Tag: guerre

  • [Entretien] « La guerre devrait être déclarée hors-la-loi »

    [Entretien] « La guerre devrait être déclarée hors-la-loi »

    La Marseillaise : Quel enseignement tirez-vous de votre expérience en tant que médecin militaire ?

    Raphaël Pitti : Je suis rentré dans l’armée en 1977 et j’ai donc couvert plusieurs conflits comme celui de l’ex-Yougoslavie, la guerre civile au Liban ou encore la première guerre du Golfe. à travers eux, j’ai compris que ceux qui en souffrent le plus ce sont les populations.

    À travers votre livre « Va où l’humanité te porte. Un médecin dans la guerre », pourquoi avez-vous ressenti le besoin de mettre votre expérience par écrit ?

    R.P. : Avec mon métier de médecin dans l’armée, j’étais principalement dans l’action. à partir de 2016, j’ai été approché par plusieurs éditeurs, mais chaque fois, je refusais l’exercice de l’écriture. Puis j’ai fini par accepter car j’y ai vu une forme d’engagement pour alerter autrui. La vie nous est donnée, mais sans mode d’emploi, donc l’engagement était un moyen de donner un sens à ma vie.

    Quand les moyens et les infrastructures sanitaires sont détruits, comment peut-on encore soigner ?

    R.P. : Malheureusement, on est amené à trier et ce tri se fait en fonction des moyens que l’on a. Auparavant, on triait entre « urgence absolue » et « urgence relative ». Le blessé très grave prévalait sur celui moins grave. Mais avec des conflits comme celui de Gaza, où même les infrastructures sanitaires sont visées, on peut être amené à faire ce que l’on appelle le « triage inverse ». C’est-à-dire qu’on abandonne les blessés les plus graves au profit des moins graves dont on est sûrs de pouvoir soigner avec le peu de moyens qui nous reste. C’est ce que j’ai vécu pour la première fois, en 2024, à l’hôpital européen de Gaza.

    Qu’est-ce que cette situation dit du droit international et des droits fondamentaux de l’Homme ?

    R.P. : Il y a une perte de nos valeurs fondamentales. Les biens matériels nous rendent esclaves et on évolue dorénavant dans l’individualisme total au détriment du groupe social. Depuis plusieurs années, on met en avant la réussite personnelle qui permettrait le bonheur. Or, c’est faux ! Le bonheur, c’est de pouvoir partager avec les autres.

    Vous vous êtes engagé auprès de populations dont vous ne partagez pas forcément la langue, l’histoire… Qu’est-ce qui rend possible cette rencontre ?

    R.P. : Quand il souffre, l’être est dans toute son humanité. Il perd toute son arrogance et c’est à ce moment-là que la relation médecin-malade est la plus pure. Plus besoin de parler, en un regard, on se comprend.

    Lorsque vous revenez en France après une mission, ressentez-vous un décalage entre la réalité vécue sur le terrain et la manière dont les conflits sont perçus ici ?

    R.P. : Effectivement, les gens ne s’imaginent pas justement les horreurs vécues ailleurs, car ils sont pris par leurs propres problèmes quotidiens. Or, il n’y a pas de distinction entre la misère internationale et celle plus locale. Donc, la situation d’un sans domicile fixe fait autant appel à votre humanité que celle du blessé de guerre.

    Que souhaitez-vous que les lecteurs retiennent de votre ouvrage ?

    R.P. : Je veux que le lecteur se pose la question : « Quel monde je veux pour demain ? » Et s’il conclut qu’il souhaite un monde différent, alors il doit s’engager et donc agir concrètement. Mais pour ça, il doit accepter de prendre des risques.

    Que peut-on faire concrètement pour soutenir les populations touchées par les conflits ?

    R.P. : On ne doit plus être indifférent face à la situation actuelle. Nos dirigeants accordent un budget colossal à la défense, mais aucun pour la défense de la paix. Or, si on prenait, ne serait ce, qu’1% du budget alloué à la défense, cela représenterait déjà 500 millions d’euros. Une somme qu’on pourrait accorder alors à la sensibilisation pour la paix ou à l’éducation à l’interculturalité, par exemple.

    Comment transmettre aux jeunes générations ce sens de l’engagement et de la responsabilité collective ?

    R.P. : Les images, dorénavant retransmises en temps réel, doivent nous aider à agir. On doit vouloir autre chose, espérer autre chose. Le XXe siècle nous a donné une leçon sur ce qu’est la confrontation, avec une violence à son paroxysme. Donc le XXIe siècle doit être celui de la conciliation. Or, on est entrés dans ce XXIe siècle avec des hommes, des dirigeants, qui ont conservé la mentalité du XXe siècle. Cette situation doit alerter la jeunesse : ne vous laissez pas imposer ce discours par ces hommes de la confrontation ! On doit faire taire ces voix.

    Quelle leçon majeure retirez-vous de votre parcours dans la médecine de guerre ?

    R.P. : La guerre devrait être déclarée hors la loi. Cette interdiction devrait même être inscrite dans la Constitution. Certes, on doit conserver le droit de se défendre, mais on doit abroger celui de décider de faire la guerre.

    On a appris la semaine passée l’arrestation de Lina Attalah, rédactrice en chef du média indépendant égyptien « Mada Masr », qui devait participer aux Nouvelles rencontres d’Averroès. Selon vous, que traduit cet événement concernant la liberté d’expression ?

    R.P. : Le but, aujourd’hui, est de terrifier les populations pour ensuite mieux les museler. Avec des actions pareilles, les hommes au pouvoir conservent des états de guerre bien plus lucratifs que l’état de paix. Par exemple, pour la France, qui est un des premiers pays producteurs d’armes au monde, l’état de guerre lui ramène de nombreux acheteurs prêts à payer le prix fort pour se défendre face à l’adversaire. C’est un système révoltant.

    « Va où l’humanité te porte. Un médecin dans la guerre », 304 pages, éditions Tallandier
  • Ports et docks, maillon fort de la paix

    Ports et docks, maillon fort de la paix

    Ils refusent d’être « un maillon dans la chaîne de leurs guerres ». Les représentants des syndicats de dockers de 35 ports européens avaient signé, le 19 mai, une déclaration commune à Istanbul. Après une première journée d’action le 6 février, qui avait touché une vingtaine de ports dans sept pays, selon les organisateurs, ce sont aujourd’hui plus de 120 syndicats dans 113 ports de 23 pays, sur les cinq continents, qui ont répondu à l’appel, annonce la Fédération syndicale mondiale (FSM) sous le mot d’ordre : « Ports pour la paix, emplois dignes ».

    Les syndicats réclament la fin des conflits au Moyen-Orient, l’ouverture de corridors humanitaires vers Gaza et l’interdiction d’utiliser les ports pour acheminer du matériel militaire. Ils expriment aussi leur solidarité avec les peuples de Cuba, du Venezuela et du Soudan.

    En France, la CGT prévoit 24 heures d’arrêt dans tous les ports avec 14 000 travailleurs portuaires, dont quelque 7 500 dockers concernés. En Italie, le syndicat USB appelle à une grève générale. En Grèce, le syndicat Enedep et le Pame annoncent une grève dans le port du Pirée, le plus grand du pays.

    Des ports à « 95% à l’arrêt »

    Espagne, Grèce, Slovénie, Chypre, Suède, Danemark, Portugal, Irlande et Allemagne ont été rejoints par d’autres fédérations de dockers, notamment en Turquie et en Inde, puis par des ports d’Amérique, d’Asie, d’Afrique et d’Australie pour dire « non à la guerre et à la militarisation des ports en cours ».

    Les signataires de l’appel affirment que « les ports appartiennent aux peuples et aux travailleurs et ne sont pas des bases appartenant à l’Otan, ni aux États-Unis, ni à l’Union européenne ». Le 4 juin, les dockers de Fos-sur-Mer avaient déjà refusé de charger un cargo acheminant des pièces de fusils-mitrailleurs à destination de Haïfa. Le syndicat général CGT des ouvriers dockers et des personnels portuaires du golfe de Fos avait précisé que « les dockers et portuaires du golfe de Fos ne participeront pas au génocide en cours orchestré par le gouvernement israélien ».

    Selon la Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement (Cnuced), environ 80% du volume du commerce mondial transite par voie maritime. Or, sur les quais, lorsque les dockers cessent le travail, c’est toute la chaîne qui casse. En France, Tony Hautbois, le secrétaire général de la Fédération nationale des ports et docks CGT, qui représente 90% des salariés du secteur, annonce que les ports français seront « à l’arrêt à 95% », ce vendredi.

    De quoi perturber les flux de marchandises et les chaînes d’approvisionnement nationales. Cette journée morte entraînera mécaniquement des retards importants dans le traitement des conteneurs avec des navires bloqués au large, faute de déchargement. Les armateurs et les transitaires estiment qu’un jour d’arrêt portuaire nécessite en moyenne trois à quatre jours pour résorber l’accumulation de marchandises.

    Ni guerre, ni austérité

    Dans son communiqué, la Fédération des ports et docks CGT dénonce ces « économies de guerre qui se mettent en place au détriment des politiques de santé, des services publics, de l’éducation » dans le deuxième pays producteur et exportateur d’armes. La mobilisation de ce 30 octobre est également présentée comme un combat pour la défense des conquis sociaux remis en cause par le nouveau budget « d’euro-austérité » porté par le Premier ministre, Sébastien Lecornu. La CGT s’oppose à ses orientations, jugées « destructrices pour les systèmes de solidarité ». Les syndicats redoutent des coupes dans les protections sociales et s’élèvent contre la déréglementation des emplois par l’automatisation des opérations de manutention.

    Le syndicat fustige « les attaques contre les emplois, les métiers, les droits et les libertés des travailleurs et les citoyens qui se multiplient ». Il condamne également « la répression par la force et la violence contre la jeunesse qui exprime à juste cause son besoin d’un avenir meilleur ». L’appel à la grève interprofessionnelle du 5 novembre, qui inclut le privé, prolongera de ce mouvement de contestation budgétaire et sociale. « La force de notre syndicalisme nous permet de faire la démonstration de notre capacité de mobilisation pour des journées internationales comme celle du 30 octobre. Il y a aussi, au national, l’appel pour le 5 novembre. On y mettra un haut niveau de mobilisation », annonce Serge Coutouris, secrétaire général adjoint de la Fédération.

    REPÈRES

    24

    infrastructures majeures françaises seront paralysées pendant 24 heures : Boulogne, Brest, Dunkerque, Calais, La Rochelle, Le Havre, Rouen, Paris, Lorient, Marseille, Roscoff, Bayonne, Bastia, Bordeaux, La Réunion, Nice, Ajaccio, Saint-Nazaire, Port-Vendres, Saint-Malo, Cherbourg, Sète, Toulon et Fos-sur-Mer.

    Économie de guerre

    « Les ports, les routes maritimes, les voies ferrées, les entrepôts, la logistique et l’ensemble de la chaîne des transports sont en train d’être transformés de plus en plus ouvertement en infrastructures de guerre », affirme la déclaration d’Istanbul.

  • Message aux profiteurs de guerre

    Message aux profiteurs de guerre

    Alors que notre monde est déchiré par les guerres et que l’élévation des tensions internationales fait craindre une généralisation des conflits, l’initiative mondiale pour la paix à laquelle participent les travailleurs des Ports et docks, à l’appel de la Fédération syndicale mondiale, est particulièrement remarquable.

    Elle affirme la solidarité entre des salariés des cinq continents et le caractère de classe du combat pour la paix : les guerres bénéficient aux puissants et jettent les travailleurs les uns contre les autres.

    Dans notre région, l’engagement des portuaires et des dockers pour la paix est le fruit d’une longue tradition internationaliste. Après un engagement sans faille contre les guerres coloniales, le refus récent de charger des armes destinées à nourrir la guerre au Proche-Orient a envoyé un signal très clair à nos gouvernants.

    Un élan mondial salvateur

    Il est facile de se déchirer, de se haïr, de se regarder en chiens de faïence. Les portuaires et les dockers de 23 pays à travers le monde font un choix bien différent : celui de l’action collective, du rapport de force avec les puissants et du rejet des logiques bellicistes.

    Cet élan mondial est salvateur dans une période où le retour des impérialismes, des nationalismes et des extrémismes menace notre avenir commun.

    Il intervient en France dans un moment particulier, marqué par un puissant mouvement social, mais aussi un attentat raciste.

    Dans ce contexte, le message de la grève des ports et docks pour la paix revêt une dimension supplémentaire : l’affirmation de la force des travailleurs quand ils agissent ensemble et de la solidarité qui les unit quelle que soit leur origine, leur couleur de peau ou leur foi.

  • À Toulon, les manifestants irrités par la hausse du budget de la Défense au détriment des services publics

    À Toulon, les manifestants irrités par la hausse du budget de la Défense au détriment des services publics

    « Ce n’est pas possible que des milliards d’euros partent dans les poches d’entreprises qui font la guerre, et non pas dans celles des agents. De l’argent, il y en a. Ça suffit de payer pour les autres. » Reçue par le préfet du Var, mardi matin, en compagnie d’une délégation intersyndicale, Francisca Martinez, secrétaire départementale de la CGT finances publiques, brandit un symbole devant le cortège de manifestants, qui a achevé son parcours devant la préfecture : celui du budget de la Défense, rehaussé de 6,7 milliards d’euros en 2026, dans le cadre de l’augmentation de la loi de programmation militaire 2024-2030 (+36 milliards d’euros, pour atteindre 76,3 milliards d’ici 2030).

    « On a d’abord besoin d’un service public de qualité »

    Car, dans le premier port militaire d’Europe, ce sujet résonne plus qu’ailleurs. « Quand on voit des crédits impôts recherche distribués à de grosses entreprises, à savoir 211 milliards d’euros sans surveillance, sans contrepartie, on sait les bidouillages qu’il peut y avoir. Surtout qu’on parle de Défense, mais on est le deuxième exportateur mondial d’armes. Ça montre qu’on ne produit pas pour nous », dénonce Colette Moulun, elle aussi membre de la CGT finances publiques, qui rappelle que la Direction générale des finances publiques a perdu un quart de ses postes (plus de 30 000) en 15 ans.

    Il en va de même dans l’éducation, qui déplore, au niveau national, 4 500 postes d’enseignants supprimés. « Nous sommes 36 élèves par classe », illustre Donia, élève en terminale au lycée Dumont-d’Urville, à Toulon, présente mardi matin, comme plusieurs dizaines de lycéens varois, parmi les 1 600 manifestants mobilisés selon la police, 7 500 selon les organisations. D’autres métiers sont concernés, comme celui de « psychologue scolaire, par exemple », pointe Cédric Turco (SNUIPP – FSU), avec, en conséquence, « de moins en moins de places dans le circuit spécialisé et des élèves qui se retrouvent dans le général sans qu’on ait les moyens de les y inclure ». Une situation dont les élèves ont eux-mêmes conscience. « Il y a un manque d’accompagnants pour les élèves en situations de handicap », constate Donia.

    La situation est comparable chez les pompiers, qui ont vu 30% des centres d’incendie nationaux fermer depuis 2000. Il n’en reste plus que 6 100, dont six sur dix fonctionnent grâce aux volontaires. Mais il y a aussi « le matériel, avec des véhicules vieillissants et régulièrement en panne », rapporte David Vaubien, adjudant-chef à La Seyne, au sortir d’un été qui a mis en lumière ces manques, à l’instar de la vétusté du bâti scolaire.

    « Nos écoles sont des passoires thermiques. On travaille dans des locaux amiantés. C’est une honte pour les salariés et pour les élèves », s’indigne Cédric Turco, élu communiste à La Seyne, qui conclut sur le non-sens de cette impétueuse militarisation : « La paix ne se gagne pas par la guerre. En France, on a d’abord besoin d’avoir des services publics de qualité. »

  • [Le coin BD] Quand la Russie et Poutine attaqueront les pays Baltes

    [Le coin BD] Quand la Russie et Poutine attaqueront les pays Baltes

    Sous-titrée « Juin 2029, la Russie attaque les pays Baltes », cette BD signée du journaliste spécialisée Olivier Truc et de Nicolas Otero qui utilise un graphisme et des couleurs totalement adaptés au propos prend aux tripes dès les premières pages et ne lâche plus son lecteur jusqu’à la fin. Ce récit surinformé d’anticipation, très proche, raconte comment la Russie pourrait utiliser tous les moyens de la guerre hybride pour récupérer les trois pays Baltes devenus indépendants à la chute de l’URSS, puis devenus membre de l’Union européenne et de l’Otan, organismes paralysés par leurs lourdes procédures. L’hypothèse de départ est un cessez-le-feu en Ukraine sous la surveillance de l’UE et de la Chine. La Russie va prendre parti d’un attentat qu’elle a sans doute commis elle-même et l’attribue aux « nazis ukrainiens » qu’elle va accuser de s’entraîner sur des bases de l’Otan dans les pays baltes. à partir de là, en quelques semaines, le régime poutinien va déstabiliser tous les alliés des Baltes avec des manipulations via les réseaux sociaux, des démonstrations de force militaire, l’utilisation de la « maskirovka », ce brouillard de guerre qui empêche de savoir si des troupes se massent ou s’il s’agit de leurres… Avant une invasion éclair « justifiée » par le droit international et soutenue par les Brics et les alliés africains de la Russie. Découpée en courts chapitres, cette fiction ressemble à un reportage d’anticipation tant elle apparaît crédible.

    ET AUSSI…

    La fabrique de la pauvreté

    « De la lutte contre la pauvreté à la guerre aux pauvres » … L’ancien rapporteur de l’ONU sur les droits de l’Homme et l’extrême pauvreté Olivier de Schutter et Juan Mendez font œuvre extrêmement utile en rappelant que si 23% des 415 millions d’Européens sont à risque de pauvreté alors que la précarité s’installe partout, il ne s’agit pas d’une fatalité. Même si nos yeux s’y sont habitués, il ne s’agit pas d’une catastrophe naturelle mais du résultat de choix de société et d’orientations économiques. Un rappel salutaire.

    Chez Futuropolis, 20€

    Le problème à trois corps

    Après une adaptation en série moyenne, cette BD tirée de l’œuvre phénoménale du maître de la science-fiction chinoise Liu Cixin est au contraire une excellente surprise. Il reste deux tomes à venir mais le travail du dessinateur chinois Wu Qingsong et du mystérieux Three-body universe est fantastique, tant dans la fidélité à l’œuvre originale, et à sa complexité, qu’à travers son graphisme. Difficile à résumer, mais la Terre se retrouve sous la menace d’une invasion extraterrestre d’ici 400 ans alors que des physiciens chinois se suicident les uns après les autres…

    Chez Glénat, 20€

    Jusqu’à la tombe

    Vincenzo Bizzarri et Stefano Nardella livrent un excellent western spaghetti situé en 1863, juste après l’unification italienne, dans un Mezzogiorno encore moyenâgeux et qui refuse « l’invasion piémontaise ». Là, des bandes de brigands s’opposent à la loi du nord, dont Carmine qui, revenu d’entre les morts, affronte un potentat local qui lui a volé sa fiancée. Mais un soldat piémontais, lui aussi survivant de l’enfer, est à ses trousses alors que sa compagne vient de donner naissance à leur fils. Une BD en noir et blanc aussi âpre que réussie sur une période peu connue ici.

    Chez Sarbacane, 25€

    Billy the kid

    Dans cet imposant pavé de 232 pages en couleur, Alexandre Chenet et Loïc Sécheresse vont au-delà du mythe d’un des hors-la-loi les plus célèbres du Far-West. Et ils le font même sauter, rappelant que « L’histoire est écrite par les vainqueurs » et que sa saga n’est qu’une fable journalistique. Ce qui se rapproche de la vérité est plutôt l’histoire d’un jeune gars paumé broyé par un capitalisme naissant et qui ne sera désigné comme outlaw que lorsque ses patrons n’auront plus besoin de lui. Une relecture aussi vivifiante qu’actuelle et humoristique.

    Chez Casterman, 28€

    13 jours, 13 nuits

    Après le film, la BD. Jean-Claude Bartoll et Renato Arlem adaptent le témoignage de Mohamed Bida, policier en charge de la sécurité de l’ambassade de France à Kaboul en août 2021 lors de la prise de la capitale afghane par les Talibans. Dans « l’enfer de Kaboul », il va tout mettre en œuvre pour sauver et évacuer Français mais aussi Afghans condamnés à mort par les nouveaux maîtres du pays. Une histoire vraie et un récit rythmé au cœur du chaos et du chacun pour soi durant 13 jours et 13 nuits sans sommeil ni repos, et sans soutien des alliés non plus.

    Chez Delcourt, 22,50€

    La femme au portrait

    Nicolas Tellop au scénario et l’italien Antonio Lapone au dessin offrent un polar rétro comme on les aime. Dans le Hollywood des années 1940, un tableau disparaît sur un plateau de tournage. Le réalisateur Ernst Spieler, sorte de Fritz Lang, ne peut tourner son film sans et les studios vont faire appel à la détective privée Miss X, ancienne actrice aussi caustique que séduisante. Intrigue à la Agatha Christie et dessin stylisé font le reste dans cette histoire où « plus on avance, moins on y voit clair ». Un vrai plaisir de lecture.

    Chez Dargaud, 21,50€

  • L’histoire de Sadako Sasaki racontée à Manosque

    L’histoire de Sadako Sasaki racontée à Manosque

    « À l’époque, personne ne savait encore que la bombe continuerait son œuvre en silence pendant des années, à l’intérieur des corps » : la présidente du Mouvement de la paix 04, Estelle Suner, a raconté jeudi l’histoire de Sadako Sasaki, fillette morte d’une leucémie liée à Hiroshima, en marge du festival littéraire. « Rien ne laissait deviner ce que la bombe avait déposé 11 ans plus tôt dans son sang », a-t-elle regretté en animant un théâtre japonais, faisant défiler des images devant une dizaine de personnes venues à cette présentation, au programme du OFF des Correspondances. Sadako Sasaki est « morte, à 12 ans, d’une maladie provoquée par une arme conçue par des adultes dans une guerre décidée par des adultes », a lancé la présidente du Mouvement de la paix.

    Des survivants pour raconter

    Estelle Suner a également évoqué le tabou et la discrimination subie par les survivants d’Hiroshima, qui « cachent leur histoire par peur du rejet ».

    « Aujourd’hui, 1 500 survivants et descendants de survivants de la bombe atomique témoignent encore, chaque année », a rappelé la militante. Trois d’entre eux sont venus raconter leur histoire à Château-Arnoux-Saint-Auban l’année dernière, et ont offert au Mouvement de la paix des photographies d’archive d’Hiroshima, qui étaient exposées pendant la présentation de jeudi.

    La présentation était inspirée du livre L’histoire authentique de Sadako Sasaki et des mille grues, également exposé pour les visiteurs jeudi. Un atelier d’origami a permis au public de réaliser des grues en papier, comme l’avait fait Sadako Sasaki avant sa disparition, inspirée de la légende selon laquelle la réalisation de mille grues permet de voir son vœu exaucé. Le Mouvement de la paix avait également préparé un diaporama de photographies d’Hiroshima, mais a préféré ne pas le montrer devant l’émotion déjà importante des spectateurs après la lecture-théâtre.

    Le Mouvement de la paix réitérera l’expérience, samedi à 15h30 à la salle annexe du café du coin.

  • Réunis à Fabrégoules, les retraités CGT appellent à la paix

    Réunis à Fabrégoules, les retraités CGT appellent à la paix

    Le rassemblement se déroule dans une ambiance décontractée, mais il s’agit bel et bien d’une mobilisation militante pour les retraités des Bouches-du-Rhône. « C’était important pour nous de venir par rapport à la situation politique actuelle », partage Maurice, militant depuis qu’il a 20 ans. La majorité des discussions tourne en effet autour des enjeux politiques du moment comme la question des retraites ou du détournement de la classe ouvrière des partis progressistes pour les partis identitaires, au grand dam des militants. « Qu’est-ce qu’on a raté, il faut quand même qu’on se remette en question, on a raté quelque chose, c’est navrant », glisse Martine du Secours populaire français.

    Au moment du débat, les intervenants prennent successivement la parole à la tribune et dénoncent l’augmentation du budget militaire au détriment des besoins sociaux. « L’économie de guerre instaurée par Macron a des conséquences sociales, cet argent serait plus utile pour soigner les vivants, l’humanité n’a pas d’autre chemin que de construire la paix et le progrès social », clame Jean Pugens, responsable USR-CGT 13. « Moins de budget pour la guerre, c’est plus de budget pour la vie », renchérit Bernard Bourdelin, délégué régional CGT.

    « Le coût » de la guerre

    « On va payer parce que Macron et sa bande préfèrent distribuer au grand patronat qu’au peuple », résume François Le Vern, le secrétaire de la section CGT de Vitrolles et membre de l’organisation. Et d’exprimer un ressentiment : que le coût de cette politique de militariste soit assumé par les retraités et les actifs les plus précaires.

    Dans un lieu à la forte symbolique syndicale, le repas au milieu de la journée est convivial et bercé par les répétitions pour le concert de l’après-midi. François Le Vern définit justement la fraternité comme un terreau d’engagement et de mobilisation. « Heureusement qu’on se trouve des moments conviviaux pour se réunir tous ensemble, ça permet des échanges pour l’amitié et la fraternité mais aussi pour les actions futures à mener », indique-t-il. Sur place, sont également installés les stands du Mouvement pour la paix, de l’Association France Palestine Solidarité ou encore du Secours populaire français ainsi qu’un marché paysan avec des légumes et des produits de terroirs issus de petits producteurs dont le bénéfice des ventes sera partiellement reversé au syndicat.

    L’espoir d’une nouvelle génération

    Certains militants souhaitent que ces discours puissent bénéficier d’une portée plus large. Ce constat est partagé par Martine qui aimerait par ailleurs voir plus de jeunes, « de sang neuf qui emmène le reste du groupe » dans les mobilisations de manière générale à l’avenir.

    Etienne Devillard Lacordaire

  • [Entretien] Alain Rouy, secrétaire national du Mouvement de la Paix : « Il faut travailler la paix du quartier à la planète »

    [Entretien] Alain Rouy, secrétaire national du Mouvement de la Paix : « Il faut travailler la paix du quartier à la planète »

    La Marseillaise : À quoi sert un événement comme le Village de la Paix ?

    Alain Rouy : Cela répond à la Journée internationale de la paix, décrétée par l’ONU il y a 25 ans. C’est un moyen de sensibiliser les populations, les pouvoirs publics. Par exemple, la question de la défense, de la paix, est occultée en France, où toute la politique de défense est entre les mains du chef de l’État. Il peut déclencher une intervention militaire sans même consulter le Parlement avant 100 jours. Dans les autres pays d’Europe, le Parlement est étroitement associé. On a appris par un discours, sur la base des sous-marins nucléaires de l’Île Longue, l’an dernier, que la France changeait de doctrine militaire nucléaire, avec une nouvelle invention, la dissuasion avancée. Personne n’a été consulté, pas même les militaires. La France ne fera désormais plus la transparence sur son armement nucléaire, certaines bombes nucléaires vont être remplacées par de plus puissantes, par l’unique volonté du chef de l’État. C’est un problème. Mais presque tous les pays sont soumis à cette hausse inconsidérée des dépenses militaires au détriment des programmes sociaux, de santé, d’enseignement, d’où l’idée d’une convergence internationale.

    Le thème de la journée est : « Investir dans la paix pour tous, partout, tous les jours ».
    Qu’est-ce que cela évoque
     ?

    A.R. : Ça incarne ce que promeut l’ONU, c’est-à-dire que l’armement est surfinancé alors que les œuvres de paix et les grands défis existentiels tels que le réchauffement climatique sont sous-financés. L’ONU a établi les objectifs du développement durable, en 2015, à la suite des objectifs du millénaire pour le développement (OMD). Certains ont été obtenus, notamment sur le plan de l’alphabétisation, de la santé… Mais on est loin du compte parce qu’il manque des financements. Avec moins de la moitié du budget militaire, on règle quasiment tous les problèmes des OMD et on peut commencer à s’attaquer à la transition écologique. Au lieu de ça, on prépare la mort de la planète avec l’accumulation des armes et le risque d’un conflit nucléaire.

    Comment parvient-on à se mobiliser dans un monde bouleversé par les guerres et les génocides ?

    A.R. : Comme le disent certains slogans, il faut travailler à la paix du quartier à la planète. Ça commence par la culture de paix, grand chantier lancé par l’ONU en 2000, parce que la paix s’apprend dans les comportements, dans une culture tournée vers l’autre qui doit abreuver la vie publique. Les gouvernements ont aussi un rôle à jouer. Par exemple, le traité sur l’interdiction des armes nucléaires de 2017 est venu d’une convergence de l’ONU, des ONG et d’États qui en ont été les relais diplomatiques. Mais pour que ces relais existent, il faut faire évoluer l’opinion publique.

    À un an de l’élection présidentielle, quelle devrait être, selon vous,
    la position du futur gouvernement en matière internationale
     ?

    A.R. : On craint que ces questions de défense soient occultées de la campagne. Beaucoup de candidats vont parler du pouvoir d’achat sans faire le lien avec la hausse des dépenses militaires. La France, sous Macron, a fait le choix de résoudre les problèmes par la guerre, en soutenant les dérives bellicistes de l’UE, sans proposer d’action diplomatique. On pourrait prendre la tête, en tant que puissance nucléaire, d’un mouvement de désarmement, puis aller vers une nouvelle manière d’envisager les relations internationales, à savoir la coopération, un mode de sécurité collective ou de sécurité commune, notion apparue dans les années 1980 avec le Premier ministre suédois de l’époque, Olof Palme. Celle-ci implique que je ne suis en sécurité que si mon voisin, ou mon ennemi, se sent lui-même en sécurité. Donc, nos sécurités sont interdépendantes.

  • À Toulon, un Village de la Paix dressé face à l’économie de guerre

    À Toulon, un Village de la Paix dressé face à l’économie de guerre

    C’est dans le plus grand port militaire d’Europe que s’ouvre, ce vendredi, ce rassemblement entièrement consacré à la paix, à quelques jours seulement de la Journée internationale lui étant consacré (21 septembre). L’événement est organisé notamment par la CGT, la FSU, Solidaires, le CASI Cheminots Paca, le Mouvement de la Paix, le PCF, La France insoumise et l’association Vigilance et Initiatives syndicales antifascistes (Visa).

    L’objectif affiché par les organisateurs est de créer un lieu de rencontre et de discussion en mettant en avant le droit international et le rôle de l’ONU, tout en interrogeant la militarisation en cours de la jeunesse ainsi que l’économie de guerre, mise en œuvre au détriment d’autres services publics essentiels comme l’éducation, la santé et la transition écologique.

    Pour les organisations, le débat dépasse largement la seule question du nombre de conflits armés qui ensanglantent le monde aujourd’hui. Elles entendent donc aussi interroger la place croissante prise par les dépenses militaires dans les choix économiques et politiques. Elles dénoncent ainsi une « militarisation » grandissante et la course aux armements qui ne sont pas sans conséquences. Avec l’inquiétude de voir progressivement s’installer dans la société une forme de banalisation de la guerre et de ses impératifs.

    « On veut parler de la paix alors que tout nous pousse à parler d’autre chose, et notamment de la guerre », déclare le secrétaire général de l’Union départementale de la CGT, Richard Roméo-Giberti. Le responsable syndical insistant sur le fait que « la guerre n’est pas une fatalité, mais se construit par ceux qui ont le pouvoir et l’argent ».

    Une manifestation où il sera aussi question, bien sûr, de progrès social, sans lequel aucune paix durable n’est envisageable, rappelle-t-il.

    La paix est un enjeu

    de classe

    Et de poursuivre : « Dans ce pays qui a toujours été une espèce de phare qui éclaire le monde, même s’il brille un peu moins aujourd’hui, il y a urgence à donner la parole à tous ceux qui s’élèvent contre ce qui nous est présenté comme une fatalité, parce que tout, aujourd’hui, nous conduit à la guerre ».

    Nadine Nazzi, qui prendra la parole pour le PCF, rappelle de son côté que « l’Organisation du traité de l’Atlantique nord (OTAN) est une organisation politique et militaire aux objectifs bellicistes, née en 1949 pour combattre l’URSS ». Selon elle, l’organisation aurait donc dû disparaître après la chute de cette dernière en 1991. Mais, affirme-t-elle au contraire, elle « est devenue bien plus dangereuse et toxique qu’elle ne l’était au moment de la fin de la guerre froide ».

    Les budgets militaires imposés aux États membre avec la règle des 2% du PIB agissent également comme une perfusion d’argent public pour le secteur privé, dénonce la communiste. Elle ajoute : « C’est le concept de capitalisme monopoliste d’État, où l’État finance massivement les industries d’armements pour maintenir l’activité économique ».

    Cela, bien entendu, au détriment des populations qui subissent des politiques d’austérité, « des dizaines de milliards d’euros étant détournés vers l’achat d’avions, comme le F-35 américain, ou de systèmes de missiles ». Et de conclure : « Au PCF, notre conception d’une nation ouverte, fraternelle et solidaire est la base de notre conception de la République portant une politique de paix. Il est urgent d’ouvrir, en France, un vrai débat populaire sur ce que doit être une politique de Défense et de sûreté libérée de l’OTAN, assurant la liberté et l’indépendance des peuples dans une Europe et un bassin méditerranéen de la paix et de la sécurité collective, sous l’égide de la charte de l’ONU ».

    LES RENDEZ-VOUS

    Marseille

    Rendez-vous à 18h, ce 21 septembre, place du Général-de-Gaulle, pour une manifestation puis un meeting au Kiosque à musique, square Léon-Blum.

    Martigues

    Après-midi festive et culturelle avec ateliers et exposition, au jardin de Ferrières, le mercredi 23 septembre de 13h30 à 18h, suivi de discours puis d’une clôture musicale.

    Istres

    Rassemblement au portail d’Arles, ce dimanche 20 septembre, à 11h.

    Port-de-Bouc

    Rassemblement le 23 septembre, à la Pyramide de la paix, à partir de 14h, pour une exposition puis un meeting à 18h.

  • À Montpellier, le cri d’alerte d’un militant pacifique palestinien

    À Montpellier, le cri d’alerte d’un militant pacifique palestinien

    Il devait être accompagné de Mahmoud Zwahre. Son homologue militant et chercheur ayant dû rentrer précipitamment en Palestine en raison du décès de son neveu, Mohammed Khatib a livré seul son témoignage, mercredi 9 septembre, salle Pelloutier à Montpellier. La veille face à la presse locale, ce militant cofondateur du Comité de coordination de la lutte populaire (PSCC) avait donné un premier récit glaçant.

    En compagnie de militants de l’AFPS 34, il décrit les deux stratégies distinctes de l’État d’Israël. D’un côté, la « terreur à Gaza » où les frappes de l’armée israélienne se poursuivent malgré l’accord de cessez-le-feu, ce qui a déjà coûté la vie au moins 73 600 civils (hors disparus). « 74 200 enfants de moins de 5 ans ont besoin d’un traitement, 24 600 femmes enceintes souffrent de malnutrition aiguë. C’est orchestré car seuls 200 camions par jour entrent à Gaza au lieu des 600 autorisés », dénonce Évelyne Duval (AFPS).

    De l’autre côté, en Cisjordanie, M. Khatib pointe une logique de « transplantation méthodique » des populations. « L’armée israélienne n’intervient pas directement, si ce n’est pour faciliter aux colons israéliens l’accès aux terres occupées. » Une opération de longue haleine destinée selon lui à « anéantir les conditions de vie des Palestiniens et les pousser à l’exil ». Du côté d’Al Maghayer, à l’est de Ramallah, 27 communautés ont été détruites, assure-t-il.

    Le militant raconte comment les colons armés s’en prennent à des Palestiniens isolés, notamment des paysans dans des fermes qu’ils s’approprient. « Ils attaquent les maisons, en portant des coups, parfois en assassinant, choisissent un terrain et font du pâturage. » Afin de coordonner les déplacements des colons, des routes interdites aux Palestiniens ont été construites entre les villages occupés. En octobre, débutera la cueillette des olives. Mohammed redoute le « châtiment des colons » et de nouveaux « morts » car « les Palestiniens ne renonceront jamais à leurs vergers ». C’est pourquoi il appelle les militants internationaux à se mobiliser. « Quand ils sont présents aux côtés des familles, les colons ne se comportent pas pareil. »

    Dans les villes, les populations sont peu à peu confinées. Et la violence fait là aussi son apparition. « L’ambassadeur des USA prétend que ce sont des opérations isolées alors qu’il s’agit d’une stratégie au plus haut sommet de l’État. Le but est d’annexer les terres et changer le statut juridique de la Cisjordanie. »

    De sombres projets contre lesquels résistent les militants non armés du PSCC. Depuis son village de Bil’in, Mohammed et les siens organisent régulièrement des manifestations culturelles, parfois sous les traits de personnages d’Avatar pour dire la résistance non violente. Dès 2004, c’est elle qui avait permis la conservation de villages que l’édification d’un mur d’apartheid devait confisquer au profit d’Israël, la Cour suprême israélienne ayant donné raison à ce village frontalier. Aujourd’hui, le PSCC mène des actions de reconstruction et d’entraide appelées « Faz3a ». « On essaie d’amener l’eau, l’électricité, d’éviter les démolitions de maisons », explique-t-il.

    S’il n’attend pas grand-chose des élections législatives israéliennes du 27 octobre, il est convaincu que « le départ du gouvernement d’extrême droite de B. Netanyahou faciliterait les procédures ». Car depuis le 7 octobre 2023, Israël ne reconnaît plus le droit international. Pourtant condamnée par la Cour internationale de justice et rappelé à l’ordre par l’ONU, « elle ne rend plus de comptes », grâce à la protection américaine de l’allié Donald Trump.

    Voilà pourquoi, en plus de leur courage, les militants du PSCC comptent sur un sursaut de la communauté internationale, dont la France. « L’Europe est incapable de prendre des décisions, elle doit réagir ». De son côté, Mohammed ne lâchera pas. « Il y aura des martyrs mais notre maintien sur le territoire est notre outil de résistance. » Et Robert Kissous (AFPS 34) de conclure : « En 3 ans, plus d’un millier de Palestiniens ont été tués en Cisjordanie. Il faut empêcher ce nettoyage ethnique, retrouver la possibilité d’un État palestinien et le droit du peuple à s’autodéterminer. »