« C’est du jazz mais c’est marrant ! » la phrase préventive de Flore Benguigui (ex-voix de L’impératrice) s’applique à la lettre à la programmation de l’Académie Marseille Jazz des Cinq Continents qui fait vivre le jazz intensément. De concerts en ateliers de créations collectives, c’est la méthode jubilatoire qui va s’appliquer sur les communes du département des Bouches-du-Rhône tout le mois de novembre.
Démystifier en regardant l’envers du décor, ça commence à Gardanne pour les scolaires et centres sociaux. L’Académie propose un tour en coulisses pour une rencontre avec les onze artistes d’Orchestre Kamil à la Maison du peuple de Gardanne, le 5 novembre avant le concert.
Décloisonner, se laisser vibrer au gré des notes, mêmes fausses, des pianos, contrebasses et autres saxos, ça continue au théâtre de Pertuis avec Flore Benguigui & the Sensible Notes qui reviennent à leurs premières amours et twistent d’un swing à l’autre en piochant dans tous les tendances historiques sans vergogne et avec un amusement non feint. Et ça se poursuit à la salle polyvalente de Ceyreste avec une proposition magique qui devrait embarquer loin les tout-petits et leurs accompagnants le 8 novembre. La fée Morgane Dessislava et son quartet enchanté revisitent le répertoire Disney avec bonne humeur.
À Pélissanne, départ pour Rio le 20 novembre depuis la salle Malacrida. Les rythmes brésiliens et les sonorités électriques du Florian Pellissier Quintet devraient éveiller la curiosité des plus jeunes. Plongée dans les archives également avec une médiation avant le concert au théâtre La Colonne de Jowee Omicil, qui assume pleinement de marcher dans les sillons du grand Miles Davis. L’Académie invite les minots à découvrir l’histoire du musicien venu jouer en 1988 à Miramas. Le voile sera aussi levé sur les secrets de l’improvisation pour mieux comprendre et s’interroger, et vivre le concert autrement.
Puis c’est à Martigues que les jeunes iront échanger avec le trompettiste Airelle Besson qui partage la scène avec Clémence Colin, artiste sourde. Et chansigneuse. Cette technique applique langue des signes à la musique et au chant. La musique se regarde, se ressent et se partage. « Les gestes, les mouvements et les expressions deviennent un langage à part entière, expliquent les organisateurs, un rencontre qui incarne pleinement nos engagements en faveur d’une culture plus inclusive, accessible à tous ». Cette fois c’est à l’issue du concert que l’échange avec les artistes aura lieu.
Une parfaite préparation au chansigne que le festival met à l’honneur lors de la fête de fin d’année. Le Silo accueillera le 4 décembre, un spectacle musical pour petits et grands porté par Vincent Peirani. Inspiré du roman d’Astrid Lindgren, Ronja, embarque son public dans une aventure onirique avec l’amitié et la liberté pour clés. Une séance sera réservée aux scolaires et centres sociaux. Pour mieux préparer son jeune public, l’Académie a mis en place des ateliers depuis septembre, dans le cadre de son programme Inspira-Sons. Au centre social Les Bourrely, dans le 15e arrondissement de Marseille, les minots se mettent au diapason des percussions et rythmes signés, du beatbox et du slam sous les conseils avisés des artistes du collectif Sekouss, Joos et Daemon.

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