« Accepter de perdre nos enfants. » Président de l’Arac d’Aix-en-Provence, Serge Lejeune accueille avec « beaucoup d’inquiétude » les propos du Chef d’état-major des armées, Fabien Maudon, vaguement nuancés par Emmanuel Macron. « Ce qui déclenche les guerres est presque toujours de nature économique, rappelle l’ancien combattant. étant donné la situation européenne, les déclarations de Macron font forcément peur et je les prends très au sérieux. » Il précise : « C’est le propre du capitalisme de régler ses problèmes par la guerre, ne l’oublions pas. »
Évoquant le profil des chefs d’État, russe comme américain, il estime « qu’en attaquant la Russie de front, nommément, Macron prend le risque d’exciter les velléités bellicistes. Or, si l’ours est piqué et répond, cela risque de nous amener très loin et nous ne sommes pas en capacité de répondre à l’attaque, car les Russes ont tout un arsenal nucléaire tactique. » Serge Lejeune ajoute à cette analyse « la montée des extrêmes droites et de l’ultra nationalisme en Europe, aux États-Unis et dans les pays de l’ex-URSS ».
Le président de l’Arac se dit plus mitigé sur la question du rétablissement du service militaire en France. Emmanuel Macron a demandé au ministère des Armées de travailler sur « un projet de service militaire volontaire », a indiqué Alice Rufo, ministre déléguée auprès de la ministre des Armées. Ce « Service national volontaire », serait en « réflexion dans plusieurs pays européens en ce moment », a-t-elle précisé : « La semaine dernière, j’ai reçu mon homologue suédois, qui a un modèle en train en cours de développement dans pas mal de pays européens. Tout le monde y travaille, donc nous aussi, on y travaille. »
Une annonce « à la fois inquiétante et qui mérite que l’on s’y penche ». Inquiétante dans ce tableau pessimiste du monde, « où on assiste à la faillite de la France dans sa défense de la notion de laïcité, où la planète est aussi dans un état d’urgence absolu et où les dirigeants entraînent leurs populations vers la guerre ». Mais qui interroge, dans le sens où « la suppression de l’armée d’appelés a été quelque chose de dangereux. Car quand le contingent est insuffisant pour rétablir la paix, les appelés sont une force. » Seulement, cette interrogation arrive à un moment peu propice à une réflexion désintéressée, « dans un contexte d’une spirale générale vers la guerre dans laquelle on cherche à nous entraîner ».

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