Tag: Théâtre antique

  • Entre départs et complications, une « saison light » aux Chorégies

    Entre départs et complications, une « saison light » aux Chorégies

    Ce sera une « saison light » en 2026 pour les Chorégies d’Orange, comme le précise, ce vendredi 28 novembre en cité des Princes, lors de la présentation de l’événement, son directeur sur le départ, Jean-Louis Grinda, avec six représentations au programme, entre le vendredi 19 juin et le samedi 18 juillet.

    Après une année 2025 ambitieuse avec pas moins de 13 soirées, le plus vieux festival de France doit revoir ses ambitions à la baisse. Et ce, en premier lieu, pour des raisons financières. Comme l’évoque Richard Galy, président de la Société publique locale des Chorégies d’Orange, après une « année 2024 plus allégée qui a été remarquable », l’année 2025 était « plus étoffée avec des soirées exceptionnelles », mais avec en conséquence des « finances qui ont dégringolé ». Il rappelle que 60% des revenus proviennent de la billetterie et que la moindre annulation peut faire perdre « jusqu’à plus de 100 000 euros ». Des déclarations qui ont poussé Jean-Louis Grinda, assis juste à côté de celui qui est également président de la commission du rayonnement culturel à la Région, à nuancer les paroles de son voisin, qui « ne correspondent pas vraiment à la réalité ». Il précise que le festival, en termes de résultat brut « pur », en 2025, était en déficit de 150 000 euros contre un résultat positif de 300 000 euros l’année précédente. « Si ça, c’est une dégringolade, j’aimerais savoir ce qu’il se passe dans les autres festivals de la région », pique le directeur.

    Philippe Katerine symphonique

    Une réorganisation est également prévue pour les années à venir, notamment à travers la création d’une nouvelle structure juridique, les Chorégies passant d’une SPL (Société publique locale) à un EPCC (Établissement public de coopération culturelle). « Cela va nous donner plus de souffle et plus d’aisance, de trouver une régularité dans les dépenses et les prévisions. C’est une décision qui a été saluée par la Cour des comptes, qui nous a tout de même indiqué qu’il faudrait que l’on recrute », poursuit le président.

    Cette évolution se fera donc sans Jean-Louis Grinda, qui annonce quitter ses fonctions de directeur, qu’il occupe depuis décembre 2015. Pour lui, gérer un EPCC représenterait une trop grosse charge. Il ajoute « qu’un directeur ne doit pas rester trop longtemps », car « il faut du renouveau », mais aussi « un nouvel interlocuteur pour les pouvoirs publics ». Paulin Reynard, directeur de production et chargé de la médiation culturelle, s’en va également. Leur remplacement va être géré au cours de l’année 2026.

    La programmation artistique n’en demeure pas moins de qualité, mais également surprenante, même si l’organisation l’aurait voulue plus étoffée. À commencer par une annonce qui n’a pas manqué de faire sourire, glousser, mais aussi grimacer une partie des fidèles du festival présents dans la salle, lors de la révélation de la venue du chanteur Philippe Katerine. Il se produira sur la scène du Théâtre Antique avec l’orchestre national d’Avignon-Provence, le mardi 7 juillet à 21h30. « Il a promis de ne pas chanter tout nu », glisse en retrouvant le sourire Jean-Louis Grinda, en référence à la cérémonie de lancement des Jeux olympiques de Paris, tout en invitant « ceux qui n’aiment pas à ne pas venir ». Mais aussi du plus classique, avec La Traviata de Verdi, avec
    en interprète principale l’Américaine Nadine Sierra, « qui est la meilleure Traviata au monde », assure le directeur. Tandis que le projet Opéra Pop organisé entre le festival et plusieurs collèges de la région, dont quatre d’Orange, a dû être déplacé au Thor, la municipalité ayant décidé d’organiser un concert de musique militaire à la seule date possible pour le projet éducatif.

    Ouverture de la billetterie le 8 décembre pour les adhérents et le 15 décembre en général.

  • Barbara Hendricks, exemple à suivre dans « son » collège à Orange

    Barbara Hendricks, exemple à suivre dans « son » collège à Orange

    « Je dis à tout le monde que c’est mon collège. Vous faites partie de ma famille depuis 30 ans maintenant », lance la chanteuse lyrique américaine Barbara Hendricks devant un parterre de personnalités et d’élèves du collège qui porte son nom depuis trois décennies désormais.

    En concert à Aix-en-Provence cette semaine, celle qui était également ambassadrice du Haut-Commissariat pour les réfugiés à l’ONU en a profité pour faire un crochet dans le Haut-Vaucluse et voir ceux qu’elle considère comme ses « enfants et petits enfants ».

    « On parle de valeurs, des droits humains. On a vu le travail des élèves sur le harcèlement par exemple. À chaque fois que je viens, ils ont quelque chose à me montrer qui me rend très, très fière, car cela montre qu’ils prennent ces valeurs très au sérieux », lance-t-elle dans un français avec un accent yankee. Quelques minutes auparavant, la chorale et l’orchestre de l’établissement ont joué en son honneur L’Hymne à la joie en allemand et en provençal. Et la septuagénaire, qui fête son 77e anniversaire ce jeudi 20 novembre, n’a cessé de bouger la tête en rythme et avec un large sourire malgré les quelques petites fausses notes, sûrement dues au fait que certains ne jouaient d’aucun instrument il y a quelques semaines encore. Un plaisir de revenir à Orange donc, notamment après de nombreux passages au festival des Chorégies dans le Théâtre antique où elle garde l’un de ses meilleurs souvenirs de sa carrière « malgré le mistral glacial qui m’obligeait à chanter avec des habits de ski sous ma robe », se remémore-t-elle tout en riant. La plantation d’un rosier en son honneur a conclu la matinée.

    Et c’est notamment le parcours et les actions véhiculées par Barbara Hendricks qui ont été soulignés par les représentants du collège et des différentes organisations, mais aussi par les élèves et la chanteuse elle-même.

    Engagement permanent

    Fille de pasteur née dans l’Arkansas « 20 jours avant la Déclaration universelle des droits de l’Homme par les Nations unies », comme elle le rappelle, elle a connu la ségrégation dans son État du Sud des États-Unis, confiant avoir le sentiment d’être « née apatride dans son propre pays ».

    « Par votre engagement permanent, notamment auprès des plus fragiles, nous retrouvons cet esprit chez les élèves », assure Philippe Koszyk, Dasen de Vaucluse, en faisant ensuite un parallèle, peut-être un peu hasardeux, entre « les élèves qui n’ont pas besoin d’aide et un certain nombre dans ce collège qui ont vraiment besoin d’être accompagnés ». D’autant plus lorsque l’on sait que professeurs et personnels éducatifs demandent depuis plus d’un an le passage du collège en réseau d’éducation prioritaire renforcée (Rep+), et qu’à ce jour, d’après nos informations, cette demande n’a eu aucune réponse de la part des instances.

  • Les secrets des villes romaines se dévoilent sous nos pieds

    Les secrets des villes romaines se dévoilent sous nos pieds

    « À chaque fois qu’on creuse ici de toute façon, même pour couper un arbre, on tombe sur un Romain », lance Serge Chevalier, adjoint au Patrimoine et à l’Archéologie de Vaison-la-Romaine, ce mercredi 29 octobre, devant une douzaine de tranchées qui laissent apparaître des bouts de murs en pierre construits par les Romains il y a plus de 15 siècles.

    En effet, depuis le mardi 7 octobre, un chantier de diagnostic archéologique préventif est en cours juste derrière le parking du Colombier, à quelques centaines de mètres des vestiges du théâtre antique et des thermes déjà exhumés par le passé. Celui-ci est effectué par les archéologues du Département de Vaucluse. « Cela va nous permettre d’identifier les vestiges qu’il y a sur le site, ainsi que de les dater, car ils se superposent parfois et ne sont pas forcément de la même époque », confie ainsi Émilie Fencke, cheffe du service d’archéologie de Vaucluse, devant le vaste chantier de plus de 7 000 m2.

    Ces fouilles ne vont cependant pas durer encore très longtemps. Elles seront stoppées le samedi 8 novembre. Les tranchées seront bouchées, laissant sous terre les constructions antiques qui n’auront sans aucun doute pas encore révélé tous leurs secrets. Une demande d’opération archéologique programmée va être lancée, « car on a pour objectif de revenir », lance avec détermination Anaïs Roumegous, archéologue et cheffe du chantier. Celle-ci permettrait de lancer des fouilles d’une durée bien plus étendue, potentiellement sur plusieurs années, mais « pas avant 2027 », estime l’archéologue, pendant que ses collègues notent, mesurent et archivent chaque élément découvert sous la terre.

    Réseaux d’évacuation

    Les premières analyses et estimations datent ces vestiges autour de la fin de l’Antiquité, au IVe ou au Ve siècles après JC. Quant à la fonction exacte de ces structures, les premières fouilles ne permettent pas encore de l’assurer, mais « on pense que ce sont des jonctions de voies d’une part, ainsi qu’un probable bâtiment, mais aussi des restes d’un système d’égouts ou d’un réseau d’eaux fluviales », affirme Anaïs Roumegous.

    Une fouille plus détaillée du site permettrait notamment « d’en savoir plus sur la manière dont sont occupés les abords d’une ville à l’époque romaine, durant cette période qui est la moins bien connue de l’Antiquité. L’idée est de comprendre comment cette zone était aménagée à cette période-là. Est-ce qu’il y a des voies, des habitats, des zones artisanales ou encore des zones funéraires ? », pose de son côté Émilie Fencke. Encore un peu plus d’une semaine donc pour en savoir plus avant que ces vestiges retournent sous la terre et ne gardent leurs secrets pendant au moins une année.