Tag: Blanchisserie Pamar

  • Aux prud’hommes, les salariés de Pamar continuent la lutte

    Aux prud’hommes, les salariés de Pamar continuent la lutte

    « Vous allez examiner le record du droit de retrait en France ! ». Au conseil de prud’hommes de Marseille, ce jeudi, l’avocat Steve Doudet, qui représente une dizaine de salariés de la blanchisserie Pamar, rappelle l’aspect inédit du dossier qui est sur la table du juge départiteur.

    Inédit car voilà depuis le 19 décembre 2023 que ces salariés sont en droit de retrait, suite à des menaces de mort émises par des proches de leur cheffe d’équipe dont ils dénonçaient le « management toxique ». Inédit aussi car après une précédente audience, en juillet, les voilà de retour pour une audience de « départage ». Un dispositif peu anodin qui arrive lorsque les juges salariés et patronaux qui composent le conseil des prud’hommes ne se sont pas mis d’accord pour une décision, et font donc appel à un magistrat professionnel pour trancher.

    Autant dire que l’enjeu est grand pour les petites mains du linge des hôpitaux marseillais en lutte avec la CGT depuis plus de 1 000 jours pour leur réintégration dans la société en toute sécurité. « Il n’y a pas de débat sur ce qu’il s’est passé : pour asseoir son management agressif, la cheffe d’équipe a fait appel à son mari et son beau-frère qui ont menacé tout le monde sur le parking […] les salariés sont toujours en droit de retrait car aucune mesure n’a été prise pour garantir leur sécurité depuis », rappelle Steve Doudet. Il cite notamment plusieurs « mises en demeure » de l’inspection du travail à l’égard de la direction de Pamar donnant raison aux salariés.

    « Pas de contact hiérarchique »

    « Aucun salarié ne demande le licenciement de la cheffe d’équipe, mais qu’il n’y ait pas de contact hiérarchique. Les salariés veulent travailler en sécurité », martèle Steve Doudet. Du côté du conseil de la direction de Pamar, on dénonce une « procédure abusive » même si l’on reconnaît « un certain nombre d’accords avec la partie adverse ». « Les salariés ne veulent pas reprendre le travail, on leur a offert un protocole de reprise sur un plateau », a plaidé l’avocate. Car le GIE Pamar est en effet passé sous le pavillon du groupe Almaviva qui a racheté, début 2026, le groupe Sainte-Marguerite. L’avocate assure donc que la nouvelle direction de Pamar « fait les choses sérieusement » avec des plans d’action et autres médiations. Et le nouveau directeur, présent à l’audience, promet d’être « là pour organiser le dialogue ». Pas de quoi convaincre les salariés, puisque la cheffe d’équipe est toujours en poste… Décision attendue pour le 5 novembre prochain.

  • L’expertise « risques psychosociaux » reprend pour les salariés de Pamar

    L’expertise « risques psychosociaux » reprend pour les salariés de Pamar

    Plus de deux ans de lutte, et de piquets de grèves, des victoires, et un combat qui continue pour les Pamar. Depuis le début du mois, une expertise risques psychosociaux réclamée par l’inspection du travail a été lancée dans l’entreprise. Une réponse à la « dégradation continue de leurs conditions de travail », dénoncée par les salariés de la blanchisserie qui appartenait jusqu’en février au groupe Sainte-Marguerite.

    Ce vendredi, ces derniers vont être auditionnés par une psychologue sur site. Un moment clé de ce conflit social pour la section CGT de l’entreprise.

    Le combat a démarré en décembre 2023 après que des salariés aient reçu des menaces de morts de leur cheffe d’équipe, pour avoir alerté l’inspection du travail sur des manquements en termes d’hygiène et de sécurité. Faisant valoir leur droit de retrait, ils ont été licenciés en mai 2024. Mais une partie a tenu bon. La décision a été annulée aux prud’hommes, puis en cour d’appel en décembre 2025, et leur réintégration imposée.

    « Nous entendre, c’est très bien parce qu’il n’y a jamais eu d’écoute de la direction, nous n’avions pas notre mot à dire », glisse Kalathoumi Ibouroi, l’ex-responsable CGT Pamar, rappelant qu’une première expertise n’était pas allée à terme. Il aura fallu une mise en demeure, un signalement au procureur et une obligation sous astreinte pour que le processus reparte de zéro.

    La reprise de la blanchisserie par le groupe Almaviva en février, n’y est pas étrangère. Mais le « dialogue » et la « bienveillance » affichés ne se traduisent pas « en actes ». L’inquiétude demeure avec cette sensation que « la nouvelle direction, comme l’ancienne, protège cette personne qui nous a menacés de mort », reprend Kalathoumi Ibouroi, pas convaincue par la mise en place d’un vigile et d’une caméra.

    « Nous avons été attaqués devant le portail par la famille de la cheffe d’équipe qui est venue à sa demande. Elle est à l’origine des menaces de mort, c’est à cause d’elle s’il y a eu ces licenciements, ces abandons de travail », reprend celle qui a passé le flambeau à Sonia Ouessou. « Almaviva nous dit que pour trouver une solution, il faut que chaque partie fasse un pas. On ne devrait pas nous le demander mais on le fait. Nous sommes prêts à aller travailler avec une responsable méprisante et agressive qui a été complice de cet acte. C’est plus qu’un pas, c’est une marche ! Mais pas avec la cheffe. Nos vies valent plus qu’un salaire.»