Tag: Marseille

  • Benoît Payan, guide conférencier d’un jour

    Benoît Payan, guide conférencier d’un jour

    Le maire de Marseille, Benoît Payan, donne de sa personne pour ces Journées du patrimoine. Samedi, il a assuré lui-même la visite de son bureau.

    Les groupes d’une trentaine de personnes se sont succédé à partir de 10h du matin, pour admirer la vue imprenable sur le Vieux-Port, et recevoir une masterclass d’histoire et d’art de trente minutes par le maire, qui se présente comme un « passionné de design ». Aux murs de nombreux tableaux, au sol un tapis de 400 kilos fabriqué par la Manufacture de la Savonnerie et sur le bureau… la « collection personnelle d’encres japonaises » que Benoît Payan dit utiliser en fonction de son « humeur ».

    « Je n’ai pas voulu que la décoration du bureau soit un coût pour la mairie, c’est pourquoi toutes les œuvres m’ont été prêtées par le Mobilier national », détaille le maire qui prend également soin de rappeler l’histoire de la construction de l’Hôtel de Ville au XVIIe siècle, anecdotes à la clé.

    Il a également évoqué le plaisir avec lequel il participe à ces journées. « Je fais cela tous les ans, je trouve que c’est sympa de faire découvrir des endroits comme ça. Si je pouvais être guide conférencier je ferais ça toute la journée », conclut-il après avoir salué ses visiteurs un par un.

  • Baptême marseillais pour les Iconic Fugues de Savage

    Baptême marseillais pour les Iconic Fugues de Savage

    En 2025, Black Lips avait transformé la Citadelle en un bouillonnant chaudron garage rock. Après une première édition à guichets fermés, le festival Endless reprend ses quartiers au fort Saint-Nicolas, avec une soirée plus pointue mais appuyant les ambitions de son fondateur, Geoffrey Delhaye : faire dialoguer Marseille avec les grandes figures du rock indé.

    Cette fois, la tête d’affiche se nomme Andrew Savage. Heureux hasard, le leader de Parquet Courts, formation garage punk new-yorkaise devenue une des grandes figures du rock indé américain au tournant 2010, vit désormais à Marseille où il est venu chercher un peu de calme et de volupté. « On est plus sur une programmation de niche mais ça reste exceptionnel », assume l’organisateur. « Parquet Courts fait partie des groupes que j’écoutais en boucle dans ma chambre d’ado en Belgique. Dès que j’ai su qu’il était ici, j’ai cherché à le rencontrer pour le faire jouer à Endless ».

    A. Savage se produira samedi à la tête d’un nouveau projet baptisé Iconic Fugues qui attire la curiosité. Sur scène, il sera accompagné de Dylan Headley, la batteuse de White Fence et Cate Le Bon, du producteur londonien Steven Dove (clavier), et de Santiago, leader du groupe Hantayo, à la basse.

    « Avant-première »

    Un plaisir n’arrivant jamais seul, la sortie du premier album d’Iconic Fugues serait imminente. « C’est un gros pari et c’est très excitant, le concert aura un vrai goût d’avant-première, je suis vraiment heureux qu’il ait accepté », s’enthousiasme Geoffrey Delhaye.

    L’Américain n’a pas seulement prêté son nom à l’affiche. Peintre de formation et auteur des pochettes de Parquet Courts, c’est aussi lui qui a conçu l’identité visuelle en mettant sa griffe sur l’affiche de cette deuxième édition que l’Américain partage avec les Texans de Holy Wave et les Marseillais de Hantayo.

    Formés à El Paso, les premiers ont construit un univers singulier, entre psychédélisme, dream pop, shoegaze et rock cosmique. Le projet marseillais Hantayo dépasse lui aussi les frontières classiques du rock : musique électro, influences psyché, rythmes répétitifs et voix incantatoires s’y croisent dans un voyage quasi sensoriel.

    * Endless, samedi 26 septembre, 18h30, la Citadelle, 13007 Marseille : Iconic Fugues, Holy Wave et Hantayo. 28,50 euros + fdl

  • Robert Guédiguian, un cinéaste d’aujourd’hui, primé à la Mostra

    Robert Guédiguian, un cinéaste d’aujourd’hui, primé à la Mostra

    « Prendre pour personnage une femme, c’est vouloir parler du monde dans son exhaustivité », résume avec fulgurance Robert Guédiguian. Sélectionné dans la section « Giornate degli autori » à la Mostra de Venise, le cinéaste français repart avec une belle distinction grâce à Une femme aujourd’hui. Un succès vénitien amplement mérité pour le 24e long-métrage du Marseillais. Mais au-delà des récompenses, ce film marque le retour d’un regard engagé qui refuse de céder au cynisme ambiant.

    Filmer, pour Guédiguian, ce n’est jamais isoler un individu. C’est toujours le saisir au cœur des tensions et des contradictions de son époque. Il nous en donne la preuve éclatante ici. Le récit suit Juliette, trente ans, incarnée avec une justesse impressionnante par Marilou Aussilloux. Cadre brillante dans la finance, propriétaire, libre d’aimer et de voyager, elle coche toutes les cases de la réussite contemporaine. Mais ce vernis vole en éclats lorsqu’elle est violemment agressée à son travail par un collègue. En
    filmant cette trajectoire, Guédiguian ne réalise pas un simple fait divers. Il pose un regard lucide sur une dérive très actuelle : nous croyons être totalement libres, mais cette liberté s’avère souvent bien fragile dès que ressurgissent des formes anciennes mais tenaces de domination.

    « La bonté, mère

    de toutes les vertus »

    Ce qui frappe chez le réalisateur phocéen, c’est ce refus catégorique de laisser ses personnages s’enfermer dans le statut de victime. L’espoir chez lui n’a rien de naïf. Il ne s’agit pas d’effacer le malheur, mais d’observer ce qui surgit après le choc : cette capacité très humaine à se relever et à réinventer son existence.

    Loin de céder au misérabilisme ou au simple récit de fait divers, Guédiguian pose une question proprement philosophique : que vaut notre liberté lorsque nous découvrons qu’elle repose sur un équilibre bien plus vulnérable qu’on ne le pensait ? « La bonté est pour moi la mère de toutes les vertus. Je déteste le cynisme. La bonté envers les autres est l’alpha et l’oméga de ma vie. »

    Chez le cinéaste de Marius et Jeannette, la catastrophe n’a jamais le mot de la fin. Fidèle à un humanisme ardent, le réalisateur refuse le désespoir et la complaisance victimaire. L’espoir surgit dans les interstices du quotidien, dans la reconquête de la parole… La blessure devient ainsi le point de départ d’un éveil des consciences.

    Le scénario fait ainsi glisser le drame intime vers une véritable quête de sens. Juliette doit réapprendre à vivre, mais surtout comprendre ce qu’elle veut faire de sa propre vie. Autour de Marilou Aussilloux, on retrouve la « bande » historique du cinéaste : Ariane Ascaride, Jean-Pierre Darroussin et Gérard Meylan. Cette fidélité d’acteurs apporte une authenticité folle au film. Et pour porter ce récit, le cinéaste fait une nouvelle fois de Marseille un personnage à part entière.

    En récompensant ce film, le jury du Label Europa Cinemas ne s’y est pas trompé. Une femme aujourd’hui évite soigneusement les pièges du discours moralisateur ou dogmatique. Il préfère soulever des questions essentielles et laisser le public poursuivre la réflexion bien après que les lumières de la salle se rallument. En croisant destin intime, Histoire et regard social, Robert Guédiguian rappelle avec force ce qui fonde son engagement d’artiste : même au milieu des ruines, il reste la solidarité et surtout cette obstination à demeurer debout.

  • Un week-end du patrimoine réussi du côté des visiteurs

    Un week-end du patrimoine réussi du côté des visiteurs

    Seuls, accompagnés, en famille ou entre amis, de nombreux Marseillais et touristes sont venus profiter des Journées européennes du patrimoine à Marseille, ce week-end.

    Permettre de profiter de bâtiments habituellement fermés au public : la philosophie de base de ces journées. Ainsi, l’ouverture du Palais du Pharo pour la première fois dimanche a fait le bonheur du public : « Je suis contente que le Pharo soit ouvert aujourd’hui ça fait longtemps que je voulais venir », confirme une visiteuse. Durant ces journées, tous les musées de la ville se visitaient également gratuitement. « Je suis venu spécialement pour voir l’exposition de photos sur la famille Detaille, j’attendais les journées du patrimoine pour en profiter. Après ça je sais qu’il y a d’autres lieux à visiter mais je n’ai pas encore prévu ce que je vais faire », confie Hugo, un jeune Vauclusien venu visiter le Musée d’Histoire de Marseille. Il trouve que cette initiative est « une très bonne chose », permettant à « tout le monde de venir visiter les musées gratuitement ». « En tant qu’étudiant, même si parfois il y a des tarifs spéciaux pendant le reste de l’année dans les musées, pouvoir visiter gratuitement c’est encore mieux », conclut-il avec le sourire.

    Placé sur la deuxième partie du mois de septembre, ce week-end dédié à la culture permet également de prolonger l’été, alors que le soleil et la chaleur étaient encore de la partie. De nombreux touristes, français comme étrangers étaient présents pour visiter les monuments marseillais. « À vrai dire on ne savait pas qu’il y avait un tel événement ce week-end à Marseille, on n’avait pas prévu de faire de musées mais comme c’est gratuit on en a profité », explique un groupe d’amis suédois.

    Sorties culturelles

    sans réservation

    Au Fort Saint-Nicolas, plusieurs visites guidées étaient prévues tout au long du week-end. Des activités manuelles étaient aussi proposées, auxquelles de nombreuses familles avec enfants ont pu participer, dans la bonne humeur et la convivialité. « C’est super, on peut venir avec les enfants, ça fait une activité à la fois culturelle et ludique pour eux » souligne un couple de Marseillais venus visiter la citadelle et le fort avec leurs deux enfants. « On n’avait pas spécialement de programme, on voulait venir se promener simplement sans prise de tête, le fait que l’on n’ait pas besoin de réserver la plupart des visites, c’est vraiment pratique », poursuivent-ils.

    Sentiment partagé par un autre couple venu à la Vieille Charité pour profiter des différentes expositions : « On est venu pour les journées du patrimoine mais on n’a pas spécialement l’habitude de se rendre au musée en temps normal. On s’y est pris au dernier moment, heureusement qu’il n’y avait pas de réservation à faire ».

    Si la majorité des sites étaient facilement accessibles, certaines visites devaient faire l’objet d’une réservation préalable. Pour Lisa, 32 ans, « c’est super comme week-end, mais on n’a pas réussi à faire tout ce qu’on voulait. Certaines activités ou visites étaient déjà complètes au moment où on s’est décidés, mais on a quand même réussi à trouver notre bonheur parmi les musées ouverts ».

  • [Entretien] Michel Dolot : « La culture de la paix, outil de cohérence entre toutes les luttes »

    [Entretien] Michel Dolot : « La culture de la paix, outil de cohérence entre toutes les luttes »

    Créée en 1948, l’association du Mouvement de la paix s’inscrit pleinement dans la dynamique de la Journée internationale de la paix, en promouvant la culture de la paix et en appelant à un cessez-le-feu général.

    La Marseillaise : En
    quoi consiste la Journée internationale de la paix qui
    a lieu ce lundi 21 septembre
     ?

    Michel Dolot : Premièrement, cette journée est bien une journée internationale et non mondiale, c’est-à-dire qu’elle est le résultat d’une décision prise par l’ONU. Cette résolution fait du 21 septembre un jour de promotion de la paix, qui a pour objectif de libérer les êtres humains de la peur de la guerre et permettre à tous de vivre dignement. Concrètement, il est demandé un cessez-le-feu général et la promotion de la culture de paix à travers le monde.

    Est-ce que, cette année, votre action prend une résonance différente avec un climat
    de violence omniprésent ?

    M.D. : Pour cette année, nous avons souhaité donner un rayonnement particulier à notre action dans les Bouches-du-Rhône en essayant d’imposer la question de la paix dans le débat politique, en vue des élections qui arrivent en 2027. On a donc écrit un courrier aux 127 maires du département, en leur demandant de marquer cette journée. Certaines mairies la célébraient déjà, mais elles restaient minoritaires. La lettre a permis à plusieurs autres municipalités de rejoindre le mouvement. Dans les guerres qui dictent le monde actuel, les puissances se battent contre les puissances, maintenant la planète s’invite dans ce débat et on ne négocie pas avec la planète.

    Quelle place prend la lutte
    pour la paix dans les Bouches-
    du-Rhône
     ?

    M.D. : À Istres, la base aérienne abrite des armes nucléaires. Donc en cas de guerre avec une autre puissance, elle devient une cible et les habitants du département seraient en première ligne. En cas d’explosion sur la base à Istres l’espérance de vie est d’environ vingt minutes. Donc il y a de quoi s’inquiéter de cette théorie de la dissuasion et de sa pertinence.

    Quelles actions sont prévues dans le cadre de cette journée ?

    M.D. : Nous avons donné rendez-vous, pour le début de la manifestation, à 18h en bas de la Canebière. Nous remonterons ensuite tous ensemble jusqu’aux Réformés, où se tiendra notre meeting. Plusieurs de nos partenaires tels que la CGT, FSU, d’autres responsables du Mouvement de la paix et autres prendront la parole. Nous distribuerons également des papillons en papier avec écrit « stop la guerre » ou encore « cultivons la paix ». D’autres actions sont prévues au cours de la semaine dans le reste du département.

    En tant que Journée internationale, elle devrait être célébrée dans le monde entier, mais il est difficile d’en faire la mesure. Les États ont tous signé, mais ne font pas grand-chose pour la mettre en œuvre, ils s’appuient généralement sur la société civile pour qu’elle fasse vivre cet événement.

    Avez-vous des attentes particulières vis-à-vis
    de ces manifestations ?

    M.D. : Pour dire vrai ce ne sont pas des attentes mais des espoirs. La culture de la paix est proposée comme un outil de cohérence entre toutes les luttes contre la domination, qui forme un cercle qui mène à la guerre. Il faut donc s’attaquer à toutes les formes de domination, que ce soit par le féminisme, la lutte pour avoir un toit au-dessus de sa tête… Il faut rompre ce cercle de violence. Et rappelez-vous qu’il y aura un 21 septembre l’année prochaine aussi.

    LES RENDEZ-VOUS

    Salon-de-Provence

    Rassemblement, lundi 21 septembre à 19h devant la mairie.

    Port-de-Bouc

    Rassemblement le mercredi 23 septembre à la pyramide de la paix, à 14h pour une exposition de dessins d’enfants, puis à 18h pour un meeting.

    Martigues

    Journée de clôture de nombreuses festivités dédiées au sujet en début de semaine le mercredi 23 septembre au jardin de Ferrières de 13h30 à 18h.

  • Le kata mondial au cœur des quartiers Nord

    Le kata mondial au cœur des quartiers Nord

    Pas un son, pas le moindre bruit dans le gymnase Saint-Jérôme. Sur le tatami bleu et jaune, une vingtaine de judokas ne perdent pas une miette des explications des deux champions du monde de « Nage no Kata » en titre, Kento Iwanaga et Genta Iteya, venus spécialement du Japon pour l’occasion.

    « Ils sortent rarement de leur pays, même si, de par leur célébrité dans leur domaine, ils sont amenés à voyager en Océanie ou en Amérique du sud. Mais ils n’étaient jamais venus en France dans le cadre d’un stage. C’est un grand honneur de pouvoir accueillir ces deux judokas, qui possèdent une expertise, entre guillemets, unique au monde », souligne Mégane Rabellino, présidente de Massilia Judo.

    L’un des professeurs du club, Jean-Michel Lévêque, développe depuis de nombreuses années des liens avec de prestigieuses universités japonaises. Il a notamment conservé des liens étroits avec l’Institut Kodokan où enseignent les deux invités de marque. Au fil de plusieurs séances de quatre heures réparties sur le week-end, les professeurs japonais ont revisité les fondamentaux de cet art martial exigeant et minutieux. Des bases « naturelles », comme la posture et la respiration, « que l’on ne travaille pas forcément au quotidien », souligne Mégane.

    Engagement social

    Massilia Judo compte 250 licenciés, dont plus de la moitié sont des enfants âgés de moins de sept ans. « Il y a beaucoup de filles », se réjouit la présidente, élue en 2023 à la tête du club.

    Le club a toujours eu à cœur d’être « ancré » dans les quartiers prioritaires de la ville, en s’appuyant sur les bienfaits et les valeurs véhiculés par le judo. « Le cœur de notre projet, c’est d’apporter l’excellence à ces jeunes », souligne Éric Torrente, professeur et directeur de Massilia Judo, accompagné par quatre autres enseignants diplômés d’État.

    Ancien responsable de la commission « Judo École » au sein du comité 13, il considère son art martial comme une véritable « école de la vie ». « Certains gamins nous ont remerciés de leur avoir transmis une rigueur qu’ils n’avaient pas au départ », poursuit Éric. Une philosophie qui, selon lui, porte ses fruits : deux adhérents du club ont notamment réussi cette année leur entrée en hypokhâgne, 1ère année des classes préparatoires.

    Au-delà de la performance, parfois devenue excessive dans notre société, le judo constitue aussi un formidable vecteur de lien social. « On va chercher des gamins qui n’ont pas l’habitude de faire du sport, qui n’ont pas l’habitude de bouger pour différentes raisons. Grâce au code moral et au cadre très précis qu’impose le judo, on arrive à faire ressortir le meilleur de chacun. Parce qu’il y a énormément de potentiel chez ces enfants, dans ces quartiers », assure Mégane Rabellino, convaincue que les enseignements transmis sur le tatami leur serviront tout au long de leur vie.

    Avec son équipe, elle ambitionne désormais de poursuivre cette dynamique en s’implantant dans d’autres quartiers des 13e et 14e arrondissements.

  • L’OM ne le méritait pas

    L’OM ne le méritait pas

    Comme le 28 janvier dernier à Bruges, l’orientation de la suite de la saison marseillaise s’est jouée ailleurs.

    En la Ligue des Champions, c’est un but improbable face au Real d’Anatolyi Trubine, le gardien de Benfica, qui qualifiait les Portugais pour les barrages, aux dépens des Olympiens. À la veille de la première trêve du championnat, si l’OM ne la passera pas en position de lanterne rouge, c’est grâce à la victoire de Toulouse face au Havre (3-2) qui hérite de cette position peu enviable.

    Néanmoins, lorsque François Letexier donnait le coup d’envoi du match de toutes les peurs face au PSG, les Olympiens étaient avant-derniers de la Ligue 1. Les victoires d’Auxerre et Nice, plus tôt dans la journée aux dépens de Brest et Lille, les ayant repoussés dans la zone rouge. Le seul moyen de ne pas y passer les trois semaines de parenthèse et s’éviter trop de gamberger était donc de réussir un coup face au double champion d’Europe.

    Si cela était loin d’être acquis, même face à des Parisiens encore en rodage, la première période s’est révélée plus équilibrée. Seul point noir de cet acte 1, la blessure d’Igor Paixão. Tandis que sur la même action, Amine Gouiri et Amine Harit manquaient l’ouverture du score, alors que le Virage sud voyait déjà le ballon au fond du but de Matvei Safonov (38).

    Même cacochyme, l’OM semblait en mesure de s’offrir l’exploit de son début de saison. S’offrant même une autre balle de but après l’heure de jeu. Que la maladresse de Neal Maupay ne permettait pas de concrétiser (62).

    Le but marseillais venait quelques minutes après que Ferran Torres ait refroidi le Vélodrome. L’égalisation d’Angel Gomes déclenchait une éruption de joie dans le Vélodrome. Mais l’espoir devait être rapidement douché par un nouveau but opportuniste, signé Marquinhos, avec dans la foulée un carton rouge brandi sous le nez de Timothy Weah, pour un second avertissement.

    Menés et réduits à dix, les Phocéens voyaient arriver une nouvelle défaite qui va leur faire passer les trois semaines de trêve dans la peau d’un relégable.

    OM 1 (0)

    PSG 2 (0)

    5e journée de Ligue 1

    Stade Vélodrome (61 499 spectateurs)

    Arbitre : F. Letexier

    Buts : Gomes (70), pour l’OM, Torres (66), Marquinhos (73) pour le PSG.

    Avertissements : Weah (32), Abdallah (80), Gomes (90) à l’OM, Nuno Mendes (39) au PSG

    Exclusion : Weah (77) à l’OM.

    OM : de Lange – Weah ( c ), Egan-Riley, Aguerd, Emerson (Garcia, 85) – Höjbjerg, Abdelli (Bezahaf, 85) – Harit (Abdallah, 63), Maupay (Moimbagna, 85), Paixão (Gomes, 30) – Gouiri.

    Entraîneur : B. Genesio

    PSG : Safonov – Zaïre-Emery, Marquinhos ( c ), Pacho, Nuno Mendes – Ruiz (Akliouche, 65), Vitinha, Neves – Doué (Beraldo, 79), Dembélé (Godts, 79), Kvaratskhelia (Torres, 60).

    Entraîneur : L. Enrique

    C’est la trêve

    La Ligue 1 va faire relâche trois semaines. « Nous allons pouvoir en profiter. Il y aura du repos, puis du travail individuel pour corriger les manques. Cela peut être une bonne période », indique Bruno Genesio. L’entraîneur de l’OM a également confirmé le match amical contre Montpellier. Ce sera le samedi 3 octobre, au stade Francis-Turcan de Martigues.

  • Le message des Gilets jaunes marseillais au gouvernement

    Le message des Gilets jaunes marseillais au gouvernement

    Une cinquantaine de Gilets jaunes se sont retrouvés samedi matin sur le Vieux-Port pour une marche vers la Préfecture. Ils ont lancé un appel à la justice sociale et à l’unité citoyenne pour défendre le pouvoir d‘achat, la jeunesse, les services publics. « Depuis Marseille nous adressons un message au gouvernement. Ecoutez ceux qui travaillent et qui cherchent un emploi, écoutez les jeunes, les familles, tous ceux qui chaque mois doivent calculer pour réussir à vivre ! Nous demandons simplement que le peuple soit écouté ! », a lancé Emma, intérimaire, mère de deux enfants. « Les commerçants, les personnels soignants, les policiers, tous les citoyens en ont ras-le-bol », explique son compagnon, Damien, 24 ans, qui distribue des tracs, et rappelle qu’il a été « à 16 ans en 2018 le plus jeune Gilet jaune de Marseille ».

    « J’ai une colère en moi, je suis capable de tout casser », lance Jamila, ancienne aide soignante à la retraite. « Y a rien qui va, la vie chère, les médicaments qui sont mal remboursés, la guerre à Gaza et en Ukraine. Réveillez-vous les gens ! » « Le peuple souffre » résume Rosie, 74 ans, qui a ressorti ses belles pancartes bariolées de 2018.

    « On se doit d’être de toutes les mobilisations sociales à côté des Gilets jaunes comme l’a dit Fabien Roussel lors de la Fête de l’Humanité » dit Ariane Lombardi, membre de la Fédération du PCF. « C’est un mouvement citoyen porté par des valeursà positives et qui répond à de réels problèmes de Français, c’est-à-dire pouvoir vivre dignement, se loger, se nourrir, se cultiver, envisager un avenir meilleur. »

  • [Maj] Déferlante citoyenne contre la loi « Permis de tuer » à Marseille

    [Maj] Déferlante citoyenne contre la loi « Permis de tuer » à Marseille

    Pari gagné à Marseille. La jeunesse qui a compris qu’elle était dans le collimateur, est descendue en masse dans la rue au cri de « Nous sommes tous antifacistes ! »

    Ils étaient plus de deux milliers à remonter dimanche à 14 heures la Canebière, s’arrêtant devant le commissariat de Noailles puis poussant jusque devant la Préfecture pour dénoncer la loi votée le 7 juillet dernier par 313 députés contre 199 et qui instaure une « présomption de légitime défense pour les forces de l’ordre ». Un véritable « permis de tuer » dénoncé par 732 000 signataires d’une pétition que la Conférence des présidents de l’Assemblée nationale a écarté d’un revers de la main sans ouvrir de débat. Toutes les associations de défense des droits humains, la Défenseure des Droits et toute la gauche réunie critiquent ce texte très inquiétant.

    « Le RN en a fait son programme, les macronistes et leurs alliés l’ont voté main dans la main avec le RN » a lancé à la foule le président de l’association SAVE (Stop aux violences d’État), Islam El-Khalfaoui dont le fils Souheil, 19 ans, a été tué à la Belle de Mai par la police le 4 août 2021. « Après Carcassonne, quelle preuve vous faut-il encore ?! Ce n’est pas une bavure, c’est un organigramme !, a t-il encore dit, le racisme tient le micro, le parti protège, le gouvernement lui vote un permis » faisant référence aux six heures d’insultes racistes tenues par un policier municipal encarté au RN dans cette ville dirigé par le Rassemblement national.

    * Chiffre de la Préfecture

  • [Portrait] Khadidja Sahraoui-Chapuis, sociologue tenace

    [Portrait] Khadidja Sahraoui-Chapuis, sociologue tenace

    Écouter sans filtre ni complaisance les acteurs d’une situation, tisser des liens, déconstruire ce qui n’est pas uniquement local et peut relever d’un passé post-colonial, écarter les fables des médias qui dramatisent, diabolisent et mythifient, veiller sans relâche pour que chacune des phrases écrites soit prioritairement lisible et incarnée, tels sont quelques-uns des enjeux de cette enquête rédigée au terme de 25 années d’entretiens et de remises en questions. Un peu comme dans La Misère du monde de Pierre Bourdieu, ce chantier entrelace une connaissance constamment renouvelée du proche environnement, des témoignages bruts et des synthèses provisoires. Endurance et vigilance : après une enfance vécue dans une cité dont on sait l’évolution et le délabrement, puisqu’elle « porte le nom d’un peintre », après son lycée abandonné en classe de seconde, dans un improbable cheminement, farouchement consolidé par cette thèse à l’Université, Durkheim et Marcel Mauss, Khadidja Sahraoui identifie progressivement un segment mal connu du prolétariat d’aujourd’hui, les « petites mains » du trafic de drogue.

    En dépit de l’anonymat qu’ils conservent et des pseudonymes qu’elle invente pour qu’on ne les tracasse pas – Rocky, Carpe, Citron ou Frites, porteur d’une rage de dents ou bien Bordeaux, trop jeune guetteur venu de loin, victime d’une exécution commanditée par son réseau – les trajectoires de ces garçons prennent dans les détours de son livre une irréfutable consistance, un relief qui ne s’efface pas.

    Les idées reçues, les préjugés à propos de « l’argent facile » sont balayés. Ces « gamins » se sont engouffrés dans des existences cadenassées par leurs supérieurs, ces subalternes obéissent à de féroces organisateurs. Ils s’ennuient, tentent d’éviter la honte de leurs parents, traficotent 12 ou 14 heures par jour. Les bruits, l’absence de loyauté, le stress et la terreur, les pilonnages et les affrontements avec la police, l’urine et la saleté, le sang et les larmes les transforment. Ces précaires en quête de virilité, ces non-blancs cagoulent leurs visages. Ils n’ont pas droit à l’erreur et peuvent finir très vite leur adolescence entre les quatre planches d’un cercueil.

    Un grand refus
    du fatalisme

    Pas du tout pour les excuser, bien évidemment pour tenter de comprendre, Khadidja Sahraoui les décrit sans fatalisme ni fascination. Elle reproduit sans familiarité leurs expressions, l’humour et la radicalité de leur vocabulaire. Ces garçons ont été fragilisés et cabossés par toutes sortes de frustrations et d’humiliations. Un milieu scolaire sans exigence ni finalité, les rejets et les inégalités sociales endurés par leurs parents ou leurs fratries, les accidents de santé ne les épargnent pas.

    Le livre de Khadidja n’est pourtant jamais catastrophique. Preuves à l’appui, parce qu’elle connaît le temps long des cités, elle établit que cette jeunesse du narcotrafic, impitoyablement racialisée, discriminée et stigmatisée peut aussi « s’en sortir ». Elle démontre que les déterminants et les dysfonctionnements sociaux ne sont pas toujours victorieux, la situation la plus néfaste peut être renversée. Avec ces jeunes du narcotrafic longtemps terriblement fautifs, elle n’est pas seulement en posture d’empathie. Ses attitudes sont toujours le reflet infiniment précieux d’une analyse et de réflexions dont le monde politique, les médias et les travailleurs sociaux devraient s’inspirer. Un aîné à présent devenu un proche ami, l’anthropologue Michel Péraldi estime que son livre est pour Marseille l’équivalent du grand ouvrage de l’américain Philippe Bourgois, traduit et publié au Seuil en 2001 : « En quête de respect. Le crack à New York ».

    Via Albert Londres et ses suiveurs, une croyance voudrait que Marseille, ville « sans mémoire ni monuments » préfère effacer et ne pas méditer les traces de son passé. Quand on entrevoit le parcours d’une personne comme Khadidja Sahraoui, on est persuadé du contraire. Au milieu des destructions, des tournants et des accélérations de la plus récente époque, sa ville natale est une ville de souffrances, de joies et de réminiscences. Quelques-uns de ses plus vifs attachements, entre autres les noms et prénoms de ses parents, exilés loin de l’Algérie figurent dans la page de remerciements de son livre. Quand elle le dédicace, elle griffonne quelquefois une phrase qui n’est pas un slogan : « la lutte continue ».

    Aujourd’hui samedi 17h,

    librairie Maupetit, rencontre-

    signature avec
    Khadidja Sahraoui