Quand le plan de métro devient terrain de jeu pour l’art urbain

Et si un plan de métro devenait une œuvre d’art ? C’est le pari de « Dans ses artères coule la vie », la nouvelle exposition proposée par le musée d’art urbain Parcelle 473, à Montpellier. Plus d’une centaine d’artistes y livrent leur interprétation d’un même support : une toile imprimée représentant un plan du métro parisien, au format identique pour chacun.

« La seule contrainte, c’était le support : le plan de métro. Ensuite, chacun l’interprète à sa façon, avec son style », explique Laurent Rigail, fondateur de Parcelle 473 et galeriste à Paris. Lancée il y a quatre ou cinq ans par le collectionneur Jérôme Dauchez, cette « belle aventure » réunit aujourd’hui 120 créations. Pensée comme une exposition itinérante, la série a notamment été présentée près du Mans puis à Paris, sur la péniche Fluctu’art. Après Andrea Ravo Mattoni l’an dernier, Parcelle 473 accueille donc une nouvelle sélection issue de la collection de Jérôme Dauchez. « Ce qui m’intéresse dans la démarche de Jérôme, c’est qu’il ne collectionne pas simplement des œuvres : il collectionne des histoires, des rencontres, des artistes, des sensibilités. Sa collection s’est construite dans le temps avec la volonté de faire dialoguer des univers très différents », déclare Laurent Rigail.

De Speedy Graphito à Bordalo II, Nasty, M. Chat, MonkeyBird, Popay ou Levalet, jusqu’aux Montpelliérains Fragments et Quentin DMR, les signatures et les générations se croisent. Peinture, collage, bombe aérosol, pochoir ou crayon : la diversité des techniques répond à celle des univers. « On a différents axes qui se dessinent : les portraits, le bestiaire, l’abstraction, le surréalisme, le très figuratif… », détaille Laurent Rigail.

Au-delà du clin d’œil à la capitale, le plan devient ainsi un révélateur de la richesse de l’art urbain. « C’est aussi l’occasion de montrer la multiplicité des techniques et des rendus qu’on peut avoir dans l’univers du street art », souligne le galeriste. « À travers un même objet, à savoir un plan de métro, se confrontent générations, techniques et regards. Certains artistes interrogent la ville et ses règles ; d’autres ses marges, ses habitants ou ses fractures. D’autres encore font disparaître la carte presque entièrement derrière leur univers plastique. » Avec « Dans ses artères coule la vie », Parcelle 473 fait donc du musée un espace où la contrainte devient liberté : 120 plans identiques, mais autant de manières de tracer sa route.

A.G.

* 425 avenue des Frères Buhler. Un livre consacré à l’exposition sera disponible à l’achat.

Comments

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *