Simon Duval : Depuis la découverte en 2000 du champ hydrothermal de « Lost City », dans l’océan Atlantique. Jusqu’alors, nous ne connaissions que les « fumeurs noirs » où la température atteint 300°C. À « Lost City », elle est autour de 40°C-50°C. C’est bien plus favorable à l’apparition de la vie ! Depuis, d’autres cheminées de ce type ont été découvertes et intéressent les scientifiques qui travaillent sur l’origine de la vie.
Une autre hypothèse est celle de la « soupe prébiotique », dans laquelle une diversité d’éléments chimiques se seraient assemblés dans une mare chaude pour former les molécules complexes du vivant – acides aminés, ARN, ADN…
S.D. : C’est la théorie la plus connue, proposée par Charles Darwin en 1871. Mais elle omet le rôle de l’énergie. Fabriquer les briques élémentaires du vivant ne suffit pas pour faire apparaître la vie. Elles ont besoin d’énergie pour tenir ensemble, faire fonctionner le métabolisme, etc. L’importance de l’énergie a été pointée par le physicien Erwin Schrödinger en 1944. Une loi de la physique dit que des molécules dans un mélange ne s’ordonnent jamais d’elles-mêmes. Il faut pouvoir les confiner et leur apporter de l’énergie.
C’est l’avantage des cheminées hydrothermales ?
S.D. : Tout à fait, avec leurs membranes poreuses où les molécules peuvent être confinées. Nous montrons que le mécanisme qui fournit l’énergie aux cellules peut s’y produire. Cela les rend encore plus intéressantes.

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