Après plus d’une heure et demie consacrée à l’élection des représentants de la Ville au sein de la commission d’appel d’offres, de la commission de délégation du service public, de la commission consultative des services publics locaux et du conseil d’administration du centre communal d’action sociale, ayant fait fuir le public le moins résiliant, le conseil municipal de la Ciotat, qui avait lieu lundi à la salle Paul-Eluard, a enfin pu entamer les débats. Un des points de crispation : l’adoption du compte financier unique (CFU). Après une longue présentation chiffrée par l’adjoint aux finances Eric Runfola, actant de la bonne santé financière de la commune, c’est en premier lieu Hervé Itrac, seul élu de son groupe Rassemblons-nous pour la Ciotat (extrême droite), qui a remis en cause la qualité du bilan comptable. De quoi mettre en rogne Bernard Deflesselles, ex-député et conseiller municipal de la majorité : « Pas d’augmentation d’impôt, réduction de la dette et pas de recours exceptionnel à l’emprunt… Et vous osez suggérer que “La Ville tient debout”. Je vous renvoie à vos études, définitivement ! », s’est-il agacé. Karim Ghendouf, élu d’opposition (PCF), qui s’est, lui aussi, aux côtés de sa colistière Mariann Chrétien, prononcé contre l’adoption du CFU, a également justifié son vote : « Vous soulignez le faible recours à l’emprunt de la municipalité, mais c’est aussi parce que peu d’investissements ont été réalisés, a-t-il noté. Vous parlez de la rénovation de l’école Louis-Marin. C’est une réussite, en effet. Mais 5 ans pour rénover une école, c’est trop long. » Et d’ajouter : « À propos de l’investissement en termes de sécurité, vous vous êtes concentrés sur deux choses : la mise en place de caméras de surveillance et la police municipale. Nous aurions aimé que les questions de prévention soient prises en compte (…) et rappelons que la sécurité est une fonction régalienne. »
Également abordé lors de cette longue séance : le rapport faisant suite aux observations définitives de la Chambre régionale des comptes (CRC), élaboré par La Ciotat Shipyards (LCS), société publique gérant le chantier naval. Pour rappel, la Chambre avait, en 2024, épinglé La Ciotat Shipyards, pointant de nombreux problèmes de gestion. Parmi eux : le recours à des cabinets externes, avec trois cas de conflits d’intérêts lors de la construction de la plateforme Atlas ou encore la rémunération d’un directeur général pendant un an après avoir été déchu de ses fonctions. LCS avait, en fin d’année 2025, répondu aux magistrats dans un « rapport des suites », jugé ce lundi « clair » et « argumenté » par Karim Ghendouf. « Je veux redire tout notre attachement au modèle de gouvernance actuel de La Ciotat-Shipyards. Il s’agit d’une société publique locale qui a démontré l’efficacité de l’investissement public pour le développement économique de commune. Il faut être extrêmement attentif aux décisions politiques à caractère libéral qui peuvent nous handicaper de manière très impactante. » Un point de vue en « grande partie » partagé par le maire de la Ville, Alexandre Doriol (DVD).

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