Tag: guerre

  • Nicole était sur une flottille pour Gaza : elle témoigne

    Nicole était sur une flottille pour Gaza : elle témoigne

    « Je me suis engagée sur la Flottille pour Gaza parce que c’est une noble cause, une action humanitaire non-violente, destinée à briser le blocus sur Gaza. Je suis révoltée, en particulier par le soi-disant cessez-le-feu à Gaza. Les Palestiniens sont tués, affamés, assoiffés, privés de tout par le colonialisme. Non seulement le peuple est détruit, mais aussi son pays, sa culture. »

    Nicole, infirmière montpelliéraine, a été contactée par Médecins du monde pour participer à la Global Sumud Flotilla (le mot « sumud » en arabe signifie « résistance », « ténacité », « persévérance » ou « fermeté » face à l’adversité). Après deux entretiens avec des responsables, sa candidature a été acceptée et Nicole est partie le 7 avril à Barcelone où elle a reçu une formation de 5 jours, tant sur l’histoire de la Palestine que sur les règles maritimes et les objectifs des Flottilles. Le 12, elle a été affectée au voilier Nablus, dont le capitaine était français et l’équipage luxembourgeois, français, anglais et turc.

    Avec 47 autres embarcations, son bateau a participé à une parade dans le port de Barcelone, sous les applaudissements et les chants de milliers de personnes solidaires. L’accueil des populations a été aussi magnifique en Sicile, puis en Grèce.

    Brutalité cruelle

    En pleine nuit du 29 au 30 avril, l’armée israélienne a attaqué violemment la Flottille, dans les eaux internationales, et arrêté 22 voiliers, dont ceux des deux responsables : Thiago Avila, militant brésilien pour le climat et les droits humains et Saif Abu Keshe, militant espagnol. Cette attaque a été si brutale et barbare que les militants ont été violentés y compris des violences sexuelles. 30 personnes ont été hospitalisées, « plus déterminées que jamais face à la barbarie de l’armée israélienne, nous avons continué vers Gaza. Nous avons mouillé en Crète et reçu là aussi un accueil chaleureux et généreux, puis en Turquie où 25 bateaux supplémentaires ont rejoint la Flottille. À aucun moment, il n’ait été envisagé d’entrer dans les eaux territoriales israéliennes, et c’est dans les eaux internationales encore que nous avons été assaillis le 18 mai au matin. Un après l’autre, les voiliers ont été attaqués, les équipages brutalement arrêtés et conduits dans des bateaux-prisons. »

    Nicole poursuit son récit. « Nous avons dû quitter nos vêtements chauds et nous avons été propulsés sur le pont mouillé vers 4 conteneurs. Nous sommes restés un jour et une nuit dans cet endroit lugubre et glacé, sans banc ni matelas. De temps en temps, les soldats nous lançaient, de 5 mètres de haut, des packs d’eau qui risquaient de nous assommer ou d’éclater sur le sol et du pain. Nous étions à la fois très mal et très solidaires, chaque nouveau prisonnier était ovationné par les autres. Certains avaient été frappés sur les bateaux et nous les réconfortions. Nous nous sommes épaulés, en particulier entre femmes ! Il faut dire que les femmes qui portaient un voile ont dû le retirer. Les soldats frappaient, agressaient, violentaient et nous tiraient des coups de fusil avec des balles de plomb quand on chantait. Quand l’armée israélienne a réussi à arrêter les équipages et larguer en mer les voiliers avec les vivres et les médicaments transportés, nous avons été, toujours avec une brutalité cruelle, amenés à terre, bras et jambes liés très serrés, et maintenus à genoux durant des heures. Nous avons été insultés et j’ai vécu la visite minable du ministre Ben Gvir, j’ai subi 4 interrogatoires. Puis on nous a mis des vraies menottes et des chaînes aux pieds et entassé dans un fourgon avec des cellules de 6 ou 10 prisonniers, et le chauffage à fond. Nous sommes arrivés à la prison de Ketziot, dans le désert du Néguev. Pieds liés, ils nous ont expulsés du fourgon et fait courir avec les chaînes. Quand je suis tombée, ils m’ont relevée en me tirant les cheveux. Il y avait les cris, les hurlements de chiens. Nous avons été jetés dans des cellules sans matelas, sans nos affaires qui ont été volées. Toutes les heures, nous étions réveillés pour des exercices comme marcher à quatre pattes à travers les sous-sols de la prison. Nous devions toujours avoir la tête baissée. Nous tenions le coup, malgré le sadisme des militaires israéliens en pensant à ce que vivent les prisonniers palestiniens et la population gazaouie. Je dois dire que les militants ont été victimes d’une véritable discrimination au faciès. Un médecin universitaire français, noir, a été tellement frappé au visage qu’il était méconnaissable, les militants turcs très nombreux, les Marocains, Algériens et Tunisiens ont été particulièrement maltraités. »

    Nicole garde en mémoire une « expérience très forte ». « Nous ne sommes pas des héros, mais des personnes humaines, solidaires et révoltées par le sort des Palestiniens. Nous gardons au cœur les gestes de solidarité collectifs et individuels qui ont émaillé notre parcours, puis notre retour à Istanbul, puis Paris et pour moi Montpellier où des amis, et même des voisins que je ne connaissais pas m’ont témoigné leur solidarité ».

    Témoignage retranscrit par Claire Britten

  • Tran To Nga, rescapée de l’agent orange témoigne

    Tran To Nga, rescapée de l’agent orange témoigne

    Quel meilleur témoignage qu’une rescapée de l’épandage de 80 millions de litres d’herbicides déversés, pendant la guerre du Vietnam par les États-Unis. Avec des enfants qui, pour la quatrième génération, continuent de lourdement pâtir de ce poison produit entre autres par les sociétés pétrochimiques américaines Monsanto-Bayer et Dow Chemical.

    Pour mémoire, la résistante vietnamienne a engagé un procès international contre ces firmes. Elle viendra notamment donner les dernières informations concernant son prochain rendez-vous au tribunal le 16 juin à Paris.

    Le comité varois de l’Association d’amitié franco vietnamienne (AAFV) expliquera son implication au bénéfice de ces enfants lourdement handicapés ou atteints de cancer. Notamment par l’achat, grâce au lancement d’une souscription, d’un troupeau de vaches destiné à un village du Sud, afin qu’ils aient accès à la viande fraîche et au lait. Mais aussi en essayant de créer plus de solidarité. Une école maternelle pour les enfants handicapés par la dioxine a également été construite ainsi qu’une de réserve d’eau potable.

    On sait maintenant combien ces poisons sont absorbés puis stockés dans les organismes et les conséquences sur le long terme et combien l’environnement est pollué par ces substances dangereuses. Un sinistre bilan sanitaire qui devrait conduire les politiques publiques à beaucoup plus de prudence.

  • Une Plume d’Or pour les photographes et vidéojournalistes à Gaza

    Une Plume d’Or pour les photographes et vidéojournalistes à Gaza

    Avec plus de 220 journalistes tués par l’armée israélienne depuis octobre 2023, il s’agit du conflit le plus meurtrier pour la profession. « Nous n’étions pas de simples observateurs extérieurs à l’histoire, nous la vivions, comme tous les autres Palestiniens », a témoigné, sur scène, le photojournaliste de l’AFP Mohammed Abed, accompagné de son confrère de Reuters, Mohammed Salem.

  • Bingui l’assure, le trafic de stup’, ce n’est pas sa came

    Bingui l’assure, le trafic de stup’, ce n’est pas sa came

    Les jours se suivent et se ressemblent à la barre de la 7e chambre correctionnelle de Marseille… Après l’audition du présumé numéro 2 du clan Yoda, c’était au tour de Félix Bingui, le chef « incontestable » d’un des plus gros réseaux marseillais de stupéfiants selon les enquêteurs qui l’ont suivi à la trace durant deux ans, de 2021 à 2023, de nier fermement ce vendredi 29 mai tout ce dont on l’accuse.

    L’Alésien de 35 ans, au casier judiciaire déjà fourni avec 13 mentions, en détention provisoire après avoir été interpellé au Maroc, est mis en examen pour trafic de stupéfiants, association de malfaiteurs et blanchiment lié au trafic de stupéfiant. Le tout en récidive. Il risque jusqu’à 20 ans de prison. Passé au grill des questions de la présidente, il argumente, pied à pied dans la chaleur étouffante du tribunal. Sur les 19 co-prévenus, il en connaît « 6 ou 7 », les côtoie « du quartier ». Loin d’être à la tête d’un réseau assure-t-il, quand la présidente cite des écoutes du dossier selon lesquelles il tient les points de deal de « la Paternelle », « la Cabu’ » et « les Micocouliers ».

    Quand les enquêteurs font le portrait d’un homme à poigne, à qui on rend des comptes, qui règle les conflits entre personnes si nécessaire, récolte le fruit de la vente de drogue, est impliqué dans la fourniture d’armes, il réfute encore. « Je n’ai jamais été quelqu’un de violent », martèle-t-il. Le trafic de stup’, ce n’est pas sa came. Tout ça ne serait que ragots trouvés sur les réseaux sociaux. Mieux, la Paternelle, il n’y a « jamais mis les pieds ». La guerre entre la DZ et Yoda pour s’approprier les points de deal marseillais, c’est de l’affabulation, « y a un Snap qui a fait je ne sais pas combien de vues sur Marseille… »

    De la chance aux jeux

    Quand la femme de son beau-frère, Omar B., l’accuse dans une conversation interceptée par les policiers, avec la femme d’Amir A., d’avoir donné le go pour l’assassinat de leurs compagnons le 3 mai 2023 à Salou en Espagne, il s’agace. « Elle est tarée », balance-t-il. Et ce n’est pas son beau-frère qui était visé, « il n’avait rien à voir » affirme-t-il. « Les échos que j’ai eus, c’est que c’était une troisième personne qui était avec eux qui les a quittés deux minutes avant », répond-il refusant de donner un nom.

    Lui s’est contenté de « toucher » parfois pour sa consommation « de la beuh plus que du shit. » Ces allers-retours entre le Maroc, l’Espagne et ses brefs séjours successifs à Marseille, dans des hôtels de luxe, qu’il ne réserve pas lui-même parce qu’il n’a « pas toujours de carte bleue », pas plus que les 19 voitures de location avec lesquelles il se déplace, c’est pour pointer, aller voir sa mère pas du tout parce qu’il se sent menacé. Tout de même, « quand on voit la pluralité de lignes de téléphone, de véhicules loués, cela donne le sentiment que vous ne voulez pas être tracé… », analyse la présidente du tribunal. « Cela n’a rien à voir avec tout ça », rétorque-t-il, « sinon je serai même pas venu à Marseille. Je ne me suis jamais caché. Je n’ai pas fui j’étais juste chez moi au Maroc, j’en avais marre de la France ».

    Ses revenus pour les voyages en Thaïlande, à Dubaï, les achats d’articles de luxe dont des montres, « des répliques » oppose-t-il, il les tire de son activité de locations de voitures menée depuis sa cellule, « je suis sorti de détention presque avec 70 000 euros » ose-t-il, de paris sportifs, à raison par exemple de 100 euros misés pour 19 000 euros gagnés d’un coup. Pas de la veine mais un savoir-faire : « C’est pas le loto non plus. » Il y a aussi les parties de poker qu’il organise dans un local attenant à l’alimentation de la rue Thubaneau (1er) dont, là non plus, il n’est pas propriétaire. De quoi faire ajouter au procureur une requalification de blanchiment simple et en bande organisée en fin d’audience…

  • La CGT comme rempart aux guerres et à l’extrême droite

    La CGT comme rempart aux guerres et à l’extrême droite

    « Face au capitalisme qui se nourrit des guerres et des idéaux de haine, la question que nous devons nous poser aujourd’hui, c’est que doivent faire les organisations syndicales, associatives, politiques ? » C’est par ces mots que Julien Bouillé, co-secrétaire de la CGT 05 a ouvert le débat de ce mercredi dans la Salle des Arcades de Veynes. Le syndicat y a convié des représentants du Mouvement de la Paix, de la Cimade, de VISA (association intersyndicale antifasciste) et des cheminots de la région Paca. La discussion a commencé au sujet de la montée des guerres et des armements, et la façon dont celles-ci servent les intérêts capitalistes dans le monde et la division des peuples.

    « Il y a les utopistes, ceux qui pensent qu’on fait la paix en préparant la guerre, une ânerie dite il y a 2 000 ans qui n’a jamais été démontrée, et ceux qui pensent qu’il faut agir sur les causes de la guerre. Or, s’il y a des guerres, c’est qu’il y a des inégalités, et qu’il y a des gens qui ont des intérêts à cela », a argumenté Pierre Villard, du Mouvement de la Paix, qui a par ailleurs relevé avec humour que la table ronde, réunissant six hommes, était peu représentative de la société française. Or, face à ces guerres et ces inégalités qui produisent des migrations, la réponse des autorités nourrit la division, selon Patrick Marsauche, représentant de la Cimade : « Le plus intolérable, c’est la façon dont ces personnes sont reçues. Depuis décembre 2015, la France a de nouveau fermé la frontière dans les Alpes, et refoulé des demandeurs d’asiles, alors qu’elle a déjà été condamnée pour cela, c’est illégal ! », s’est-il indigné. Pour les débattants, le syndicalisme doit être au cœur de la riposte collective. « Les syndicats ont pour responsabilité de faire obstacle à l’extrême droite, il en est l’ennemi comme on l’a vu à Carcassonne où le maire RN veut interdire à la CGT l’accès à la Bourse du travail », a alerté Jean-Albert Guidou du pôle CGT sans-papiers.

    Proposer une alternative collective

    Comme exemple d’action collective, il a rappelé que les travailleurs sans-papiers sont régulièrement à l’initiative de luttes victorieuses sur le terrain, citant plusieurs mobilisations récentes réussies. Après avoir discuté de la façon de lutter pour briser les isolements et faire naître la solidarité, Julien Bouillé a ainsi conclu le débat : « Rien ne changera si on reste dans son coin et qu’on accepte d’être mis en concurrence, opposés entre travailleurs, entre précaires, entre français et étrangers. Ce qui change, c’est quand on s’organise, qu’on lutte ensemble, qu’on construit un rapport de force. »

  • À Miramas, l’Union locale CGT invite Meriem Laribi pour son deuxième livre

    À Miramas, l’Union locale CGT invite Meriem Laribi pour son deuxième livre

    «J’ai décidé d’écrire ce deuxième livre comme un plaidoyer contre la solution à deux états. » C’est de cette manière que la journaliste indépendante Meriem Laribi motive l’écriture de son deuxième livre, Palestine, le droit à l’existence (Éditions critiques, 128 pages). À l’occasion de sa sortie, l’écrivaine collaboratrice du Monde Diplomatique, d’Orient XXI et de Politis, est invitée par l’Union locale CGT de Miramas, ce vendredi soir.

    Meriem Laribi pose une question épineuse : « Comment est-il possible de mettre en place une solution à deux états alors que le projet sioniste ne l’envisage pas ? ». Elle parle d’un projet qu’elle juge « colonial, raciste et suprémaciste ». « On ne peut pas envisager une décolonisation à moitié », affirme-t-elle, renvoyant à une histoire autant personnelle que partagée. « Je suis née et j’ai grandi en Algérie. On ne pourrait pas imaginer un État algérien et français en Algérie », compare-t-elle. La question centrale, selon l’autrice, est de « laisser les dominés trouver leurs solutions », à condition « d’inverser le rapport de force » et de « libérer tous les prisonniers politiques ».

    « Contre la guerre »

    L’Union locale CGT propose cette initiative car « les premières victimes de la guerre sont des gens de notre classe, les travailleurs », selon Jérémy Zucchelli, secrétaire de l’UL. « La CGT est internationaliste, contre la guerre et le colonialisme », ajoute le responsable, autant pour Gaza que Cuba. Il insiste sur le fait que « faire la guerre ailleurs nous impacte ici, où on détruit nos services publics et on nous fait travailler plus longtemps ».

    Le rendez-vous est donné à 18h30, ce vendredi, au local de la CGT des cheminots de Miramas, 15 rue Voltaire.

  • Fusillade mortelle de Nice : trois mises en examen

    Fusillade mortelle de Nice : trois mises en examen

    Les procureurs de Marseille et de Nice, Nicolas Bessone et Damien Martinelli, ont annoncé lundi, lors d’une conférence de presse à Marseille, avec le directeur du service interdépartemental de la police judiciaire, Éric Antonetti, « l’élucidation ultra-rapide » de la fusillade du quartier des Moulins.

    Le 11 mai à 15h20, un homme masqué à trottinette avait calmement rafalé à l’arme automatique un commerce situé à 20 mètres d’un point de deal, tuant en terrasse deux personnes « totalement étrangères au trafic » et en blessant six autres.

    Après avoir identifié deux appartements conspiratifs à Nice, l’un dans le quartier des Musiciens, l’autre à l’est de Nice, et comprenant qu’un second projet criminel se préparait en reproduisant le mode opératoire de la veille avec un deuxième Renault Captur encore volé à Marseille, la Police judiciaire de Nice décidait d’interpeller le 13 mai à Nice et le lendemain à Marseille deux hommes âgés de 19 et 30 ans et deux femmes âgées de 26 et 50 ans. Une arme longue de type 7.62 correspondant à celle de la fusillade était trouvée en perquisition, avec des munitions, un masque postiche. L’homme de 30 ans venu de la région parisienne et connu de la justice, serait le tireur. Son téléphone borne à la fois sur le lieu de la fusillade, sur le lieu où a été retrouvé incendié le véhicule Renaut Capture volé à Marseille et incendié. La femme de 50 ans n’a pas été déférée. Les trois autres ont été mis en examen et placés en détention provisoire.

    « Ce sont des faits de narcomicides, de guerre territoriale » déclare M. Bessone. Cette fusillade s’inscrit dans « une montée de tension entre deux équipes des quartiers Est et ceux des Moulins » ajoute le patron de la PJ. « Les interactions clairement s’intensifient entre réseau niçois et réseau marseillais avec des influences de la région parisienne » ajoute Damien Martinelli.

  • Un cessez-le-feu qui peut exploser à tout moment

    Un cessez-le-feu qui peut exploser à tout moment

    Si le cessez-le-feu annoncé le 8 avril a largement mis un coup d’arrêt à la guerre déclenchée par les frappes américaines et israéliennes contre l’Iran le 28 février, le contexte reste inflammable. Washington a présenté une liste de cinq points, exigeants notamment que l’Iran ne maintient qu’un seul site nucléaire en activité et transfère son stock d’uranium hautement enrichi aux États-Unis, a rapporté l’agence de presse Fars. Selon cette même source, les États-Unis ont également refusé de débloquer « ne serait-ce que 25% » des avoirs iraniens gelés à l’étranger ou de verser des réparations pour les dommages subis par l’Iran pendant la guerre. De son côté, l’agence Mehr a affirmé que les États-Unis n’avaient accordé à l’Iran « aucune concession tangible », dénonçant « des conditions excessives » imposées par Washington.

    Frappes sur une centrale nucléaire émiratie

    Lundi, la diplomatie iranienne avait indiqué que Téhéran avait appelé, dans ses propositions, à une cessation immédiate des hostilités dans la région, notamment au Liban, ainsi qu’à la levée du blocus imposé à ses ports par la marine américaine. L’Iran a également réclamé le dégel de ses avoirs détenus à l’étranger, visés de longue date par les sanctions américaines.

    Par ailleurs, un incendie s’est déclaré après une frappe de drone près de la centrale nucléaire de Barakah, aux Émirats arabes unis, sans faire de blessés ni provoquer de hausse de la radioactivité, ont annoncé dimanche les autorités locales. L’incident survient alors que des monarchies du Golfe accusent l’Iran d’avoir mené des frappes de drones sur leur territoire malgré le cessez-le-feu. Le directeur général de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), Rafael Grossi, a exprimé « sa profonde préoccupation » dans un message publié sur X. « Toute activité militaire menaçant la sûreté nucléaire est inacceptable », a ajouté le chef de l’agence onusienne.

    Au début du mois, les Émirats avaient déjà imputé à Téhéran une frappe de drone contre une installation énergétique à Fujaïrah, dans l’est du pays, accusation démentie par l’Iran. Téhéran accuse de son côté des pays du Golfe d’avoir permis aux forces américaines d’utiliser leur territoire pour mener des attaques contre la République islamique.

    La tension est encore montée cette semaine après des informations de presse faisant état de frappes menées directement par les Émirats arabes unis et l’Arabie saoudite contre l’Iran pendant la guerre.

    Des Européens négocient le passage par Ormuz

    Malgré la trêve, la République islamique continue de bloquer le détroit d’Ormuz tandis que les États-Unis maintiennent leur propre blocus des ports iraniens. La télévision d’État iranienne a affirmé samedi que des pays européens étaient en discussion avec Téhéran afin d’obtenir des autorisations pour franchir cette voie stratégique du commerce mondial de pétrole bloquée depuis le déclenchement du conflit au Moyen-Orient.

    « Après le passage de navires en provenance de pays d’Asie de l’Est, notamment de Chine, du Japon et du Pakistan, nous avons reçu aujourd’hui des informations selon lesquelles des Européens ont entamé des négociations avec la marine des Gardiens de la Révolution » pour traverser le passage, a annoncé la télévision d’état sans préciser les noms de ces pays. Le blocage iranien de cette voie maritime par laquelle transite habituellement un cinquième de la production mondiale de pétrole perturbe les marchés mondiaux et confère à Téhéran un levier stratégique.

    CHRONOLOGIE

    1957

    Lancement du programme nucléaire iranien par la signature entre le Shah et les États-Unis en 1957 d’un accord de coopération civile sur l’utilisation pacifique de l’atome nommé « Atome pour la paix ».

    1968

    L’Iran s’engage pour le Traité de non-prolifération nucléaire (TNP) qu’il ratifie en 1970.

    1974 Création de l’Organisation de l’énergie atomique de l’Iran (OEAI) et début de la construction de deux sites industriels atomiques à Bushehr.

    1979

    La révolution iranienne éclate, le programme nucléaire est suspendu. La France refuse de remettre à l’Iran l’uranium enrichi inclut dans l’accord d’Eurodif pour lequel Téhéran a avancé 1 milliard de dollars. Une série d’attentats éclatent. La République islamique créé un centre de technologie nucléaire pour assurer sa propre production.

    2002

    Des opposants exilés iraniens dévoilent l’existence de sites nucléaires jusqu’alors inconnus. Quelques mois plus tard, l’AIEA se rend sur place et demande à l’Iran de prouver qu’elle ne développe pas l’arme nucléaire.

    2015

    Un accord historique est conclu entre l’Iran et le groupe des « 5+1 » (Chine, États-Unis, France, Royaume-Uni, Russie et Allemagne) après des années de négociations. Donald Trump s’en retire dès son arrivée à la Maison Blanche.

    2025

    Israël déclenche ce qui sera nommé la guerre de 12 jours contre l’Iran qui réplique. Les États-Unis bombardent les sites nucléaires qu’elle dira alors avoir totalement détruits… Jusqu’au déclenchement d’une nouvelle attaque en février 2026.

  • À Marseille, des rendez-vous artistiques pour le Soudan

    À Marseille, des rendez-vous artistiques pour le Soudan

    Depuis trois ans, une guerre oppose le commandant Mohamed Hamdane Daglo au général Abdel Fattah Burhan dans une course pour le pouvoir. Les affrontements entre ces deux factions rivales ont causé la mort de plus de 150 000 personnes en plus de centaines de viols et de millions de disparus. Face à « la pire crise humanitaire au monde », selon l’ONU, des artistes et activistes s’engagent à Marseille.

    L’art pour parler de luttes et d’exil

    Plusieurs événements sont prévus durant ce mois de mai, à commencer par une projection du film documentaire Soudan, souviens-toi, réalisé par Hind Meddeb. La réalisatrice retrace la lutte de jeunes soudanais lors de la révolution contre Omar Al Beshir, dictateur déchu en 2019. La soirée se poursuivra autour d’un repas caritatif et d’une vente de t-shirts, le 10 mai de 18h à 21h à la Dar, 127 rue d’Aubagne. Les dons seront reversés à des caisses de solidarité soudanaises.

    Le 14 mai, le vernissage de l’exposition « Quant au Soudan, je le porterai en moi », organisée par les journalistes Elliot Brachet et Arthur Larie et financé par Avaaz, se tiendra à la librairie Maupetit, dès 17h30. Les clichés de six jeunes photographes soudanais seront exposés jusqu’au 20 juin.

  • Marseille : assemblée de l’Unicef à la mairie

    Marseille : assemblée de l’Unicef à la mairie

    Nathalie Tessier (PCF) adjointe déléguée aux droits des enfants, a ouvert la session et rappelé le lancement d’un plan d’action de lutte contre les violences faites aux enfants. « Ses objectifs sont notamment d’assurer le bien-être des enfants, lutter contre l’exclusion, la discrimination et pour l’équité».