« À chaque fois qu’on creuse ici de toute façon, même pour couper un arbre, on tombe sur un Romain », lance Serge Chevalier, adjoint au Patrimoine et à l’Archéologie de Vaison-la-Romaine, ce mercredi 29 octobre, devant une douzaine de tranchées qui laissent apparaître des bouts de murs en pierre construits par les Romains il y a plus de 15 siècles.
En effet, depuis le mardi 7 octobre, un chantier de diagnostic archéologique préventif est en cours juste derrière le parking du Colombier, à quelques centaines de mètres des vestiges du théâtre antique et des thermes déjà exhumés par le passé. Celui-ci est effectué par les archéologues du Département de Vaucluse. « Cela va nous permettre d’identifier les vestiges qu’il y a sur le site, ainsi que de les dater, car ils se superposent parfois et ne sont pas forcément de la même époque », confie ainsi Émilie Fencke, cheffe du service d’archéologie de Vaucluse, devant le vaste chantier de plus de 7 000 m2.
Ces fouilles ne vont cependant pas durer encore très longtemps. Elles seront stoppées le samedi 8 novembre. Les tranchées seront bouchées, laissant sous terre les constructions antiques qui n’auront sans aucun doute pas encore révélé tous leurs secrets. Une demande d’opération archéologique programmée va être lancée, « car on a pour objectif de revenir », lance avec détermination Anaïs Roumegous, archéologue et cheffe du chantier. Celle-ci permettrait de lancer des fouilles d’une durée bien plus étendue, potentiellement sur plusieurs années, mais « pas avant 2027 », estime l’archéologue, pendant que ses collègues notent, mesurent et archivent chaque élément découvert sous la terre.
Les premières analyses et estimations datent ces vestiges autour de la fin de l’Antiquité, au IVe ou au Ve siècles après JC. Quant à la fonction exacte de ces structures, les premières fouilles ne permettent pas encore de l’assurer, mais « on pense que ce sont des jonctions de voies d’une part, ainsi qu’un probable bâtiment, mais aussi des restes d’un système d’égouts ou d’un réseau d’eaux fluviales », affirme Anaïs Roumegous.
Une fouille plus détaillée du site permettrait notamment « d’en savoir plus sur la manière dont sont occupés les abords d’une ville à l’époque romaine, durant cette période qui est la moins bien connue de l’Antiquité. L’idée est de comprendre comment cette zone était aménagée à cette période-là. Est-ce qu’il y a des voies, des habitats, des zones artisanales ou encore des zones funéraires ? », pose de son côté Émilie Fencke. Encore un peu plus d’une semaine donc pour en savoir plus avant que ces vestiges retournent sous la terre et ne gardent leurs secrets pendant au moins une année.

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