Category: societe

  • À Marseille, la Ville sollicite ses étudiants

    À Marseille, la Ville sollicite ses étudiants

    Une trentaine de partenaires institutionnels et associatifs étaient réunis, mercredi, à l’Espace Bargemon pour parler accompagnement aux étudiants marseillais. Repas à 1 euro, aides au logement, prise en charge de consultations pour faciliter l’accès aux soins… Les initiatives dédiées à la vie étudiante sont multiples et soutenues cette année à hauteur de 460 000 euros par la municipalité. Mais l’information peine encore à se frayer un chemin jusqu’aux concernés.

    « Il y a des choses qui sont faites mais les jeunes ne sont pas au courant de toutes les initiatives auxquelles ils ont accès, surtout en matière de santé mentale » soutiennent Léa et Delphine. Fondatrices de l’association Archicare, elles ont collaboré avec la Ville pour fonder le Baromètre de la santé mentale étudiante, lors du conseil marseillais de la vie étudiante (CMVE). Même constat au stand du service politique jeunesse de la Ville, qui finance des sessions de préparation au Code de la route et au Bafa : « Les jeunes ne connaissent pas encore assez les aides qui leur sont dédiées mais sont très motivés une fois engagés », observe Marie-Ange. Candice le Tourneur, conseillère municipale déléguée à l’enseignement supérieur, à la recherche et à la vie étudiante a appelé les participants de la rencontre à candidater pour rejoindre le CMVE. « Pour ne pas construire une politique étudiante qui parle à votre place, mais qui parle de vos réalités, de vos besoins et de vos idées », a-t-elle insisté. « On veut donner aux étudiants les moyens de réussir leurs études, mais aussi de trouver leur place dans la cité », assure l’élue. Les inscriptions sont donc ouvertes jusqu’au 23 octobre.

  • Par la grève les marins obtiennent le maintien des emplois et lèvent l’ancre

    Par la grève les marins obtiennent le maintien des emplois et lèvent l’ancre

    Le vendredi 2 octobre pour le STC à Bastia, le samedi 3 octobre pour le syndicat CGT à Marseille, « satisfaits » des réponses apportées par la direction de leur compagnie maritime dans la matinée de samedi, ainsi que de l’État, les marins ont cessé leur mouvement de grève. « Pour autant, nous restons prudents et vigilants », modère Frédéric Alpozzo, secrétaire général de la CGT des marins de Marseille.

    « Nous avons obtenu le maintien de l’emploi dans les deux compagnies », se félicite Frédéric Alpozzo. Le syndicaliste craignait de voir 90 emplois temps plein supprimés à Corsica Linea, conséquence directe d’une stratégie jugée « ubuesque » de la compagnie : l’affrètement, prévu le 2 octobre, du navire Massalia, détenu par La Méridionale (groupe CMA-CGM), sur des lignes de la Corsica Linea, reliant Marseille aux ports corses de Propriano et de l’Ile-Rousse, à la place d’un autre navire de cette dernière.

    Recadrage

    La grève a permis de suspendre l’affrètement. L’opération a été décalée au 1er janvier 2027. Le navire de La Méridionale, exploité avec son propre équipage, devrait être positionné transitoirement sur la Corse pour couvrir des arrêts techniques. À partir de mars 2027, le bateau est voué à rejoindre les lignes entre Marseille et l’Afrique du Nord.

    Le consortium d’entrepreneurs corses CM Holding, propriétaire de Corsica Linea, avait fait part de son exaspération devant « un blocage de trop ». Il annonçait « suspendre l’ensemble de l’activité de l’entreprise », jusqu’à lundi.

  • 400 pompiers provençaux ont manifesté à Paris avec les leurs

    400 pompiers provençaux ont manifesté à Paris avec les leurs

    Ils étaient près de quatre cents pompiers des Bouches-du-Rhône à rejoindre, la semaine dernière le cortège parisien pour réclamer plus de moyens. Les renforts matériels, surtout humains, ont cruellement manqué sur les feux de forêts en Gironde notamment, dont les images ont inondé les médias. Une « belle mobilisation », « respectueuse et propre », selon la CGT du Sdis 13. « Il y a quand même une prise de conscience, de la part du ministère, des problèmes que nous avons soulevé tout l’été », souligne Laurent Guilloteau, secrétaire général de la CGT au Sdis 13. Pour autant « aujourd’hui, c’est juste une volonté gouvernementale de ne pas donner plus d’argent à la Sécurité civile », estime le syndicaliste et pompier. Dans le projet de loi de finances (PLF) qui vient d’être présenté, le gouvernement envisage de débloquer 200 millions d’euros pour renforcer les moyens des Sdis. Une première étape, mais « d’un autre côté, les caisses des services publics sont vidées. Il faut taper là où ça fait mal, sur les superprofits des grandes entreprises, faire payer les pollueurs. S’il y a un effet domino, ce sera la Sécurité civile qui sera en première ligne. Aujourd’hui, ça a un coût. Équiper des casernes comme Martigues, Fos ou Rognac, d’un fourgon mousse grande puissance c’est 4 fois 700 000 euros d’investissement pour les Sdis qui ne peuVENT absorber seuls ce coût. » Selon la CGT, aucune réponse claire sur les moyens humains n’a été donnée. Sur le territoire national, 21 000 sapeurs-pompiers volontaires manquent à l’appel selon la CGT. « Tous les ans, les concours ouvrent entre 2 500 et 3 000 places. Si les Sdis avaient de l’argent ils ouvriraient les concours à 4 000 personnes comme ça arrivait dans les années 2000. On a divisé par deux le nombre de recrutements. » Situation « impossible » dans un contexte, rappelle Laurent Guilloteau où « on a tourné, cet été, à 500 interventions par jour ». Le représentant de la CGT promet de s’atteler à sensibiliser les parlementaires sur ce qu’est la Sécurité civile.

  • La flottille de l’aide alimentaire bientôt à sec

    La flottille de l’aide alimentaire bientôt à sec

    « Ces augmentations ont un impact fort sur notre budget de fonctionnement, estime Bernard Nos, président de vendredi 13, qui aide 26 000 personnes par mois. « Nous avons une flotte de 13 véhicules et en un mois on est passé de 2 100 euros à 3 100 euros. »

    La file de 450 personnes qui s’étend sur la place de la Joliette chaque mardi soir pour accéder à la distribution alimentaire de l’association en dit long sur les besoins. « Ces déplacements sont vitaux, pour collecter comme pour distribuer, et on va jusqu’au fond du département », précise le responsable associatif. Un coup porté d’autant plus difficile que cette flambée intervient dans un contexte de tour de vis budgétaire : « L’aide du Département c’est la moitié du budget mais les subventions sont à la baisse et elles arrivent 6 mois plus tard. » Si vendredi 13 a en conséquence commencé à réorganiser ses tournées, « en optimisant dans la même journée », il se dit « très inquiet pour les mois à venir ». Et pour les bénéficiaires « on a des étudiants qui viennent d’Aix en covoiturage et qui n’y arrivent plus ».

    Du côté des grosses structures, « la situation devient tendue » également, explique Jacques Latil, président des Restos du cœur des Bouches-du-Rhône. « On sort 70 tonnes de denrées, soit 1 220 palettes par semaine de l’entrepôt » qui vont alimenter les 41 centres des Restos dans le département.

    Des dépenses incompressibles « qu’on n’a pas encore totalement chiffrées, mais le problème est très tangible et a été abordé en réunion pour chercher des solutions », annonce-t-il, conscient « que la marge de manœuvre est étroite » et refusant « de rogner sur les autres activités, comme l’aide aux personnes ».

    Coup porté au bénévolat

    La difficulté est amplifiée dans les zones plus rurales. Sylvie Brousse, secrétaire générale de la fédération des Alpes-de-Haute-Provence du Secours populaire français, se montre également très soucieuse pour les bénévoles : « Certains commencent à dire qu’ils ne viendront pas autant, pas tous les jours, qu’ils n’iront plus sur des destinations plus éloignées. » Dans le département, les transports en commun sont peu développés, et parmi les bénévoles et les familles accompagnées « des gens renoncent à certaines choses pour pouvoir mettre du carburant dans la voiture. Tout ça conduit à des arbitrages forcés, partir en vacances, aller voir des proches, se rendre à un rendez-vous médical, car les distances sont importantes ». Cela s’ajoute au « problème des factures d’énergie, donc ça fait beaucoup », considère Sylvie Brousse.

    Myriam Guillaume avec Lisa Défossez

  • « La Marseillaise » aux 90 ans du « Cantal ouvrier et paysan »

    « La Marseillaise » aux 90 ans du « Cantal ouvrier et paysan »

    Grand jour ce samedi pour le Cantal ouvrier et paysan. Le COP pour les intimes fêtait ses 90 ans à Aurillac. Le journal fondé l’année du Front populaire a chaque année sa fête « belle, rebelle et fraternelle ».

    Pour l’occasion, notre journal était invité. Léo Purguette, président de La Marseillaise et Marc Poggiale, président du conseil de surveillance, l’ont représenté.

    Au programme : une rencontre-débat sur le thème « Quel avenir pour la presse indépendante ? ». Animé par le président de notre journal elle a permis d’évoquer la bataille pour que vive La Marseillaise et d’échanger avec un public très attentif aux évolutions du secteur de la presse et aux nouveaux enjeux démocratiques.

    Un peu plus tard, Thomas Lemahieu, grand reporter à l’Humanité est revenu sur son enquête à propos de la « nébuleuse Stérin », du nom de ce milliardaire déterminé à faciliter l’arrivée de l’extrême droite au pouvoir.

    Un fil rouge depuis 1936 : pain, paix, liberté

    Les participants ont ensuite pu assister au vernissage d’une exposition dédiée aux 90 ans du COP présentée par Antoine Ruis et Amandine Ollier qui y ont contribué bénévolement avec l’appui des archives départementales du Cantal. Elle retrace l’histoire de ce titre depuis sa fondation pendant le Front populaire jusqu’à nos jours avec un même fil rouge : pain, paix, liberté.

    La journée à la fois festive, culturelle et politique s’est conclue par une allocution de Sébastien Prat, directeur de publication et secrétaire départemental du PCF, et de Léo Purguette qui ont laissé place à une soirée bal trad et électro.

  • [Entretien] Stéphane Le Nallio : « Le Vaucluse a des secteurs d’emplois porteurs »

    [Entretien] Stéphane Le Nallio : « Le Vaucluse a des secteurs d’emplois porteurs »

    Après quatre années dans les Alpes-Maritimes, Stéphane Le Nallio a pris, le 1er juillet, la direction de France travail dans le département, qui affiche le taux de chômage le plus élevé de la région. Il entend être au plus près des besoins des entreprises et des demandeurs d’emploi pour inverser la tendance.

    La Marseillaise : Vous avez pris vos fonctions il y a trois mois, quel est votre regard sur ce premier trimestre ?

    Stéphane Le Nallio : J’ai pu faire le tour du territoire où nous comptons 8 agences et 450 collaborateurs. Cela m’a permis cet été de découvrir le Vaucluse, que je ne connaissais pas. J’ai pu mieux appréhender aussi le contexte socio-économique, les difficultés. On est un département avec le taux de chômage le plus important de la région Paca, à 10,7% [soit 62 000 demandeurs d’emploi], contre 8 à 8,5% en moyenne dans la région. On a 30% de seniors, 13,5% de jeunes et 12% de bénéficiaires du RSA. Et malgré tout, je découvre des secteurs porteurs et marquants : l’industrie, l’agroalimentaire, l’agriculture, même si on a l’impression que ce ne sont pas des postes pérennes, le transport et la logistique. Donc tout l’enjeu, c’est d’arriver à travailler les besoins des entreprises et, en même temps, mettre en relation et travailler la qualification des demandeurs d’emploi pour faire se rencontrer ces deux mondes. Je n’ai pas encore rencontré ces entreprises, ce sera en novembre. Là, j’ai vu bien sûr les différents représentants de l’État, comme le préfet ou la direction du travail, puis les responsables économiques type CCI, Medef, CPME.

    Ce taux de chômage élevé est plutôt structurel. Quelle est votre méthode pour changer la donne ?

    S.L.-N. : Effectivement, cela ne date pas d’hier. En Vaucluse, si je fais une analyse, on est un peu coincé entre le gros bassin marseillais, qui attire beaucoup de population et propose beaucoup d’emplois, et toute la zone de la vallée du Rhône avec les industries du nucléaire. L’enjeu, c’est comment on fait rentrer en mouvement les populations qui sont dans le Vaucluse pour pouvoir répondre aux besoins des entreprises vauclusiennes mais aussi penser à des questions de mobilité pour les Bouches-du-Rhône ou pour la Drôme. Chaque année, nous travaillons avec les collègues des territoires voisins en disant comment on peut faire bénéficier nos populations de ces emplois. Le Vaucluse a une forte représentation agricole, on a à peu près 10% de notre demande d’emploi inscrite dans les métiers agricoles.

    Sur la question agricole, certains employeurs ne font plus appel
    à France Travail, peu satisfaits,
    et optent pour des travailleurs détachés. Pourquoi
     ?

    S.L.-N. : Nous avons un vivier localement, avec 5 000 travailleurs agricoles inscrits, qui sont tout à fait compétents dans ces métiers-là. Cette année, on a encore fait une opération viticulture, où on a pu proposer plus de 400 vendangeurs aux 38 domaines qui nous ont fait confiance. Il faut peut-être que chacun change son regard, travailler sur la marque employeur, sur la valorisation des conditions de travail pour que derrière, nous aussi, cela nous permette d’attirer les demandeurs d’emploi inscrits, dans le monde agricole et qui parfois nous disent, « oui, mais moi, je ne veux plus y aller ».

    Comment expliquer le delta entre
    ce taux de chômage et des secteurs en tension qui peinent à recruter
     ?

    S.L.-N. : Toute la difficulté est de faire se rencontrer les besoins des entreprises, qui parfois sont exigeants et pointus, je pense notamment dans l’agroalimentaire, avec les qualifications des demandeurs d’emploi. Pour cela, nous avons des outils, comme la préparation opérationnelle à l’emploi : on prend une personne avec ses compétences, ses capacités. En face, il y a le besoin de l’entreprise et on met un cursus de formation avec des tutorats en entreprise. Il y a aussi tout l’accompagnement, peut-être un petit peu moins connu du grand public, qui est réalisé par 65 conseillers en agence, dédiés justement à accompagner les entreprises sur les conditions de travail, leur fiche de poste. Ils ont pour objectif de recueillir les besoins des entreprises, d’aller les prospecter et ensuite de les mettre en relation avec les conseillers qui, eux, accompagnent les demandeurs d’emploi, et faire en sorte que ça matche.

    Avez-vous, dans votre feuille de route, des objectifs précis de baisse du taux de chômage ?

    S.L.-N. : Non, nous n’avons pas d’objectifs chiffrés. Notre mission, c’est bien évidemment de réduire les tensions sur le marché du travail. L’objectif, c’est d’accompagner au mieux les demandeurs d’emploi dans leur parcours, dans l’accès à une qualification, dans la connaissance des métiers, la réorientation. Aujourd’hui, on sort du schéma historique où les gens rentraient dans une entreprise et y restaient des dizaines d’années. Maintenant, pour les jeunes qui rentrent sur le marché du travail, on sait très bien que qu’ils ne vont pas pouvoir garder le même emploi pendant 40 ans. Pour cela, plusieurs rendez-vous sont organisés comme des semaines sectorielles, à l’instar de celle du commerce qui démarre ce lundi. Il y a les événements classiques comme les forums, job dating ou visites d’entreprises. Mais il y a aussi au quotidien, dans chacune des 8 agences, des événements, où on accueille une agence d’intérim, un employeur qui a des besoins en termes de recrutement ou qui va venir parler de son secteur d’activité. L’agence, aujourd’hui, ce n’est pas juste un lieu où on reçoit les chercheurs d’emploi, c’est vraiment un lieu de vie et un lieu de rencontre entre les candidats et les opportunités du territoire.

    Quid des allocataires du RSA ?

    Le Département a engagé une forte politique de « remise au travail », avec aussi beaucoup de radiations
    et de suspensions. Quel est votre point de vue
     ?

    S.L.-N. : Nous avons une convention avec le Conseil départemental pour accompagner une partie des bénéficiaires du RSA. Des postes spécifiques de conseillers promotion entreprise ont été créés, qui ont pour objectif d’aller prospecter les entreprises qui ont des besoins, et de leur proposer directement un vivier de candidats bénéficiaires du RSA. Je trouve que ça fonctionne plutôt bien, on est dans la redynamisation, c’est un modèle qui n’existe pas là d’où je venais. Les bénéficiaires du RSA ne sont pas des gens qui veulent juste bénéficier du système, mais sont aussi en difficulté sociale. Et quand on arrive à redynamiser ces personnes, par de l’accès à la qualification et de l’emploi direct, on a des résultats probants.

  • Rejet du recours du RN contre l’élection de Gaby Charroux

    Rejet du recours du RN contre l’élection de Gaby Charroux

    Le tribunal administratif de Marseille a rejeté, vendredi, le recours contre le résultat des élections déposé par le député (RN) Emmanuel Fouquart, battu aux municipales de mars 2026 à Martigues, par le maire communiste Gaby Charroux. « Notre élection est confirmée par la Justice », se félicitaient le maire et son équipe samedi dans un communiqué. Le candidat d’extrême droite demandait l’annulation du scrutin et l’inéligibilité du maire.

    La majorité municipale qui assure avoir toujours abordé cette procédure « avec sérénité », rappelle avoir mené une campagne « dans le strict respect des règles » et souligne que dans cette procédure plusieurs étapes sont venues conforter la régularité du scrutin de mars.

    Le 17 juillet, d’abord, la Commission nationale des comptes de campagne et des financements politiques avait approuvé son compte de campagne « en totalité et sans aucune remarque ». Lors de l’audience du 24 septembre, la rapporteure publique avait conclu au rejet de la requête du député d’extrême droite, avant que le tribunal administratif, enfin, ne rejette à son tour « la protestation dans son intégralité ». Emmanuel Fouquart dénonçait de supposées irrégularités de campagne, des manquements aux règles déontologiques ainsi que des faits relevant, selon lui, d’une propagande électorale.

    Des accusations « examinées et écartées une à une », rappelle le texte. Au second tour, la liste de Charroux avait obtenu 8 959 voix, soit 44,14% des suffrages, contre 7 115 voix pour la liste Fouquart. « Notre victoire était nette dans les urnes et la régularité de notre élection est aujourd’hui pleinement confortée », écrivent les élus de la majorité en s’interrogeant sur « la finalité réelle de ce recours » alors que Fouquart avait lui-même admis que « le recours a peu de chances d’aboutir ».

  • Un policier en roue libre avec des délinquants marseillais

    Un policier en roue libre avec des délinquants marseillais

    Détournements de fichiers, violation du secret professionnel, révélation d’informations sur une enquête, exercice d’activité commerciale extraprofessionnelle. Ce combo d’infractions a valu à un enquêteur en police judiciaire affecté dans un commissariat de Paris de comparaître la semaine dernière à Marseille. Il s’est vu requérir deux ans de prison avec sursis et l’interdiction définitive d’exercer. Au vu de la gravité des faits, il a été révoqué en mai 2025 sur avis unanime du conseil de discipline.

    À l’origine de la procédure, la plainte en mars 2023 d’une infirmière contactée par son ex qui se vante de tenir des infos sur sa vie privée d’une connaissance policière. Ce « mauvais plan drague » d’un individu condamné pour stup, vol et agression sexuelle allait entraîner la chute de Lotfi T., 33 ans, un policier à la dérive.

    À la barre, l’ex-policier dit avoir « agi avec discernement pour un échange d’informations » avec une connaissance de parties de cartes. « Il m’a dit qu’il cherchait à recontacter son ex. En contrepartie, j’allais avoir une information importante pour la BRI [Brigade de recherche et d’intervention] », assure le prévenu qui espérait en retour une mutation dans le renseignement territorial. Si l’information a permis d’élucider une affaire d’extorsion de restaurateurs, son recueil échappe au cadre légal. « J’ai été dépassé par ma vocation de policier. Je reconnais que c’est assez grave. Je présente mes excuses à la victime », dit-il.

    L’ex-flic décrit comme peu fiable multiplie les incidents. En mai 2022, il est signalé cité des Aygalades, jouant à la pétanque avec son arme de service sous son t-shirt. Il est régulièrement en maladie. « 1 250 jours d’arrêt de travail en 6 ans » compte le président Pascal Gand. « J’ai eu deux accidents de moto et une triple fracture de vertèbres. » – « Et l’achat d’une moto électrique, c’est compatible avec vos vertèbres ? » cingle le juge. En février 2024, en arrêt maladie, il est impliqué dans une rixe à 3h30 dans une boîte de nuit marseillaise et n’informe pas sa hiérarchie du vol dans son sac à dos de son terminal Neo.

    L’enquête révèle que la nuit il consultait les fichiers. « Des consultations problématiques pendant vos arrêts maladie et sur des délinquants marseillais… » – « On nous apprend à être policier H24. J’ai grandi entre la Busserine et Fontvert. Entre le sport et la musique, j’ai connu beaucoup de monde. C’est compliqué en tant que policier mais je ne vais pas les ignorer » glisse le prévenu qui dit avoir agi « sans contrepartie ». Il lui est aussi reproché d’avoir géré un snack, une société de sécurité en dépit d’une interdiction du tribunal de commerce suite à une faillite.

    Pour le procureur Mathieu Vernaudon, « c’est le portrait d’un policier en roue libre qui a un sentiment de toute-puissance. Il s’est affranchi de tous les cadres. S’il peut jeter cette femme sous le bus dans son intérêt il le fera ».

    Délibéré le 5 octobre.

  • À Marseille, le festival des jeunes bénévoles du Secours populaire

    À Marseille, le festival des jeunes bénévoles du Secours populaire

    « Désolée, je n’ai pas pièces, je n’ai que ma carte. » « C’est pas grave, on prend aussi ! Il est où le TPE ? », lâche Riziki, 17 ans, aux côtés de trois autres bénévoles du Secours populaire 13. Chasuble bleue sur le dos, elles arpentent ce samedi les rues du centre-ville de Marseille, boîte de dons à la main. « J’ai remarqué que dans notre société, plus on grandit, moins on a de compassion pour les personnes en difficulté. Pour toute la France c’est compliqué mais si on peut aider, on doit le faire », pousse-t-elle. Janelle, 15 ans, acquiesce : « Je suis jeune, j’ai du temps. Ça me fait plaisir d’aider ceux qui en ont le plus besoin, si j’étais à leur place j’aurais aimé qu’on le fasse pour moi », renchérit-elle.

    La collecte de ce samedi après-midi sera reversée au Secours médical palestinien (PMRS – Palestinian Medical Relief Society). « Tout le monde est en galère mais celle que j’ai est minime par rapport à d’autres. J’essaye d’aider à mon échelle », ajoute Nasma, 20 ans. Cette collecte se déroule dans le cadre du festival des jeunes bénévoles organisé par le Secours populaire 13. Valentine, référente jeunes, insiste sur « l’importance de la mobilisation de la jeunesse » et conseille au petit groupe : « Ne vous laissez pas décourager, osez aller vers les gens, le plus important c’est de sourire. C’est le langage universel. »

    Plus tôt dans la journée, 57 jeunes venus de la région étaient réunis au sein du centre social Malpassé (13e) où ils ont participé à des ateliers sur la solidarité internationale, l’éducation populaire, la santé, l’engagement de la jeunesse et le sens des pratiques. L’objectif état de former cette jeunesse solidaire.

    À l’instar de Rayan, qui a participé à la création du groupe d’enfants bénévoles Copain du monde de Port-Saint-Louis-du-Rhône auquel il participe depuis quatre ans. Il a, à son actif, de nombreuses collectes, maraudes et a rencontré des délégations étrangères, à 16 ans seulement : « Je m’y sens bien car mes valeurs et convictions sont les mêmes que celles du Secours populaire. »

  • Correns : quand la reconstruction passe par l’expertise citoyenne

    Correns : quand la reconstruction passe par l’expertise citoyenne

    À Correns, dans le centre Var, l’été 2026 a laissé des traces. Fin juillet, le gigantesque incendie du massif du Gros Bessillon avait encerclé ce village d’un millier d’habitants, provoquant des coupures d’eau, d’électricité et de téléphone, tandis que les flammes ravageaient les collines alentour. Quelques semaines plus tard, de fortes pluies avaient entraîné des coulées de cendres et de boue, obstruant notamment un canal d’irrigation et inondant une propriété.

    C’est dans ce contexte que la commune lance une convention citoyenne inédite. Lundi 5 octobre à 18h, un tirage au sort public marquera le coup d’envoi de cette démarche destinée à « réinventer la démocratie locale » et renforcer « expertise de terrain » au service d’un « projet commun ».

    « S’organiser et agir ensemble »

    Selon la municipalité, les incendies ont révélé « l’immense capacité » des habitants « à se mobiliser, à s’entraider et à agir collectivement face à une situation de crise ». La convention entend prolonger cet élan en réfléchissant à « la manière dont habitantes, habitants et municipalité peuvent décider, s’organiser et agir ensemble pour le village ».

    Concrètement, soixante adresses seront tirées au sort sous le contrôle de la Commission nationale du débat public afin de constituer un groupe de trente habitants représentatif de la diversité du village. Ces « conventionnés » participeront ensuite à sept journées de travail entre le 14 novembre 2026 et le 13 février 2027. Leur mission : imaginer de nouveaux outils de gouvernance locale dont les conclusions seront soumises au vote du conseil municipal.

    Un dispositif qui prend d’autant plus de sens qu’en mars, lors des élections municipales, le scrutin avait livré le visage d’une commune divisée. L’actuelle maire Nicole Rullan l’avait emporté avec 50,6% des suffrages, contre 49,4% pour celle menée par Fabien Mistre, soit seulement sept voix d’écart.

    Pour les promoteurs du projet, l’enjeu dépasse d’ailleurs largement la consultation citoyenne. Correns défend un « processus délibératif » capable de « régénérer la démocratie locale », de « lutter contre la polarisation et la désinformation » et de renforcer « la confiance réciproque entre les administrés et les institutions ».