Les enfants d’une quinzaine d’écoles, réunis dans le jardin de Guy-Azaïs, s’amusent sur des structures gonflables et jouent entre eux. La journée des alternatives propose un parcours de diverses activités et un temps de réflexion autour des écrans.
Pour Mohamed (*), 10 ans, ce rendez-vous est important : « D’habitude, au lieu de passer du temps ensemble, on est sur nos téléphones. Là, on joue tous ensemble comme on le faisait avant. Avant que le téléphone n’existe », explique-t-il, en reprenant les termes de son père. Pour Lola, 11 ans, se défaire de son téléphone est difficile malgré le fait qu’elle en connaisse les dangers : « Je passe 4h par jour dessus parce que ça m’amuse beaucoup. On a appris beaucoup de choses aujourd’hui, je vais peut-être diminuer, c’est vrai que je suis moins fatiguée quand je suis moins dessus. »
L’association En parenthèse propose des ateliers manuels dédiés aux enfants. Pour Frédéric Berry, membre de l’association, il faut simplement les initier : « Ils passent beaucoup de temps sur les écrans. Les journées comme ça, ça permet de voir ce qu’on peut faire comme activité loin des écrans et ça, c’est une très très bonne initiative. »
Mathiot Yann, enseignant qui les accompagne, constate une grande différence avec les années 90 : « J’enseigne depuis 28 ans, donc avant les années 2000, où il n’y avait pas d’écran. En tant qu’enseignant, on voit très bien l’agitation, le manque de concentration, c’est très caractéristique de ceux qui passent beaucoup de temps sur les écrans. »
Au fil des éditions, le nombre d’écoles qui participent à cette journée est passé de 1 à 15. Pour Manon Millet, directrice du centre social de la Capelette, il y a un enjeu parental : « On aimerait toucher les jeunes parents. C’est difficile parce qu’ils ne veulent pas du tout qu’on leur dise de diminuer les écrans. On est inquiets parce qu’il y a une vraie méconnaissance des parents, qui pensent éduquer leurs enfants en les mettant devant des vidéos. Sauf que l’enfant absorbe sans rien retenir. C’est une habitude à déconstruire. »
Pour Youssef, papa de Leïla, âgée de 8 ans, le discours est à nuancer : « Il y a écran et écran, ça peut être éducatif parfois. Après, c’est sûr que je ne suis pas un bon exemple, pour moi, c’est un vrai combat personnel de diminuer le temps d’écran. »
Le ministère de la Santé préconise une exposition inférieure à 2h par jour pour les 5- 17 ans, mais les données du site Vie Publique indiquent que « 55% des enfants de 9-11 ans passent en moyenne plus de 2h par jour devant les écrans ».
Du 19 au 28 mai, 18 centres sociaux des Bouches-du-Rhône participent au défi déconnexion.
(*) Les prénoms ont été modifiés

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