Category: societe

  • À Marseille, le foyer pour ados Calendal doit fermer ses portes

    À Marseille, le foyer pour ados Calendal doit fermer ses portes

    Par arrêté préfectoral du 4 septembre 2026, la Mecs (Maison d’enfants à caractère spécialisé) de l’association JB Fouque, dans le 5e arrondissement, doit cesser son activité et fermer ses portes, le 7 janvier prochain. Elle dispose de 52 places d’hébergement pour des jeunes de 13 à 21 ans, avec la particularité d’accueillir dix mineurs suivis par la protection judiciaire de la jeunesse.

    à la veille des Assises de la protection de l’enfance, de nouvelles places destinées aux jeunes confiés par l’Aide sociale à l’enfance disparaissent encore, en raison de dysfonctionnements. Soit 25 places en internat pour les garçons, confiés par l’Aide sociale à l’enfance et par la PJJ (Protection judiciaire de la jeunesse). « Les 27 autres en appartements dans le diffus pour garçons, et pour filles depuis 2021, devraient être conservées », espère encore Malik, représentant syndical Sud Solidaires, très inquiet de n’avoir « aucune précision de la direction de JB Fouque sur le suivi des jeunes, ni de proposition pour les personnels ».

    Une gouvernance instable

    Ils ne sont plus que 28 salariés sur une quarantaine, après « des démissions, des départs chez les cadres en rupture conventionnelle, des arrêts de CDD et plus aucun recours à l’intérim », décrit l’éducateur. Depuis 2021, ce ne sont pas moins de « quatre directions différentes qui se sont succédé » à la tête de l’établissement. De quoi sentir le mauvais vent venir. « Une enquête du Département, à l’été 2026, a permis d’écarter toute suspicion de maltraitance », précise Malik. L’Arrêté mentionne en effet « une instabilité importante de la gouvernance ». Ce n’est que le 7 septembre dernier, avec l’arrivée de l’administrateur judiciaire, que les personnels ont été informés « de la cessation définitive d’activité et de la vente de la bâtisse ».

    Du côté des jeunes confiés, « 19 sont encore en appartement et 8 en internat, les autres ont été replacés dans d’autres Mecs ». Sur les neuf établissements que possède l’association JB Fouque qui, contactée, n’a pas donné suite, deux ont déjà fermé, le Service éducatif d’adaptation progressive (SEAP) des Caillols dans le 12e et l’Institut médico-éducatif (IME) Les deux platanes dans le 5e.

  • En tournée pour la cause cubaine, Aleida Guevara fait étape à Avignon

    En tournée pour la cause cubaine, Aleida Guevara fait étape à Avignon

    Après Béziers puis Montpellier et avant deux rendez-vous à Marseille ce jeudi 8 octobre à 18h30 aux Rotatives de La Marseillaise et vendredi 9 à 14h30 à l’Union départementale de la CGT, Aleida Guevara, fille du « Che », sera à Avignon, ce mercredi 7 octobre. Elle interviendra lors d’une conférence-débat autour de Cuba de 18h15 à 20h30 dans la salle Camille Claudel du centre hospitalier de Montfavet.

    Médecin comme son père, elle se rend en Cité des Papes dans le cadre du projet « Semillas de Solidaridad » (graines de solidarité en français) afin d’évoquer la situation sanitaire très difficile que connaît Cuba depuis plusieurs années. Une problématique qui s’est encore dégradée depuis le retour de Donald Trump au pouvoir en 2025.

    « Le peuple cubain est en très grande difficulté car plus rien ne passe et ils n’ont aucun moyen de s’approvisionner. Que ce soit en pétrole ou en alimentation à cause d’une véritable barrière mise en place par les Américains. Même si on veut les aider et envoyer des produits de première nécessité, on est bloqués par tout ça », précise Nicole Rives, présidente de l’association France Cuba Vaucluse.

    Invisibilisés

    Un événement pour permettre, donc, de visibiliser la cause du peuple de la plus grande île des Caraïbes. « C’est tellement difficile d’avoir des retours sur la situation cubaine. C’est une situation quasi invisibilisée par les médias », poursuit la présidente associative. Une venue qui est aussi l’occasion d’envisager des évolutions dans les relations de chacun avec Cuba. L’association organisatrice évoque par exemple la possibilité d’ouvrir des « perspectives concrètes ». Tel que « des échanges universitaires » ou encore un « soutien institutionnel à la levée du blocus ».

    Le choix du lieu est aussi à noter. Aleida Guevara était en effet déjà venue au Centre Hospitalier de Montfavet. C’était en l’an 2000. Vingt-six ans plus tard, la situation s’est encore dégradée sous la pression des États-Unis qui ont annoncé, fin septembre, encore durcir les sanctions.

    Informations supplémentaires
    et inscription au 06.75.47.56.53 ou au 04.90.38.23.03

  • Sciences Po Aix bloquée, les étudiants dans la rue

    Sciences Po Aix bloquée, les étudiants dans la rue

    « Soutien aux lycées ! », « Étude, logement, dignité », « Étudiants en colère, on ne va pas se laisser faire ! » Dans la foule d’une centaine de jeunes ce lundi matin, rassemblés rue Gaston-de-Saporta, les revendications sont multiples, portées, cette fois-ci, par les étudiants de Sciences Po (IEP d’Aix), principalement mobilisés en soutien aux mouvements lycéens organisés partout en France la semaine dernière.

    à l’aube, des étudiants se sont retrouvés sur le parvis de l’établissement afin d’en bloquer l’accès « pour la première fois de son histoire », rappelaient certains. Rapidement évacués par les forces de l’ordre, « gazés sans sommation », rapportent plusieurs porte-parole, les manifestants ont vu l’IEP appeler, quelques heures plus tard, ses étudiants à rester chez eux. « Nous étions mobilisés de façon pacifique », appuie une étudiante dans le cortège.

    L’épisode fini, les étudiants se sont rassemblés dans la rue de l’IEP, appelant au « soutien des étudiants, des travailleurs mobilisés, contre les politiques racistes, comme le programme Bienvenue en France », dénonçant la « répression policière » et affichant leur solidarité avec « les étudiants du monde entier ».

    La précarité étudiante, le gel des allocations logement, le système Parcoursup, des coupes budgétaires qui inquiètent pour l’avenir : « Il y a un ras-le-bol général », souffle une étudiante en master. « On arrive à faire prendre de l’ampleur au mouvement », se félicite, de son côté, le Collectif Sciences Po Aix en Lutte, qui pointe une répression « indécente » : « Nous avons des revendications légitimes. Trop d’étudiants ont besoin de matériel, ont besoin qu’on investisse dans l’enseignement supérieur. »

    Les étudiants sont restés une heure, environ, rue Gaston-de-Saporta, où chants et revendications se sont enchaînés, avant de déambuler jusqu’à la Rotonde, sous les yeux de passants curieux, parfois sous les applaudissements. Au pied de la fontaine, les chants ont repris. Les étudiants de Sciences Po ont alors été rejoints par des groupes d’étudiants d’Aix-Marseille université (AMU), qui a fermé plusieurs de ses sites, pour raisons de « sécurité », jusqu’à nouvel ordre.

    « Rejoignez-nous ! »

    Plusieurs lycéens, bien moins nombreux, ont également rejoint le rassemblement. Sur place, le cortège s’est mis d’accord pour remonter le boulevard de la République et se rendre devant le lycée Célony, dont les entrées et sorties étaient, selon les étudiants interrogés sur place, bloquées.

    Le rassemblement, a, malgré tout, été réprimé par les forces de l’ordre, qui ont fait usage de bombes lacrymogènes. Il aura fallu quelques minutes aux étudiants pour se remettre de l’échauffourée, avant de s’asseoir un moment face aux policiers, en signe de protestation. « Trop jeunes pour être écoutés, assez grands pour se faire gazer ! », pouvait-on lire sur l’une des pancartes brandies par les manifestants. D’autres appelaient passants, salariés et jeunes à rejoindre le mouvement. « Ne nous regardez pas, rejoignez-nous ! », scandaient notamment les étudiants.

    La mobilisation s’est conclue par une assemblée générale (voir ci-dessous) puis un arrêt, vers 14h30, devant le commissariat d’Aix, pour demander la « libération » d’un étudiant interpellé au cours de cet épisode. Sur place, son avocate, Me Mathilde Lanté, membre du Collectif d’action judiciaire, constitué dans le cadre du mouvement, a assuré que ce dernier allait « bien ». Selon la police, 150 personnes étaient réunies « au plus fort » devant l’IEP. Elle confirme par ailleurs une interpellation pour « violences et rébellion », une centaine de personnes au plus fort lors du rassemblement à la Rotonde « non déclaré », ainsi que deux manifestants blessés « de leur propre fait » et transportées à l’hôpital.

  • Une charte pour remettre dans le circuit des biens saisis

    Une charte pour remettre dans le circuit des biens saisis

    Avec 44 à 47 000 logements indignes recensés à Marseille, 3 700 signalements l’an dernier et « 2 700 à date », la charte signée ce lundi 5 octobre entend faire bon usage des saisies judiciaires dans le cadre de la lutte contre les marchands de sommeil, a expliqué le préfet des Bouches-du-Rhône, Jacques Witkowski.

    Depuis la loi Elan du 23 novembre 2018, la confiscation des biens immobiliers « ayant servi à commettre l’infraction de soumission à des conditions d’hébergement incompatibles avec la dignité humaine » est devenue obligatoire. Problème, entre la décision judiciaire et le moment où l’Agrasc (Agence de gestion et de recouvrement des avoirs saisis et confisqués), soit l’État, devient propriétaire, il peut se passer « plusieurs années » reconnaît Charlotte Hemmerdinger, directrice de l’agence. Histoire d’en gagner quelques-unes, cet accord passé avec le tribunal judiciaire, la Métropole Aix-Marseille-Provence, la Ville de Marseille, la Spla-In (société publique locale d’aménagement d’intérêt national Aix Marseille), Euroméditerranée et l’EPF (Établissement public foncier) proposera prioritairement les logements aux collectivités locales pour améliorer l’offre de logements sociaux.

    Plus de fluidité

    De quoi éviter aussi que le bien devienne « inexploitable » car trop dégradé et gagner en « fluidité », précise le procureur de la République de Marseille, Nicolas Bessone. L’Agrasc n’ayant de toute façon pas le budget pour réhabiliter et reloger précise sa directrice.

    Une liste sera soumise aux partenaires, à chacun de s’en emparer. « Cela peut paraître technique, mais ces procédures sont utiles. La lutte contre les marchands de sommeil est un axe majeur de la politique de la ville », estime Audrey Garino (PCF), adjointe au logement et déléguée à la Lutte contre l’habitat indigne à la Métropole.

    Sur les 21 biens immobiliers saisis par l’Agrasc, 7 relèvent de l’habitat indigne. Parmi eux, le 179 avenue Roger-Salengro (15e), détenu par Gérard Gallas, ancien flic de la police aux frontières, « un des marchands de sommeil les plus flamboyants de Marseille », selon Nicolas Bessone, qui purge une peine de 4 ans ferme. L’Agrasc en est propriétaire depuis 2023 et la charte pourrait permettre d’accélérer le mouvement et trouver un bailleur, espère Valérie Robert, directrice de l’Aménagement à la Spla-In.

    Restent des habitants pris au piège. En décembre dernier, dans une autre propriété de Gérard Gallas, au 85 boulevard Viala (15e), un incendie s’était déclaré malgré l’alerte sur l’état d’insalubrité donné depuis deux ans par le collectif Réseau Hospitalité. Selon la préfecture, 21 personnes ont été relogées. Là encore, la charte pourrait permettre d’intervenir plus rapidement, avec une prise en charge des occupants dans les six mois, assure Audrey Garino.

  • La convergence vers le mouvement lycéen

    La convergence vers le mouvement lycéen

    En tête du cortège, une pancarte ironise : « Vous voulez des élèves motivés, voilà notre motivation ! » Ce lundi après-midi une nouvelle fois, plusieurs centaines de lycéens (230 selon la préfecture de police) ont défilé dans les rues de Marseille pour continuer à dénoncer leurs conditions d’éducation et réclamer davantage de moyens pour leurs établissements. À la veille d’une journée de mobilisation lycéenne soutenue par toutes les grandes centrales syndicales à l’échelle nationale, les étudiants marseillais ont commencé à se joindre au mouvement, comme c’était le cas plus tôt dans la matinée, à Aix-en-Provence (lire par ailleurs).

    Lock-out éducatif

    « Partout en France, il y a des appels à la mobilisation pour essayer de faire converger nos luttes et d’arriver encore plus forts pour mettre encore plus de pression sur le gouvernement dans les journées à venir », se réjouissait Luc, élève au lycée Saint-Charles (1er arr.) et militant au Mouvement national lycéen (MNL). Les revendications restent les mêmes, de la fin de Parcoursup à la restitution des moyens supprimés au sein de l’éducation nationale, mais déjà s’ajoutent celles des étudiants face notamment à l’annonce du gel, en 2027, des aides personnalisés au logement (APL). « Nous, on sera là dehors le temps qu’il le faudra, le temps que le gouvernement nous entende », complète Emré, membre de l’Union étudiante et en première année de licence de droit à Marseille.

    Dans la matinée, la préfecture de police comptabilisait dans les Bouches-du-Rhône quelque 300 participants à des actions de blocage devant treize établissements. Cela malgré la fermeture d’une soixantaine de lycées dans l’académie (70 dans l’après-midi), tandis que l’université fermait aussi la plupart de ses sites et que la RTM déviait ses lignes pour ne pas desservir certains lycées. La préfecture de police, de son côté, a reconduit jusqu’à ce mardi ses arrêtés d’interdiction de manifestations non déclarées et de surveillance des environs des établissements du secondaire par drone. Un lock-out inédit des autorités, qui devrait se poursuivre demain, même si le rectorat refuse toute communication à ce sujet. « Ça ne marche pas, nous nous mobilisons encore, sourit May Lan, élève au lycée Montgrand (6e arr.). Nous boycottons les cours en distanciel, parce que ce n’est pas comme ça qu’on répond à nos revendications. Mais nous ne sommes pas seuls, des professeurs aussi les boycottent. »

    Huit personnes ont été interpellées, lundi matin dans les Bouches-du-Rhône, qui rejoignent les 5 060 personnes placées en garde à vue depuis le début du mouvement, dont 87% de mineurs, selon le décompte du ministère de la Justice. Des chiffres inédits depuis les Gilets jaunes. Parmi eux, 1 802 personnes font l’objet de poursuites, 14 ont été écroués. Mais ce lundi, c’est la mutilation d’un lycéen à Lens, dont la main a été arrachée par une grenade de désencerclement, qui a suscité une vive émotion. « Cette surenchère de la violence est irresponsable », a réagi le sénateur PCF des Bouches-du-Rhône, Jérémy Bacchi, appelant à écouter les revendications de la jeunesse.

    LES RENDEZ-VOUS

    Marseille, 10h. 7h devant les lycées et manifestation depuis les Réformés.

    Aix, 11h. La Rotonde.

    Arles, 10h. Kiosque à musique.

    Toulon, 7h30. Lycée Bonaparte.

    Draguignan, 8h. Lycée Jean-Moulin.

    Saint-Raphaël, 10h30. Rond-point Kennedy.

    Avignon, 14h30. Université d’Avignon.

    Manosque, 8h. Lycée Félix Esclangon.

    Digne-les-Bains, 8h. Lycées Beau de Rochas et David Néel.

    Gap, 8h30. Lycée Aristide-Briand.

  • [#DisMoiPourquoi] Il n’existe pas de légumes bleus ?

    [#DisMoiPourquoi] Il n’existe pas de légumes bleus ?

    Taïka, 11ans. Collège du Pays de Banon. Banon (04)

    Commençons peut-être par le long débat sur la différence entre un légume et un fruit. Un légume est une plante (ou une partie d’une plante) potagère que nous utilisons en cuisine pour notre alimentation.

    Les fruits sont la partie d’une plante qui renferme le noyau ou les pépins qui permettront à la plante de se multiplier. En cuisine, on assimile souvent les fruits aux produits végétaux plutôt sucrés et acidulés que nous mangeons en fin de repas.

    Les plantes sont composées de molécules qui leur permettent de grandir (photosynthèse), de ne pas vieillir trop vite (antioxydants), de donner envie aux animaux de les manger (belles couleurs) que l’on appelle pigments. Les pigments sont souvent de couleur verte (chlorophylle), jaune/rouge (caroténoïdes), ou bleu/violet (anthocyanes). Les anthocyanes changent de couleur en fonction de l‘acidité. Dans les milieux acides, ce qui est plutôt le cas des légumes, elles apparaissent violettes. La pomme de terre Bleue d’Artois, se rapproche un peu du bleu, sans vraiment l’atteindre. »

    Mikaël Akimowicz – Maître de Conférences au Laboratoire d’Économie et de Sociologie du Travail (CNRS/AMU)

  • La Maison des femmes ouvre ses portes à Nîmes

    La Maison des femmes ouvre ses portes à Nîmes

    Pousser cette porte n’a rien d’anodin. « Cela peut être une étape très difficile », rappelle Alexandra Lamy. Vendredi 25 septembre, la comédienne gardoise, marraine de la Maison des femmes du Gard, était à Carémeau pour l’inauguration officielle d’un lieu qui fonctionne déjà depuis janvier 2025. Son message tient en quelques mots : les femmes qui viennent ici doivent savoir « qu’elles seront écoutées, crues et accompagnées, et qu’elles ne sont pas seules ».

    Derrière les discours et le ruban coupé, c’est surtout là que se trouve l’intérêt de la structure : éviter aux victimes de devoir frapper à cinq portes différentes pour obtenir de l’aide. Médecin, sage-femme, psychologue, assistante sociale ou conseiller juridique peuvent intervenir dans un même lieu, avec un parcours adapté au rythme de chacune. « Notre rôle est de permettre aux femmes de trouver au même endroit une écoute, des soins et un accompagnement adapté à leur situation  », résume la docteure Sylvie Ripart, médecin coordinatrice. La porte est ouverte sans condition aux femmes victimes de violences intrafamiliales ou sexuelles, mais aussi à celles confrontées à la précarité, l’isolement, une détresse psychique, un handicap, un parcours migratoire ou la prostitution. Elles peuvent être orientées par un professionnel ou une association, mais aussi venir spontanément. Un interprétariat téléphonique est prévu pour celles qui ne maîtrisent pas le français.

    Tout au même endroit

    Soigner, donc, mais aussi protéger. La Maison peut assurer des consultations gynécologiques, des dépistages, l’accès à la contraception ou accompagner les victimes de mutilations sexuelles. Lorsqu’une femme souhaite porter plainte, l’assistante sociale peut solliciter police, gendarmerie ou justice : le dépôt peut même être réalisé directement au CHU. Des certificats médicaux peuvent également y être établis.

    Une prise en charge pensée comme un tout. « Les violences ont des conséquences multiples sur la santé et sur la vie quotidienne. La prise en charge doit donc être globale et coordonnée », insiste Sylvie Ripart. Autour du CHU gravitent ainsi le parquet, les forces de l’ordre, le CIDFF, le CCAS de Nîmes, Via Femina Fama, La Clède ou encore la Croix-Rouge. Une organisation qui répond à une réalité lourde : 1 740 femmes ont été victimes de violences au sein de leur foyer dans le Gard en 2024, selon les services de l’État. En 2025, 284 femmes ont été accompagnées par la Maison, alors ouverte du lundi au jeudi, de 9 heures à 17 heures.

    Et la reconstruction ne s’arrête pas à la consultation. Karaté, yoga, écriture, groupes de parole : près de 200 séances collectives doivent être proposées en 2026 pour rompre l’isolement et reprendre confiance. « Ces espaces sont aussi importants que le soin », défend S. Ripart. Car une fois écoutée ou soignée, reste une autre bataille : se réapproprier son corps, recréer du lien et retrouver une place dans la vie sociale.

    * Adresse : CHU de Nîmes, pavillon 3, du lundi au jeudi, de 9h à 7h. Contact : 04.66.68.32.18. ou maisondesfemmes@chu-nimes.fr

  • Les assaillants du Prolé d’Alès devant la justice

    Les assaillants du Prolé d’Alès devant la justice

    Les victimes auront dû faire preuve de patience et se mobiliser à de nombreuses reprises pour que le procès ait bien lieu. Près d’un an et demi après l’attaque en pleine nuit du Prolé d’Alès, la justice sera finalement bien rendue dans ce dossier mardi 6 octobre.

    Pour rappel, dans la nuit du 30 au 31 mai 2025, alors que la feria bat son plein à Alès et au Prolé, une dizaine de jeunes hommes, masqués pour certains, débarquent dans le bar pour agresser les fêtards présents. Rapidement après leur arrivée, les coups pleuvent et du gaz lacrymogène est même diffusé avant leur fuite. Si la plupart des clients et des serveurs s’en sortent avec des hématomes et des blessures légères, un cheminot, militant CGT, est hospitalisé pour une fracture du nez et mettra plusieurs semaines avant de retourner au travail.

    Les personnes présentes et les témoins identifient dès le lendemain la responsabilité du Bloc montpelliérain. Au moins deux de ses membres sont en effet venus en repérage quelques jours plus tôt et ont été éconduits par les serveurs. Un sticker du groupuscule d’extrême droite a été retrouvé après leur passage. Les soupçons se confirment après une enquête sur les réseaux sociaux et l’analyse des tatouages des personnes présentes. Douze plaintes sont alors déposées : dix par des victimes physiques et deux par l’association qui gère le Prolé et par la section locale du Parti communiste français.

    Faire reconnaître

    la préméditation

    Malgré la rapide identification d’une partie des assaillants par les victimes, l’enquête piétine. Le 24 février, trois suspects finissent par être placés en garde à vue. Après une confrontation avec les victimes qui les ont pourtant bien identifiés, ils sont remis en liberté en attendant une décision du parquet sur la suite à donner. Parallèlement, le 4 mars 2026, le Conseil des ministres valide la dissolution du Bloc montpelliérain avec pour justification l’organisation de plusieurs actes violents, dont l’attaque du Prolé.

    Finalement, le 11 mai dernier, le parquet annonce la tenue d’un procès. Les trois jeunes hommes identifiés, originaires du Gard, sont renvoyés devant le tribunal correctionnel le 6 octobre. « Pour la solidarité avec les victimes et pour que justice soit faite », le PCF organise un rassemblement devant le tribunal (8h30) auquel prendra part Fabien Gay, sénateur communiste de Seine-Saint-Denis et directeur du journal L’Humanité.

    « Ce qui nous gêne sur ce procès, c’est que le caractère politique et prémédité de l’attaque n’a pas été retenu alors qu’ils ne sont pas venus par hasard avec des gazeuses de 30 cm. On espère que ces points seront entendus », explique Cécile Alphon-Layre, la nouvelle secrétaire de la section alésienne du PCF.

  • La culture pâtit aussi de la hausse du prix du carburant

    La culture pâtit aussi de la hausse du prix du carburant

    « On est des nomades de l’animation, donc oui on est impacté par l’augmentation du prix du carburant », déplore Hugues Bru, directeur de la section Bouches-du-Rhône des Petits débrouillards Paca. L’association, qui cherche à développer « la prise de conscience du caractère complexe des relations entre sciences et sociétés », se déplace régulièrement, auprès des jeunes notamment, dans le département des Bouches-du-Rhône. Si la question du prix du carburant est préoccupante pour eux, elle s’ajoute cependant à une atmosphère d’inquiétude déjà existante, notamment autour du risque des baisses de subventions.

    Précarisation des employés

    La hausse du prix du carburant a provoqué une augmentation de 20% du budget essence de l’association, qui représente lui-même un quart du coût du transport lors d’une prestation. Cela a contraint les agents de l’association à être plus flexibles, mais créé aussi une forte précarité pour eux. « On essaye de faire du covoiturage, mais ça implique parfois que certains employés attendent la voiture pour rentrer à la fin de leur journée, le tout sans être payé. Ce n’est pas tenable sur le long terme », note Hugues Bru. Malgré tout, l’association n’a pas encore eu à refuser ou annuler une prestation, le souci étant encore relativement récent, selon le directeur. « Les effets vont se faire ressentir dans quelques mois si la situation n’évolue pas dans le bon sens, quand il faudra renouveler certains contrats ou faire des devis », s’inquiète-t-il. Une hausse qui pourrait s’ajouter à celles déjà enregistrées concernant « le prix de certaines fournitures ou bien les livraisons de matériel », précise Hugues Bru.

  • Loïs Gerin lance sa « marche de la démocratie »

    Loïs Gerin lance sa « marche de la démocratie »

    « Il y a besoin d’un changement de Constitution, de démocratie, de République. Mais aussi de fraternité, tout est fait pour nous diviser afin de mieux régner. Les gens ont besoin d’amour », c’est par ces mots que Loïs Gerin explique sa démarche. À 41 ans, ce marseillais natif des Goudes, ancien cadre chez Apple, se lance dans une marche pour rejoindre Paris. Sur son chemin, il entend écouter les gens et recueillir leurs idées au nom de l’association « Parce qu’on est ensemble » qui regroupe une centaine de membres. Il soutiennent l’idée d’une candidature citoyenne pour l’élection présidentielle de 2027, « la France retrouvera enfin sa place dans les Nations précurseures de la démocratie », veut croire Loïs Gerin. Mais qui ? « On verra, moi ou quelqu’un d’autre », lâche-t-il, disant vouloir « casser le scénario prévu Mélenchon-Le Pen, dont la France ne veut pas ».

    S’il n’est pas encarté, il se revendique d’« une vraie gauche, une gauche de cœur, une gauche accueillante, tolérante » et dit ne se retrouver dans aucun parti « ni dans le PS traître, ni dans LFI agressif » mais dans des figures comme « François Mitterrand ou Pascal Posado » ainsi que « Jesus Christ » qui, avec son « message fraternel », était « un gauchiste ».

    Alors pourquoi Marseille-Paris à pieds ? « Pour faire du buzz », assume-t-il. À ses côtés, son photographe et ami, Yoann Darmon, immortalisera ce périple qui se clôturera, après de nombreuses étapes, dans la capitale le 7 décembre prochain, si les conditions météorologiques le permettent.

    D’ici là, devant l’Hôtel de Ville, Loïs Gerin interpelle avec hésitation quelques passants, leur distribue des flyers et fait la promotion de son compte Instagram sur lequel il documente sa marche. « Bon courage, ça fait une trotte », lance l’une d’entre eux.