En pleine mobilisation lycéenne et étudiante, le Défenseur des droits a annoncé avoir reçu 28 saisines au niveau national quant à de possibles cas de manquements déontologiques des forces de l’ordre. L’institution chargée de défendre les droits et libertés individuelles agit là parmi l’un de ses cinq champs de compétence. Si, pour l’heure, aucune saisie n’émane du département, cela ne signifie pas que les six délégués vauclusiens du Défenseur des droits se tournent les pouces puisque l’an dernier ils ont reçu au total 909 saisines, en hausse de 15% sur un an.
Un rapport de février dernier, note qu’un jeune (15-26 ans) sur 3 s’estime victime de discriminations dans son accès aux droits. Au sein de la Mission locale du Grand Avignon, depuis déjà trois ans, on s’escrime à réduire cette donnée : une convention a été nouée avec le Défenseur des droits, partenariat triennal renouvelé ce jeudi au siège de la Mission locale. « C’est une alliance très rare, qui n’existe qu’ici dans toute la région, rappelle Laurence Hudry, cheffe du pôle régional du Défenseur des droits. C’est une belle réussite, on essaye de faire en sorte que les jeunes s’emparent de leurs droits en leur offrant un espace pour les écouter. »
Concrètement, Miguel Couralet, un des six délégués bénévoles, tient une permanence deux fois par mois au sein de la Mission locale. Quelque 120 cas ont été traités. « L’accès n’est pas réservé qu’aux jeunes inscrits à la Mission locale, précise-t-il. On intervient pour des soucis administratifs qui nécessitent seulement de délivrer la bonne information mais aussi dans d’autres cas de blocages, comme des titres de séjour avec la préfecture, ou discriminations qui se soldent à 90% à l’amiable. »
Un cas assez saisissant a été réglé au mois d’août. Il y a plusieurs années, six jeunes de la Mission locale avaient été floués par un escroc qui leur avait promis un travail, fait signer un contrat sauf que le jour J, aucune entreprise n’existait à l’adresse indiquée. Mais le margoulin en a profité pour usurper l’identité de certains et créer d’autres sociétés. Résultat, un jeune s’est trouvé avec 17 000 euros de dettes à l’Urssaf. L’intervention de Miguel Couralet a permis de rétablir la situation. « Une grosse affaire résolue », salue William Bouquet, président de la Mission locale et maire (DVG) d’Entraigues.
Perçu au départ en interne « comme l’avocat bénévole dévoué », reconnaît Isabelle Gineste, directrice de la Mission locale, Miguel Couralet a « permis aux conseillers de monter en compétence en les formant sur les conditions d’accès aux droits par les jeunes afin de faciliter les orientations ». La Mission locale organise d’ailleurs, le 22 octobre, son 1er forum de lutte contre les discriminations en présence de Miguel Couralet.

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