Tag: Danse

  • [C’est l’été] À Marseille, les jeudis, tango nocturne place de l’Opéra

    [C’est l’été] À Marseille, les jeudis, tango nocturne place de l’Opéra

    À Marseille la référence majeure, c’est depuis le début des années 1990 la place de l’Opéra. Pionnière pour sa création en novembre 1989, l’association les Trottoirs de Marseille actuellement présidée par Michel Raous avait obtenu l’autorisation de la mairie pour investir cet espace. Installer la sono, des tables conviviales pour les pauses et les rafraîchissements est une évidence de l’été : excepté pendant la Covid, cette tradition s’est rarement interrompue.

    Pour les balades urbaines, une danse idéale.

    Jeudi 13 août, 80 ou 100 danseurs, les couples se succédaient. Olga Chalica, DJ venue d’Alicante, accompagnait les séquences. Cinq ou six couples « meilleurs » que d’autres donnaient le ton de la soirée. Les danseurs pensent avec leur corps et ne savent pas exactement de quoi ils sont capables. Leur ressenti, ce peut être un sentiment brusquement intense, un mystérieux mixte d’intimité, de technique et de musicalité. Chacun connaît sa grammaire personnelle tout en restant à l’écoute des intuitions et des mouvements d’autrui. Talons hauts et jupes fendues ne sont pas fréquents. Point de machisme abusif, la domination masculine et le consentement féminin s’estompent. Presque aussi souvent que les hommes, les femmes font les premiers pas pour changer de partenaire. Dans de nombreuses configurations, le guide du couple est à présent une femme. Des couples queer, hommes et femmes viennent volontiers danser. Dans un récent article, le sociologue marseillais Christophe Appril a raconté cette évolution.

    Chez tout danseur de tango on peut approcher une partie de son histoire. Chercheur au CNRS, Michel Raous affectionne dans les textes de tango une exagération proche du meilleur humour. Lily estime que sans tango, sa vie n’aurait pas la même saveur. Par ailleurs requise par la photographie, Estelle Doehr a voulu approfondir les amitiés et les rencontres que lui procura cette danse en animant avec d’autres, entre 2005 et 2011, l’association Rue du Tango. Elle a produit des milongas en compagnie de la géographe Élisabeth Dorier qui a inventé pour les danseurs des itinéraires pas du tout conventionnels, du côté du Racati, de Saint-Barnabé ou bien de Gèze.

  • [Entretien] Mofak : « Le hip-hop c’est pas que le rap, c’est une culture »

    [Entretien] Mofak : « Le hip-hop c’est pas que le rap, c’est une culture »

    La Marseillaise : Qu’attendez-vous de cette 5e édition de la Breaking Cup ?

    Mofak : De marquer l’histoire, pour la danse et le hip-hop. À Marseille, déjà, mais aussi au niveau national. C’est un privilège d’être sur la scène de l’Opéra de Marseille pour la finale. C’est un espace culturel auquel tout le monde n’a pas accès… Pour un danseur hip-hop comme moi, pour avoir accès à ce genre de scène, il faut introduire une compagnie de danse ou autre. Là, c’est un battle de danse, c’est différent. C’est un privilège, un honneur de pouvoir y faire entrer le vrai hip-hop. C’est nous qui prenons les rênes, une après-midi, dans l’établissement de l’Opéra. Sur une scène emblématique. On casse les codes. Et moi, j’aime bien ce genre de contraste. Voir un battle de danse à l’opéra, ça tue. J’ai hâte !

    Et toute la semaine, avant la finale, des activités gratuites seront proposées ?

    Mofak : Tous les jours, il y aura des ateliers dans différents secteurs. C’est gratuit, accessible à tout le monde. C’est plus ciblé sur les jeunes, mais c’est ouvert à tout le monde, pour les personnes qui veulent pratiquer. Il y aura toutes les disciplines du hip-hop, tu vois : atelier d’écriture, rap donc, initiation à la danse, DJ et graffiti. Chaque jour dans un lieu différent dans Marseille avec à chaque fois les quatre disciplines, avec un intervenant pour chacune d’entre elles.

    Y a-t-il une discipline qui marche mieux que les autres ?

    Mofak : À Marseille, c’est le rap. Mais ce qu’on va faire, c’est qu’on va limiter, créer des rotations toutes les heures. C’est pas toujours facile de canaliser les petits. Il ne faut pas que les ateliers soient trop longs. Il faut que ça dure une heure, que ça reste dynamique, pour que tout le monde kiffe. Ils ne sont pas au courant, mais je pense qu’ils peuvent être touchés par le scratch et surtout par la danse. Le but, c’est de montrer que dans le hip-hop, il n’y a pas que le rap. Il y a autre chose. Ça s’est perdu avec certaines générations. Notre travail, c’est de ramener ça, de montrer aux jeunes que dans le hip-hop, il n’y a pas que le rap, il y a toute une culture.

    Comment expliquer que le rap ait pris la première place sur scène, notamment à Marseille, par rapport au breakdance par exemple ?

    Mofak : Alors ça, c’est une discussion un peu plus profonde. Au début du hip-hop, il y avait toujours des danseurs dans les groupes de rap. Après, pour résumer, les rappeurs ont commencé à signer dans des labels, et les labels ne voulaient plus forcément signer les danseurs. L’effacement des danseurs s’est fait comme ça. Mais quand on regarde IAM, à la base, c’étaient des danseurs. Freeman, c’était un danseur. Shurik’n aussi. Dans la Fonky Family, il y avait des breakers. Après, ça s’est effacé parce qu’ils se sont mis au rap.

    C’est important pour vous, en tant que chorégraphe, de diriger cet événement, qui a aussi une portée sociale ?

    Mofak : C’est important car il y a des petits danseurs qui sont très forts, qui n’ont pas la possibilité de voyager et ce genre de moment peut leur permettre de se montrer à l’international, grâce aux réseaux sociaux par exemple. J’ai envie de rendre ce monde accessible, et surtout aux gens de ma ville. D’autant que les battles permettent aussi de faire évoluer le niveau dans la ville. C’est très important d’avoir des événements dans notre ville, il n’y en a pas assez. À Paris, on en a pratiquement tous les week-ends, c’est pour ça qu’il y a le meilleur niveau, parce qu’il y a des événements qui incitent à pratiquer.

  • La Breaking Cup sur la scène de l’opéra

    La Breaking Cup sur la scène de l’opéra

    Le petit nouveau s’apprête à clore le programme des événements annuels du groupe La Marseillaise. La Breaking Cup revient pour une 5e saison, entre le 7 et le 13 septembre. Une semaine complète d’activités est prévue autour de la culture urbaine avec, en point d’orgue, une compétition de breaking qui se tiendra le dimanche 13, dans un cadre majestueux. Après le Palais du Pharo, celui de la Bourse ou encore l’espace Bargemon, ce tournoi réunira les participants sur le parvis et sur la scène de l’Opéra de Marseille. La Ville ouvre cet écrin d’exception pour l’occasion.

    Le hip-hop entre

    sur la scène de l’opéra

    « Ouvrir l’opéra pour un tel événement, ce n’est pas anodin. Nous voulons porter à Marseille la pratique du sport libre et que celui-ci ait accès à des lieux privilégiés », souffle Yahya Güngörmez, adjoint délégué aux équipements sportifs. Mardi matin, lors de la conférence de presse réalisée dans la salle des Rotatives de La Marseillaise, le programme de la semaine a été détaillé [voir ci-contre]. La place du refuge, au Panier, sera l’hôte de la première journée, puis la Breaking Cup se déplacera dans la ville et au-delà. La Busserine, le 15e arrondissement mais également Septèmes-les-Vallons et Port-de-Bouc seront aussi des terres d’accueil pour cette édition 2026.

    Plusieurs ateliers danse, écriture et graff rythmeront la semaine. Une exposition photo est également prévue « pour mettre en valeur des danseurs hip-hop d’exception ». Cette exposition a été concoctée par le photographe lillois Lamine Jammeh, de son nom d’artiste Lemz.O. Le clou du spectacle sera la journée de dimanche avec la compétition de breaking à l’opéra de Marseille. Pour cela, l’organisation a mis les bouchées doubles en accueillant un jury international composé de neuf personnes, ainsi que 3 disciplines différentes : le popping, le hip-hop et le breakdance.

    Le planning démarrera dès 10h avec des présélections sur le parvis de l’opéra. À partir de 14h30, les 8es de finale débuteront sur la scène principale et les différentes disciplines défileront au fur et à mesure. L’accès sera gratuit pour tous les spectateurs. « Je suis honoré d’être directeur artistique et d’être accueilli à l’opéra, c’est une première pour la culture hip-hop », expliquait Mofak, une nouvelle fois désigné directeur artistique.

    AU PROGRAMME

    7 septembre

    Ateliers sur la place du Refuge (2e arr.), de 16h30 à 19h30, suivis de la soirée de lancement dans la salle des rotatives de La Marseillaise, de 18h30 à 21h.

    8 septembre

    Ateliers sur la plaine des Sports à la Busserine (14e arr), de 16h30 à 19h30.

    9 septembre

    Ateliers à La Paternelle (14e arr.), de 16h30 à 19h30.

    10 septembre

    Ateliers dans le 15e arr. (le lieu n’est pas encore fixé), de 16h30 à 19h30.

    11 septembre

    Ateliers à la Gavotte Peyret à Septèmes-les-Vallons suivi d’un repas partagé et d’un ciné plein air. De 16h30 à 22h30.

    12 septembre

    Ateliers à Cours Landrivon à Port-de-Bouc, suivi d’un repas partagé et d’un ciné en salle. De 10h30 à 18h.

    13 septembre

    De 10h à 19h, finale de La Marseillaise Breaking cup, sur le parvis de l’opéra (1er arrondissement) puis sur la scène de l’opéra pour les derniers danseurs sélectionnés.

    ILS ONT DIT

    Léo Purguette, président et directeur éditorial du groupe La Marseillaise

    « La Marseillaise Breaking Cup fait écho à nos valeurs et se trouve à l’intersection du sport, de la danse et de la culture. C’est un événement gratuit regroupant un public populaire. Nous sommes ravis de l’extension vers les villes de Septèmes-les-Vallons et Port-de-Bouc pour cette nouvelle édition. »

    Maryan Barthélémy, directeur des événements de La Marseillaise

    « La culture breakdance est tirée du mouvement culturel et sportif. C’est une discipline qui propage le goût de l’effort ainsi que la fraternité, une notion chère à notre journal. Cette 5e saison de La Marseillaise Breaking Cup s’annonce remplie de surprises et de nouveautés. Nous remercions la Ville pour la mise à disposition de l’opéra. »

    Yahya Güngörmez, élu de Marseille délégué à la pratique sportive libre

    « Tout d’abord, La Marseillaise est un journal qui m’est cher, c’est le journal de la Résistance et je voulais lui souhaiter un bon anniversaire. C’est important. Le breakdance est un art qui se fait sans club, sans licence, au sein même des quartiers. La discipline s’inscrit pleinement dans les idées de la Ville. »

  • Gloire à l’art de rue !

    Gloire à l’art de rue !

    À la confluence du sport, de la danse et de la culture, cet événement
    à nul autre pareil va s’adresser aux jeunes du sud de la France pendant une semaine avant de leur ouvrir l’Opéra de Marseille le 13 septembre pour assister à une compétition opposant Bboys et Bgirls du monde entier. Après le palais du Pharo, celui de la Bourse ou encore l’espace Bargemon, La Marseillaise breaking cup investit ce nouveau lieu extraordinaire avec le même enthousiasme et la même fierté. Forgés au pied des tours, le breakdance comme son public jeune et populaire, méritent les plus beaux cadres d’expression.

    Rien n’est trop beau pour la jeunesse populaire

    La Marseillaise s’enorgueillit de compter Mofak dans ses rangs pour jouer le rôle de directeur artistique. Enfant du Clos dans le 13e arrondissement de Marseille, il a travaillé avec des artistes internationaux tels que Madona ou Snoop Dogg et s’est imposé comme une référence dans le monde du hip-hop. Nouveauté cette année : un espace d’exposition en libre accès s’ajoute au dispositif dans le siège historique rénové de notre journal.

    Dans un contexte où les quartiers populaires et notamment sa jeunesse sont régulièrement pointés du doigt dans le débat public et où notre société se fracture, La Marseillaise breaking cup est une bouffée d’air frais, un moment de rencontre ouvert à toutes et tous et gratuit comme il en existe trop peu.

    Pour La Marseillaise, vous, les jeunes des quartiers populaires, avez droit à une perspective de progrès, un travail et des activités culturelles. Aucun jeune ne mérite de subir la violence, les trafics, la stigmatisation.

    Rien n’est trop beau pour la jeunesse populaire. La preuve : La Marseillaise est votre journal. Gloire à l’art de rue !

  • À Alès, le Cratère lance une saison de folie

    À Alès, le Cratère lance une saison de folie

    Sous le chapiteau pouvant accueillir jusqu’à 650 personnes et qui est également doté d’un espace bar-restauration et d’un espace d’exposition, Olivier Lataste, le directeur du Cratère, était fier de présenter la programmation de la saison 2026-2027. Une saison intitulée « La Prairie en folie », qui se déroulera entièrement « hors les murs ». En effet, les travaux au Cratère ont débuté en mars dernier et doivent durer 18 à 20 mois pour une réouverture au public prévue début 2028.

    « Pour l’instant, le planning des travaux est respecté. En attendant, nous allons continuer d’adapter l’accueil sous ce chapiteau pour qu’il soit le plus agréable possible. On nous a par exemple fait remarquer que les sièges étaient un peu durs donc nous allons tous les molletonner », explique Olivier Lataste. Le 5 septembre, jour du forum des associations à Alès, les équipes du Cratère accueilleront aussi le public sur l’esplanade devant le chapiteau pour lui présenter la saison et répondre à ses éventuelles questions. Deux spectacles gratuits (14h30 et 17h30) rythmeront aussi cet après-midi.

    Les grands rendez-vous

    Le premier grand rendez-vous à lancer la saison au Cratère sera le Rebond du festival C’est pas du luxe, qui est issu d’un partenariat avec les associations Un toit pour tous, le CCAS, Appel et la Croix-Rouge. Quatre spectacles gratuits de danse et de cirque sont proposés les 9 et 10 octobre. L’événement sera immédiatement suivi de la Semaine Méditerranée (13 au 18 octobre) où « nous avons pu faire venir des artistes du Maghreb, d’Égypte ou du Liban », précise Lataste. Deux expositions accompagneront ces cinq jours de représentations, dont l’une sur Gaza et l’autre proposée par SOS Méditerranée pour l’anniversaire de l’association. Le mois d’octobre continuera d’être chargé avec la traditionnelle semaine du Hip-hop (19 au 25 octobre), organisée en partenariat avec l’association All Style qui accueille encore les meilleurs danseurs internationaux de la discipline et propose de nombreux ateliers à Alès mais aussi à La Grand-Combe, à Allègre-les-Fumades, à Bessèges, Uzès et Bagnols-sur-Cèze. Le 5e battle international, moment phare de la semaine, aura lieu le 24 octobre (15h).

    Le festival Temps du Cirque prendra le relais à partir du 5 novembre pour une dizaine de jours où les acrobaties seront à l’honneur. À ne pas manquer : les voltigeurs de la compagnie grand-combienne Cirkvost, dont les trois représentations promettent le plus grand des spectacles.

    Comme chaque année, le Cratère mettra les femmes en haut de l’affiche avec le festival Les femmes font bouger le monde (du 2 au 13 mars). Autre incontournable pour la scène nationale alésienne : le festival Itinérances. Ce festival de cinéma d’Alès revient pour une 45e édition du 19 au 29 mars. Puis, le Cratère clôturera la saison des grands événements avec La Prairie en fête les 24 et 25 avril, un week-end où la Prairie accueillera toutes sortes d’animations gratuites comme du Tai-chi, yoga, DJ Set et des constructions en bambou.

    Un théâtre très politique

    À la manœuvre sur la programmation, Olivier Lataste, qui n’avait pas hésité à monter au créneau lors de l’entre-deux-tours des élections municipales pour réaffirmer son opposition au Rassemblement national, n’a de nouveau pas hésité à programmer des pièces sociales et politiques. Ce sera notamment le cas avec L’art d’avoir toujours raison, méthode simple, rapide et infaillible pour remporter une élection, de la compagnie Cassandre, qui ouvrira la saison sous le chapiteau le 29 septembre. Du pain et des jeux, qui « prend comme point de départ un match de foot pour raconter notre société », est programmé le 7 octobre. Le football sera encore au programme avec Nous le Red Star (16 et 17 décembre). La pièce revient sur l’histoire de ce club populaire qui a marqué plusieurs générations.

    Marasme, une pièce du collectif La Cabale repérée lors du festival d’Avignon, devrait également surprendre plus d’un spectateur le 16 janvier. Côté humour, c’est Djamil le Shlag, de la bande à Pierre-Emmanuel Barré et Guillaume Meurice, qui se produira le 30 janvier grâce à un partenariat avec le festival Lol et Lalala. Olivier Lataste a également souhaité mettre en avant deux pièces prévues les 26 et 27 février : Le dîner chez les Français de V. Giscard d’Estaing nous replonge dans ce septennat de 1974 à 1981 puis, le lendemain, la même troupe jouera Génération Mitterrand, un dialogue entre trois électeurs socialistes en 1981 qui ont pris des trajectoires différentes depuis : l’un vote Mélenchon, l’autre Macron et le troisième Le Pen.

    Trois autres dates sont à cocher avec L’ange du foyer (6 mars) qui traite des féminicides, Parler pointu (20 et 21 avril) du Gardois Benjamin Thozolan qui offre un pastis pendant la pièce aux spectateurs tout en abordant l’histoire de son accent, puis la Géopolitique du petit pois (27 avril), une pièce écologiste où le spectateur repart avec des tonnes de connaissances.

    Danse, concert et arts de rue

    Pour les amateurs de musique, la saison s’ouvrira avec l’incontournable Orchestre national de Barbès (2 octobre), qui vient de fêter ses 30 ans d’existence. Le 4 novembre, la danse s’emparera du chapiteau avec les locaux de la compagnie Pernette pour leur spectacle Murmures, qui fait défiler les quatre saisons. Pernette reviendra sous le chapiteau le 23 janvier avec Wakan, un spectacle « nourri des danses sacrées du monde, de ces liens invisibles entre terre, ciel et corps ». À ne pas rater non plus le concert dessiné Méditerranée, histoires d’un continent kaléidoscope d’Aurel et Christine Zayed, qui est un prolongement de la bande dessinée du même nom (24 mars).

    Côté cirque, la compagnie Gravity, constituée de huit Australiens qui avaient déjà enchanté Alès, jouera Ten Thousand Hours les 4, 5 et 6 février, une « ode aux innombrables heures passées à devenir ce qu’ils sont aujourd’hui  ».

  • Italien et Français fêtent ensemble leur patrimoine médiéval à Embrun

    Italien et Français fêtent ensemble leur patrimoine médiéval à Embrun

    Avec le temps incertain, les gens se sont concentrés vers le centre-ville plutôt qu’en montagne, peut-être pour notre plus grand bonheur », suppose Chantal Eymeoud, maire d’Embrun. Alors que des nuages gris s’accolent aux montagnes, le public est au rendez-vous en cœur de ville pour la fête médiévale, ces jeudi et vendredi 20 et 21 août. Et cette année, les festivités prennent un accent italien. La ville d’Embrun, en coopération avec la Fondation Amleto Bertoni de Saluces (Saluzzo), commune du Piémont italien, a convié trois compagnies d’artistes de l’autre côté des Alpes pour animer la fête médiévale. Un projet baptisé « Pont » qui fait partie du programme plus large de coopération européenne « Alcotra », entre les Alpes françaises et italiennes, et qui se déroule à l’occasion des fêtes médiévales puis du festival du livre médiéval et antique en octobre à Saluces.

    Le projet Pont s’appuie sur deux rendez-vous culturels organisés de part et d’autre de la frontière : les fêtes médiévales d’Embrun et le festival du livre médiéval et antique en octobre à Saluces. Ainsi, parmi les artistes italiens invités pour les festivités embrunaises, le public découvre l’un des plus anciennes traditions festives italiennes : les « sbandieratori », (lanceurs de drapeaux), qui perpétuent un art hérité du Moyen-Âge, celui des porte-étendards des villes italiennes, qui, avec le temps, ont fait du port de drapeau une véritable chorégraphie virtuose. En parallèle, la compagnie « El Giullari Del Diavolo » propose un spectacle comique mêlant jonglage, acrobatie et performances avec le feu. Enfin, l’artiste Rose Zambezzi propose un numéro de haute volée de danse avec des sphères de cristal.

    Trois compagnies italiennes invitées

    « L’objectif est bien sûr de favoriser la rencontre entre la population et les artistes des deux côtés des Alpes, de valoriser notre histoire médiévale commune et de promouvoir une culture accessible à tous », résume Chantal Eymeoud. En plus de l’accueil de plusieurs compagnies italiennes lors de la fête médiévale, le projet comprend aussi la création d’expositions et de conférences historiques bilingues consacrées au Moyen-Âge, des visites guidées en italien et des ateliers interactifs.

  • [C’est l’été] Trois jours de création dans l’espace public à La Ciotat

    [C’est l’été] Trois jours de création dans l’espace public à La Ciotat

    Alors on danse. Les rencontres chorégraphiques urbaines de La Ciotat reviennent pour la quatorzième édition, du 21 au 23 août. « Le concept est de créer un spectacle de vingt à trente minutes en seize heures, dans un environnement urbain, et de le jouer dans le lieu choisi », explique Guy Trinchero, danseur et chorégraphe ciotaden à l’origine de cette initiative. La création de la pièce, composée en direct et publiquement, se déroule cette année au Jardin de la ville. Le chorégraphe a fait appel à la compagnie de danse marseillaise Cie Chrysomèle, spécialisée dans la danse en suspension. Les danseuses Sandra Beaubatier et Mariner Romano seront accompagnées par un couple de musiciens ciotaden, Cassandra Felgueiras et David Benzazon.

    La création de ce concept remonte à 2013, à l’occasion de Marseille Provence, Capitale européenne de la culture. « Je souhaitais délocaliser la création des scènes de théâtre. Elles ont tendance à limiter le public. Des personnes de certains milieux sociaux disent qu’ils ne peuvent pas rentrer dans un théâtre parce que ce n’est pas fait pour eux. Or, l’art est né dans la rue », raconte le chorégraphe, formé à l’Opéra et à l’école nationale supérieure de danse de Marseille. D’année en année, cette manifestation culturelle rassemble des personnes de différents milieux sociaux. « Une année, j’ai travaillé sur la place de la médiathèque, qui est entourée de logements sociaux. Les gens étaient ravis, ils étaient au balcon. Ils sont mêmes venus nous descendre de l’eau fraîche et des glaces. Ce concept montre que l’art est unificateur et qu’il est fait pour réunir et dépasser toutes les frontières sociales. C’est très important pour moi de casser cette histoire de lieu privilégié et de ramener l’art où il est né, dans la rue », confie celui qui est aussi fils d’ouvriers et petit-fils d’agriculteurs.

  • [C’est l’été] La fête entre ciel et terre pour le 15 août

    [C’est l’été] La fête entre ciel et terre pour le 15 août

    Karaoké géant, espace pétanque ou encore battle de danse, la soirée du 15 août sur l’esplanade du J4, à Marseille, a enchanté petits et grands jusqu’au bout de la nuit. Plusieurs milliers de personnes se sont réunies pour observer le feu d’artifice. Mais en attendant le lancement du spectacle aérien à 22h, familles et amis ont donné de la voix lors du karaoké géant : « Je suis là depuis 20h, l’ambiance est magnifique, je m’amuse beaucoup ! », se réjouit Daphné, 29 ans, qui espère entonner « Ma philosophie » d’Amel Bent. Les uns après les autres, des spectateurs volontaires grimpent sur scène pour devenir « la star de la soirée », lors de ce rendez-vous désormais incontournable de l’été marseillais. En attendant leur tour, Jade et sa meilleure amie Lia, 9 ans, se préparent à prendre le micro : « La soirée est trop bien ! On veut chanter du Jul ! » Afin de ravir tous les goûts, 400 titres étaient proposés, entre tubes des années 80 et rap français. Plus tard dans la soirée, « Ma philosophie » a résonné sur l’esplanade, pour le plus grand bonheur de Daphné, tandis que Jade et Lia ont repris leurs morceaux favoris sous les projecteurs.

    Loin du micro, la fête proposait aussi plusieurs animations pour varier les plaisirs. Une fois le karaoké terminé, pour Jade et Lia, le programme était déjà tout tracé : « On va faire l’atelier de customisation de casquettes ! », s’impatientent les deux fillettes, qui ont déjà en tête leurs créations, à l’effigie de leur chanteur préféré : « On va mettre le signe de Jul sur la casquette ! »

    Un spectacle « original et créatif »

    Le moment que tout le monde attendait apparaît dans le ciel une fois la nuit tombée. Il est 22h et les premiers feux d’artifice scintillent sous les yeux ébahis des enfants comme des plus grands. « Il y en a partout ! C’est trop beau », s’exclame Noam, 10 ans, impressionné par le ballet aérien. Le show dure une vingtaine de minutes. Rouge, vert, bleu, doré, les formes et les couleurs s’enchaînent. Drones et pyrotechnie créent ensemble des tableaux mettant à l’honneur le patrimoine méditerranéen : bateau à voile, cerf-volant, colombe, soleil ou encore la Bonne Mère. Le spectacle se termine sous les applaudissements du public, conquis.

    Venu entre amis, Jean-Louis est séduit par l’originalité du spectacle : « C’est chouette, l’idée du feu d’artifice avec les drones, ça rajoute quelque chose, souligne-t-il. J’ai trouvé ça très original et très créatif ». Son amie Aurélie ajoute : « C’est aussi sympa d’avoir fait l’événement avec le karaoké, ça rassemble les gens ». Le groupe, venu spécialement pour le feu d’artifice, a également profité du grand karaoké qui a repris juste après le spectacle : « On a chanté, pas sur scène, mais on a chanté du Johnny ! » Les musiques se sont finalement enchaînées jusqu’à minuit, mais l’été marseillais ne s’arrête pas là. Le prochain rendez-vous est donné au stade nautique Florence-Arthaud, le vendredi 21 août, pour un DJ set signé Orisha, de quoi prolonger les festivités jusqu’à la fin de l’été.

    Andréa Goyard-de Castro

  • Les arènes de Nîmes rallument le rêve de Rome

    Les arènes de Nîmes rallument le rêve de Rome

    Le sable est encore chaud, le combat vient de s’achever. Un gladiateur tombe, suspendu entre la vie et la mort. Dans son dernier souffle, Rome refuse pourtant de disparaître. Depuis le 6 août, Le Rêve du Gladiateur a repris possession des arènes de Nîmes pour trois nuits où l’amphithéâtre a basculé dans un songe démesuré, comme un dernier réveil de l’antique Nemausus.

    Après une première édition en 2025, Arthur Cadre revient avec une fresque retravaillée. Loin de la reconstitution historique, le spectacle imagine un Empire romain qui ne se serait jamais effondré. Rubén Molina, danseur de flamenco, incarne le combattant perdu dans les limbes, guidé par Somnambula, figure mystique portée par la soprano Odile Heimburger. L’empereur déchu de Philibert Hébert-Filion glisse le grotesque dans la tragédie. Autour d’eux, danseurs, cascadeurs et cavaliers donnent corps à cet univers où le mythe antique rencontre le présent. Jusqu’à 10 000 spectateurs par soir sont attendus pour se laisser happer par ce vertige.

    Deux mille ans en mouvement

    Danse, théâtre, cirque, arts équestres et performances motorisées s’entremêlent dans une vingtaine de tableaux. Chevaux et motos se défient sur la piste, des acrobates s’élèvent au-dessus des gradins, tandis que flammes et vidéo-mapping redessinent les arches. Plus de 200 artistes et figurants portent cette machinerie, dont près de 150 bénévoles de Spiritus Nemausus. Dans les gradins, les derniers réglages affinent lumières et effets pyrotechniques.

    Imaginée initialement avec Dragone, référence mondiale du spectacle vivant, la création cherche moins à raconter Rome qu’à la faire ressentir. Durant une heure trente, les arènes deviennent un personnage, entre mémoire antique et imaginaire contemporain. Le spectacle sera retransmis par France Télévisions à l’automne.

    * Les 6, 7 et 8 août à 21h30.

    Ouverture à 20h.
    Tarifs de 6
     à 46 euros.

  • [C’est l’été] Sainte-Marthe en fête pour la 3e édition du Festival de l’Été

    [C’est l’été] Sainte-Marthe en fête pour la 3e édition du Festival de l’Été

    Cinq quartiers pour un seul festival. C’est ce que propose le centre social de Sainte-Marthe-La Paternelle avec son Festival de l’Été. Il se tient jusqu’au vendredi 7 août entre la Visitation, la Simiane, Vieux Moulin Saint-Joseph, la Paternelle et Vieux Moulin Arnavaux.

    Organisé sur cinq jours, l’objectif est clairement affiché : dynamiser le quartier de Sainte-Marthe. Houssam Zguep, directeur du centre social Sainte-Marthe-La Paternelle, explique : « On choisit toujours les mêmes dates, début août, lorsqu’il n’y a plus trop d’activités à faire, pour que les gens retiennent le rendez-vous et que le festival s’installe sur le long terme ».

    Le fondateur revient sur les origines du festival : « Ici, il y a huit quartiers différents et les gens ne bougeaient pas d’un quartier à l’autre. Alors, on a eu l’idée de venir directement à eux en changeant de quartier chaque jour avec des activités différentes pour les motiver à se déplacer ». Pour l’organisation, le centre social s’appuie sur des collectifs qu’il a créés dans les quartiers éloignés du centre social. « La Visitation, par exemple, est à 4 km de notre centre, forcément c’est compliqué pour les gens de venir. Alors on organise les animations devant notre local qu’on a là-bas », explique Houssam Zguep.

    Le rituel est bien rodé : « On commence par tourner dans le quartier avec la batucada, un petit orchestre de musique brésilienne, pour réveiller les gens et les faire venir. Alors les enfants se mettent à suivre le cortège. Dans les premières éditions, ça ne marchait pas, mais désormais ils reconnaissent le son », détaille le directeur du centre social.

    Une variété d’animations

    Chaque soir, un quartier différent s’anime de 17h à 21h entre musiques, restauration, animations et performances artistiques. Le lundi était consacré à un spectacle de magie, le mardi à une pièce de danse contemporaine et le mercredi à un groupe de musiques traditionnelles de la côte caraïbe colombienne. Ce jeudi, vous pourrez, dès 18h, à la Paternelle, écouter un concert théâtralisé de l’artiste Kimsar avec l’association Kalabazi. Le festival se conclura ce vendredi sur une soirée-concert avec la venue de trois rappeurs locaux au Vieux Moulin Arnavaux : Thabiti, Hiiitch et Le Bigs.