La Marseillaise : Quel bilan dressez-vous de cette défaite face à Valence-Romans, devant votre public ?
Philippe Saint-André : On a fait un début de match catastrophique, où l’on n’a pas été connectés défensivement, avec un début de première période où l’on a été beaucoup indisciplinés et pénalisés. Malgré tout, on repasse devant à 30-27 et là, au lieu de ne pas paniquer et de rester froid, on se fait pénaliser par deux fois. On ne trouve pas une pénaltouche dans un moment où l’on doit marquer. Valence-Romans a été efficace, réaliste, ils ont eu moins d’occasions d’essais que nous, mais sur quatre tentatives en première période, ils en ont aplati trois. On montre des valeurs pour revenir et passer devant, mais quand tu fais le plus dur, il ne faut donner le bâton pour se faire battre. On le fait en ce moment, ça se travaille. Comme je l’ai dit aux joueurs, ce n’est pas le début espéré. Le rugby, c’est une école d’humilité. On en manque, aussi bien les joueurs que le staff. Maintenant, il n’y a qu’une chose à faire : rapidement devenir une équipe.
Est-ce que vous estimez que la pression était trop forte ?
P.S.-A. : Quand tu joues au rugby, tu vis de ta passion, elle est où la pression ? Elle est dans la bière, pas sur le terrain. Il n’y a pas de pression à avoir. D’entrée, on doit marquer un essai sur notre première action, mais on ne prend que trois points. Derrière, Valence-Romans revient dès sa première opportunité, sur un coup d’envoi où l’on croit qu’il y a un en-avant et tout le monde s’est arrêté. Ils ont été intelligents en s’accrochant parfois aux branches, alors que nous avons cruellement manqué d’efficacité et de maîtrise collective. Si ça pèse dans nos têtes, tu ne reviens pas. Ils font un premier quart d’heure de jeu de grande qualité, où ils nous ouvrent en deux. Mais, on avait les capacités de pouvoir passer devant. Deux pénalités prises et une pénaltouche pas trouvée, ça fait six points pour Valence-Romans. Ce n’est pas eux qui ont gagné les pénalités, c’est nous qui leur avons donné. C’est là où je suis le plus énervé.
Est-ce que ces deux défaites peuvent remettre en question votre statut de favori ?
P.S.-A. : Dans l’immédiat, on n’est pas les favoris. Vannes, Brive et Grenoble sont considérés comme les favoris, ce qui n’est pas faux compte tenu du début de saison. On n’a pas de fardeau de favori. Oui, on a un gros budget, oui, on a une grosse écurie, mais ça ne sert à rien si tu ne fais pas le job sur le terrain. Actuellement, on ne le fait pas et on ne mérite donc pas la victoire. Le rugby c’est une science exacte, même si c’est un ballon ovale avec des rebonds indécis. On n’a pas assez contrôlé de choses que l’on aurait pu contrôler. Par contre, il va falloir rester solidaires, lever la tête, prendre des coups et commencer à être beaucoup plus efficaces individuellement et collectivement.

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