Toulon maintient à nouveau ses taux d’imposition comme en 2001

Malgré un ordre du jour peu fourni, les échanges ont donné à voir une nouvelle majorité droite dans ses bottes pour poursuivre le cap face à une extrême droite revancharde et pinailleuse, derrière les sourires, reprochant le moindre denier accordé aux classes populaires et faisant de l’allègement fiscal son principal cheval de bataille. Rien de nouveau sous le soleil, hélas. C’est à ce moment-là que l’absence de la gauche dans cette nouvelle assemblée est la plus douloureuse.

Après les différents votes afin de désigner les représentants de la ville dans les différents conseils d’administration et de surveillance, le premier adjoint Julien Orlandini a pris la parole pour proposer de reconduire à l’identique les taux d’imposition pour l’année 2026.

Le RN proprement corrigé

L’occasion de préciser donc que pour la 26e année, il n’y aura pas d’augmentation des taux des impôts directs, à l’exception des bases qui évoluent, elles, selon l’indice des prix à la consommation de 0,80%. Ainsi avec un taux appliqué aux fonciers bâtis de 39,9% « Toulon se positionne au 7e rang des taux les plus bas parmi les 22 villes-centres de métropoles ». Un taux qui demeure également inférieur à la moyenne de la strate qui est 41,51%.

Prévisible, le conseiller d’opposition RN Amaury Navarranne est donc monté aux créneaux pour dénoncer « l’augmentation prise dans la poche des propriétaires toulonnais » par le biais de la hausse mécanique des bases, qu’il estime à 1,7 million d’euros au total, et 44 euros par contribuable concerné.

Un calcul au doigt mouillé très vite rectifié par le premier adjoint qui fait état, lui, de 1 million d’euros de recettes supplémentaires seulement pour compenser l’ inflation. La maire sans étiquette de Toulon, et ancienne prof de maths, Josée Massi poursuit la correction en précisant que cela correspondait non pas à 44 mais 25 euros par propriétaire. L’élève Navarranne renvoyé à ses calculs.

Pour l’extrême droite la seule solution aurait été non pas de maintenir les taux mais de les baisser, en faisant fi de la santé financière de la commune, de ses capacités d’investissement et d’accompagnement du tissu associatif auquel il n’a que très peu d’égard (lire ci-dessous) surtout si cela concerne les quartiers populaires.

« Vous avez bien fait aussi de signaler que le contexte international incitait aussi à la prudence sur les finances de la collectivité », a ajouté Julien Orlandini.

La députée Laure Lavalette aurait pu expliquer aussi à son collègue Navarranne que le Rassemblement national, leur propre parti, a obtenu le 14 janvier l’adoption à l’Assemblée nationale d’un amendement réduisant de 4,9 milliards d’euros la dotation globale de fonctionnement (DGF) versée aux collectivités territoriales. C’est le genre de chose qu’il faut avoir en mémoire lorsqu’on prétend défendre Toulon et les Toulonnais. C’est certainement ce que lui aurait rappelé l’ancien conseiller municipal d’opposition de Toulon en Commun André de Ubeda (PCF) pour parfaire l’analyse politique.

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