Tag: France insoumise

  • LFI veut mobiliser les quartiers populaires

    LFI veut mobiliser les quartiers populaires

    Ce dimanche en fin d’après-midi, ils étaient plusieurs centaines rassemblées sur la place Louis-Godard, dans le quartier de Saint-Louis (15e), devant la permanence parlementaire du député LFI Sébastien Delogu, pour rencontrer le nouveau maire insoumis de Saint-Denis, Bally Bagayoko. Un meeting organisé pour concrétiser leur rassemblement avec d’autres élus du mouvement mélenchoniste issus des quartiers populaires, qu’ils ont appelé, au début du mois de septembre, « alliance des numéros 10 ».

    « L’alliance des numéros 10, elle part avec une idée, faire barrage au Rassemblement national, inscrire le maximum de monde sur les listes électorales et vérifier que les personnes sont bien inscrites », résumait face à la foule Sébastien Delogu, après l’entrée en scène tout en danse du maire de Saint-Denis, largement acclamé. Le parlementaire des quartiers Nord, lui, arrive avec plus de sobriété et moins d’applaudissements. Depuis les dernières municipales et son maigre score, ainsi que son retrait du second tour, le député insoumis s’est fait très discret, absent des cortèges malgré le mouvement social, et rares sont les cadres de sa campagne à être présents ce soir-là. Son actualité a surtout été marquée par les rendez-vous judiciaires, jusqu’à la convocation devant le tribunal, le 21 octobre, pour recel de vol, atteinte au secret des correspondances et divulgations d’informations privées mettant en danger. Le parquet avait alors requis cinq ans d’inéligibilité et deux ans de prison avec sursis.

    Contre l’abstention

    « On a aidé plus de 300 personnes, on a fait un rapport parlementaire sur les prisons qui a donné lieu à ce qu’on condamne le ministre de la Justice », justifie Sébastien Delogu pour écarter les critiques, après avoir multiplié les permanences dans son local. « On a remplacé énormément de fois les services publics qui, aujourd’hui, n’arrivent plus à subvenir aux besoins des gens », défend-il. En estimant que s’il est attaqué, c’est parce qu’il a dénoncé le fiasco de l’opération Trident, l’échec d’une opération de l’Office anti-stupéfiants en 2023 où 400 kg de cocaïne pourtant tracés avaient disparu. « Je suis fier d’être votre pare-feu », avance le député.

    « L’heure est grave, alerte-t-il surtout. L’heure est grave parce que comme vous avez pu le constater ces derniers jours, il y a des agressions racistes qui se multiplient. » Avec lui, la foule présente respecte ainsi une minute de silence pour Pengo Bossio Wangi, la victime de l’attentat de Trappes. Plus tôt dans la soirée, le député LFI de Vaucluse, Raphaël Arnault, et celui du Val-d’Oise, Carlos Bilongo, avaient déjà alerté sur le danger du RN. « La France a déjà connu l’extrême droite avec le régime de Vichy et je ne veux pas que mes enfants aient à la déloger de nouveau », insistait le second.

    Au fil de ce meeting, militants associatifs et politiques se sont succédé pour répéter inlassablement le même message : s’inscrire sur les listes électorales et voter pour la prochaine présidentielle, dans ces quartiers où l’abstention a atteint 61% lors des municipales. « Sur le double mandat d’Emmanuel Macron, jamais l’extrême droite n’a été aussi haute », insiste aussi Bally Bagayoko, en dénonçant le choix du chef de l’État « de privilégier les 1% les plus riches ». « Dans cet océan de malheur, l’extrême droite vient poser son œuf, en considérant que ceux qui sont en difficulté le sont à cause de celui qui est différent », dénonce-t-il. En regrettant le retrait des forces populaires des zones rurales, dont le discours est remplacé par celui de la sphère Bolloré. « La victoire ne sera possible qu’avec les quartiers populaires et en reliant les quartiers populaires à la ruralité », conclut-il.

    « Jamais l’extrême droite n’a été aussi haute »

  • [Rue de la République] Pascaline Lécorché : « Un second tour avec Raphaël Glucksmann, c’est un second tour gagnant »

    [Rue de la République] Pascaline Lécorché : « Un second tour avec Raphaël Glucksmann, c’est un second tour gagnant »

    Chaque week-end dans La Marseillaise, chaque samedi à 12h10 sur Maritima radio, ceux qui font l’actualité sont interrogés sur leurs choix, leurs décisions, leurs stratégies. « Rue de la République » accueille chaque semaine une personnalité marquante de la vie du territoire.

    Raphaël Glucksmann

    Didier Gesualdi : Pourquoi selon vous Raphaël Glucksmann serait le mieux placé pour tenter de relever la gauche ?

    Je crois que Raphaël Glucksmann a déjà pu montrer son expérience, la force de rassemblement qu’il pouvait avoir autour de sa vision politique, d’un cap clair. Les élections européennes ont vu émerger un nouvel horizon politique pour la gauche démocratique, sociale, républicaine, européenne en 2024. Cela montre que cette force de rassemblement a su trouver un premier écho dans la population française.

    Léo Purguette : Donc pour vous le stage est réussi ?

    Il est complètement réussi, je dirais même qu’il est terminé.

    Léo Purguette : Au-delà de la vacherie de Ségolène Royal, il lui est reproché de ne pas avoir beaucoup d’expérience. Il n’a jamais été en gestion d’une collectivité, ministre… En quoi l’estimez-vous crédible ?

    Évidemment. En quoi être député européen ne donnerait pas cette légitimité ? Cela fait maintenant deux mandats qu’il est élu au Parlement européen avec un certain nombre de victoires obtenues sur les ingérences étrangères, la taxation aux frontières, un ensemble de politiques publiques qui parlent du quotidien des Français.

    Didier Gesualdi : Il a été félicité par François Hollande qui risque de le remplacer si ça ne décolle pas dans les sondages. Vous y croyez ?

    Pas du tout. Peut-être peut-il se le dire mais aujourd’hui cette victoire à la primaire sociale-démocrate montre un socle. Tout le monde prédisait l’échec de la primaire mais ce sont 130 000 personnes qui se sont rendues aux urnes électroniques et ont donné la victoire dès le premier tour à Raphaël Glucksmann à 66%. C’est un score qui veut dire beaucoup, qui assoit sa légitimité. François Hollande peut espérer autre chose mais maintenant, toute la famille sociale-démocrate est derrière Raphaël Glucksmann. Notre ambition est désormais de rassembler plus largement que cette famille.

    Didier Gesualdi : On prédit pourtant un duel RN-LFI…

    Je ne crois pas. On est très loin de cette élection. Le sondage publié après la victoire de Raphaël Glucksmann à la primaire montre bien la dynamique qui est derrière lui et le projet qu’il propose. L’Everest nous attend. Je crois qu’il n’y a pas de chemin de victoire pour Jean-Luc Mélenchon, qu’un second tour face à Marine Le Pen serait perdant. En revanche je crois fermement qu’un second tour avec Raphaël Glucksmann, c’est un second tour gagnant.

    Les rapports avec le PS et La FI

    Léo Purguette : Vous citez le score très important recueilli par Raphaël Glucksmann. Il est presque humiliant pour les socialistes qui concouraient. Les conditions sont-elles réunies pour vous rassembler localement avec par exemple Yannick Ohanessian qui était porte-parole d’Olivier Faure ?

    Il a été sans ambiguïté dans la presse pour dire que cette primaire avait donné de la force à Raphaël Glucksmann et que chacune et chacun s’est engagé en signant une charte, à soutenir le gagnant. Aujourd’hui, je vois les faits, celles et ceux qui sont autour de nous. Je vois le député Laurent Lhardit qui a apporté son soutien, Yoan Levy, à la mairie de Marseille, Loïc Gachon, le maire de Vitrolles…

    Didier Gesualdi : Raphaël Glucksmann prône la rupture avec la France insoumise. C’est le principal argument qui fait qu’il est sorti vainqueur de cette primaire ?

    Non je ne crois pas. Évidemment ça ne suffit pas. Il y a la rupture avec la France insoumise, il y a aussi la rupture avec le macronisme. Cela fait maintenant deux ans que nous travaillons à un projet avec des experts et des expertes. Ce projet c’est une ambition pour la France, pour la réveiller. Une ambition qui repose sur le renforcement des services publics, sur la volonté de prendre enfin en compte la transformation écologique. J’ai lu un post d’Emmanuel Macron disant que c’était le « combat du siècle » mais pourquoi ne l’a-t-il pas mené pendant ses deux mandats où rien ne s’est passé ? Il est vraiment temps de changer de méthode, d’en finir avec cette verticalité du pouvoir.

    L’orientation politique

    Léo Purguette : On voit bien quelle est la différence avec Jean-Luc Mélenchon. Pouvez-vous nous préciser la différence avec Emmanuel Macron puisque vous parlez de rompre avec son bilan ?

    Là où lui a détricoté les services publics, démantelé notamment l’Éducation avec toute une série de suppressions de postes d’enseignants, nous nous prévoyons non seulement la revalorisation mais aussi de permettre, grâce à la baisse démographique, de diminuer le nombre d’enfants par classe. On a aussi ces cadeaux qui ont été faits aux riches durant les deux mandats d’Emmanuel Macron, nous, on dit qu’il faut plus de justice fiscale pour plus de justice sociale. Par exemple en disant comment on va pouvoir taxer notamment les héritages et augmenter les salaires des travailleurs.

    Léo Purguette : Dans une présidentielle, il s’agit de faire plus de 50%. C’est possible sans rassembler la gauche ? Est-ce que ça veut dire tendre la main à quelqu’un comme Gabriel Attal ?

    Pas du tout. Vous savez à qui nous avons tendu la main dès le soir de la victoire à la primaire : à nos amis écologistes, à toutes celles et tous ceux de la grande famille de la gauche républicaine, sociale, démocrate, européenne. C’est évidemment eux nos partenaires légitimes.

    Marseille et La Métropole

    Léo Purguette : Vous êtes vice-présidente de la Métropole Aix Marseille Provence. C’est une institution en souffrance. A-t-elle un avenir ?

    J’en suis convaincue. Aujourd’hui l’histoire se fait dans la solidarité des territoires. Que ce soit l’histoire européenne ou métropolitaine. Les Villes vont pouvoir coopérer sur la question de la mobilité qui est le premier sujet de ce territoire. C’est une question qui ne peut être prise qu’à l’échelle métropolitaine.

    Léo Purguette : Sur les transports, attaque contre la gratuité, augmentation des tarifs, ce n’est pas vraiment une politique de gauche qui y est menée.

    Quand on fait une tarification juste et sociale, oui je trouve que c’est une politique de gauche. Nous avons besoin de cette mobilité pour développer le territoire d’un point de vue économique, pour que les jeunesses puissent avoir une formation, trouver un travail. Développer les transports, c’est ce à quoi s’attelle Mme Samia Ghali avec le vice-président en charge des transports, Frédéric Vigouroux. Cette tarification permet que les familles les plus modestes puissent se déplacer dans les meilleures conditions et que l’on puisse continuer à investir pour désenclaver les pôles économiques et d’enseignement supérieur.

    Didier Gesualdi : La gouvernance partagée pourra-t-elle tenir ?

    Je crois. Un État qui pratique des coupes budgétaires injustes, ça génère aussi de la solidarité territoriale. Elle s’est manifestée cette semaine avec le vote du budget métropolitain qui a en effet été difficile parce qu’il ne revenait pas à une commune plutôt qu’une autre de supporter ces coupes budgétaires. Nous avons trouvé une voie de sortie collective. C’était celle que souhaitait le maire de Marseille. Nous sommes donc très satisfaits.

    Léo Purguette : Tout cela nous renvoie au budget de l’État. Faut-il censurer le gouvernement ?

    Cette semaine, il y a un vote de rejet de ce budget. Je crois qu’il fallait voter ce rejet. Le décalage est immense entre ce que dit le RN à l’Assemblée et son projet.

    Léo Purguette : Avez-vous parlé avec Benoît Payan des prochaines échéances ? Il a récemment déclaré à La Marseillaise que la primaire ne l’intéressait pas.

    Je crois que le maire de Marseille s’occupe de la Ville de Marseille, il s’occupe des politiques publiques que mène notre large majorité qui s’appelle le Printemps marseillais et qui est composite. Je comprends la préoccupation qui est la sienne de préserver cette majorité et s’occuper en priorité du sort de la Ville dans une période budgétaire difficile.

    L’éducation

    Léo Purguette : Contrairement aux lycéens, les écoliers ne sont pas en mesure de manifester. Où en sommes-nous du plan écoles ?

    J’étais dans une école il y a quelques jours et c’est la période d’élection des délégués de classe. Il y avait toute une série d’affiches où certains candidats portaient l’ambition d’écouter leurs camarades notamment pour lutter contre le harcèlement, d’autres faisaient des rimes, étaient un peu poètes. Donc je crois que sans manifester, dès le plus jeune âge on se saisit de ces questions. La démocratie s’apprend très tôt. Sur le plan écoles dont ma collègue Mme Nasséra Benmarnia a la charge, il y a 81 écoles qui vont sortir durant ce mandat. Toutes les deux, sur toutes les questions qui concernent les écoles, elle sur le bâti, moi sur la communauté éducative, nous nous mobilisons pour faire en sorte que chaque enfant puisse s’émanciper et devenir un citoyen de demain.

    le RN

    Léo Purguette : Avez-vous été surprise par l’éviction du collaborateur de Franck Allisio pour des écrits jugés racistes, antisémites ou misogynes mis en lumière par une enquête de Libération ?

    Surprise ? Pas du tout.

    Le vernis du Rassemblement national a encore craqué. Mais pas seulement sur des posts Facebook. On l’entend dans l’hémicycle, où le RN montent les uns contre les autres, parle de la solidarité comme si elle supposait un acte de naissance, parle de « submerssion migratoire », des mots qu’on ne voudraient plus entendre. Vous savez, ça ne me surprend pas. J’étais candidate aux législatives contre Monique Grisetti qui a supprimé de Facebook tous les propos racistes qu’elle pouvait avoir tenus. Franck Allisio non plus ne doit pas être surpris. C’était son collaborateur principal qui travaillait avec depuis des années. Je suis élue des 11-12 où le RN est en gestion et va jusqu’à prendre le micro à l’un de mes collègues pendant qu’il parlait.

    La République c’est quoi ?

    Pascaline Lécorché : « La République c’est laïc, c’est social, c’est une et invisible, c’est l’école. L’école de la République est le berceau de notre société, elle doit permettre à chaque enfant, quelle que soit la famille dans laquelle il grandit, quel que soit son code postal, d’avoir les mêmes possibilités de construire son avenir. »

    Chaque semaine posez vos questions à nos invités sur lamarseillaise.fr l’une d’entre elles sera tirée au sort comme celle de Gérard :

    Je trouve que c’est très bien d’entourer les lycéens pour leurs manifs mais ce sont des travailleurs en formation, il faut leur proposer quelque chose pour être acteurs de leur vie

    Pour moi, l’éducation ce n’est pas encore un travail. On vient plutôt recevoir une formation, un savoir. Je crois qu’ils sont déjà acteurs de leur vie quand ils vont dans la rue et qu’il faut leur faire confiance, écouter ce dont ils ont envie. La crispation qu’il y a dans la rue, la tension avec cette répression policière qui est très politique, il faut dire les termes, c’est une forme de mépris, un manque de confiance. Il leur a fallu 10 jours pour être reçus par le ministre.

    Je trouve que ce mouvement lycéen est très dur et aussi très beau dans la manière dont les lycéennes et les lycéens s’emparent de leur avenir. Ça dit beaucoup de la manière dont nous nous préoccupons du sort des jeunes. Je les soutiens pleinement. J’étais avec eux mardi, nous les avons accueillis avec le maire de Marseille Benoît Payan et les autres élus en charge des politiques publiques de la jeunesse. En tant qu’adjointe à l’Éducation, je soutiens leurs revendications : plus de moyens humains qui sont à la charge de l’État mais aussi des conditions d’accueil dignes. La Région Sud finance à peu près deux fois moins par an et par lycéen que la Région Bourgogne-Franche-Comté. On est avant-dernier. Nous croyons à cette jeunesse, il lui faut des moyens.

  • [Entretien] Josée Massi : « Nous aurons des candidats avec l’étiquette majorité municipale »

    [Entretien] Josée Massi : « Nous aurons des candidats avec l’étiquette majorité municipale »

    La Marseillaise : Les jeunes sont à nouveau mobilisés aujourd’hui pour réclamer des moyens pour l’enseignement. Comment l’ancienne professeure de mathématiques analyse-t-elle la situation ?

    Josée Massi : Leurs revendications sont légitimes. Je suis allée à leur rencontre, la semaine dernière, avec Monsieur le préfet, le futur président de la Région et le Dasen (Directeur académique des services de l’Éducation nationale) devant le lycée Bonaparte, dans lequel j’ai été élève puis j’ai enseigné, après avoir été pion comme on disait avant. Donc, je connais par cœur ces bâtiments. Je pense qu’en effet, ils ont un peu vieilli.

    Vous connaissez ma méthode, je suis plutôt pour écouter, consulter et trouver des solutions. Je regrette simplement que certains profitent de leur mobilisation pour casser. Mais, je le répète, ils ont des revendications tout à fait légitimes et il faut les écouter. Je leur ai d’ailleurs proposé une table tonde.

    Vous revendiquez depuis votre première élection une position sans étiquette. Est-ce toujours aussi important pour vous ?

    J.M. : Oui, c’est important. C’est uniquement l’intérêt général qui me guide à chaque fois. On peut avoir de bonnes idées à gauche et de bonnes idées à droite. Ce qui m’intéresse, c’est : qu’est-ce qui est bien pour les Toulonnais ? Dans ma liste, il y a des personnes de sensibilités différentes et je ne leur ai pas demandé d’être encartées. C’est pour cela que je ne me suis pas positionnée pour les sénatoriales. J’ai été beaucoup approchée pour aller sur des listes, mais j’ai fait le choix de rester cohérente. Après, la liberté de s’engager a été laissée à chacun tout en précisant simplement que rejoindre untel ou untel reviendrait à s’inscrire en sortie de la majorité municipale. Il faut être cohérent.

    Deux sénateurs RN ont été élus dans le Var. Quel regard portez-vous sur ce résultat ?

    J.M. : C’est la démocratie, il faut la respecter. Je veux d’abord féliciter les deux autres sénateurs, Françoise Dumont et Christian Simon. Ce que je crois, c’est que la division nous a coûté un sénateur. Ils auraient pu s’entendre et mettre de côté des problèmes d’ego… Quand on passe à quatre listes à droite, franchement, on peut se poser des questions. J’espère que cela servira de leçon à tous pour les prochaines échéances électorales.

    Toulon peut-elle rester la place forte qui dit non au RN, comme elle l’a fait lors des dernières législatives, en étant la seule circonscription sur les huit à ne pas mettre genou à terre devant l’extrême droite. Vous engagerez-vous dans la bataille ?

    J.M. : Je vous confirme : nous entrerons dans la bataille. Il y aura des candidats issus de la majorité municipale aux législatives, aux départementales et aux régionales. Nous n’étions pas prêts pour les sénatoriales avec une équipe issue principalement de la société civile, mais là, nous le serons. « Majorité municipale », je pense que c’est une bonne étiquette. Et comme vous le dites, Toulon est la seule circonscription du Var à ne pas avoir un député RN. J’espère bien qu’on va continuer. En tout cas, je mettrai tout mon poids dans la bataille.

    Votre prédécesseur, Hubert Falco (DVD), ne rate jamais une occasion, depuis quelque temps, de lâcher une vacherie à votre encontre…

    J.M. : C’est son droit. Je remarque que, dernièrement, il s’exprime beaucoup sur les réseaux sociaux. Mais moi, je n’ai plus de nouvelles depuis la campagne. Je pense simplement qu’il y a des données qu’il n’a pas sur certains sujets, notamment sur la cité judiciaire.

    C’est un sujet qui me tient à cœur parce que je pense qu’il est incroyable que le tribunal de Toulon soit dans un état d’insalubrité pareil. J’en ai fait un combat depuis trois ans. L’État demande maintenant aux collectivités de mettre la main à la poche. Le projet représente environ 130 millions d’euros, dont 30 millions pour une cité provisoire. Nous avons donc cherché des solutions permettant de diminuer ce coût. Il existe notamment des locaux de la DDTM (Direction départementale des territoires et de la mer) qui sont vides et sécurisés. Un chargé d’admission est venu les examiner. Il faudrait y réaliser quelques travaux, notamment pour les salles d’audience. Nous avons proposé que toutes les collectivités se mettent autour de la table et aident. Pour le moment, nous en sommes là.

    Pourquoi cet acharnement de sa part aujourd’hui ?

    J.M. : Il faudrait lui poser la question. Je suis devenue maire de Toulon en 2023 pour le dépanner, parce que j’étais la seule en qui il avait confiance et de qui il pouvait dire : « Si je dois revenir, c’est la seule qui me rendra la place. » Et l’année dernière, en juin, il a fait un communiqué me demandant d’y aller. C’est important de le rappeler. Après, il a changé d’avis. Vous pourriez me demander pourquoi, mais je ne vais pas rajouter de la polémique à la polémique. Il n’a qu’à prendre ses responsabilités. J’ai toujours été loyale, je crois que celui qui n’a pas été fidèle, c’est quand même lui. Quand je vois sa garde rapprochée, je me demande ce qu’est devenu son positionnement politique ? Certains d’entre eux sont partis rejoindre Éric Ciotti ou carrément le RN… En tout cas, puisqu’on parle de parole donnée, je tiens à rendre hommage à Michel Bonnus [ancien sénateur LR et candidat à la mairie de Toulon, ndlr] qui se bat contre la maladie et à qui je souhaite de remporter ce combat. Il avait promis que, s’il n’était pas devant, il se retirerait. Et c’est ce qu’il a fait.

    Vous êtes régulièrement attaquée par l’extrême droite. Comment le vivez-vous ?

    J.M. : Madame Lavalette cherche la polémique. C’est sa technique. Moi, je ne rentre jamais là-dedans. Elle me caricature, mais je ne réponds pas. En conseil municipal, elle cherche la confrontation. C’est la stratégie du chaos. Elle répète que j’ai été élue avec les voix de la gauche ou de La France insoumise, quelle importance ? Ce sont les Toulonnais qui ont choisi. J’ai fait 52%. Elle a fait 48%. Elle peut dire ce qu’elle veut. Et mon programme, je vais l’appliquer. Elle parle d’idéologie en critiquant la mise en place de la piste cyclable sur l’avenue de la République. Mais les résultats sont là et c’est un grand succès. Nous faisons toutes les mesures. Entre 7 et 8 heures du matin, il passe 600 vélos et on constate 5 000 voitures en moins par jour. Je regarde maintenant si elles se sont reportées ailleurs. Elle prétend aussi que la ville est saccagée par les tags de l’extrême gauche depuis mon élection. Bizarrement, elle passe sous silence ceux du groupe Némésis, des identitaires… Alors qu’il y en a beaucoup.

    L’État menace de torpiller encore davantage les finances des collectivités territoriales. Comment réagit la maire de Toulon et présidente de la Métropole ?

    J.M. : On sait qu’avec la dette colossale de la France, on va tous devoir faire des efforts. Moi, j’en suis consciente. Mais ce n’est pas nouveau, ça fait trois ans que je suis maire et qu’on construit des budgets sans savoir ce qu’on va avoir en termes de dotation de l’État. Après, j’ai regardé ce que va proposer le Rassemblement national, qui se positionne, lui, sur 150 milliards de moins. Je ne sais pas où ils vont les trouver.

    Quel regard portez-vous sur les prochaines échéances électorales nationales ?

    J.M. : Je suis résolument optimiste. Je pense que les Français, à un moment, prennent leurs responsabilités. Et ce ne sont pas ceux qui hurlent le plus qui feront l’élection. Moi, je suis relativement confiante. Je rappelle que j’étais donnée perdante face à la numéro 3 du RN, Laure Lavalette, et que ce n’est pas du tout ce qui s’est passé au final. Moi, je suis relativement confiante.

  • Une pétition contre la lecture de Maurras dans une bibliothèque

    Une pétition contre la lecture de Maurras dans une bibliothèque

    Si la municipalité et les organisateurs de la semaine provençale ont tenté de rassurer autour de la lecture d’un texte de l’auteur d’extrême droite antisémite Charles Maurras, la fronde persiste. Une pétition vient d’être lancée contre la « banalisation » de celui-ci, et atteint pour l’heure plus de 400 signatures.

    La pétition, lancée ce vendredi 25 septembre avec le soutien de la Ligue des droits de l’Homme et relayée par la Libre Pensée 84, juge « inadmissible » cette programmation. Tout comme les justifications de la mairie et de l’association L’Oustau, à savoir la diversité culturelle de la Provence ou la liberté d’expression pour mettre à l’honneur la figure majeure de l’Action française. Et est donc demandé le retrait immédiat de la lecture problématique.

    « Face à la banalisation grandissante des discours racistes et haineux, où toutes les digues médiatiques et culturelles semblent tomber, il est de notre responsabilité commune de rester vigilants et mobilisés pour rappeler sans cesse les horreurs de l’histoire et agir en conséquence », peut-on lire par la suite dans cette pétition, signée par plusieurs universitaires.

    Place Publique s’en mêle

    Alors que la section locale de La France Insoumise s’était déjà exprimée contre cette lecture, c’est maintenant au tour de Place Publique. Dans un communiqué émis ce lundi 28 septembre, le parti de Raphaël Glucksmann estime que ce choix « interpelle ». Mais ne demande pas le retrait des textes, mais plutôt que la lecture soit accompagnée « d’un rappel historique et critique de la pensée de Charles Maurras ». « Il n’est pas question de nier l’existence de cet auteur et de ses textes. Encore faut-il préciser de quoi on parle, et de qui. Est-il judicieux de valoriser Charles Maurras au sein d’un événement populaire ? Y a-t-il donc si peu d’auteurs provençaux qu’il faille aller chercher un auteur notoirement xénophobe et antisémite ? » poursuit Place Publique avant de rappeler la collaboration de Charles Maurras pendant la Seconde Guerre mondiale.

    Pétition sur onparticipe.fr

  • Sénatoriales dans le Gard : les sortants PS et LR réélus, le RN remporte un siège

    Sénatoriales dans le Gard : les sortants PS et LR réélus, le RN remporte un siège

    Grosse désillusion pour la liste d’union de la gauche. Alors que la liste conduite par le sortant Denis Bouad (PS) espérait remporter le troisième siège dans le Gard et ainsi faire élire la communiste Cathy Chaulet, elle n’arrive finalement qu’en deuxième position dimanche 27 septembre. Avec 32,16 %, soit 596 voix. Elle fait en effet moins bien qu’en 2020 et les 35,7 % obtenus (663 voix) malgré la victoire de la gauche à Nîmes aux dernières élections municipales. Comme en 2020, la division de la gauche aura été fatale avec les candidatures de la conseillère départementale Carole Bergeri (164 voix, 8,2%) et de l’Insoumis Jean-Baptiste Thibaud (65 voix, 3,3%).

    C’est donc la liste d’union Les Républicains avec le «centre» qui l’a emporté. Le sortant Laurent Burgoa (LR) totalise en effet 601 voix (36,19%) soit seulement cinq de plus que Denis Bouad. Malgré la perte de Nîmes aux municipales, il parvient donc à limiter la casse (la liste de droite avait obtenu 672 voix en 2020) en sauvant un siège.

    Mais la droite perd donc un siège puisque le troisième fauteuil de sénateur revient au Rassemblement National, une nouvelle étape dans un département qui compte déjà six députés d’extrême droite. La députée Sylvie Josserand (RN) obtient en effet 493 voix et siègera donc au Palais du Luxembourg. Une élection qui pourrait s’avérer décisive pour le RN qui cherchait à constituer un groupe au Sénat.

  • Dans les Hautes-Alpes, le sénateur sortant centre droit, favori de l’élection

    Dans les Hautes-Alpes, le sénateur sortant centre droit, favori de l’élection

    Quatre hommes, de la gauche à l’extrême droite, se disputent l’unique siège de sénateur des Hautes-Alpes. Les regards sont principalement tournés vers le candidat Jean-Michel Arnaud, le sénateur sortant, qui se présente sous la bannière des Centristes et est soutenu par la droite. Il se présente aux côtés de Christine Maximin, maire de la commune de Baratier. Bien qu’il siège au sein de la majorité sénatoriale, il dit ne représenter aucune sensibilité politique et s’entendre avec tout le monde, « sauf avec La France insoumise et le Rassemblement national ». Conseiller municipal à Tallard, il est le favori logique de cette élection, puisque les deux principales villes du département Gap et Briançon sont toutes les deux dirigées par des équipes municipales de droite. S’il est serein et confiant, il affirme tout de même que « même les grands favoris se cassent parfois la gueule ». Jean-Michel Arnaud se dit être très proche des élus locaux, une qualité que même ses adversaires ne réfutent pas, bien qu’ils ne partagent pas toutes ses idées.

    Souhaitant proposer une alternative de gauche face au sénateur sortant, Jean-François Baudin représente Les Écologistes et est soutenu par le Parti socialiste et le Parti communiste. Le conseiller municipal de Guillestre a pour suppléante Joëlle Vatain.

    La France insoumise n’a pas souhaité rejoindre les rangs de l’alliance de gauche, au regret de Jean-François Baudin : Michel Pons, conseiller municipal de Manteyer, représente le parti avec sa suppléante Andrée Resterenko. De l’autre côté du spectre politique se trouve le candidat du Rassemblement national Jérôme Sainte-Marie, avec sa suppléante Déborah Laroche.

    Michel Pons comme Jérôme Sainte-Marie se veulent réalistes, et sont conscients que leur chance de rivaliser avec Jean-Michel Arnaud est minime. Tous les deux ont tout de même choisi de se présenter pour diffuser leurs idées durant la campagne, et espérer développer la présence de leur parti respectif sur le territoire.

    Agathe Di Lenardo

  • [Entretien] Raphaël Arnault : « Le bon sens, pour Galzi, ce n’est que vers la droite »

    [Entretien] Raphaël Arnault : « Le bon sens, pour Galzi, ce n’est que vers la droite »

    La Marseillaise : Comment se passe votre rentrée politique ?

    Raphaël Arnault : C’était très centré sur la circonscription parce que l’Assemblée nationale reprend plus tard, cette année, à cause de dissensions au sein du bloc macroniste, qui est en train de se désintégrer, se désagréger, plus la campagne présidentielle arrive. Ce qui n’est pas plus mal, parce que souvent, on est assez frustré de ne pas avoir assez de temps pour ça. On a eu plusieurs angles de bataille. Comme les barbecues populaires. C’est l’occasion d’aller directement à la rencontre des citoyens qui nous disent que sans ce genre de moments, ils ne seraient pas allés à la rencontre de parlementaires. Ce n’est pas avec trois merguez qu’on efface ce qu’il s’y passe, mais on veut montrer le lien que l’on y trouve. On est allés aussi en dehors de la circonscription, comme à Carpentras, pour faire état de ce qu’il se passe dans une mairie RN et montrer qu’il y a une capacité de résistance. Sans oublier la sortie de mon livre, la semaine prochaine, qui raconte 10 ans de militantisme qui débouchent à la députation. Avec ce que c’est, aussi, d’être dans ces institutions, avec tous les bouleversements qu’il y a pu avoir. En deux ans de mandat, j’ai l’impression d’en avoir avalé quinze !

    Comment vous projetez-vous sur les neuf prochains mois ? Serez-vous candidat à votre succession ?

    R.A. : Là, il y a la bataille du budget à l’Assemblée nationale. Ça va pouvoir permettre de faire des parallèles avec ce qui se passe aussi ici, en circonscription. Ces neuf prochains mois, il ne faut pas se mentir, on va être beaucoup tournés vers la présidentielle. Le fait est que toute la vie politique, y compris à l’Assemblée nationale, va être aspirée. Forcément, ça vient perturber un peu un mandat. En tant que député, par exemple, j’étais mobilisé sur la question de la crèche à l’hôpital d’Avignon, sur la fermeture des bureaux de poste, de la question des services publics de façon générale. Ces luttes sont liées. Pour la suite, je répète souvent que c’est un choix collectif, au niveau local et national. Tout sera à rediscuter selon les enjeux politiques et le bilan qu’on porte. Mais ce serait une immense chance de pouvoir mener ce combat-là.

    Vous êtes régulièrement attaqué, notamment par le maire d’Avignon, Olivier Galzi (DVD). Comment réagissez-vous à ces attaques ?

    R.A. : Je serais inquiet si un personnage comme Olivier Galzi jugeait ma députation convenable, alors même que je défends une réelle alternative aux politiques menées depuis des années. De fait, il s’est lié d’amitié très forte avec le Rassemblement national, d’une part pour prendre le Grand Avignon, mais aussi politiquement, on voit qu’il y a des choses qui vont dans ce sens. Il y a une droite macroniste radicalisée et une extrême droite qui insensiblement s’affichent, et il se situe un peu entre les deux. Il vagabonde. Le bon sens, pour lui, c’est que vers la droite. Toute l’extrême droite me tape dessus depuis maintenant le début du mandat. Là, encore une fois, on a un nouvel acteur qui a décidé d’appuyer sur le même créneau, littéralement. Je ressens de l’inquiétude chez les habitants. Le peu de projets un peu positifs qui étaient en cours sont relégués à, soi-disant, plus tard.

    On a l’impression pour beaucoup que Jean-Luc Mélenchon est un repoussoir, parfois plus que Marine Le Pen. Comment l’analysez-vous ?

    R.A. : Jean-Luc Mélenchon fait peur à des gens qui ont de grands intérêts économiques liés à l’exploitation. Mais encore une fois, c’est plutôt positif. Ce qu’on observe sur le terrain, ce n’est pas ça. Dans les milieux populaires, non, Mélenchon n’est pas du tout considéré comme un repoussoir, bien au contraire. Maintenant, il est certain que pour gagner le pays, il va falloir s’adresser à des gens qui pensent qu’ils n’ont pas intérêt à se lier à un projet de rupture. Je pense à ceux qu’on appelle la classe moyenne, je n’aime pas trop ce terme, parce que ça ne veut un peu plus rien dire. Lorsqu’on dit que l’on va un peu redistribuer de la richesse en taxant comme il se devrait les quelques milliardaires qu’il y a dans ce pays, il y a des gens qui gagnent 4 000 euros et qui pensent qu’ils seraient liés à ça. Non, ils ne sont pas liés à la condition des milliardaires, loin de là.

    On est à un peu plus de six mois après l’affaire Quentin Deranque. Qu’en retenez-vous ?

    R.A. : Il y a eu une déferlante médiatique et des attaques politiques très fortes. Forcément, ça vient perturber une histoire militante, la question de l’antifascisme, la question aussi de la peur de l’extrême droite à ce moment-là, qui aurait pu prendre un dérapage très, très dur. Cela a aussi permis de se remettre en question sur tout un tas d’aspects. Quel antifascisme on veut, quelle limite on lui donne ou encore reconnaître qu’il a pu y avoir de grosses erreurs. Mais par contre de ne pas céder face à des gens qui voulaient réhabiliter des néo-nazis, qui voulaient réhabiliter la violence de l’extrême droite comme si ce n’était rien. Et de ce point de vue là, je pense que le pays a tenu bon.

  • Aux sénatoriales dans le Gard et l’Hérault, sept sièges sont en lice

    Aux sénatoriales dans le Gard et l’Hérault, sept sièges sont en lice

    À douze jours du scrutin, le casting est désormais complet. Dimanche 27 septembre, 1 982 grands électeurs dans le Gard et 2 729 dans l’Hérault choisiront sept sénateurs. Une élection discrète, mais qui ressemble à un troisième tour des Municipales : les nouveaux rapports de force locaux vont se traduire au Palais du Luxembourg.

    Un deuxième siège pour

    la gauche dans le Gard ?

    Dans le Gard, cinq listes se disputent trois sièges. Les sortants Denis Bouad (PS) et Laurent Burgoa (LR) partent avec une longueur d’avance, sans garantie pour leur camp de doubler la mise. En 2020, la droite avait obtenu 672 voix et deux élus, contre 663 voix et un siège pour la gauche. Six ans plus tard, la donne est bouleversée : la gauche a conquis Nîmes, quand le RN a pris Vauvert, Bagnols-sur-Cèze et conserve Beaucaire. L’avantage nîmois de la gauche est cependant rongé par sa dispersion. La liste d’union de la gauche, autour de Denis Bouad, « Le Gard en commun », réunit PS, PCF et PRG, avec la communiste Cathy Chaulet en deuxième position. L’objectif : transformer la victoire nîmoise en deuxième siège. Mais Carole Bergeri mène sa propre liste divers gauche et LFI part seule derrière Jean-Baptiste Thibaud. En 2020, une dissidence socialiste avait recueilli 118 voix ; la gauche n’avait échoué que de quelques suffrages à décrocher un deuxième élu. À la plus forte moyenne, chaque voix égarée peut coûter cher.

    À droite, Laurent Burgoa présente au contraire une liste unique allant de LR au centre, soutenue jusqu’à Renaissance. Malgré la perte de Nîmes, le sortant conserve un réseau dense d’élus ruraux. Mais son véritable adversaire pourrait être Sylvie Josserand. La députée RN conduit une liste où figurent les maires de Vauvert et Bagnols-sur-Cèze. Le parti à la flamme avait déjà obtenu 203 voix en 2020, avec un ancrage municipal bien moindre. Son entrée au Sénat consacrerait une nouvelle étape de son implantation dans un département où l’extrême droite a remporté toutes les circonscriptions législatives en 2024.

    Dans l’Hérault, trois sièges

    à défendre pour la gauche

    Dans l’Hérault, la gauche se présente avec une équation presque inverse : elle détient aujourd’hui trois sièges sur quatre et a donc beaucoup à perdre. D’autant que deux de ses trois sénateurs, Christian Bilhac (PRG) et Henri Cabanel (DVG), ne repartent pas. Leurs retraits ont libéré deux fauteuils et aiguisé les appétits : pas moins de six listes issues de la gauche ou de ses marges se retrouvent en concurrence.

    Le sortant socialiste Hussein Bourgi, soutenu par le maire de Montpellier Michaël Delafosse (PS) et allié au PCF, semble disposer du socle le plus solide, notamment à Montpellier. Sa réélection paraît à portée, mais faire entrer sa numéro deux, Julie Frêche (PS), sera une autre affaire. Aurélien Manenc (DVG), poussé par le président du Département Kléber Mesquida (PS), entend capter l’électorat rural ; Florence Brutus (PRG), soutenue par Christian Bilhac, espère maintenir une représentation radicale ; Audrey Imbert (DVG) joue sa carte, tandis qu’Agnès Gizard-Carlin pour Les Écologistes et Alexia Laforge pour LFI ont choisi l’autonomie. Une addition de candidatures risque de coûter à la gauche l’un de ses trois sièges. La droite, elle aussi éclatée, dispose toutefois d’un socle municipal solide. Le sortant Jean-Pierre Grand (Horizons) repart avec Patricia Mirallès, mais doit affronter Joseph Francis (DVD), entouré de plusieurs maires, Alain Berthet pour LR et Malik Hamadache (DVD), soutenu par David Lisnard, maire de Cannes et président de l’association des maires de France. À cette offre déjà fragmentée s’ajoutent Romain Arnoult (Reconquête) et Amaury Fretay (divers centre).

    118 voix pour le RN en 2020

    Et derrière cet embouteillage, le RN attend son heure. La députée Manon Bouquin parie sur l’ancrage municipal accru de l’extrême droite, notamment après la conquête d’Agde et dans un Biterrois où la droite radicale dispose déjà d’un solide terreau. En 2020, le RN n’avait obtenu que 118 voix. Cette fois, décrocher un siège ne relève plus totalement de la politique-fiction si les suffrages continuent de s’éparpiller. Gard et Hérault deviennent ainsi deux laboratoires d’un même phénomène : la capacité du RN à transformer ses performances électorales en implantation institutionnelle durable. Face à lui, la gauche conserve de fortes positions locales, mais ses divisions peuvent l’empêcher d’en récolter les fruits. Le 27 septembre, quelques dizaines de voix pourraient montrer combien l’union ou la dispersion finissent par se compter.

  • [Entretien] François Ruffin : « Sur le logement, le RN c’est Macron après Macron »

    [Entretien] François Ruffin : « Sur le logement, le RN c’est Macron après Macron »

    La Marseillaise : Pourquoi avoir choisi Marseille pour parler de logement ?

    François Ruffin : Le logement est un nœud de la société française aujourd’hui. Quand on parle de pouvoir d’achat, ce qui a le plus augmenté en quarante ans c’est le budget que les ménages consacrent aux loyers. À Marseille, c’est pareil ou même pire. Il y a 40 000 demandes de logements sociaux en attente, 20 000 qui sont inoccupés, 7% qui sont des passoires thermiques…

    Dans ce début de campagne,
    le premier parti à avoir parlé
    de logement, ça a été le RN…

    F.R. : Cela fait des mois que je le répète partout où je passe ! Marine Le Pen intervient sur un thème juste, en revanche ce qu’elle en dit est vraiment nul ! Elle ne parle pas des locataires, d’isolation, de rénovation. Il y a une obsession, les étrangers. À aucun moment elle ne parle de régulation. Elle, c’est Macron après Macron : il faut laisser faire le marché.

    Quelles sont vos solutions ?

    F.R. : Il faut peser sur les prix du logement, avec le plafonnement du prix des loyers sur l’ensemble du pays. La deuxième chose, c’est qu’ils ne doivent pas rester vides pour en faire des produits financiers ou des Airbnb. Il faut à chaque vente une commission municipale avec les élus, les associations de locataires, les propriétaires qui puisse exiger que cela reste de l’hébergement à l’année. Le troisième point, c’est de construire du bâtiment public à destination de la jeunesse : nous avons un plan qui pose la construction de 40 000 logements publics pour les étudiants, autant pour les jeunes travailleurs. Il faut aussi doubler le prêt à taux zéro pour ne pas être condamné à être locataire à vie. Enfin, le premier chantier à mettre en œuvre en termes de défi climatique, c’est l’isolation des 5 millions de passoires thermiques du pays.

    Le premier débat de la primaire socialiste avait lieu mercredi soir, vous regrettez de ne pas y être ?

    F.R. : J’ai toujours eu pour objectif de rassembler la gauche et de rassembler les gens. Je me disais qu’il fallait une grande primaire, de Poutou à Hollande, cela a été refusé du côté insoumis comme des socialistes qui ont décidé de faire leur petite primaire. C’est leur terrain avec leurs arbitres, mais j’étais disposé à laisser parler les suffrages : ils veulent faire ça dans l’entre-soi avec un suffrage censitaire. C’est la victoire des gauches qui ne veulent pas se réconcilier et c’est la garantie de la défaite. Parce que le sujet, c’est de rassembler le pays pour ne pas se retrouver dans la situation de l’Allemagne avec une gauche des métropoles qui gagne à Berlin mais une extrême droite qui gagne dès qu’on s’éloigne du cœur des grandes villes.

    Vous êtes en campagne, vous êtes prêt à aller jusqu’au bout ?

    F.R. : Je n’ai jamais dit que j’irai jusqu’au bout, coûte que coûte, tout seul. Mon objectif est de poser des thèmes dans la campagne parce qu’il me semble qu’ils sont majoritaires. Notre thème prioritaire doit être le portefeuille des Français, nous devons marteler les questions économiques et sociales. J’œuvrerai jusqu’au bout pour qu’il y ait la possibilité d’une candidature de rassemblement majoritaire, sans mettre comme préalable que ce soit Ruffin à la fin.

  • Un auteur nationaliste pour la Semaine provençale d’Avignon

    Un auteur nationaliste pour la Semaine provençale d’Avignon

    La lecture d’un texte de Charles Maurras, auteur d’extrême droite nationaliste, xénophobe et antisémite du XXe siècle, lors d’une conférence organisée ce vendredi 2 octobre à la bibliothèque municipale Ceccano d’Avignon, en collaboration avec l’association l’Oustau de la Culturo Prouvençalo d’Avignoun, interroge.

    Un nom que la librairie avignonnaise Youpi n’a pas manqué de noter. « Il nous paraît opportun de rappeler que Charles Maurras, antisémite antidreyfusard et xénophobe notoire, est à l’origine du mouvement politique français d’extrême droite nationaliste et royaliste qu’est l’action française », rappelle-t-elle dans un mail adressé à la direction des bibliothèques. Et insiste que « l’étude de ses écrits, dont certains sont certes rédigés en provençal, mérite sans doute un petit peu de précautions dans le cadre d’un événement grand public dans un établissement municipal ».

    Contactée, la municipalité affirme qu’elle « n’a pas vocation à censurer les œuvres ni les auteurs présentés dans le cadre d’une programmation culturelle ». Mais que « compte tenu de la nature » des positions de Charles Maurras, « une contextualisation claire de cette lecture nous paraît en revanche indispensable ». Et que l’association en charge de la programmation « indique elle-même vouloir garantir le pluralisme des œuvres présentées et s’est engagée à contextualiser l’œuvre auprès du public présent ».

    Vive réaction chez la section locale de la France insoumise qui estime que « présenter Maurras par sa seule prose provençale, sans contextualiser ce qu’il fut politiquement, ce n’est pas faire œuvre de pluralisme ».