Tag: Marseille

  • Un policier accusé d’aviser un rooftop d’une descente

    Un policier accusé d’aviser un rooftop d’une descente

    Un policier de la BAC Sud de Marseille comparaissait mardi pour violation du secret professionnel, détournement de fichier à des fins privées et une poursuite rarement utilisée de prise de mesure suivie d’effet pour faire échec à la loi. Le parquet a requis 15 mois de prison avec sursis, 5 ans d’interdiction d’exercer toute fonction dans la police.

    Alexis C., 47 ans, brigadier-chef à la BAC Sud de Marseille, nie avoir informé son ami Loïc D., 45 ans, responsable de la sécurité du rooftop le Limone à La Ciotat, de l’arrivée le 26 juillet 2025 d’inspecteurs de l’Urssaf et de policiers pour contrôler les contrats de travail des employés de l’établissement de nuit ouvert sur le toit terrasse du cinéma CGR.

    Ce n’était pas le premier contrôle de l’Urssaf ainsi planté. En juin, des opérations avaient été mises en échec à Marseille par des fuites. Le Pop Club à Vaufrèges où travaille aussi Loïc D. avait fermé 30 minutes avant l’arrivée de la patrouille. L’enquête de l’IGPN a révélé des échanges nourris entre les deux prévenus, très amis. Tatoués sur les doigts et jusque sur le crâne, ils fréquentent le même club de motards.

    Sur les téléphones saisis, les messages s’enchaînent : 22h23, le policier qui est en repos envoie un texto « répond urgent » car Loïc n’a pas décroché à l’appel WhatsApp. 22h24, les deux amis se parlent 20 secondes. 22h25, le chef de la sécurité envoie deux textos à ses patrons : « Urssaf part de Marseille pour contrôle Limone » – « Tu es sûr ? » – « Mon pote m’a appelé pour m’avertir » – « Il faut mettre les agents de sécu à l’abri. Que ceux qui n’ont pas de contrats se mettent à couvert » ordonne le patron. Loïc contacte aussi des potes militaires « ils vous ont pas grillé en videurs ? »

    « Je ne suis pas avisé de ce contrôle et je ne vois pas par quel moyen je peux l’être. Je suis ciblé particulièrement car je suis l’ami de Loïc, mais cette année, plusieurs policiers ont été contrôlés travaillant dans des établissements de nuit », réfute le policier muté en police secours. Pour lui, la concomitance du contrôle et des SMS, « c’est un concours de malchance ».

    « C’est une fille sur le parking qui m’a prévenu » assure Loïc D., très défavorablement connu avec 7 mentions au casier et contre lequel 9 mois ferme sous bracelet sont requis. L’ambulancier ultra-tatoué était sorti d’un an de prison en août 2024 pour des violences conjugales en récidive. Il admet avoir « beaucoup de contacts policiers dans [s]on téléphone ». Pour l’ambiance, c’est l’ex-leader de Blood and Honour Hexagone (BHH), un groupuscule néonazi dissout par Emmanuel Macron en juillet 2019.

    « Tous les deux, vous échangez régulièrement sur un contrôle de police pouvant avoir lieu. Le 14 février 2025, il y a ce SMS d’Alexis qui vous écrit “fais gaffe ce week-end je ne bosse pas” » note la juge. Le policier avance une autre explication, protectrice : « Avec les règlements de compte au Miami [4 morts en mai et août 2023, à la Valentine], j’ai des raisons de l’avertir. J’assure la sécurité de tout le monde, des boîtes, des commerces de nuit, des prostituées aussi. Je sais, ça peut faire un peu Batman d’avertir un ami que je ne travaille pas ».

    Pour le procureur Mathieu Vernaudon, « la chronologie est imparable sur l’origine de la fuite même si on n’a pas identifié d’où le policier tenait l’info. Cette téléphonie indiscutable est corroborée par une source anonyme du commissaire divisionnaire de La Ciotat ».

    « C’est un bon policier qui a toujours été exemplaire. Il a quelques fois fait passer son amitié en premier. Les fuites pourraient venir d’autres policiers pouvant faire des gâches dans ce genre d’établissement » a plaidé Me Pierre Gassend. Sur le fouinage dans un fichier d’État, « il y a pléthore de policiers qui abusent. Ne soyons pas hypocrites c’est une pratique courante ». Délibéré le 16 octobre.

  • Des pompiers satisfaits de l’échange avec le préfet

    Des pompiers satisfaits de l’échange avec le préfet

    Après près de deux heures d’échanges intenses avec le représentant de l’État, quelques sapeurs-pompiers sont ressortis rassurés. Un mouvement de grève a été lancé le 8 septembre par l’ensemble des organisations syndicales de la profession. Pour le syndicat autonome des employés (SAE 13) du service départemental d’incendie et de secours (Sdis), il était essentiel de faire remonter plusieurs difficultés, notamment le manque d’effectifs et la forte sollicitation des sapeurs-pompiers volontaires.

    Cyril Bardo, vice-président du syndicat autonome des employés du 10-13 et pompier, déplore l’état global de la profession : « On observe que le financement des services d’incendie n’est pas suffisant. Il y a un fort manque de personnel, en quelque sorte la protection civile et les services d’incendies sont les parents pauvres de l’état. Il faut que le préfet prenne en considération la problématique et qu’il le fasse remonter au plus haut niveau étatique. » Une rencontre qui aura permis de faire remonter différents problèmes.

    « Étonné de beaucoup

    de choses »

    Présent à l’entrevue, Pierre Davisseau, président du SAE 13, se dit confiant pour la suite : « Il a entendu toutes les recommandations qu’on avait au niveau national et départemental. D’ailleurs, en rédigeant la synthèse qui sera envoyée au cabinet du ministre dans les prochains jours, il a été étonné de beaucoup de choses. Nous sommes satisfaits de l’échange, il a compris qu’on n’était pas là pour soutirer des sous, on veut pérenniser ce qu’on peut et faire les emplois statuaires pour compléter les gardes ».

  • [Hockey sur glace] Le festival contre les Dragons

    [Hockey sur glace] Le festival contre les Dragons

    Un doublé d’Emil Tavernier (29’, 34’), puis des buts signés Flavian Dair (41’), Paul Joubert (47’) et Jan Dufek (49’), ont apporté cette 2e victoire.

  • Le district de Provence mise sur l’intelligence artificielle

    Le district de Provence mise sur l’intelligence artificielle

    Un assistant basé sur l’intelligence artificielle qui fait office de support pour les clubs et les licenciés de la région. Depuis la semaine dernière, le district de Provence a mis en place le « Provence Football Assistant » afin d’aider plus rapidement ses adhérents à effectuer certaines démarches. « Le District de Provence franchit un cap numérique en devenant l’une des toutes premières instances départementales à intégrer l’intelligence artificielle générative au bénéfice de ses structures affiliées. Avec le lancement de ce chatbot interactif réglementaire, le District entend moderniser le soutien apporté à ses 170 clubs et près de 50 000 licenciés », indique l’entité dans un communiqué.

    L’utilisation paraît être un jeu d’enfant puisqu’il suffit de cliquer sur le lien, poser une question dans un espace dédié et l’assistant apporte une réponse dans un délai très court. Il est disponible sept jours sur sept et 24 heures sur 24, sur mobile, tablette et ordinateur. L’outil conserve toutefois une vocation essentiellement informative et ne dépasse pas vraiment ce cadre. « L’immense majorité du temps, les clubs ont des questions de règlement sportif, ou à la limite de statut, et ça permet d’y répondre. Il y en a aussi sur des obligations d’engagement des équipes, des questions de règlement sportif, sur les conditions de jeu selon les catégories », décrit Ludovic Girard, le président du district.

    En complément du chatbot, des fiches questions-réponses ont été rédigées, cette fois par des humains, afin de répondre aux interrogations les plus fréquentes des clubs. Elles abordent des sujets allant des obligations pour filmer un match de football à la manière de déposer une réserve, conformément au règlement fédéral.

    Lancé il y a seulement quelques jours, l’assistant IA n’a pas encore fait l’objet de véritables retours d’expérience. Ludovic Girard préfère attendre « encore un peu, parce qu’on est encore en phase de communication ». L’outil est amené à être amélioré au fil des retours recueillis dans les prochains mois. « L’avantage, c’est que c’est évolutif. Nous aussi, nous pouvons avoir un retour sur toutes les questions qui ont été posées, celles auxquelles il n’y a pas eu de réponse, pour travailler et adapter le dispositif pour qu’il s’améliore », poursuit le président, mettant également en avant la volonté de former les équipes du district afin qu’elles puissent, elles aussi, utiliser le Provence Football Assistant.

    Quasiment une première en France

    La mise en place d’un tel dispositif dans le football français n’est pas une nouveauté. Sur les quelque 80 districts présents dans l’Hexagone, deux autres disposent déjà d’un système similaire. Le district de Provence avait pris contact avec une start-up pour ce projet, pour avancer sur la faisabilité et réaliser de premiers essais. Ludovic Girard assure que les « clubs eux-mêmes, aujourd’hui, utilisent énormément ChatGPT, plus ou moins d’une façon efficace ».

    Président de la Fédération Française de Football, Philippe Diallo était en visite à Aix-en-Provence, ce lundi. Il a pu livrer son regard sur l’intelligence artificielle : « Je pense que tout est souvent question d’équilibre. Moi, je suis très attaché à un football humain. Le football est un sport populaire dans tous les sens du terme, qui réunit toutes les classes de la société de manière large. Je pense que c’est ça qui fait notre force. Après, il y a des arrivées technologiques, je pense qu’aujourd’hui, c’est peut-être mieux de faire des licences comme ça, si on peut les faire plus rapidement. Ça c’est l’évolution naturelle de la société. »

    Eric Borghini, à la tête de la Ligue Méditerranée, se dit plutôt pour l’arrivée de l’intelligence artificielle : « Ça peut être utile pour tout ce qui est réglementaire. Les règlements des districts, c’est indigeste. On s’y perd. Alors, si l’IA peut permettre de s’y retrouver, de faire ressortir aussi les contradictions entre les différents règlements et donc faire progresser finalement, c’est une bonne chose ».

  • L’ambiance du Vélodrome résonne chez les Spartiates

    L’ambiance du Vélodrome résonne chez les Spartiates

    Des tambours percutants, des chants « pro-Marseillais » et un capo, mégaphone en main, pour orchestrer les encouragements.

    Les yeux fermés, on pourrait facilement se croire dans l’un des virages bouillonnants du stade Vélodrome. Pourtant, cette ferveur ne se limite pas à l’enceinte olympienne. Au Palais omnisports Marseille Grand-Est, près de 5 000 supporters donnent régulièrement de la voix pour les Spartiates. Parmi eux, l’« Unité Spartiate », un groupe d’une quarantaine d’adhérents à l’aube de sa quatrième saison en Ligue Magnus, qui soutient l’équipe corps et âme. « On reste des Marseillais avant tout, peu importe l’endroit où on se trouve », souligne son président, Sébastien Guyon.

    Recette marseillo-américaine

    Il a découvert les Spartiates dès leurs débuts, lors de la saison 2012-2013, alors que l’équipe s’appelait encore les « Gabians ». « On se rattache à tellement de valeurs. C’est très identitaire, avec de la puissance, du physique et de la rapidité dans le jeu. C’est vraiment ce qui correspond à l’ADN de Marseille et des Marseillais », explique-t-il. Une identité locale qui se mêle aux codes du hockey sur glace nord-américain, basée sur le sens du spectacle, de l’expérience technologique et sonore, et des animations entre les tiers-temps.

    Pour encourager les joueurs, l’Unité Spartiate reprend ainsi certains chants mythiques du Vélodrome, qu’ils adaptent « à la sauce hockey ». « On a enlevé tout le côté insultant. On n’a pas vraiment le droit, vis-à-vis de la Ligue, car cela peut entraîner des sanctions disciplinaires, financières ou sportives pour le club. Mais ça ne nous empêche pas de mettre une super ambiance », assure Sébastien, qui prépare déjà un déplacement à Grenoble avec son Unité Spartiate. Un Kop comme on les aime.

  • Les soignants de la clinique l’Angelus en grève pour une revalorisation des salaires

    Les soignants de la clinique l’Angelus en grève pour une revalorisation des salaires

    Une foule de blouses blanches au brassard rouge « en grève » a envahi, mardi matin, l’entrée de la clinique l’Angelus (7e). Les salariés de l’établissement de soins privé, logé à deux pas de la Bonne Mère, sont venus porter deux revendications claires : l’augmentation de leur salaire, pour la plupart inférieurs à ceux proposés dans le public, et le renforcement des équipes. « On demande juste les moyens de faire notre métier, s’indigne Christopher Adou, infirmier représentant du personnel. On est sous-payés. Lorsqu’on réclame plus à nos supérieurs, ils nous disent que ce n’est pas possible. Pourtant, l’établissement a réalisé un bénéfice de 1,2 million d’euros l’an passé, sachant que nous sommes censés être une association à but non lucratif. » Pascal Luong, aide-soignant, lui aussi représentant du personnel, dresse le même constat : « On ne se sent ni écoutés ni reconnus. On a des patients de plus en plus lourds, de plus en plus dépendants et nous manquons de moyens par rapport à d’autres structures ».

    Les médecins en soutien

    Sur les quelque 80 salariés de la clinique, tous, ou presque, étaient en grève ce mardi d’après Pascal Luong, y compris ceux réquisitionnés pour assurer un service minimal de soins. L’ambition : former un bloc solidaire pour obtenir des avancées collectives. « Tous les médecins sont en grève en soutien à leurs soignants, c’est assez exceptionnel, note Aude Simon, docteure à la clinique depuis de nombreuses années. Nous voulons que les soignants soient bien traités, nous tenons à nos équipes ». De son côté, la direction assure comprendre les difficultés rencontrées par ses salariés, notamment en cette période « compliquée pour le pouvoir d’achat ». Elle assure cependant ne pas pouvoir engager de « mesures salariales collectives », faute de moyens et au regard des « capacités d’investissement à préserver » dans le cadre du projet d’acquisition de nouveaux locaux. Interrogé sur l’écart entre le plus bas et le plus haut salaire, qui avoisinerait les 14 000 euros selon Pascal Luong, Sylvain Renouf, directeur des opérations, dit ne « pas souhaiter commenter ». Reçus en fin de matinée, les salariés ont refusé une première proposition de leur direction, envisageant de revaloriser uniquement 13 salariés. « Notre réponse est ferme : c’est non, car nous voulons une revalorisation générale ». Les soignants donnent à leurs patrons jusqu’au 10 octobre pour obtenir une réponse, faute de quoi ils entameront une nouvelle grève.

  • La distribution de la presse en quête de ruissellement

    La distribution de la presse en quête de ruissellement

    « Des aides, 22,5 millions d’euros tous les ans, sont prévues pour la distribution de la presse mais elles n’arrivent pas au distributeur de presse que nous sommes ! » Devant la direction régionale des Finances publiques à Marseille, ce mardi, Nicolas Guglielmacci, responsable transport de la CPMM dépeint une situation pour le moins ubuesque.

    Car depuis que les petites mains marseillaises de la distribution de la presse ont repris l’activité de l’entreprise Sad, ancienne filiale de la messagerie de presse Presstalis, via la coopérative CPMM, c’est une lutte quotidienne pour assurer le pluralisme dans la région. « Ça fait 5 ans, suite à la liquidation de Presstalis, que notre coopérative et ses salariés se relèvent les manches et distribuent de la presse dans les Bouches-du-Rhône, du Var et une partie du Vaucluse. Mais aujourd’hui, la situation de la filière ne permet plus à la coopérative de se projeter dans l’avenir », campe Jonathan di Ruocco, adjoint de direction à la CPMM.

    Une question de survie

    de la filière

    Cette fois, c’est par la case Trésor public que passent les travailleurs, avec la volonté de mettre l’État et ses services face à leurs responsabilités. « On ne demande pas de l’argent supplémentaire, on demande le bon fléchage des aides existantes. Les aides publiques à la distribution de la presse étaient de 18 millions en 2025, elles sont passées à 22,5 millions cette année mais on n’a toujours rien ! », dénonce Nicolas Guglielmacci. Avant que Jonathan di Ruocco abonde : « Elles sont censées aider les acteurs de la filière à supporter les surcoûts de la distribution, comme l’augmentation de l’essence et des coûts de l’énergie. »

    Problème : elles restent bloquées à l’étage du dessus dans la pyramide du ruissellement. « Elles sont données directement aux éditeurs de presse, qui contrôlent les messageries pour lesquelles nous sommes prestataires. Elles n’arrivent pas jusqu’à nous et ne servent pas l’outil de distribution », développe l’adjoint de direction.

    D’où le coup de pression à l’adresse des Finances publiques. Alors que le prochain budget de l’État arrive sous peu en débat au Parlement, il y a urgence pour les salariés de la CPMM. « Dans le nouveau budget, les aides à la presse doivent être fléchées clairement, il faut que les aides à la distribution arrivent bien jusqu’aux principaux concernés », martèle Nicolas Guglielmacci.

    Plus qu’une question de juste redistribution, c’est une question de survie économique pour la CPMM, maillon essentiel de la filière. « On ne peut pas répercuter l’augmentation des coûts : nos prix sont fixés par les éditeurs à travers les messageries. On a donc des coûts fixes mais on n’a aucune possibilité d’augmenter la rémunération », pointe Nicolas Gugliemacci.

    De là à mettre en danger toute une filière ? Rappelons que lors de la liquidation de la Sad, c’est toute une partie de la région qui avait été privée de distribution de presse pendant plusieurs mois. « Sans nous, il n’y a pas de système de distribution et les diffuseurs, comme les kiosques, ne seront pas distribués, ce qui est assez dangereux pour l’emploi mais aussi le pluralisme en année d’élection présidentielle », conclut le syndicaliste. À bon entendeur…

  • [Entretien] Hami Kahia-Tani, Emmaüs : « Ce n’est pas tenable, on doit trouver des solutions »

    [Entretien] Hami Kahia-Tani, Emmaüs : « Ce n’est pas tenable, on doit trouver des solutions »

    La Marseillaise : Êtes-vous inquiet de la flambée du prix de l’essence ?

    Hami Kahia-Tani : Sincèrement, sincèrement, c’est très préoccupant pour nous. On va avoir une réunion vendredi pour en parler collectivement. Il va falloir trouver des solutions.

    Pour les livraisons de gros achats, ou pour aller chercher des dons, nous nous déplaçons en camion sur un secteur très étendu dans tout Marseille et jusqu’à La Ciotat. Les bénévoles qui œuvrent sur la communauté viennent avec leur propre voiture, ce n’est pas possible que cela leur coûte de l’argent.

    Envisagez-vous de ne plus sortir, si les prix continuent de grimper ?

    H. K.-T. : Cette solution est complètement inenvisageable, ça serait la mort assurée d’Emmaüs. Pour fonctionner, nous avons besoin de dons et de les vendre pour faire vivre notre communauté et les gens qui y travaillent. Nous ne bénéficions pas de subventions publiques pour l’accueil des compagnons, ni de dons pécuniaires de particuliers.

    Avez-vous chiffré le coût des déplacements ?

    H. K.-T. : Là, tout de suite, je ne sais pas précisément. Mais je me souviens qu’en 2022, on avait pris 40% d’augmentation sur le gazole. Et là, j’entends ce [lundi] matin, que les prix ont atteint un nouveau record dimanche. Autour de 2,41 euros le litre ?! Ce n’est pas tenable. On ne peut pas rester les bras croisés.

    Pensez-vous à des alternatives ?

    H. K.-T. : On doit trouver des solutions, nous devons nous adapter. Nous avons trois camions thermiques, pourquoi pas acquérir un camion électrique ? À Marseille, Emmaüs Pointe Rouge l’avait fait pour ses petits-déjeuners.
    Mais pour ça, il nous faut des aides… Ben, je lance un appel !

  • La justice propose à RTE une médiation pour la ligne THT

    La justice propose à RTE une médiation pour la ligne THT

    Le juge des référés n’a pas voulu trancher. Saisi par une requête de RTE pour enjoindre sous astreinte, sept propriétaires exploitants agricoles à laisser ses « agents et tous salariés des entreprises mandatées (…) pénétrer sur leurs parcelles afin de réaliser des études préalables autorisées » dans le cadre du projet de ligne très haute tension (THT) entre Jonquières-Saint-Vincent et Fos, Jean-Marie Argoud a imposé une médiation. Une décision rare pour cette juridiction dont l’objet semble surtout de dénouer les tensions sur l’accès aux parcelles.

    Le président du tribunal a vite rappelé que seules les questions de l’urgence, des mesures utiles et des contestations seraient examinées. La première lui a suffi. Pour rappel, des arrêtés préfectoraux signés fin 2023 autorisaient ces accès pour la réalisation d’un inventaire écologique nécessaire à la demande de déclaration d’utilité publique de la ligne THT. Démarré en 2024 sur une étude élargie, celui-ci n’a depuis pas pu être affiné au tracé.

    Yannick Bocquenet explique à la barre que cette étape lancée en mai 2026 doit se faire sur quatre saisons consécutives. Or depuis, les écologues se disent empêchés. Le chef de projet RTE évoque des menaces et des dégradations de véhicules ayant abouti à des droits de retrait.

    Pas d’urgence

    Les agriculteurs démentent, plaident leur bonne foi, assurent n’être opposés qu’au projet de ligne aérienne. Mais ce sujet caractérisant l’urgence aux yeux de RTE n’est pas poussé. La défense plaide le non-recours autorisé à la force publique pour accompagner les écologues afin de faire rejeter l’urgence. Et en bout de course le président du tribunal menace.

    « À ce stade il n’apparaît pas que le juge des référés retient l’urgence », prévient-il, après qu’une première proposition de médiation ait été repoussée par l’avocat de RTE. « On n’est pas ici pour faire la volonté du gouvernement », reprend le juge : « demander une phase de trois mois reconductible pour un projet d’intérêt stratégique à l’horizon 2030 n’est pas une urgence ». Nouvelle suspension d’audience. De retour, le conseil de RTE plaide alors que la médiation serait acceptée si les écologues pouvaient démarrer leurs travaux. Le juge revient à la charge arguant qu’une réunion de médiation sous dix jours permettrait de gagner du temps et s’engage à proposer un médiateur de qualité en la personne d’un ancien président du tribunal administratif, dans l’attente de son éventuelle tenue, sa décision est mise en délibéré.

  • Les facteurs des Docks en grève pour les tournées

    Les facteurs des Docks en grève pour les tournées

    Pas de pause dans le mouvement social des facteurs de la plateforme des Docks, dans le 2e arrondissement de Marseille. Plus d’une semaine après le début d’une grève en réponse à un projet de réorganisation des tournées, les petites mains du service postal ont remis le couvert, ce lundi, avec la reconduction de la grève « à la grande majorité » via une assemblée générale. Et ce, après un vote contre ledit projet de réorganisation en comité social et économique (CSE), le vendredi précédent. Pour rappel, les grévistes dénoncent un projet qui réduirait de moitié les tournées classiques des facteurs, avec l’instauration de tournées dites « clairsemées ». Une explication démentie par La Poste qui assure « adapter l’organisation à l’évolution de l’activité » et garantir le « maintien de 43 tournées de facteurs titulaires » . Mais cette fois, grévistes et direction de site ont commencé à discuter. « Ils ont soufflé le chaud et le froid. Au début, la direction a assuré qu’il n’y aurait pas de changement. Mais finalement, après notre assemblée générale, elle est revenue vers nous », relate Serge Reynaud, pour le syndicat SUD PTT. Avant de développer : « La direction a fait une proposition. S’il y a toujours l’idée de répartition des tournées, les collègues auront un casier, des rues fixes et attribuées dans ce qu’il a été présenté. Cela change tout puisqu’on défend la notion de titulaire de tournée. » Si le syndicaliste salue une proposition « qui va dans le bon sens », il reste sur ses gardes : « Il faut bien mesurer les conséquences à venir. C’est moins pire que la proposition initiale mais ça reste une réorganisation. » Une nouvelle assemblée générale a lieu ce mardi.