Marseille est connue pour être la ville aux 111 villages. Du côté de Lisbonne, il y a de quoi rivaliser. Car, à quelques encablures des sites qui font la notoriété de la capitale portugaise, existent des unités villageoises qui proposent une plongée dans un Portugal moins exposé à la pression touristique. Où un café coûte 80 centimes, et les sourires sont accrochés aux lèvres des passants, lorsqu’il vous clament un «bom dia» en vous croisant dans la rue.
São Domingos de Benfica est de ces villages urbains, où les rues pavées, si elles ne sont pas comme les calçadas du centre historique, sont autant de rappel de ce que fut cette bourgade avant d’être rattachée au grand Lisbonne.
A mi-chemin des stades de la Luz, antre du grand Benfica, et José Alvalade, où l’OM va aller défier le Sporting du Portugal, ses habitants ont souvent le coeur rouge et blanc, couleurs du double vainqueur de la Ligue des Champions. Pas Antonio. «Moi, mon club de coeur, c’est Belenenses!» annonce le gardien de l’auberge Comtesse, qui donne sur le Largo de Palma. C’est le coeur battant du «village», à deux pas du vieux stade du Palmense, d’où des centaines de gamins ont appris à jouer au football, avant de tenter l’expérience chez le grand voisin Benfica. «Ils promettent monts et merveilles, mais pour un qui va réussir, des centaines vont être dégoûtés du football» poursuit-il. Alors, pourquoi choisir Belenenses, club de Belem, qui a aussi évolué en Ligue 1 portugaise? «Parce que ce club a dit non au foot-bussines. Cela lui a coûté cher, car il a été renvoyé en septième division. Mais, avec de la patience et des gamins comme ceux de São Domingos, ses dirigeants sont en train de reconstruire un club sain, aux portes de la deuxième division» explique-t-il.
Au quotidien, Antonio gère les va-et-vient des familles d’étudiants lors des rencontrées universitaires, le campus n’est qu’à deux pas. Et s’amuse à regarder cette jeunesse venue de toute la planète découvrir un Portugal authentique. Où ils peuvent se sustenter d’une costelho de novilhos pour 7 euros à la Pérola de Palma, la cantine du quartier où se mêlent les générations. Sachant qu’à six stations de métro, le Lisbonne des cartes postales les attend.

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