LFI veut mobiliser les quartiers populaires

Ce dimanche en fin d’après-midi, ils étaient plusieurs centaines rassemblées sur la place Louis-Godard, dans le quartier de Saint-Louis (15e), devant la permanence parlementaire du député LFI Sébastien Delogu, pour rencontrer le nouveau maire insoumis de Saint-Denis, Bally Bagayoko. Un meeting organisé pour concrétiser leur rassemblement avec d’autres élus du mouvement mélenchoniste issus des quartiers populaires, qu’ils ont appelé, au début du mois de septembre, « alliance des numéros 10 ».

« L’alliance des numéros 10, elle part avec une idée, faire barrage au Rassemblement national, inscrire le maximum de monde sur les listes électorales et vérifier que les personnes sont bien inscrites », résumait face à la foule Sébastien Delogu, après l’entrée en scène tout en danse du maire de Saint-Denis, largement acclamé. Le parlementaire des quartiers Nord, lui, arrive avec plus de sobriété et moins d’applaudissements. Depuis les dernières municipales et son maigre score, ainsi que son retrait du second tour, le député insoumis s’est fait très discret, absent des cortèges malgré le mouvement social, et rares sont les cadres de sa campagne à être présents ce soir-là. Son actualité a surtout été marquée par les rendez-vous judiciaires, jusqu’à la convocation devant le tribunal, le 21 octobre, pour recel de vol, atteinte au secret des correspondances et divulgations d’informations privées mettant en danger. Le parquet avait alors requis cinq ans d’inéligibilité et deux ans de prison avec sursis.

Contre l’abstention

« On a aidé plus de 300 personnes, on a fait un rapport parlementaire sur les prisons qui a donné lieu à ce qu’on condamne le ministre de la Justice », justifie Sébastien Delogu pour écarter les critiques, après avoir multiplié les permanences dans son local. « On a remplacé énormément de fois les services publics qui, aujourd’hui, n’arrivent plus à subvenir aux besoins des gens », défend-il. En estimant que s’il est attaqué, c’est parce qu’il a dénoncé le fiasco de l’opération Trident, l’échec d’une opération de l’Office anti-stupéfiants en 2023 où 400 kg de cocaïne pourtant tracés avaient disparu. « Je suis fier d’être votre pare-feu », avance le député.

« L’heure est grave, alerte-t-il surtout. L’heure est grave parce que comme vous avez pu le constater ces derniers jours, il y a des agressions racistes qui se multiplient. » Avec lui, la foule présente respecte ainsi une minute de silence pour Pengo Bossio Wangi, la victime de l’attentat de Trappes. Plus tôt dans la soirée, le député LFI de Vaucluse, Raphaël Arnault, et celui du Val-d’Oise, Carlos Bilongo, avaient déjà alerté sur le danger du RN. « La France a déjà connu l’extrême droite avec le régime de Vichy et je ne veux pas que mes enfants aient à la déloger de nouveau », insistait le second.

Au fil de ce meeting, militants associatifs et politiques se sont succédé pour répéter inlassablement le même message : s’inscrire sur les listes électorales et voter pour la prochaine présidentielle, dans ces quartiers où l’abstention a atteint 61% lors des municipales. « Sur le double mandat d’Emmanuel Macron, jamais l’extrême droite n’a été aussi haute », insiste aussi Bally Bagayoko, en dénonçant le choix du chef de l’État « de privilégier les 1% les plus riches ». « Dans cet océan de malheur, l’extrême droite vient poser son œuf, en considérant que ceux qui sont en difficulté le sont à cause de celui qui est différent », dénonce-t-il. En regrettant le retrait des forces populaires des zones rurales, dont le discours est remplacé par celui de la sphère Bolloré. « La victoire ne sera possible qu’avec les quartiers populaires et en reliant les quartiers populaires à la ruralité », conclut-il.

« Jamais l’extrême droite n’a été aussi haute »

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