfet, d’être le garant de l’inconditionnalité de la mise à l’abri des personnes vulnérables hors de toute autre considération que leur besoin d’un abri immédiat, sûr et digne. » Dans un long courrier, argumenté, en date 24 juillet, dont nous avons eu connaissance, le Service intégré d’accueil et d’orientation (SIAO 13), plateforme départementale qui gère l’hébergement, l’insertion et l’accès au logement des personnes sans abri, regroupant une vingtaine d’associations, dresse un bilan déplorable des dispositifs d’hébergement d’urgence.

    Elle dénonce une politique publique ultra-restrictive avec « une sélection des demandeurs en fonction de critères de vulnérabilité », une « orientation réduite aux femmes victimes de violences intrafamiliales », un accès aux centres d’hébergement et de réinsertion sociale et d’urgence réservé aux seuls ménages issus d’hôtels « excluant de fait tous les autres ». Elle pointe également l’exclusion de l’accueil des mères isolées avec au moins un enfant de moins de 3 ans, au motif que leur prise en charge relève du Département. Autant de critères qui ont conduit à « un démantèlement complet des possibilités de mise à l’abri », s’indigne le SIAO.

    90 % des appels au 115

    sans solution

    Pire, « à ce jour, le 115 n’offre aucune solution pour 90 % des appels reçus malgré l’ouverture des haltes de nuit, 267 personnes restant quotidiennement sans réponse », déplore la plateforme. « Tout semble indiquer que (…) la politique publique d’accompagnement de la rue au logement sur notre département est aujourd’hui focalisée à l’excès sur le respect d’une cible de nuitées hôtelières de 1 500 personnes par jour, soit 547 500 nuitées par an », analyse le SIAO. Un potentiel de nuitées compromis par « les opérations de renouvellement urbain, les évacuations de campement, ou encore les dispositifs exceptionnels comme les plans Grand froid ou Canicule ».

    Violences sexuelles, exploitations, emprise… En tant qu’associatifs de terrain, « nous constatons quotidiennement les risques majeurs encourus par les femmes auxquelles aucune solution n’est proposée », témoigne le SIAO, ajoutant que pour les enfants, les conséquences sont tout aussi dramatiques avec rupture de scolarité, difficultés d’accès aux soins, insécurité permanente qui porte atteinte à leur développement. Un « coût financier et humain » qui « produira dans les années à venir son lot de malheurs », entre « violences, délinquances, traite d’êtres humains et trafics en tout genre », alerte le SIAO.

    C’est à la fois un « cri d’indignation » et « un combat » que porte la plateforme départementale, s’interrogeant « très sérieusement » sur son maintien au sein du dispositif. Décision que le SIAO prendra lors de sa prochaine assemblée générale, en septembre, en fonction de la réponse du préfet, prévient-il.

    Contactée, la préfecture se refuse à tout commentaire. À noter qu’un marché public pour l’hébergement d’urgence des personnes sans domicile en Provence-Alpes-Côte d’Azur a été lancé, en février, auprès des hôteliers. De quoi « optimiser le taux d’occupation de leurs établissements tout au long de l’année, sécuriser leurs revenus et s’inscrire dans une action à forte utilité sociale », vantait alors la préfecture. Selon le dernier bilan de la Dreets (Direction régionale de l’économie de l’emploi, du travail et des solidarités) Paca, en date de novembre 2025, quelque 20 070 personnes et 12 460 ménages ont sollicité le 115, en 2024, dans le département. Au final, trois demandes sur quatre n’aboutissent pas à un hébergement.

  • Le Delta Festival ouvre sous le regard prudent des participants

    Le Delta Festival ouvre sous le regard prudent des participants

    « J’ai pris connaissance des accusations il y a une semaine, j’ai réfléchi pendant trois jours avant de décider de maintenir mon stand. C’était une décision difficile », confie Manon, présidente de l’association d’éducation sexuelle Les fleurs de clitoria. Comme beaucoup d’autres associations, elle a choisi de maintenir son stand, malgré les accusations de violences sexuelles à l’encontre du président du Delta Festival, Olivier Ledot, qui conteste les faits.

    Ce jeudi, à 15h, sur la plage du Prado, le festival ouvrait ses portes, mais avec des espaces vides. Depuis une semaine, des artistes, des associations et des festivaliers se désengagent de l’événement. D’autres font le choix de rester. C’est le cas de Manon, qui justifie sa décision : « L’asso fait de la prévention et de la sensibilisation au consentement. On s’est dit que si on n’était pas là, peut-être que personne ne passerait ce message. »

    Stéphane Mollet, secrétaire général de la CFDT Paca, explique que le syndicat est présent tous les ans « pour sensibiliser les jeunes à leurs droits ». Cette année, l’approche de la CFDT a évolué en lien avec les récentes révélations. « On a directement décidé d’annuler notre présence sur les animations organisées par le Delta, mais de nous maintenir sur le forum pour parler librement des questions de violences sexuelles aux festivaliers et aux travailleurs », commente Stéphane Mollet.

    Du côté des spectateurs comme des associations, on ne sait sur quel pied danser. Alors que les premiers DJ montent sur la scène, Aaron, Marseillais de 19 ans, se montre partagé : « C’est un sujet compliqué. Le directeur a été écarté, le Delta a fait un communiqué… Je ne veux pas incriminer toutes les équipes du festival à cause d’un mec qui est dans tous les cas mis de côté. »

    « Un avant et un après »

    Clara et Inès, 22 ans, sont déçues car leurs artistes préférés ont annulé leur concert : « On comprend leur décision, mais en même temps, ça pénalise les mauvaises personnes, on comprend mieux les artistes qui reversent leur cachet aux assos ». « J’ai trouvé le communiqué du Delta très bien et je comprends leur volonté de maintenir et de ne pas renoncer », salue une bénévole de l’association PSSM, qui forme et sensibilise à la santé mentale. Face aux accusations, le Delta festival a expliqué, dans un communiqué, que « l’intégralité des bénéfices potentiels du festival sera reversée à la cause des violences sexistes et sexuelles ».

    Si le communiqué laisse Manon et les membres de son association « mitigés », elle salue la réactivité des équipes : « Il y a beaucoup de festivals que l’on sait problématiques, comme le Hellfest, et ou personne ne fait rien. On voit que les choses changent, il y aura un avant et un après Delta festival. »

  • Viol d’une étudiante à Aix : plusieurs élus réagissent

    Viol d’une étudiante à Aix : plusieurs élus réagissent

    Christian E., vient d’être mis en examen et placé en détention provisoire pour « enlèvement, séquestration, viols et agressions sexuelles avec menace ou usage d’une arme, menaces de mort, le tout en récidive légale », après avoir enlevé, puis violé une étudiante de 19 ans devant sa cité universitaire, vendredi soir dernier (voir notre édition du 13 juillet). Immédiatement, de nombreuses réactions ont occupé le débat public. Philippe Baptiste, ministre de l’Enseignement supérieur, de la recherche et de l’espace, a répondu à la presse sur le sujet, lors de sa venue à Aix, ce jeudi. « C’est un événement dramatique. J’ai une pensée triste et émue, profondément, pour la victime (…). Il y a une enquête qui est en cours et on regardera ses conclusions, ainsi que la décision de justice qui iront derrière, a d’abord insisté le ministre. Cette question de sécurité des campus est au cœur des préoccupations à la fois des universités, des Crous, des rectorats… On est extrêmement attentifs. Il faut aussi donner un message de confiance aux étudiants. Les dispositifs sont en place aujourd’hui. Peut-être qu’il faut les renforcer (…) » à ses côtés, Benoit Delaunay, recteur d’académie, rappelle que « la mission de l’école comme de l’université est à la fois d’instruire et de protéger ceux qui nous sont confiés. Dans cette mission-là, les Crous jouent un rôle formidable. Il ne faut pas que cette affaire efface le travail quotidien mené par (ses) agents. » Plus tôt dans la semaine, Marc Péna, député PS de la 11e circonscription et conseiller municipal d’opposition appelle à l’examen et l’adoption « rapide » de la proposition de loi-cadre portée par la députée Céline Thiébault-Martinez « visant à lutter de manière intégrale contre les violences sexistes et sexuelles commises à l’encontre des femmes et des enfants ». Le maire de Gardanne, Hervé Granier (LR), est lui aussi monté au créneau, alors que Christian E. a été repéré comme habitant de « sa » commune. Une présence dont il explique ne pas avoir été informé. Il adresse une lettre aux parlementaires, demandant de « donner des moyens aux maires de protéger leurs concitoyens face aux auteurs d’infractions sexuelles ». Ce jeudi, la section du PCF d’Aix estime « qu’il est urgent de donner aux services publics les moyens d’agir » et « exige l’adoption d’une loi intégrale contre ces violences. »

  • Inceste : une commission dénonce des « défaillances »

    Inceste : une commission dénonce des « défaillances »

    « L’inceste est un crime de masse, qu’on ne peut traiter comme un fait divers ou une série de crimes isolés. C’est un phénomène de société qui appelle une politique publique à part entière, à 360 degrés », a expliqué à l’AFP son rapporteur, le député PS Christian Baptiste.

    Dans son rapport, officiellement publié jeudi matin, la commission rappelle que 160 000 enfants sont victimes chaque année de violences sexuelles, soit un enfant victime de viol ou d’agression sexuelle « toutes les trois minutes ». Dans 81% des cas, l’agresseur appartient à la famille. Plus de 20 000 victimes mineures de violences sexuelles intrafamiliales ont été enregistrées en 2025 par les forces de l’ordre (+170% par rapport à 2016).

    Experts judiciaires critiqués

    Cet état des lieux s’inscrit dans le contexte d’une importante mobilisation associative, depuis un an et demi, pour une « loi intégrale » contre les violences sexuelles. Une proposition de loi a été déposée, fin 2025, par la députée socialiste Céline Thiebault-Martinez, texte dont le gouvernement s’est engagé à reprendre certaines mesures à l’automne, en réponse à l’émotion suscitée par le viol et la mort de la collégienne Lyhanna et par les multiples affaires dans le périscolaire.

    Le rapport pointe « des défaillances à chaque maillon de la chaîne pénale », « de l’enquête au jugement ». Face à « l’explosion des plaintes », les moyens humains sont « largement insuffisants », avec seulement 2 000 enquêteurs spécialisés, et les professionnels – forces de l’ordre, experts, magistrats – insuffisamment formés, décrit-il. Conséquence : des procédures longues, des enquêtes « au point mort » et un faible nombre de condamnations (380 pour viols incestueux en 2024).

    Les auditions des enfants sont parfois mal conduites et ont lieu plusieurs mois après la plainte, leur parole est « trop souvent mise en doute », critique la commission. Les enquêtes sont « limitées voire indigentes dans de trop nombreux dossiers ».

    Le rapport se montre particulièrement sévère envers les expertises judiciaires : les experts psychologues et psychiatres sont trop peu nombreux, pas toujours spécialisés. Certains ont encore recours à des « concepts pourtant bannis par la communauté scientifique, comme le syndrome d’aliénation parentale », et prennent « parti pour le parent mis en cause, parfois sans avoir même rencontré l’enfant ou le parent mis en cause », note la présidente de la commission Maud Petit (Modem).

    Concernant les « parents protecteurs », souvent des mères, la commission décrit un « mécanisme récurrent » : lorsqu’un enfant révèle un inceste, la mère qui cherche à le protéger en ne le confiant pas au père est souvent accusée de manipuler son enfant. Poursuivies pour « non-représentation d’enfant », « traitées comme des délinquantes », les mères en perdent la garde, l’enfant est parfois confié au père ou à l’Aide sociale à l’enfance, où il est exposé à des violences sexuelles, explique Christian Baptiste.

    Parmi ses préconisations, la commission recommande de « dépénaliser la non-représentation d’enfant » en cas de suspicion de violences sexuelles et de « prendre obligatoirement en considération le refus de l’enfant de voir son parent ». Elle souhaite une « ordonnance de protection de l’enfant » permettant sa mise en sécurité dès les révélations et « l’obligation de mener les principaux actes d’enquête dans un délai de trois mois » après la plainte. « Il faut mettre l’enfant en sécurité sans attendre l’issue du procès », insiste le rapporteur.

    Alors que beaucoup de procédures n’aboutissent pas faute de preuve matérielle, le rapport suggère de considérer les « troubles psychotraumatiques comme une preuve médico-légale ». Il préconise le recours à l’imagerie cérébrale pour « mettre au jour les traces physiques des traumatismes subis ». La commission se prononce pour « l’imprescriptibilité des crimes, notamment incestueux, sur mineur ».

  • À Toulon, un cri d’alerte pour les enfants

    À Toulon, un cri d’alerte pour les enfants

    Cette mobilisation a été organisée devant le palais de justice, dans le cadre d’un appel national. Parmi les personnes présentes, des membres d’organisations syndicales (UD CGT 83, Snuipp-Fsu Var…), des responsables d’associations locales (Ligue des droits de l’Homme Toulon-La Seyne…) ou encore des représentants de partis politiques (PCF Var, PS 83, Place publique…).

    À travers ce rassemblement, les participants ont souhaité exprimer leur soutien aux victimes de violences sexuelles et rappeler la nécessité d’une réponse institutionnelle plus forte. Les manifestants ont dénoncé les défaillances pointées dans l’affaire Lyhanna et appelé les pouvoirs publics à prendre des mesures concrètes pour mieux protéger les femmes et les enfants. Parmi les principales revendications figurait l’adoption par le Parlement d’un texte contre les violences sexuelles, inspiré de dispositifs déjà mis en place dans d’autres pays.

    « Nous sommes déterminés à en finir »

    « Ensemble, soutenons l’exigence d’une loi-cadre intégrale contre les violences sexistes et sexuelles faites aux femmes, aux enfants, et exigeons les moyens de l’appliquer, souligne Gilberte Mandon, membre de l’équipe du SNUipp-FSU. Nous sommes déterminés à en finir enfin avec les violences sexistes et sexuelles faites aux femmes, aux enfants et aux minorités de genre. Notre société ne supporte plus que les violences sexuelles faites aux enfants soient minimisées, invisibilisées ou traités comme de simples faits divers. »

    Selon la Ciivise (Commission indépendante sur l’inceste et les violences sexuelles faites aux enfants), les violences sexuelles envers les enfants sont très souvent perpétrées par des personnes de l’entourage proche et fréquemment dans le cadre familial. La militante ajoute : « Cette réalité dérange profondément les réactionnaires et les conservateurs car elle détruit leur récit politique. La menace principale ne vient pas d’un ennemi extérieur fantasmé, elle se trouve d’abord au sein même des structures sociales que l’extrême droite et la droite conservatrice prétendent défendre. »

    Plusieurs dizaines de personnes se sont également réunies devant la sous-préfecture de Draguignan. Environ 160 000 enfants sont victimes de violences sexuelles chaque année en France, selon la Ciivise.