Category: societe

  • [#DisMoiPourquoi] Comment le premier homme est-il apparu sur Terre ?

    [#DisMoiPourquoi] Comment le premier homme est-il apparu sur Terre ?

    Mila, 9 ans, en CM2 à l’école élémentaire publique Malbousquet, à Marseille

    Dans une question précédente, on a vu qui était le premier homme, au sens de la paléoanthropologie, la science qui étudie l’origine et l’évolution de l’homme à partir des fossiles de nos ancêtres. Les plus anciens fossiles classés dans le genre Homo sont connus à partir d’environ 2,7 millions d’années. Mais ils sont très rares et très incomplets. Bien sûr, avec si peu de fossiles, on a beaucoup de mal à bien comprendre les choses. L’ancêtre du genre Homo est forcément à chercher parmi les australopithèques qui vivaient avant eux. Mais il y a plusieurs espèces d’australopithèques, et avec si peu de fossiles des premiers Homo, on n’arrive pas pour l’instant à savoir de quelle espèce d’australopithèque ils descendent. Mais on sait qu’en Afrique de l’est, le climat change entre 3 et 2 millions d’années et que les environnements se transforment, devenant des savanes. Tous les animaux évoluent pour s’adapter à ce nouvel environnement, ou disparaissent s’ils ne parviennent pas à s’y adapter. Nos ancêtres sont des animaux comme les autres, et c’est en évoluant en lien avec les changements de l’environnement que certains australopithèques ont évolué pour donner les premiers représentants du genre Homo. »

    François MARCHAL. Directeur de Recherche CNRS au laboratoire « Anthropologie bioculturelle, Droit, Éthique et Santé » (CNRS, amU, EFS)

  • [Travailleur d’aujourd’hui] Bafodé, l’avenir au bout de la bobine

    [Travailleur d’aujourd’hui] Bafodé, l’avenir au bout de la bobine

    Autour de Bafodé Doumbouya, bobinier à Avignon pour l’entreprise EDF Business Services, ex-Dalkia Electrotechnics IG, des moteurs, alternateurs et de grandes machines de toutes formes sont dispersés à travers l’atelier. « Ça vient de toute la France et c’est nous qui devons les réparer », lance fièrement le Guinéen de 20 ans, qui est actuellement en CDD au sein de l’entreprise.

    Un métier unique et particulier, d’autant plus qu’il n’existe plus aucun parcours de formation de bobinier en France, depuis plusieurs années. Il consiste exactement à fabriquer ou réparer les bobines électriques qui se trouvent dans les moteurs, alternateurs ou générateurs de tous types et de toutes tailles. Précisément, l’entreprise assure « la maintenance corrective et préventive, l’entretien, la réparation, l’exploitation de tous équipements et matériels électriques courants forts et faibles », précise-t-elle.

    « Parfois, on va sur des chantiers chez les clients. Hier, par exemple, on est allés sur un barrage pour vérifier si tout était OK. Sinon, en atelier, on répare », précise-t-il. Avec des tâches parfois répétitives, illustre-t-il en montrant le travail du cuivre avec une pâte d’étain liquide. « C’est pour connecter un alternateur au réseau. En tout, on en a pour cinq jours de travail », précise son supérieur, avec autour de lui des dizaines de plaques et vis en tout genre.

    Un métier qu’il apprend donc sur le tas, mais qu’il « apprécie beaucoup ». Bafodé Doumbouya était initialement magasinier dans la même entreprise. Après deux années passées à ce poste, un échec dans ses études et l’approche de la fin de son contrat, il s’est vu proposer une période d’essai pour devenir bobinier. « C’est parce que je me suis bien intégré. Je suis ravi, car c’est un très bon métier. L’électricité, ça ne m’a jamais fait peur, au contraire », s’exclame le Guinéen. Certains processus semblaient peu clairs vus de loin, « mais en une semaine, on comprend déjà pas mal de choses », assure-t-il, le tournevis à la main.

    Cette formation sur le terrain pourrait déboucher sur un contrat plus pérenne. Mais le chemin de Bafodé Doumbouya reste compliqué par sa situation administrative. « Dès que j’ai une validation, je dois faire un renouvellement et il arrive souvent que cela arrive trop tard. Cette année, j’ai encore eu une semaine où je ne pouvais rien faire car pas dans les règles avant de, finalement, pouvoir à nouveau travailler. Alors que la seule chose que je veux faire, c’est travailler plutôt que rester dans la rue », confie-t-il. Pour l’heure, son contrat avec EDF Business Services court jusqu’à la mi-novembre, notamment en raison de l’échéance de son titre de séjour, qui arrive à cette période.

    Parcours du combattant

    D’autant que le parcours pour arriver en France a été long. Parti de Guinée-Conakry en 2022, il est passé par plusieurs pays du nord de l’Afrique avant de tenter la traversée de la Méditerranée sur un bateau de fortune. Après trois jours en mer, alors que l’embarcation était percée et sans moteur fonctionnel, la marine italienne est arrivée et a conduit Bafodé Doumbouya et ses camarades de fortune à Lampedusa. Avant de choisir de partir en direction de la France et de poser ses valises à Avignon. Il y croise un membre de l’association Un par un, dans le quartier de Saint-Chamand. Ce dernier l’oriente alors, à l’aide de sa structure, auprès de Dalkia, qui l’accueille en apprentissage.

    « C’était souvent difficile pour moi, notamment avec la langue française, qui n’est pas ma langue de naissance. Je n’ai pas de parents pour m’aider, m’orienter », glisse Bafodé. Il n’est pas un cas isolé chez EDF Business Services. Car l’association a également orienté trois autres jeunes étrangers arrivés mineurs en France vers l’entreprise. Et les supérieurs l’assurent, tous sont exemplaires et « font du très bon boulot ».

  • Le Lunellois sous les eaux, le Gard durement touché

    Le Lunellois sous les eaux, le Gard durement touché

    C’est le Lunellois qui a enregistré les plus gros dégâts dans l’Hérault lors de l’épisode méditerranéen survenu dans la nuit du 19 au 20 octobre. Jusqu’à 200 mm de pluie sont en effet tombés localement en quelques heures. Face à la montée des eaux, la maire de Lunel, Paulette Gougeon, a activé la cellule de crise dès 1h du matin. Les agents municipaux se sont relayés toute la nuit au gymnase Arnassan pour accueillir les personnes sinistrées. Selon la préfecture, 25 personnes ont été mises en sécurité, une dizaine d’habitations ont été touchées et près de 70 sapeurs-pompiers mobilisés. Quatre véhicules ont également été bloqués par les eaux après s’être engagés sur des axes inondés. Mardi 20 au matin, la préfète de l’Hérault s’est rendue sur place aux côtés de la maire de Lunel pour établir un bilan de la situation. Les communes voisines de Saint-Just, Saint-Nazaire et Villetelle ont aussi été impactées. L’agglomération de Montpellier a, elle, été relativement épargnée. Les volumes de pluie y ont été bien moindres que dans les secteurs voisins.

    Axes routiers coupés

    De l’autre côté du Vidourle, dans le Gard, les conséquences ont aussi été importantes. Les plaines et la Petite Camargue ont subi d’importants ruissellements. Les villes d’Aigues-Mortes, Vauvert et Vergèze ont été particulièrement touchées par les inondations. Les débordements et les chaussées submergées ont entraîné de nombreuses coupures de routes et de ponts, notamment autour du Vidourle (qui a atteint, à Sommières, une hauteur de 3,10 mètres) et du Vistre (qui a atteint 2,88 mètres au Cailar), compliquant les déplacements entre la Petite Camargue et le Lunellois. L’autoroute A9, fermée dans les deux sens entre Nîmes et le secteur de Gallargues-le-Montueux, a été progressivement rouverte mardi 20. Les inondations ont également endommagé des voies ferrées, entraînant une interruption du trafic sur tout ou partie des lignes Nîmes-Lunel (les premières circulations devraient reprendre le 25 octobre) et Nîmes-Grau-du-Roi. Lié à la dépression « Adam », l’épisode a ensuite progressé vers la Provence.

  • À Marseille, un guichet pour accompagner les commerçants

    À Marseille, un guichet pour accompagner les commerçants

    De nombreux commerces du centre-ville de Marseille ont été affectés par des débordements et pillages qui ont eu lieu en marge de la manifestation du 17 octobre. « Nous avons recensé 317 commerces sinistrés au cours de la semaine. Parmi eux, 213 ont subi des dégâts, 17 ont été partiellement pillés et 115 totalement pillés », affirme Francis Coulomb, directeur de l’appui aux entreprises à la CCIAMP.

    Face à ce lourd constat, la CCI a organisé, ce vendredi, un guichet ouvert aux commerçants, où un large panel d’institutions était réuni, à la Bourse. Avec la volonté de « faire en sorte qu’en une ou deux heures, les sinistrés puissent voir l’ensemble des acteurs », ajoute Francis Coulomb. Des services de l’État comme l’Urssaf ou la direction de la finance publique, la fédération des assureurs, la Banque de France ou encore des avocats du barreau de Marseille étaient présents pour centraliser les démarches, orienter et conseiller.

    Choc et désarroi

    Du côté des commerçants, certains sont encore très marqués par ce qu’ils ont vécu il y a une semaine. Pauline est opticienne indépendante et sa boutique du centre-ville a été « totalement saccagée et dépouillée », décrit-elle avec beaucoup d’émotion. « Si on arrête, on n’a plus de revenus. C’est dur de retrouver du sens maintenant », avoue la commerçante, encore dans le flou. Le bilan est également très lourd pour Paul et sa brasserie, Le Vendôme : « On nous a brisé la vitre et tout saccagé à l’intérieur. Il nous reste encore la machine à café, donc on s’est promis de rester ouvert pour essayer de continuer à faire vivre le centre-ville, mais l’ambiance est morose dans le quartier. Notre activité a diminué de presque 70% et j’ai dix employés que je vais avoir beaucoup de mal à payer. Je viens donc me renseigner pour savoir ce qui est possible en termes de chômage technique. »

    Certains commerces moins touchés sont tout de même présents. « Je n’ai pas eu de sinistres, à part le rideau métallique, mais je suis très fortement impacté. Je travaille avec des magasins des rues de Rome et Paradis qui se sont fait piller, donc je n’ai plus de clients », explique le gérant de la boutique Josy Couture, qui propose des retouches de vêtements.

    Une cellule psychologique a également été ouverte pour accueillir les commerçants, qui ont, pour certains, été confrontés de près aux scènes de pillage.

    L’accueil se poursuit sur rendez-vous lundi, mardi et mercredi. Prise de rendez-vous : urgence-entreprise@cciamp.com

  • [Intempéries] Les agriculteurs du Pays d’Arles en peine face aux pertes subies

    [Intempéries] Les agriculteurs du Pays d’Arles en peine face aux pertes subies

    Dans l’arrière-cour du Mas Castelet, en périphérie du hameau de Moulès à l’est d’Arles, la motopompe de la Ville tourne en continu pour tenter de résorber ce qui ressemble désormais à un étang au milieu des champs. Le canal de Craponne, qui délimite la propriété de celle située en face, en constitue l’exutoire. « Sur 2 ou 3 km c’est pareil », déplore la première adjointe (DVD) d’Arles, Mandy Graillon, en montrant l’étendue d’eau qui longe le canal de Craponne au ministre délégué à la Transition écologique, Mathieu Lefèvre.

    Si la majeure partie du territoire arlésien est revenue à la normale après les intempéries, certains secteurs, comme Moulès, Raphèle, Mas-Thibert ou encore le Vigueirat, restaient en difficulté vendredi.

    Mais les difficultés ne font que commencer pour le monde agricole. La première adjointe mentionne « 2 700 hectares de riz et luzerne perdus », alors que le foin manque déjà pour l’élevage. Un facteur de « colère » du secteur, déjà « en tension face à la ligne THT », selon l’élue. À cela, le ministre rappelle qu’il existe des dispositifs de solidarité qui seront mobilisés « rapidement et en diligence avec la chambre d’agriculture ». La rapidité est essentielle pour Antonia Allard, adjointe de quartier et éleveuse de toros conviée à la séquence. « Il faut nous entendre quand on dit qu’on n’y arrivera pas. »

    Le Département réunit

    les agriculteurs lundi

    Le ministre Mathieu Lefèvre indique avoir « conscience de la perte de rendement » et renvoie aux fonds de réarmement agricole, de la compétence des préfets. Là encore, le ministre insiste sur l’imminence de la reconnaissance de catastrophe naturelle, la semaine prochaine, qui permettra aux acteurs privés de déclencher leur demande d’indemnisation.

    De son côté, la présidente du Département, Martine Vassal (DVD), annonce réunir les agriculteurs, la semaine prochaine, au vu « des pertes sèches comme ici en Camargue, pour voir comment les aider ». Le Département précise, dans un communiqué, que de nouvelles mesures seront annoncées lundi matin en ce sens. « Nous devons agir avec la chambre d’agriculture, les organisations professionnelles et l’État. Le Département prendra sa part d’effort de solidarité », développe la présidente.

    De la même manière, la Région Paca a annoncé mobiliser un fonds régional d’urgence de 5 millions d’euros pour « rétablir les transports, aider les communes à remettre en état leurs équipements et permettre aux agriculteurs comme aux entreprises de se relever », selon le président de Région, François de Canson (DVD), de passage à Arles dans la journée de vendredi.

  • Martigues : au chevet des commerces et entreprises touchées par les inondations

    Martigues : au chevet des commerces et entreprises touchées par les inondations

    Placardée sur la vitrine, une affiche signale : « Fermés pour cause d’inondations ». Dans la rue Lamartine, les commerces rouvrent au compte-goutte, mais l’ambiance est morose. Des cartons posés à même les pavés témoignent des pertes dans les magasins.

    Chantal a été plutôt épargnée, bien que l’eau soit montée d’une quinzaine de centimètres dans sa boutique Génération junior, pourtant surélevée. « On habite au-dessus, donc on a pu réagir vite et aller mettre notre stock en hauteur », explique-t-elle. Sa fille, en revanche, a eu moins de chance. Ouvert il y a peu, son magasin « est foutu ».

    Désormais, les commerçants attendent le passage de l’expert en assurance. Magalie, propriétaire du magasin de prêt-à-porter La Cigale, n’a pas encore de date précise. « Ils sont sous l’eau, même s’ils donnent la priorité aux professionnels. » Si la Ville de Martigues ne peut pas encore précisément chiffrer le nombre de sinistrés, près de 800 demandes de reconnaissance de l’état de catastrophe naturelle ont déjà été formulées. Un record. Les maires ont obtenu une procédure accélérée auprès du Préfet pour obtenir cet arrêté qui facilitera toutes les démarches. La commission interministérielle doit se tenir le 27 octobre. En rendez-vous avec Jacques Witkowski jeudi, Gaby Charroux (PCF) a également plaidé pour obtenir un bureau d’experts des assurances centralisé pour dépêcher le retour à la normale.

    En attendant, une permanence de la Chambre de commerce et d’industrie est ouverte aux commerçants et aux entrepreneurs au sein de l’hôtel de ville. L’élu de l’organisme Philippe Berutti détaille : « On va recueillir leurs doléances et faire un état des lieux pour leur apporter des solutions, soit de financement, soit aller pousser auprès des collectivités pour obtenir des aides. L’idée, c’est de leur montrer qu’ils ne sont pas seuls. »

  • La cinémathèque de Gap interpellée sur sa programmation

    La cinémathèque de Gap interpellée sur sa programmation

    Chaque année, les Rencontres de la cinémathèque de montagne attirent plusieurs milliers de spectateurs à Gap. Mais cette 18e édition du festival, prévue du 25 au 28 novembre prochain, a déjà un goût amer pour Sandrine Mendes. « À la lecture de la programmation, j’ai ressenti de l’incompréhension et de la colère », explique l’enseignante. Et pour cause, sur quatorze films programmés, seulement deux sont réalisés ou coréalisés par une femme. Elle est à l’initiative d’une lettre envoyée au nom de l’association de solidarité avec les femmes « Toutes pour une » à la cinémathèque et aux partenaires financiers, publics ou privés, du festival. « Nous pratiquons, travaillons, créons, filmons, racontons, vivons en montagne. Et pourtant, lorsque vient le temps de raconter la montagne sur grand écran, nous disparaissons », déplore le texte. Même devant la caméra, « aucun film étant explicitement consacré au parcours de femme » n’apparaît dans le programme. « Lorsqu’un festival de référence raconte majoritairement la montagne à travers des regards masculins et des figures masculines, il contribue nécessairement à construire un imaginaire particulier de la montagne, où les hommes sont ceux qui font et où les femmes regardent », poursuit la lettre, dont l’objectif est « d’ouvrir une discussion et d’initier un changement ».

    « Cette année, la représentation des femmes est insuffisante, et nous le regrettons, a répondu l’équipe du cinéma, tout en assurant qu’il s’agit d’une de leurs priorités. Le seul frein que nous constatons à nos efforts réside dans la production audiovisuelle annuelle, encore largement dominée par les hommes. » Une réponse qui ne satisfait pas Sandrine Mendes, étonnée de voir qu’une ou deux personnes seulement sont en charge de la sélection : « C’est important de s’entourer pour avoir des idées différentes, de la diversité ».

  • [Maj] Référé liberté : le juge administratif suspend en partie l’arrêté préfectoral

    [Maj] Référé liberté : le juge administratif suspend en partie l’arrêté préfectoral

    Le juge des référés du tribunal administratif de Marseille a restauré ce matin le droit à manifester dans cinq grandes villes des Bouches-du-Rhône. Dans une ordonnance rendue ce matin, il vient en partie de suspendre l’exécution de l’arrêté du 22 octobre 2026 de la préfète de police déléguée « en tant qu’elle interdit les manifestations et rassemblements revendicatifs déclarés dans les communes de Gardanne, Istres, Martigues, Miramas et Tarascon ». La requête était présentée par la Ligue des Droits Humains, le Syndicat des Avocats de France, le Syndicat de la Magistrature, le Parti communiste français, les syndicats FSU et CGT.

    « Eu égard notamment aux moyens humains et matériels dont disposent les services de l’État, et qui seront en grande partie disposés à Marseille pour garantir le maintien de l’ordre public (…) pour prévenir la réitération des événements qui s’y sont produits le 17 octobre 2026, l’interdiction des manifestations et des rassemblements revendicatifs déclarés et non déclarés dans les communes d’Aix-en-Provence, d’Arles, de Port-de-Bouc et de Salon-de-Provence ne porte pas une atteinte manifestement illégale à la liberté de manifestation » énonce l’ordonnance qui maintient l’interdiction de manifester dans les 30 autres villes de plus 10.000 habitants des Bouches-du-Rhône. Le droit de manifester à Marseille a été lui réautorisé hier par dérogation par un arrêté préfectoral modificatif pour une manifestation unique déclarée de la CGT à 14 heures sur un itinéraire défini.

    Le tribunal ordonne par ailleurs à l’Etat de verser 1 500 euros à la Ligue des Droits Humains pour les frais de justice engagés.

  • [Rue de la République] Jacques Latil : « Les Restos du cœur des Bouches-du-Rhône ont distribué 3,9 millions de repas en 2025 »

    [Rue de la République] Jacques Latil : « Les Restos du cœur des Bouches-du-Rhône ont distribué 3,9 millions de repas en 2025 »

    Les bénéficiaires des restos du cœur

    Didier Gesualdi : Quel est le rôle des Restos du cœur aujourd’hui ?

    Le rôle essentiel qu’on joue, c’est essayer d’accompagner le plus de personnes possible qui sont dans la précarité. Je parle de précarité alimentaire mais c’est aussi lié au logement. Une étude récente sur nos bénéficiaires met bien en évidence le sans-abrisme et la précarité résidentielle ce qui inclut par exemple les gens qui n’ont pas de domicile mais qui sont hébergés chez un tiers. Elle a été réalisée par cinq chercheurs : deux Américains, deux Français et un Allemand. Plus de 160 millions de données ont été analysées et on s’aperçoit que le sans-abrisme et la précarité résidentielle progressent énormément, on parle d’une augmentation de plus de 60% d’augmentation en quelques années.

    Léo Purguette : On parle de sans-abri mais on a aussi le sentiment que la pauvreté s’étend dans d’autres couches de la société. C’est le cas parmi vos bénéficiaires ?

    Oui, c’est un mouvement de fond depuis plusieurs années. Je suis aux Restos du cœur depuis 2018. J’ai vraiment vécu la crise covid où on a vu arriver de nouvelles populations. On a surtout beaucoup plus de jeunes et un nombre de familles monoparentales qui n’arrête pas de grandir.

    Didier Gesualdi : Des jeunes actifs aussi ?

    Bien sûr. Ce n’est pas parce qu’on a un travail qu’on est protégé de la précarité. C’est vrai pour les jeunes actifs, c’est vrai aussi pour les étudiants. Quand le Crous a mis en place le repas à 1 euro, il a été complètement dépassé. Ça prouve bien que cette jeunesse a du mal à se nourrir correctement et à se loger aussi. Les deux sont liés. Quand je suis rentré dans la vie active, les jeunes étaient totalement autonomes. Ce n’est plus le cas aujourd’hui. On sait que beaucoup de jeunes sont en colocation en permanence. Il y a un problème sérieux à ce niveau-là.

    Didier Gesualdi : Et ceux qui n’osent pas pousser la porte, peut-être par honte ou pas peur de ne pas être dans les critères ?

    Oui, nous avons des seuils d’acceptabilité c’est normal mais quand une personne dans le besoin vient aux Restos du cœur, elle repart avec un colis de dépannage. La fois d’après, elle est obligée de justifier qu’elle est dans les barèmes que nous appliquons en fonction des moyens que l’on a. Et même si une personne ne peut pas bénéficier d’aide alimentaire, on peut l’orienter vers une aide juridique par exemple quand un papa quitte le foyer sans payer de pension alimentaire.

    L’ENGAGEMENT

    Léo Purguette : Qu’est-ce qui vous a personnellement conduit au bénévolat ?

    J’avais une maman assez branchée sur le milieu associatif ? Ce qui m’a poussé vers le bénévolat, c’est que quand j’étais gamin beaucoup d’adultes se sont occupés de moi. Je me suis toujours dit qu’il fallait que je rende la monnaie. Quand j’étais en activité professionnelle, j’étais assez souvent en déplacement et donc très pris, mais dès que la retraite est arrivée, j’ai tapé à la porte des Restos du cœur des Hauts-de-Seine. La difficulté dans le bénévolat, c’est de trouver des gens qui acceptent de prendre des responsabilités alors on m’a bombardé assez rapidement responsable départemental. Et puis ça a continué ici.

    Didier Gesualdi : Comment vous aider ?

    En continuant de sensibiliser à cette pauvreté… Il y a un paradoxe : les jeunes sont très sensibles à cela, les entreprises le sont aussi. Un peu pour leur image de marque sans doute. Mais à côté de cela on n’arrive pas à satisfaire tous les besoins.

    Léo Purguette : Concrètement comment vous aider ?

    La majorité des bénévoles ont mon âge mais on a aussi des jeunes. Il nous faut des bénévoles volontaires pour prendre des responsabilités et qui nous fassent profiter de leurs compétences professionnelles. L’entrepôt que la CMA-CGM a mis à notre disposition fonctionne avec un responsable approvisionnement spécialisé dans la logistique. Pour nous contacter c’est le 04.96.15.30.20 et par mail à : ad13.siege@restosducoeur.org

    LE NON-RECOURS AUX DROITS

    Didier Gesualdi : Rencontrez-vous des personnes qui ne demandent pas des choses auxquelles elles auraient droit ?

    Oui, je crois qu’à peu près 30% des personnes qui viennent ne savent pas qu’elles ont droit à des droits. On fait en sorte de les interroger pour savoir dans quelle situation elles sont. Nos distributions alimentaires sont ce qu’on appelle des « distributions accompagnées ». Les personnes qui viennent sont accompagnées d’un bénévole, ça permet de discuter avec les gens pour savoir où ils en sont. Est-ce que leur situation s’améliore ou se détériore ? On les aide à prendre les décisions qui s’imposent.

    Didier Gesualdi : J’imagine que cela nécessite aussi de former vos bénévoles.

    Oui tout à fait. On a des formations dans les différents domaines. On fait du juridique, de l’accompagnement scolaire. Pour tout ça, il y a des formations internes qui sont dispensées. On a des formateurs nationaux qui viennent localement et ensuite nos bénévoles qui forment la population.

    LES CENTRES

    Léo Purguette : L’un de vos 42 centres dans les Bouches-du-Rhône, a été touché par les intempéries, comment faites-vous face ?

    Oui c’est en effet un gros problème qui concerne le centre Barbini, celui de la Belle-de-Mai, un quartier en grande difficulté. Il a subi les intempéries et nous avons été obligés de le fermer parce qu’il y avait un risque d’électrocution. Nous avons pris la décision qui s’imposait mais cela touche quand même plus de 400 familles et au total entre 2 000 et 2 500 personnes qu’on ne sert plus. On a alerté la mairie concernée et on a été reçus par le préfet aux solidarités qui a été très à l’écoute de notre problématique. On est en train d’essayer de trouver des solutions. Est-ce que ça va passer par un autre local ? Un transfert ? Un local temporaire ? Au moment où je vous parle on n’a toujours pas la solution.

    LES FINANCEMENTS

    Léo Purguette : L’aide alimentaire a été plusieurs fois menacée au niveau européen. Votre financement est-il garanti ?

    Garanti, je ne sais pas. Il est remis en question régulièrement mais pour le moment on a toujours l’aide de l’Europe sur une partie des produits qu’on distribue.

    Didier Gesualdi : Avez-vous un bilan de l’an dernier ?

    Dans le département des Bouches-du-Rhône, on a distribué 3,9 millions de repas et servi 51 000 personnes. Ça va augmenter cette année c’est sûr. Dans un de nos 42 centres, le centre Paradou, le responsable me disait qu’en 2021 on servait 189 familles et qu’en 2025 c’est 479 familles.

    Didier Gesualdi : La Banque alimentaire qui redistribue via une association comme la vôtre pousse un cri d’alarme et en appelle à la générosité publique.

    Oui tout à fait. Il y a trois semaines nous avons fait une collecte au niveau du département. On est toujours surpris par la générosité de nos concitoyens. On a toujours des grosses inquiétudes avant que les collectes commencent et puis on s’aperçoit que les gens répondent présent. C’est quand même bon signe.

    Didier Gesualdi : Ceux qui donnent ne sont pas toujours ceux qui ont le plus de moyens…

    Exactement.

    Léo Purguette : Les chiffres que vous avancez posent la question de la responsabilité des pouvoirs publics. D’une certaine manière votre action les décharge de leur mission.

    Oui. Ce n’est pas nouveau. Ça s’accentue parce qu’on sent bien qu’il y a une tendance à tout réduire. Les finances sont exsangues donc on s’attend à avoir des difficultés pour avoir autant de financements que précédemment. On cherche d’autres voies. On essaye de récupérer un peu plus de marchandises dans le département pour compenser.

    Léo Purguette : En plus des dons alimentaires, sollicitez-vous des dons financiers ?

    Oui, heureusement qu’on les a d’ailleurs. C’est ce qui permet d’acheter presque la moitié de ce que l’on distribue.

    LE CLIMAT POLITIQUE

    Didier Gesualdi : L’ambiance politique est au repli sur soi. On sait bien que vous ne faites pas de politique mais ce climat ne va pas forcément dans le sens de la générosité à laquelle vous faites appel.

    Oui. Vous savez que le sujet politique, aux Restos du cœur, on garde un peu ça pour soi. Ce qui est normal. C’est d’ailleurs l’une des clefs du système mis en place par Coluche. Cela dit, oui, il y a une inquiétude sur la suite, une incertitude sur ce qu’il va se passer l’année prochaine.

    On a de plus en plus de difficultés à avoir des financements et tout à l’heure quand je vous parlais de la précarité résidentielle, on sait ce que les gouvernements ont à faire pour arranger les choses. 10% de logements sociaux en plus, c’est 10% de personnes accueillies en moins pour nous, parce que ça réduit les problèmes de pouvoir d’achat et de budget qui, aujourd’hui, ne le sont pas.

    LA RÉPUBLIQUE C’EST QUOI?

    Jacques Latil : « La République idéale c’est que tout le monde soit heureux dans son quotidien et vive à peu près correctement. On n’arrivera pas à gommer toutes les formes d’inégalité, mais avec le niveau de richesse que nous connaissons dans certains pays, ce n’est pas normal qu’il y ait autant de pauvres. »

    LA QUESTION DES LECTEURS

    Chaque semaine posez vos questions à nos invités sur lamarseillaise.fr l’une d’entre elles sera tirée au sort comme celle de Maryse :

    On m’a dit que les restos du cœur ce n’est plus seulement l’hiver. Est-ce que c’est vrai?

    À une époque on avait même un barème différent entre l’été et l’hiver, partant du principe que les besoins étaient un peu différents en été mais désormais on ne fait plus de différence entre les saisons. On essaye de faire en sorte que les centres soient ouverts tout au long de l’année, ce qui est compliqué. On conserve notre campagne d’hiver qui sera lancée le 27 novembre. C’est un temps fort et le deuxième temps fort c’est la collecte nationale des Restos du cœur qui aura lieu le premier week-end du mois de mars.

    Aux Restos du cœur on rencontre des gens formidables toute l’année que ce soit au niveau des bénévoles ou des bénéficiaires. Ça fait réfléchir. On se pose des questions. On se demande pourquoi ces gens sont dans de telles difficultés par rapport à nous.

  • Des jeunes de la PJJ se donnent la réplique à Avignon

    Des jeunes de la PJJ se donnent la réplique à Avignon

    La scène de la FabricA d’Avignon est presque prête, les décors sont prêts et les derniers tests techniques sont en train d’être faits à une heure du lever de rideau de la pièce « Traverser la nuit ». Sauf que celle-ci ne sera pas jouée par des acteurs professionnels du théâtre, mais par des jeunes sous main de justice de toute la région et leurs éducateurs, devant leurs familles, mais aussi devant des juges et des représentants de l’État.

    Le projet est porté par la Protection judiciaire de la jeunesse avec le Festival d’Avignon et la compagnie Primesautier Théâtre. Il est monté de toutes pièces en cinq jours par les adolescents, leurs éducateurs, avec les metteurs en scène et les équipes techniques professionnelles du site. Tous sont logés au sein même de la FabricA, qui sert aussi de résidence aux troupes de théâtre pendant toute l’année. « C’est vraiment extraordinaire », s’exclame avec des étoiles dans les yeux Julia*, mineure, quelques minutes avant de monter sur scène. « C’est trop bien d’être aussi entourés d’adultes ! Ça m’a fait changer la vision que j’avais sur les éducateurs », ajoute-t-elle, précisant que « la pression monte un peu ». À quelques mètres, John* et Maya* sont, eux, éducateurs et montent également sur scène d’ici quelques minutes. « J’ai vu le projet en tant que spectateur il y a deux ans et ça me semblait hyper intéressant. On a tout partagé pendant quelques jours, c’était un vrai microcosme. C’est vraiment hyper impressionnant. Et on voit que la Gen Z, si à l’aise sur les réseaux, est quand même plus dans l’appréhension en face-à-face », ricane le premier. « Je n’ai jamais fait de théâtre et c’est une super expérience de vivre ça », ajoute la deuxième.

    Un nouveau dispositif a aussi été testé pour faciliter l’apprentissage des textes, avec des casques audio pour « libérer les jeunes de la lecture », confie une metteuse en scène.

    Sixième édition

    Le thème de cette sixième édition, le rapport à l’intelligence artificielle, n’est évidemment pas choisi au hasard. « Ce sont des sujets de société qui appellent à réflexion », rappelle Adam Costerg Dia, référente laïcité et citoyenneté de la Direction territoriale de la PJJ Alpes-Vaucluse. « C’est un gros dossier qui nous touche tous les jours. Et on voit les accords, les réflexions. On s’immerge vraiment dans une création », confie de son côté Julie Minck, comédienne et metteuse en scène qui a accompagné les néo-acteurs toute la semaine.

    Un projet qui est voué à se pérenniser au vu de son succès auprès des jeunes. « On veut continuer et toucher de nouveaux jeunes. Ça permet de faire découvrir ou redécouvrir le théâtre autrement », confie Juliette Marmisse, chargée des relations avec le public au Festival d’Avignon. D’autant que cela crée des relations et « on en revoit toujours l’été au Festival et certains sont même agents d’accueil ou de billetterie », ajoute Juliette Marmisse. Et peut-être bientôt sur les planches.

    *Prénoms modifiés