Fibre Excellence : un dossier brûlant pour la filière bois

« Fibre Excellence Provence est notre principal client, nous perdons un débouché majeur », alerte Nathalie Friboulet, à la tête de Soprobois et présidente de la FNB Paca qui représente « des centaines de petites et moyennes entreprises de l’industrie forestière ». Que faire du bois ? Ou plus exactement du 1,2 million de tonnes qui approvisionnait Tarascon chaque année. C’est à ce casse-tête que les acteurs de la filière bois de Provence-Alpes-Côte d’Azur, d’Occitanie et de Sud Auvergne-Rhône-Alpes sont confrontés depuis la fermeture du site.

Entrepreneurs, exploitants, scieries, forestiers publics et privés, transporteurs, soit « 5 000 emplois non délocalisables qui font vivre les territoires ruraux », c’est toute la chaîne de production qui se retrouve mise à mal par ce tomber de rideau sur l’usine de pâte à papier. Une situation que la présidente de la FNB Paca qualifie de « dramatique » et à laquelle ces acteurs ne trouvent aujourd’hui pas de réponse. « Nous avons beau chercher. Comment reporter les volumes ailleurs ? Les autres industries sont déjà saturées. » Dans sa seule entreprise tous les produits récoltés sont commercialisés sur les mêmes secteurs, dans une logique de circuits courts et de valorisation optimale des bois « selon la hiérarchie des usages en cascade ». Faudra-t-il aller chercher des solutions hors du territoire au risque de faire grimper le prix des kilomètres de transport ? « Nous avons interpellé le préfet pour obtenir une révision du plan d’approvisionnement de GazelEnergie à Gardanne qui est très strictement encadré, explique Nathalie Triboulet, sachant que ça ne suffira absolument pas à tout absorber. » Une inquiétude d’autant plus justifiée que l’été, particulièrement meurtrier pour les forêts, augmente considérablement ces volumes.

Le bois stocké en vente

Alors que les factures et crédits continuent de tomber et que les craintes pèsent sur l’emploi dans tout l’amont de la forêt, la situation avec le liquidateur de Fibre Excellence est tendue. « Nous avons à la fois perdu un débouché primordial et de l’argent depuis avril car nous avons encore une partie des volumes bloquée sur le site qui ne nous a pas été payée », explique la représentante du syndicat. Une procédure de clause de propriété est pendante. « Mais les liquidateurs ont fait reporter l’audience. Et on a peur qu’ils ne vendent notre bois. » Une crainte malheureusement fondée au regard de l’appel d’offres publié par Selas Egide le 18 septembre pour « 5 600 tonnes de rondins, 12 000 tonnes de plaquettes et 2 000 tonnes d’écorces » que nous avons consulté.

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