Category: societe

  • Insee : le diplôme paye encore mais la région peine à recruter

    Insee : le diplôme paye encore mais la région peine à recruter

    Le premier des Rendez-vous de l’Insee s’est tenu vendredi 2 octobre à Marseille, devant une foule d’étudiants de master mathématiques appliqués et sciences sociales à Aix-Marseille Université. Un temps d’échange en partenariat avec le Centre d’études et de recherche sur les qualifications (Céreq), pensé pour « apporter davantage d’ouverture autour de ce que peut apporter la statistique pour le débat public et l’éclairage de la société », s’enthousiasmait en ouverture Stéphane Lhermitte, directeur régional adjoint de l’Insee Paca.

    Cette première rencontre éclairait la thématique étudiante. Y aurait-il une érosion de la valeur du diplôme ? Cela vaut-il encore le coup d’engager des études dans le supérieur ? Ces questionnements présents dans le débat public ont attiré l’attention de Thomas Couppié, chef du département des entrées et des évolutions dans la vie active au Céreq. En se plongeant dans l’étude des six dernières générations de diplômés, il dresse deux constats : l’accès à l’emploi des jeunes est d’abord lié à la conjoncture, et ce de manière stable depuis 20 ans. Ce qui le pousse à affirmer que la valeur du diplôme ne s’est pas érodée : c’est bel et bien les différences de niveaux d’études qui creusent les inégalités d’accès à l’emploi et de rémunération, variant du simple au double entre non-diplômés et titulaires de master.

    Les bacheliers s’exportent en dehors de la région

    « Parmi les 32 000 bacheliers ayant poursuivi dans le supérieur par l’intermédiaire de la plateforme Parcoursup en phase principale, 26 000 le font dans la région », comptabilise Stéphanie Durieux, cheffe de projet à l’Insee Paca. Elle fait remarquer un solde négatif entre les 6 200 anciens lycéens qui quittent la région pour entreprendre des études ailleurs et les 4 400 entrants. Et de souligner : « Quand l’Occitanie accueille 2 200 nouveaux entrants et la région Auvergne-Rhône-Alpes 1 800. »

    Si l’échange de bacheliers se fait principalement avec les régions voisines, 20% des anciens lycéens se tournent vers l’Île-de-France. Un phénomène que Stéphanie Durieux relie à l’offre limitée de la région en écoles d’ingénieur post-bac, « des formations qui génèrent des mobilités entre provinces », affirme-t-elle.

    Et s’il était aussi question de logement ? Le chargé d’étude Sébastien Novella dresse un constat préoccupant : seulement 37% des étudiants de la région vivent dans leur propre logement. Un pourcentage parmi les plus faibles de France métropolitaine qui s’explique notamment par le fort taux de pauvreté de la région et son marché immobilier particulièrement tendu.

    CHIFFRES

    48 000

    élèves ont obtenu leur baccalauréat en Provence-Alpes-Côte d’Azur en 2022

    14 %

    c’est le taux d’étudiants entrants en région Paca.
    C’est le plus faible de France qui affiche 18% en moyenne.

    70 000

    apprentis ont été recensés en région à la fin de l’année 2023. Entre 2018 et 2023, leur nombre a presque triplé.

    37%

    des étudiants de la région vivent dans leur propre logement. 58% vivent dans le domicile familial, un taux seulement dépassé en Corse et en région francilienne, et les derniers résidents dans des foyers étudiants et les internats.

  • Un incendie dans un entrepôt de la caserne Busserade à la Belle de Mai

    Un incendie dans un entrepôt de la caserne Busserade à la Belle de Mai

    Les marins pompiers de Marseille sont intervenus à 18h30, samedi au 55 rue Belle de Mai, dans le 3e arrondissement de Marseille pour un feu déclaré dans « un entrepôt désaffecté de 1500 m2 ». A 19h la rue était bloquée par une dizaine de véhicules en intervention et la grande échelle était sortie.

    La toiture d’un des bâtiments s’est entièrement effondrée selon des riverains. « L’Intervention rapide des marins-pompiers a permis de limiter l’étendue du sinistre », explique de son côté la communication du BMPM qui ne déplorait aucune victime et poursuivait reconnaissance du bâtiment nord à 19h30.

    L’entrepôt en question est la caserne Busserade, un bâtiment propriété de la ville de Marseille d’où des familles de roms avaient été évacuées le 24 août dernier. Plus d’une centaine de personnes y vivaient depuis deux ans et demi avant leur expulsion en raison de la dangerosité d’un des bâtiments et suite à des plaintes pour nuisances. Le bâtiment devait être muré.

  • [#DisMoiPourquoi] Si on arrose une graine avec du Coca, est-ce qu’elle pousse ?

    [#DisMoiPourquoi] Si on arrose une graine avec du Coca, est-ce qu’elle pousse ?

    Question de Ninon, 7ans, école Paul-Martin à Digne (04)

    Une graine a besoin d’eau pour germer. Il y a beaucoup d’eau dans les sodas (Coca, Pepsi, autres). Une graine arrosée avec du soda pourrait peut-être commencer à germer… Mais elle risque de ne pas aller très loin ! D’abord, le Coca est très acide. Cette acidité peut perturber le fonctionnement de la graine et surtout abîmer les jeunes racines. Mais le principal problème vient de la grande quantité de sucre contenu dans les sodas. Dans le sol, ce sucre peut favoriser le développement de micro-organismes, rendre le milieu collant. Le sucre va aussi gêner les mouvements de l’eau dans le sol et empêcher son entrée dans la graine. Or, pour germer, celle-ci doit absorber beaucoup d’eau avant même que la jeune racine ne s’allonge. Donc, même si le Coca contient de l’eau, ce n’est vraiment pas la meilleure boisson pour une plante. Pour faire pousser une graine, rien ne vaut un verre d’eau, sans sucre et sans bulles.

  • [#DisMoiPourquoi] Les IA « génèrent » du texte qui n’a parfois aucun sens ?

    [#DisMoiPourquoi] Les IA « génèrent » du texte qui n’a parfois aucun sens ?

    La question de Amel, 12 ans, collège Arausio d’Orange (84)

    Une IA générative fabrique du texte en associant des mots successifs ou des morceaux de phrases successifs de la manière la plus probable possible, en fonction de la demande de l’utilisateur (le prompt). Probable signifie que ces associations ont été vues dans le passé un grand nombre de fois dans des textes qui ont servis à l’apprentissage de l’IA. Au final, un texte généré artificiellement n’a pas forcément un sens global : c’est un texte dont les enchainements sont justes probables. Cela a deux conséquences : une IA générative s’adapte très bien aux discussions courantes et aux conservations de tous les jours, mais il est difficile de faire dire à une IA générative des choses vraiment novatrices au sens des idées et rarement vues auparavant.

  • Les lycéens mobilisés organisent la suite de leur mouvement

    Les lycéens mobilisés organisent la suite de leur mouvement

    Difficile de bloquer des portes closes. Vendredi, au lendemain de la mobilisation fleuve des lycéens, illustrée par le blocus de nombreux établissements à Marseille et dans toute la France, la majorité des lycées ont été fermés et les professeurs sommés de tenir leurs cours en distanciel. Au total, 55 établissements étaient concernés dans l’académie Aix-Marseille, et plus de 400 au niveau national.

    Mais la mesure n’a pas suffi à endiguer la fougue lycéenne : d’après la préfecture, 19 établissements ont été concernés par des attroupements et 1 800 personnes y ont participé au plus fort de la mobilisation dans les Bouches-du-Rhône. À Marseille, plusieurs lycées, appartenant à la courte liste de ceux restés ouverts, ont été bloqués. Parmi eux : Daumier (8e), Marseilleveyre (8e) et Simone-Veil (13e). La préfecture recense par ailleurs quatre blessés : « une personne âgée bousculée », « deux policiers » et « un enseignant aspergé d’essence volontairement puis agressé physiquement par deux individus ». 59 personnes ont été interpellées, dont 27 à Marseille.

    « Restructurer le combat »

    En parallèle, plusieurs assemblées générales ont été organisées. L’une d’entre elles s’est tenue au pied de la préfecture (6e), devant le lycée Montgrand où lycéens, professeurs et parents d’élèves ont échangé pour penser ensemble la suite des contestations. « Cette décision de cours en distanciel nous a pris de court. On essaie un peu de restructurer notre combat », admet Luc Bensa, élève à Saint-Charles (1er) et membre du Mouvement national des lycéens. Florence, maman d’élève venue soutenir les jeunes, s’insurge contre cette décision : « Il n’y a aucune raison de mettre les cours en distanciel, l’ambition est vraiment d’éteindre le mouvement ». « On nous prend notre outil de travail, on nous empêche de nous réunir dans nos murs, surenchérit l’une des professeures présentes. Les lycées sont un lieu de dialogue et d’apprentissage. Empêcher leur accès n’arrange absolument rien ».

    Passée la frustration, un élément émerge des débats : la volonté d’étendre le mouvement au reste de la société, pour renforcer au maximum les rangs de la marche prévue mardi. « Il faut créer du lien au-delà des lycéens, mais aussi en dehors du monde éducatif. La casse des services publics concerne toute la société. La convergence des luttes est la direction à prendre », abonde en ce sens Eustache, élève de Montgrand et militant au Poing levé.

    Les jeunes seront a minima soutenus par la CGT, qui a annoncé vendredi, dans un communiqué; « se tenir aux côtés des lycéens, étudiants et personnels de l’éducation mobilisés » et appeler « toutes ses organisations à se mobiliser et à mettre à leur disposition les moyens nécessaires pour s’organiser ». Une intersyndicale de l’Éducation nationale, comprenant la FSU, la CGT, FO, la CFDT, l’Unsa et Sud a aussi appelé à participer à la mobilisation « y compris par la grève ».

  • « Avec la politique d’austérité,on perd en connaissance »

    « Avec la politique d’austérité,on perd en connaissance »

    La Marseillaise : Les chercheurs et personnels n’ont de cesse de dénoncer le mépris de l’État à leur encontre. À quel point la situation est-elle selon vous dégradée ?

    Didier Gori : C’est assez déprimant. Les contraintes budgétaires ont des conséquences considérables sur les conditions de travail avec la baisse des effectifs, la précarité, mais aussi en termes de moyens sur les consommables, les appareils… On est obligé de s’adapter. Il faut aussi savoir que les budgets associés à la médiation scientifique ont plus spécialement été visés et gelés. Or ils servent justement à l’animation de la fête de la Science notamment avec des cafés scientifiques, des initiatives un peu plus populaires pour aller dans les lycées, proposer des manips, des montages de vulgarisation… Un tas de collègues dont c’est le métier se sont retrouvés avec des budgets sacrifiés, ce qui met à mal l’ouverture des scientifiques vers la société et inversement.

    Avec un budget 2027 de nouveau austéritaire, quelles sont vos craintes ?

    D.G. : C’est 54 milliards d’économie annoncés pour toute la fonction publique et très récemment, Philippe Baptiste, le ministre de la Recherche, s’est vanté qu’il donnerait 100 millions d’euros de plus au CNRS, mais à partir d’un budget qui est déjà déficitaire de 200 à 250 millions. Pour 2026, ce sont 260 millions d’euros de déficit. En juin, lorsque nous nous sommes mobilisés, nous expliquions que le CNRS avait été contraint de piocher pour la troisième année dans ses ressources propres non fléchées, un bas de laine qui permet aux laboratoires d’assurer la jouvence, les frais de réparation… Là, ils vont être obligés de prendre dans ce qu’on appelle les crédits fléchés, les crédits d’appel à projet qu’on a via l’Agence nationale de la recherche, mais aussi l’Europe. Cela pose un problème déontologique très fort, parce que ces crédits, on les a en contrepartie d’une destination et d’une activité scientifique.

    Des projets de recherche sont-ils sabrés ?

    D.G. : On a des sujets en panne et des situations variées. Par exemple, on va mettre un stagiaire qui coûte moins cher dessus, et il va rester moins longtemps. On va essayer de jongler avec les personnels ou étudiants présents. Des projets seront tout simplement mis en stand-by. Ceux qui ont réussi à avoir des appels à projets vont pouvoir débloquer parfois une partie du financement. Mais on perd en connaissance, en compétitivité.

    Sur l’appropriation des enjeux des évolutions scientifiques, notre pays vous semble-t-il au niveau ?

    D.G. : Il y a des défis contemporains qu’on devrait se préparer à assumer mais la France n’y est clairement pas. Sa politique d’austérité est en train de nous paupériser. La compétition internationale est en train de s’accélérer. Il va falloir que nos scientifiques aient les moyens de rivaliser. On ne peut pas continuer la course à pied quand les autres chevauchent des fusées. Je pense notamment à l’IA, un sujet fondamental. Depuis 6 mois les choses se sont précipitées. En juillet, une expérience a été menée où on a demandé à une IA de vérifier si un système était sécurisé. Elle était déconnectée de l’Internet. Et, on ne sait pas comment, elle s’est connectée, s’est dupliquée sur un serveur, s’est mise à dialoguer avec d’autres IA pour remplir sa mission. On se retrouve avec un outil surpuissant dont il faut définir le cadre. Je pense que la communauté scientifique a un rôle d’éclairage auprès de la société.

    Ces sujets ne relèvent-ils pas aussi du débat public ?

    D.G. : Oui. Pour en revenir à l’IA je pense à l’impact environnemental. Avec le choix qu’a fait Emmanuel Macron de proposer aux industriels d’héberger des data centers, la France offrant une énergie électrique majoritairement décarbonée et beaucoup de ressources d’eau. Or l’eau est un bien collectif des Français, à qui on aurait dû demander leur avis avant d’engager l’État aux bénéfices d’entreprises privées et étrangères. Il y a une reconnaissance de l’expertise scientifique mais au niveau des décideurs publics, sous l’effet du lobbying, elle n’est pas prise en compte.

    Comment voyez-vous l’avenir dans vos labos ?

    D.G. : La communauté scientifique est extrêmement affectée par cette énième année de gel de salaire. Nous sommes à la croisée des chemins. Lors du comité national des laboratoires en janvier nous allons poser le problème sur la table, dans le calendrier de l’élection présidentielle. Soit il y a une réelle politique d’investissement dans la recherche, soit la France va décrocher. Au niveau de l’intersyndicale au national, on a commencé à discuter pour de nouvelles actions dès qu’on aura des éléments plus précis sur le budget 2027, avec déjà la date du 17 octobre en ligne de mire.

  • Les marins CGT poursuivent leur mouvement de grève

    Les marins CGT poursuivent leur mouvement de grève

    Malgré les remous, les marins grévistes de la Corsica Linea tiennent la barre et ont poursuivi leur mouvement social. « On a reconduit, ce vendredi matin, la grève à l’unanimité car on est toujours en attente de réponses de la part de nos dirigeants », tempête Frédéric Alpozzo, secrétaire général de la CGT des marins de Marseille.

    Toujours au cœur du conflit : l’affrètement du navire Massalia, détenu par La Méridionale, sur des lignes de la Corsica Linea, en lieu et place d’un autre navire de cette dernière. « Ils mettent un bateau de La Méridionale pour supprimer les emplois de la Corsica Linea ! », résume et s’insurge Frédéric Alpozzo, également délégué CGT chez Corsica Linea. Pour rappel, voilà plusieurs jours que les marins de la CGT Corsica Linea, avec leurs homologues du Syndicat des travailleurs corses (STC), étaient en grève et perturbaient les traversées entre Marseille et la Corse. Le port de Bastia était même bloqué une partie de la journée de vendredi.

    Car même si la grève a été reconduite, des discussions « encourageantes » ont eu lieu jeudi soir. « On a eu des échanges avec notre direction et la CMA CGM [propriétaire de La Méridionale, Ndlr]. On a demandé que des discussions se rouvrent entre les deux compagnies et que dans l’intervalle, elles suspendent l’affrètement du Massalia », explique Frédéric Alpozzo. Avant de développer la position de la CGT : « On a proposé une solution : suspendre l’affrètement, le Massalia peut ainsi continuer son activité, le personnel est conservé dans les deux compagnies. » La direction de Corsica Linea a notamment proposé un décalage de l’affrètement du Massalia en janvier.

    « Ava Basta ! »

    De son côté, La Méridionale se disait même « arrangeante » pour trouver une porte de sortie. Un début d’avancée certes, mais qui demandait des engagements concrets. Frédéric Alpozzo reste ferme : « C’est à Corsica Linea de suspendre cet affrètement. »

    Justement, le consortium corse CM Holding, à la tête de Corsica Linea, s’est fendu, vendredi après-midi, d’un communiqué à l’intitulé sans équivoque : « Ava Basta ! [Ça suffit en français, Ndlr] ». « Rien ne justifie cette grève. Le dialogue a été tenté. Il se heurte aujourd’hui à une position radicale d’une seule organisation syndicale », juge le consortium. Avant d’assurer que l’affrètement du Massalia est « un projet de réorganisation de notre flotte, qui n’implique aucune suppression de CDI ».

    Notons qu’entre-temps, le STC a décidé de lever son blocage du port de Bastia, annonçant avoir obtenu un protocole d’accord de sortie de grève avec la direction. D’autant que le consortium menace à demi-mot de se retirer de la compagnie : « Les actionnaires ont décidé d’évaluer, d’ici lundi, la forme que prendra leur éventuel engagement futur dans Corsica Linea. Cet engagement n’est pas inconditionnel. » Plus que ça, les actionnaires expliquent qu’une nouvelle stratégie risque d’être mise en place : « La direction de l’entreprise sera informée lundi du cadre de la nouvelle ligne stratégique et sociale décidée par le Consortium. »

    Quoi qu’il en soit, une nouvelle assemblée générale de la CGT des marins de Marseille est prévue, ce samedi matin.

  • Une villa du Roucas Plage devra être en partie démolie

    Une villa du Roucas Plage devra être en partie démolie

    Le tribunal judiciaire de Marseille a condamné un propriétaire à démolir partiellement sa villa. Le jugement fait primer le cahier des charges du lotissement du Roucas Plage, avenue des Alpilles, 8e, à Marseille. Ses règles internes à valeur contractuelle sont plus restrictives que le plan local d’urbanisme intercommunal (PLUi).

    Le propriétaire, Romain Teboul, défendu par Me Olivier Burthez-Doucede, devra supprimer le troisième niveau de la villa située dans le périmètre protégé des balcons remarquables du Roucas blanc et de la colline de la Garde. Comme le demandait l’association syndicale autorisée (ASA) du Roucas Plage, défendue par Me Alain Xoual, il devra ramener les surfaces de plancher créées de 226,5m2 à 150m2. Il devra replanter les six arbres de haute tige abattus et végétaliser en pleine terre au moins la moitié de la surface du terrain. Pour s’assurer de sa bonne exécution, le jugement du 14 septembre rendu par la 3e chambre civile prononce une astreinte de 300 euros par jour de retard passé le délai de 10 mois. L’exécution provisoire n’est toutefois pas prononcée.

    Un permis modificatif surprise

    Les juges ont pleinement appliqué le règlement du lotissement en considérant que les colotis ont entendu « de façon non équivoque » donner une valeur contractuelle à ces règles « afin de préserver le cadre de vie au sein du lotissement en limitant la hauteur des constructions, en favorisant la végétalisation et en limitant la densité de construction dans des proportions supérieures à celles prévues par le plan local d’urbanisme ».

    Sa construction en 2023 avait suscité la colère de l’ASA du Roucas Plage et d’un collectif de résidents (La Marseillaise, du 13 juin 2023). La villa moderne a été bâtie après démolition d’une maison provençale de deux niveaux. Le permis de construire accordé en juin 2022 autorisait une construction de 4 pièces pour 226,5m2, alors que la déclaration réceptionnée quelques jours plus tard en préfecture au titre du contrôle de légalité mentionnait 150m2, comme sur l’affichage… Puis cinq mois plus tard, un permis modificatif surprise, non transmis à l’ASA, autorisait une élévation à 9,8m, une surface de plancher de 226,5m2 et un niveau en sous-sol. L’affaire avait soulevé beaucoup d’interrogations sur le process d’instruction du dossier par le service de l’urbanisme.

    La construction doit être mise en conformité pour respecter le maximum de deux niveaux et de 7m de hauteur par rapport au sol naturel, une surface de plancher qui ne dépasse pas 33% de la surface du terrain et 50% de la surface du lot plantés de végétaux en pleine terre.

    Les juges ont retenu que Romain Teboul avait une « connaissance incontestable des règles applicables et son intention délibérée de ne pas les respecter en déposant une demande de permis modificatif sans en informer l’ASA du Roucas Plage ».

  • La fille de Che Guevara en visite dans l’Hérault

    La fille de Che Guevara en visite dans l’Hérault

    Pour Béatrice Abella, il y a urgence. Selon la secrétaire du comité France Cuba Hérault, la plus grande île des Caraïbes traverse une période critique depuis le retour au pouvoir de Donald Trump en 2025. « Quand le bloc de l’Est est tombé, les Cubains ont vécu ce qu’on appelle la « période spéciale », qui a été extrêmement difficile économiquement. Mais ça n’a jamais été comme aujourd’hui. Les États-Unis assument d’affamer le peuple pour qu’il se retourne contre le régime », explique Béatrice Abella.

    Afin de susciter un soutien au sein de la population française, les membres du comité France Cuba Hérault ont eu l’idée d’inviter Aleida Guevara pour une série de rencontres publiques. La fille du Che, âgée de 64 ans, est une infatigable ambassadrice de son pays. Dans le cadre du projet « Semillas de Solidaridad–Graines de solidarité », elle va parcourir le sud de la France tout au long de la première quinzaine du mois d’octobre. Elle s’exprimera dans l’Hérault, le Vaucluse, les Bouches-du-Rhône et en Haute-Garonne.

    Une pétition lancée

    Le coup d’envoi sera donné à Béziers le samedi 3 octobre à 18h au théâtre de la Colonie espagnole. Après une conférence sur la crise que connaît son pays, Aleida Guevara échangera avec l’assistance. Dans la ville dirigée par le maire d’extrême droite Robert Ménard, le rendez-vous revêt une signification particulière. « Il était important que la parole d’Aleida Guevara soit entendue à Béziers. Ce n’est pas un hasard. Tout ce qui apporte des valeurs qui vont à l’encontre de ce que Robert Ménard défend, on le fait vivre avec plaisir », déclare Béatrice Abella, elle-même biterroise. Lundi 5 octobre, Aleida Guevara interviendra à Montpellier à 18h à l’espace Jacques 1er d’Aragon, à la suite de la projection du documentaire À l’assaut du ciel, Cuba ou la solidarité anti-impérialiste ! Cette production de l’association La Brèche revient sur l’événement internationaliste de la conférence de la Tricontinentale organisée à La Havane en 1966.

    L’objectif de ces interventions est de sensibiliser le public mais aussi d’encourager l’action. Les personnes intéressées peuvent se rapprocher du comité France Cuba Hérault pour contribuer à des opérations humanitaires. Il est aussi possible de soutenir une pétition postée sur la plateforme Change.org et intitulée « 64 ans de blocus contre Cuba. La France doit agir ». Fin septembre, près de 2 200 signatures avaient été recueillies. Le Comité souhaite remettre le document final au gouvernement français avant le vote prévu à l’Organisation des nations unies (ONU) sur l’embargo américain imposé à Cuba. Béatrice Abella espère que le projet « Graines de solidarité » favorisera également une mobilisation des décideurs au niveau local. À Montpellier, Aleida Guevera devrait recevoir un accueil officiel de la part d’élus. D’après Béatrice Abella, des échanges avec la ville de Montpellier et la Région Occitanie sont en cours afin de mettre en place une coopération cubano-française dans le domaine de la santé. Pédiatre de profession, Adeila Guevara est particulièrement attentive à ce sujet.

    * Le programme pouvant évoluer, le public peut se renseigner en écrivant à contact
    @francecubaherault.com

  • La Foire de Marseille, un voyage pour les papilles

    La Foire de Marseille, un voyage pour les papilles

    Tatouages maoris sur les bras et chapeaux tressés vissés sur la tête, deux musiciens entonnent des airs polynésiens à l’aide d’une guitare et d’un cajon. À quelques mètres, des odeurs de lait de coco et des arômes acidulés s’échappent d’un food-truck. Lancé en 2015 par Teheiura, le candidat star de l’émission Koh-Lanta, le Manatoa (signifiant « l’esprit du guerrier » en tahitien) a fait escale à la Foire de Marseille pour proposer, entre autres, du thon mariné au jus de citron et du poulet sauté au lait de coco. « Le but, c’est de faire voyager la culture culinaire tahitienne en France », explique Teheiura en marchant pieds nus devant son stand. Flânant devant le camion-restaurant, Geneviève et Emmanuelle ne s’y arrêteront pas, elles ont déjà avalé un repas cubain et créole. Si ces deux retraitées viennent tous les ans à la Foire, c’est précisément pour « manger ce que l’on ne peut pas manger à la maison, des choses exotiques ».

    Sur un espace de 6 000m², 150 exposants de restauration sur place et à emporter sont présents au Parc Chanot, pour le plus grand bonheur des gourmands marseillais.

    Entrée gratuite

    samedi à partir de 19h

    Dans l’Esplanade 1, Mouna, vêtue d’un tablier en wax aux motifs colorés, s’affaire devant une marmite. Son stand, les Délices de Mouna, propose des spécialités sénégalaises : poulet yassa, thiéboudiène au poisson, mafé, bissap,… Pour cette restauratrice habituée des férias et festivals, venir à la Foire de Marseille est à chaque fois un plaisir : « Ici, la cuisine sénégalaise est bien accueillie parce que c’est une ville cosmopolite. »

    Côté terroir, les régions françaises ne sont pas en reste. Le bien nommé restaurant « La Normandie », présent à la Foire pour la 36e année consécutive, affiche ses diverses spécialités régionales sur sa carte. Ici, les saucisses pur porc ont été préparées par les moines trappistes de l’abbaye de Bricquebec. « Chez nous, ceux qui viennent manger, c’est plus des habitués qui viennent ici depuis une dizaine d’années », assure le restaurateur, Christophe Guérin. Arborant des chapeaux de lutin rouge, Patrice, 59 ans, et Isabelle, 57 ans, lorgnent devant les différentes échoppes des restaurateurs. Pour ces deux habitués venus ce matin du Castellet, « le plus difficile c’est de faire un choix qui satisfait les goûts du groupe ». Face à ce casse-tête, ils déplorent qu’il n’y ait « pas de chaises et tables en libre-service pour pouvoir se rejoindre après s’être restauré à différents stands ».

    Ce samedi 3 octobre, la Foire de Marseille consacrera une nouvelle soirée aux plaisirs culinaires. À partir de 19 heures, l’entrée sera gratuite. Une dernière occasion de parcourir les stands de restauration et de découvrir, avant la clôture lundi, des plats savoureux.