Plus de deux ans de lutte, et de piquets de grèves, des victoires, et un combat qui continue pour les Pamar. Depuis le début du mois, une expertise risques psychosociaux réclamée par l’inspection du travail a été lancée dans l’entreprise. Une réponse à la « dégradation continue de leurs conditions de travail », dénoncée par les salariés de la blanchisserie qui appartenait jusqu’en février au groupe Sainte-Marguerite.
Ce vendredi, ces derniers vont être auditionnés par une psychologue sur site. Un moment clé de ce conflit social pour la section CGT de l’entreprise.
Le combat a démarré en décembre 2023 après que des salariés aient reçu des menaces de morts de leur cheffe d’équipe, pour avoir alerté l’inspection du travail sur des manquements en termes d’hygiène et de sécurité. Faisant valoir leur droit de retrait, ils ont été licenciés en mai 2024. Mais une partie a tenu bon. La décision a été annulée aux prud’hommes, puis en cour d’appel en décembre 2025, et leur réintégration imposée.
« Nous entendre, c’est très bien parce qu’il n’y a jamais eu d’écoute de la direction, nous n’avions pas notre mot à dire », glisse Kalathoumi Ibouroi, l’ex-responsable CGT Pamar, rappelant qu’une première expertise n’était pas allée à terme. Il aura fallu une mise en demeure, un signalement au procureur et une obligation sous astreinte pour que le processus reparte de zéro.
La reprise de la blanchisserie par le groupe Almaviva en février, n’y est pas étrangère. Mais le « dialogue » et la « bienveillance » affichés ne se traduisent pas « en actes ». L’inquiétude demeure avec cette sensation que « la nouvelle direction, comme l’ancienne, protège cette personne qui nous a menacés de mort », reprend Kalathoumi Ibouroi, pas convaincue par la mise en place d’un vigile et d’une caméra.
« Nous avons été attaqués devant le portail par la famille de la cheffe d’équipe qui est venue à sa demande. Elle est à l’origine des menaces de mort, c’est à cause d’elle s’il y a eu ces licenciements, ces abandons de travail », reprend celle qui a passé le flambeau à Sonia Ouessou. « Almaviva nous dit que pour trouver une solution, il faut que chaque partie fasse un pas. On ne devrait pas nous le demander mais on le fait. Nous sommes prêts à aller travailler avec une responsable méprisante et agressive qui a été complice de cet acte. C’est plus qu’un pas, c’est une marche ! Mais pas avec la cheffe. Nos vies valent plus qu’un salaire.»

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