Tag: jeune public

  • Éclats de lire revient pour une 13e édition au Vigan

    Éclats de lire revient pour une 13e édition au Vigan

    Face aux écrans, les festivals de littérature jeunesse font de la résistance ! Ce sera encore le cas les 29, 30 et 31 mai au Vigan qui accueille la 13e édition des Éclats de lire et espère rassembler une partie des enfants des Cévennes en proposant des ateliers, lectures, spectacles et des rencontres avec des auteurs.

    Le festival s’ouvre par une soirée vendredi 29 mai (18h) au cinéma Le Palace avec la projection Le Secret des mésanges, un long-métrage d’animation en papier découpé d’Antoine Lanciaux et Pierre-Luc Granjon, qui sera suivie par un échange avec Samuel Ribeyron, directeur artistique des décors du film.

    Dédicaces et spectacles

    À partir du samedi, pas moins de 11 ateliers sont organisés autour d’une fresque de la nature, d’images perdues du monde, de dessins de BD et de mangas ou encore sur les différentes techniques de dessin. Trois lectures « vitaminées » sont également au programme (15, 16 et 17h). Le spectacle Folkestone qui interroge les préoccupations de préadolescents, clôturera la journée à l’école Jean-Carrière (19h30, dès 8 ans).

    Dimanche, le programme sera encore plus fourni avec 13 ateliers, deux lectures, une parade (16h) et deux spectacles à l’auditorium. Le premier, Puisette et fragile (dès 4 ans) se déroule à 11h et s’appuie sur des papiers découpés pour illustrer un monde fantastique et aborder la notion de partage. Le deuxième, Cache-toi, Arsène! (16h45, dès 6 ans) rappelle le film Ratatouille où le rat n’est cette fois pas amoureux de la bonne cuisine française mais de la musique, passion qu’il partage avec son maître, Jean le pianiste.

    Tout le week-end, des séances de dédicaces avec huit auteurs présents, dont Romain Badel ou Magali Bardos, sont aussi organisées (samedi après-midi et dimanche toute la journée) dans les jardins du château d’Assas. Trois expositions seront aussi disponibles sur les insectes et les carapaces à plume à la médiathèque et sur l’école de l’imaginaire dans le hall du château.

  • 3 spectacles pour raconter les sciences autrement à Montpellier

    3 spectacles pour raconter les sciences autrement à Montpellier

    De l’eau qui file, des moustiques qui piquent la curiosité et des cellules qui dévoilent leurs secrets : quand la science devient une aventure…

    La résidence « La science rend des contes » réunit, depuis septembre 2025, trois conteurs et conteuses au sein de laboratoires de l’Université de Montpellier. En immersion auprès des scientifiques, « les artistes explorent différentes thématiques de recherche et les transforment en récits accessibles à tous, mêlant rigueur scientifique et puissance narrative ».

    Rencontre entre artistes et scientifiques

    Objectif : découvrir les sciences autrement, « sensibiliser les enfants de 6 à 11 ans et leurs familles aux sciences en offrant un espace où la rigueur scientifique dialogue avec la poésie, l’émotion et l’imaginaire ». Un projet construit en partenariat avec le réseau des médiathèques et de la culture scientifique de la métropole, dans le cadre de la labellisation “Science avec et pour la société” de l’UM.

    De cette résidence sont nés trois spectacles, qui seront proposés les samedis 14 février, 14 mars et 21 mars à la médiathèque Émile Zola de Montpellier. « Chaque spectacle est pensé comme une expérience partagée dans laquelle les artistes donnent corps aux savoirs, puis les scientifiques associés au projet prolongent la rencontre lors d’un échange avec le public », explique l’Université.

    Le premier rendez-vous, (« Peut-on conter sur le moustique ? », 14 février 16h–17h) propose de s’emparer d’un sujet familier, le moustique. Le second (« Lokili – Les mondes de l’eau », 14 mars 16h–17h), plonge le public dans une aventure centrée sur l’eau, ressource essentielle et pourtant fragile. Enfin le troisième spectacle (« Le Cosmos des Minus  », suivi de « Lokili – Les mondes de l’eau », 21 mars16h–18h) se déploie sous une forme plus longue, avec deux propositions successives. L’après-midi s’ouvre avec « Le Cosmos des Minus  », consacré à l’infiniment petit. À travers le regard d’un enfant régulièrement renvoyé à sa petite taille, le récit bascule vers une autre échelle du vivant : celle des cellules, des structures invisibles, des mondes microscopiques qui organisent le réel. Cette proposition sera suivie d’une seconde représentation de « Lokili – Les mondes de l’eau ».

  • Océan sensibilise les collégiens sur la question du genre

    Océan sensibilise les collégiens sur la question du genre

    Le sexe et le genre : deux choses très connexes mais qui ne sont pas exactement les mêmes. Le sexe est ce qui est déterminé biologiquement. Le genre, c’est la culture, l’ensemble des rôles, comportements et représentations d’une société. » C’est en ces mots qu’Océan introduit sa « Petite Conférence », que l’on pourrait qualifier d’ébauche de son futur spectacle (qu’il jouera à partir de mars 2026) adaptée à un jeune public sur proposition de la scène nationale Châteauvallon-Liberté, coproducteur de son spectacle.

    Détruire les idées reçues

    Pendant près d’une heure, l’artiste de 48 ans, qui a fait son coming out trans en 2018, répond, dans un discours emprunt de sociologie, de biologie, d’histoire et d’anthropologie, à un certain nombre de questions liées au genre et à la transidentité, en se mettant à hauteur de vue d’un adolescent de 14 ans. Définition de termes tels que « LGBTQIA+ » ou « cisgenre », récits historiques concernant des personnes transgenres (à l’image de Jeanne d’Arc, pourtant « symbole de l’extrême droite », tel qu’il le souligne) et des sociétés non-binaires, transposition des questions de genre au milieu du sport… Océan a balayé un large spectre, terminant sa représentation par une comparaison entre animaux et humains, tant sur le plan biologique que sexuel, de nombreuses espèces (comme le lion, certains poissons, le manchot…) ne pouvant être considérées comme cisgenres et hétérosexuelles.

    Objectif : faire comprendre que le genre est un construit social, et pas un fait uniquement biologique. « J’ai nourri cette conférence en écrivant mon spectacle. C’est de la vulgarisation scientifique, je voulais faire une sorte de boite à outils », détaille l’artiste. « L’idée est d’avoir un spectacle pédagogique et ludique, notamment dans des régions où on vote RN [sourire]. Et pour des jeunes aussi, qui n’ont pas accès au théâtre ou à ces infos. » D’autant plus intéressant pour détruire les préconçus : « On a pris des arguments récurrents : “c’est la mode”, “ça n’existait pas avant”… Vous voulez aller sur ce terrain ? Allons-y ! Cela donne aussi des ressources aux personnes queers, ce sont des discussions importantes pour leur donner de la force. »

    Du côté du collège, Céline Lico, professeure de français au collège et référente égalité et culture, se réjouit de cette intervention, qui « a confronté les élèves au spectacle vivant et aux questions de genre, abordées de manière très ponctuelles dans les programmes. C’était quelque chose qui n’était pas possible avant et qui a marginalisé beaucoup de monde. Les élèves ont besoin d’être représentés dans leur diversité. Nommer les choses c’est les faire exister ».

  • Un court-métrage conjugue art et mémoire du Camp des Milles

    Un court-métrage conjugue art et mémoire du Camp des Milles

    Vingt minutes. Si peu de temps pour raconter le lourd passé du Camp des Milles, d’où 2 000 juifs ont été déportés, dont des enfants, sous l’autorité de Pétain. Pour la première fois, un court-métrage, réalisé par Sébastien Nourian, 28 ans, et produit par les équipes de Sina Films dont il est cofondateur, a été tourné sur les lieux. Dévoilé en avant-première lundi 15 septembre à la Manufacture en présence d’élus locaux et de représentants d’associations, l’œuvre capture ce qui a pu être la terreur d’enfants déportés au travers du jeu de Léo et Max Garcia, jeunes acteurs choisis pour incarner Isaac et Joseph.

    Au travers d’un genre bien spécifique, celui de l’épouvante-horreur, Sébastien Nourian livre une fiction qui a pour vocation de stimuler la conscience du public sur les conséquences extrêmes des mécanismes de haine qui gangrènent une société. Un sujet mêlé au scénario fictif dans lequel deux jeunes frères, en visite au Camp des Milles, explorent les lieux en s’adonnant à une partie de cache-cache. Lorsque Joseph disparaît, Isaac se retrouve propulsé en 1942. Rapidement, les images en noir et blanc de déportation, de biens dépouillés, de cris jalonnent une scène de course-poursuite entre le jeune garçon et un SS.

    « Capter l’attention »

    « Le genre ici n’est pas une supercherie esthétique : on cherche à faire sursauter le spectateur. Ce n’est pas un sursaut purement d’effroi, mais éthique. Ce genre semblait être la forme cinématographique la plus adaptée à cela, explique Sébastien Nourian. D’autant plus que le film a vocation à être diffusé dans les établissements scolaires. Il faut pouvoir capter l’attention des jeunes générations en leur offrant un spectacle qui va les saisir au niveau des émotions. C’est peut-être par l’émotion qu’on va les ramener au discours sur la citoyenneté, le vivre-ensemble. Plus par la théorie. »

    L’idée du court-métrage a, elle aussi, été pensée pour s’adapter au jeune public, au-delà de sa diffusion prochaine dans des festivals « nationaux et internationaux », promet le réalisateur. Derrière la façade culturelle du projet se dresse surtout l’enjeu « d’éveiller » le spectateur. Un travail de recherche en lien avec le Camp des Milles a permis de respecter, plan par plan, une réalité historique. Doublé de rencontres régulières avec Denise Toros-Marter, résistante et ancienne déportée, qui prête sa voix en ouverture et clôture du court-métrage. Invitée pour l’avant-première, elle n’a pu se déplacer pour des raisons de santé.

    « L’art permet de toucher quelques personnes et de les éveiller à des thématiques auxquelles ils n’auraient pas pensé avant », estime Sébastien Nourian. Mêler « Art et mémoire » est un thème qui a d’ailleurs été débattu en fin de projection.