Avant de retracer la carrière de Damien Droin, Charles Berling a tenu à lire quelques phrases de la philosophe Simone Weil tirées de La pesanteur et la grâce, ce qui ne pouvait pas mieux tomber pour célébrer l’artiste voltigeur.
« Tous les mouvements naturels de l’âme sont régis par des lois analogues à celles de la pesanteur matérielle. La grâce seule fait exception », commence-t-il. Et de poursuivre : « Ça correspond tellement à ce que fait Damien, même dans un monde parfois bousculé par tellement de chaos et tellement d’horreurs. »
Puis, il évoque son parcours, commencé à 5 ans avec ses deux parents dans l’école de cirque de son père. Sa mère est conteuse, apprend-on également. « Il a tout de suite été éveillé à comment faire de l’art, comment trouver la curiosité nécessaire à regarder le monde », précise le directeur du Théâtre Liberté.
Né à Hyères, poussé par une soif de liberté, de conquête et d’aventure, il part à l’âge de 16 ans à Paris. Champion de France de trampoline, discipline dans laquelle il se sent très vitre trop à l’étroit, il découvre la danse, « ce que c’est que d’animer son corps avec de l’art, d’animer son corps avec des sentiments ».
Célébré à l’international avec sa compagnie Hors Surface, c’est à Toulon qu’il est revenu faire rayonner son art. Il explique : « Depuis toujours, j’avance les yeux grands ouverts vers l’avenir, avec une étrange sensation d’être animé par deux forces : l’envie de partir et le besoin de revenir. Je viens de Toulon, une ville qui m’a vu grandir et que j’ai quitté pour me nourrir de musique, de danse, de théâtre. Et j’ai décidé d’y revenir pour implanter mon identité artistique, ma compagnie, ici. »
Josée Massi lui a rappelé en souriant l’adage : « Qui perd Toulon perd la raison ! »

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