C’était attendu, c’est désormais officiel : Sophie Rigaut (PS) brigue la présidence du conseil départemental. L’élue du canton de Vaison-la-Romaine a officialisé, vendredi, sa candidature dans un communiqué de presse. Ce lundi à partir de 9h30, les 34 conseillers départementaux se réunissent pour désigner un successeur à Dominique Santoni (LR). La présidente a dû démissionner de sa fonction – elle reste conseillère départementale – après son élection au Sénat.
« Je suis la candidate d’un collectif, avec mes collègues, il nous paraît important de marquer une candidature avec des priorités sur lesquelles il y a une attente, même s’il reste 18 mois de mandat », confie, à La Marseillaise, celle qui préside le groupe « Pour un Vaucluse solidaire et écologique ». « Notre assemblée a la responsabilité majeure de porter les politiques de solidarité territoriale et humaines indispensables à nos concitoyens », souligne-t-elle dans sa déclaration.
À l’instar de ses prises de parole régulières en séance sur la protection de l’enfance, Sophie Rigaut entend « protéger les plus vulnérables d’entre nous en proposant une prise en charge adaptée aux enfants placés sous notre protection, à nos aînés, aux personnes en situation de handicap et en situation d’insertion ». Allusion à la gestion décriée du RSA par la majorité de droite. Amplification de « la politique d’accès à la santé », mais aussi plus de « volontarisme » pour construire des « logements abordables » font également partie de la feuille de route. Plan climatique aux collèges, eau, agriculture et soutien aux sapeurs pompiers complètent les axes programmatiques.
Reste à savoir qui sera séduit par cette candidature dans une assemblée morcelée. Outre Sophie Rigaut, Anthony Zilio est le seul autre candidat déclaré (notre édition de jeudi). Le maire (DVC) de Bollène, qui avait fini par soutenir Dominique Santoni en 2021, se pose en rassembleur des blocs égaux de droite et de gauche [12 élus chacun en théorie]. Côté majorité de droite, aucune annonce officielle n’a été faite, mais Christian Mounier, vice-président délégué à l’eau et à l’agriculture, sera le candidat. Le groupe RN, fort de 7 élus, devrait se tenir à l’écart des candidatures et s’abstenir. L’extrême droite dispose d’un dernier élu, Jonathan Argenson, dernier survivant de la bompardie (Ligue du sud).
Sophie Rigaut trace son chemin et, selon nos calculs, pourrait récolter 10 voix. Les 6 de son groupe – outre la sienne, Annick Dubois, Laurence Lefèvre, Alexandre Roux, Fabrice Tocabens et Rémy Blanc – plus 4, venues de Samir Allel (Ecologistes) et du centre gauche. À savoir le binôme Jean-François Lovisolo / Noëlle Trinquier et Max Raspail, le doyen qui présidera la séance. Selon nos informations, sa binôme Myriam Silem pencherait plutôt par le vote Zilio. Contactée, elle n’a pas donné suite. « Chacun vote en son âme et conscience, je suis fière d’avoir rassemblé autour des grandes orientations qui nous tiennent à cœur et qui sont le fruit d’un travail collectif », ne s’appesantit pas Sophie Rigaut. Pas plus que sur la candidature d’Anthony Zilio, avec qui des échanges ont eu lieu jusqu’à lundi. Est-ce que le choix du maire de Bollène a fait douter Sophie Rigaut pour se présenter ? « Non, pas du tout », assure-t-elle.
Beaucoup d’observateurs doutent du dessein d’Anthony Zilio, qui ne pourrait recueillir que 3 voix : la sienne, son binôme Christine Lanthelme et Myriam Silel. Cela signifierait que la majorité de droite serre bien les rangs et fait bloc derrière Christian Mounier. L’ex-maire de Cheval-Blanc pourrait ainsi glaner 13 suffrages, les 12 de son groupe et celui de Léa Louard (ex-écologiste). Sachant que la majorité absolue est à 18 voix, plusieurs tours sont à prévoir.

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