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  • [Tribune] « Assez des amalgames avec la chèvre du Rove ! »

    [Tribune] « Assez des amalgames avec la chèvre du Rove ! »

    Depuis trop longtemps, des articles de presse mentionnent la présence de chèvres du Rove ou « sauvages » sur les routes et entretiennent une confusion entre ces chèvres présentes dans certains secteurs du massif et la véritable chèvre du Rove, race patrimoniale reconnue et protégée. Cela suffit ! Je tiens à rappeler avec la plus grande fermeté que le terme approprié est celui de chèvres férales. L’utilisation d’expressions telles que « chèvres sauvages », et plus encore l’assimilation de ces animaux à la chèvre du Rove, constitue un amalgame inacceptable. On appelle chèvres férales des chèvres domestiques ayant repris leur liberté. Ces animaux ne se comportent pas comme des animaux sauvages qui cherchent à demeurer cachés. Leur grand nombre pose un véritable problème de sécurité lié à leurs déplacements et traversées des voies de circulation et d’équilibre sur notre environnement.

    La chèvre du Rove bénéficie d’une Appellation d’origine protégée (AOP) – la seule du département des Bouches-du-Rhône – reposant sur un cahier des charges strict, garantissant notamment les conditions d’élevage, l’alimentation, le mode de conduite des troupeaux et l’ancrage territorial de cette race emblématique. Elle est le fruit d’un savoir-faire reconnu, porté par des éleveurs et bergers engagés dans la préservation d’un patrimoine agricole et culturel unique.

    Assimiler ces chèvres dites férales à la chèvre du Rove revient donc non seulement à une erreur factuelle, mais également à une atteinte directe à l’image d’une AOP exigeante et encadrée, construite sur des décennies de travail. Cet amalgame porte un préjudice réel et sérieux aux bergers et éleveurs de la chèvre du Rove, qui voient leur activité, leur réputation et leur engagement remis en cause par des approximations médiatiques répétées. Il en résulte une confusion dommageable pour toute une filière locale, pourtant exemplaire en matière de qualité, de gestion des espaces naturels et de valorisation du territoire.

    Je déplore également la persistance de cette situation, alors même que la commune du Rove alerte depuis plusieurs années les services de l’État sur la présence de chèvres férales dans le massif et sur la nécessité de mesures de régulation adaptées. À ce jour, les réponses apportées restent insuffisantes au regard des enjeux.

    Dans ce contexte, et face à la répétition d’informations inexactes, je ne souhaite plus accorder d’interviews sur ce sujet tant que la rigueur terminologique et factuelle ne sera pas respectée et que des solutions concrètes ne seront pas mises en œuvre. En cette année mondiale du pastoralisme, la commune du Rove réaffirme son engagement total en faveur de la chèvre du Rove, de son AOP, de ses bergers et de la défense de son patrimoine.

  • Une régate pour porter la voix des jeunes éloignés de l’emploi

    Une régate pour porter la voix des jeunes éloignés de l’emploi

    Les pas sont parfois hésitants, parfois assurés pour monter sur les sept voiliers amarrés devant le Mucem, ce mercredi. Pour la plupart des cinquante jeunes venus de tout le bassin méditerranéen, c’est une grande première. Organisée dans le cadre de la saison Méditerranée 2026, cette régate permet notamment à des jeunes éloignés de l’emploi de découvrir la navigation et cette mer qui les sépare.

    Parmi les participants, Yussef Achour est élève à l’école de la seconde chance, qui aide les jeunes sans emploi ou sans diplôme. Le Marseillais a rejoint, il y a deux mois, la filière des métiers de la mer proposée par l’association. « C’est notre première sortie en mer aujourd’hui. J’espère devenir sapeur-pompier », confie le jeune majeur. Ils sont une dizaine de jeunes de l’école de la seconde chance, de Marseille et du Var, a avoir fait le déplacement pour participer à cette régate.

    Un événement qui permet aussi à ces jeunes de porter leur voix. Élève à l’école de la seconde chance à Marseille et ambassadrice du réseau Méditerranée nouvelle chance, Shaden Boughattas le rappelle : « Notre but est de briser les mythes. On nous appelle les NEETS, ni en emploi, ni en études, ni en formation, mais on ne se résume pas à ça. »

    Mais si la régate a attiré beaucoup de jeunes, c’est avant tout pour participer au quartier général des jeunesses méditerranéennes que la plupart des participants ont fait le déplacement jusqu’à Marseille. Du 19 au 22 mai, ces jeunes éloignés de l’emploi pourront suivre des workshops et participer à des assemblées. « Le but est que les jeunes échangent entre eux sur les bonnes pratiques. Qu’ils apprennent aussi les clés du plaidoyer pour qu’ils choisissent eux-mêmes ce qu’ils veulent dire et comment le dire », explique Sabine Bécard, coordinatrice du réseau Méditerranée nouvelle chance, qui rassemble des structures de réinsertions pour les jeunes méditerranéens éloignés de l’emploi.

    « Construire des ponts »

    Pour Ayoub Maskaoui, ambassadeur marocain de ce réseau et membre de l’association el Jisr, venir était une évidence : « On est ici pour trouver des solutions pour nous, les jeunes, et pour porter la voix de ceux ne peuvent pas le faire. » Pour Hicham Naime, venu également du Maroc, c’est aussi un moyen « de découvrir d’autres points de vue sur nos problématiques propres à chaque pays ».

    Michèle Rubirola (EELV), première adjointe au maire déléguée aux relations internationales en est sûre, ces rencontres permettront « de construire des ponts là où certains construisent des frontières ».

  • Une pétition pour la survie de la Coopérative de presse méditerranéenne

    Une pétition pour la survie de la Coopérative de presse méditerranéenne

    Après plusieurs alertes, les travailleurs de la CPMM, qui sont en charge de la distribution de la presse sur une partie de la région Sud, passent à l’interpellation « de l’opinion publique, la population et des élus locaux ». Une interpellation qui passe par le lancement d’une pétition* à l’objectif clair : « On veut solliciter la population et les mairies qui tiennent à leurs petits commerces et à leur presse. On veut leur dire qu’il y a un risque économique, que la filière est en danger », résume Nicolas Guglielmacci, pour la CGT de la coopérative. Il rappelle la problématique : « Les aides à la distribution de la presse sont accaparées par des gros éditeurs et ne redescendent pas jusqu’à nous. »

    Concrètement, la coopérative, confrontée à une conjoncture économique difficile, ne touche pas un kopeck de la myriade d’aides pour la presse. « Les aides à la distribution ont été augmentées à cause de la baisse des ventes, de 4,5 millions d’euros, mais on n’a rien eu. Il y a un risque pour la CPMM, mais aussi les diffuseurs [kiosques par exemple, Ndlr], ou des éditeurs locaux si rien ne change. Il pourrait y avoir un arrêt de la distribution », développe le syndicaliste. Lancée le 7 mai, la pétition recueille déjà plus de 300 signatures en ligne à l’heure où nous écrivons ces lignes.

  • Vaucluse : les cerisiers réunis avec le sénateur Stanzione

    Vaucluse : les cerisiers réunis avec le sénateur Stanzione

    Et ce pour un double objectif, « dresser un état des lieux précis des difficultés rencontrées par les producteurs et recueillir des propositions concrètes d’amendements afin de mieux adapter le futur cadre législatif aux réalités du terrain », explique le sénateur dans un communiqué. Il exprime également des réserves face au projet de loi actuellement discuté à l’assemblée, dont il juge le contenu « faible au regard des besoins. » En ciblant par exemple « l’absence de garanties solides pour assurer un revenu digne aux agriculteurs » ou encore « les limites des mesures contre la concurrence déloyale. »

  • L’amande comme futur modèle du « made in France »

    L’amande comme futur modèle du « made in France »

    On la consomme bien souvent espagnole ou californienne. L’amande, fleuron provençal jusqu’au sortir de la Seconde Guerre mondiale (12 000 hectares), est désormais bien loin de son lustre d’antan. Avec seulement 2 200 hectares cultivés sur l’ensemble du territoire français, la production nationale, qui ne représente qu’environ 2% des amandes consommées en France, atteint péniblement les 600 tonnes.

    Un constat qui a mené à l’émergence de la Compagnie des amandes. Créée en 2018, elle s’est rapidement imposée comme le leader de la production française. Derrière la société, une figure du « made in France », en la personne d’Arnaud Montebourg. L’ancien ministre de l’Économie et du Redressement productif (2012-2014) en est l’un des cofondateurs, et était présent lundi, à Brignoles, pour l’inauguration de la Casserie d’amandes. En marche depuis l’automne dernier dans un hangar de plus de 1 800 m² dans la zone industrielle de Nicopolis, elle permet, à l’heure actuelle, de produire 1,25 tonne d’amandes par jour. Un rendement qui sera doublé cet été grâce à une deuxième ligne de production.

    Un outil nécessaire à la viabilité de la « relocalisation » souhaitée par Arnaud Montebourg, qui assure aussi la commercialisation des produits. La compagnie travaille ainsi avec huit producteurs associés (sur 230 hectares) sur sa propre production, mais aussi avec des producteurs indépendants (notamment dans le Vaucluse, l’Ardèche, la Drôme et les Bouches-du-Rhône), dont la production représente 65% des amandes cassées à Brignoles depuis l’automne, pour un chiffre d’affaires prévisionnel de 3 millions d’euros. Ce qui fait dire à l’ancien ministre que « cet outil n’est pas uniquement le nôtre, c’est celui de la filière ». Il n’y a toutefois aucun producteur varois, où la culture reste très marginale. « On aimerait aborder ce sujet avec la compagnie, en vertu de notre plan de diversification des cultures méditerranéennes, mais ça n’a pas encore été fait », déplore Sylvain Audemard, président de la Chambre d’agriculture du Var.

    La Chambre d’agriculture veut des prix justes

    L’usine, qui représente 2,5 millions d’euros d’investissement, vise donc à fédérer la production à une échelle supérieure à celles déjà existantes en France, à travers « une stratégie collective qui consiste à investir et promouvoir des services et outils, pour développer l’ensemble d’une filière », explique Arnaud Montebourg. Et celle-ci porte ses fruits, puisque la production d’amandes françaises est passée de 650 tonnes à 1 800 aujourd’hui, avec l’objectif d’arriver à 3 500 d’ici 5 ans (sur les 51 000 consommées chaque année dans l’Hexagone).

    S’il paraît illusoire d’éliminer les imports, l’amande incarne un exemple dans la poursuite des objectifs de souveraineté alimentaire du ministère de l’Agriculture à l’horizon 2036, élevée au rang d’intérêt général majeur. La Compagnie des Amandes a ainsi été sollicitée pour exporter ses méthodes à d’autres filières, Arnaud Montebourg, chargé d’écrire une partie des plans de souveraineté des productions végétales spécialisées, en tête. Il rend visite, à ce titre, à des horticulteurs hyérois ce mardi.

    Une usine de transformation de pistaches verra aussi le jour à Brignoles d’ici la fin de l’année. Et pour parvenir à faire rayonner ces filières de relocalisation, le nerf de la guerre demeure le prix. L’ancien député socialiste promet « des prix espagnols », et met en avant les nombreux accords ficelés avec la grande distribution. Mais dans les faits, la réalité est quelque peu différente : « Peut-être que la grande distribution joue le jeu car elle se trouve face à un ancien ministre, mais les relations avec les producteurs ne se passent pas très bien en général », contraste Sylvain Audemard, qui espère « qu’avec la loi d’urgence pour le monde agricole, la loi Egalim soit un peu réformée, pour une contractualisation à long terme avec la grande distribution et des prix en phase. »

  • La grève de la dernière chance à Kem One

    La grève de la dernière chance à Kem One

    La bombe sociale qui couvait à Kem One est sur le point d’éclater. Sur le pôle pétrochimique de Martigues-Lavéra, à Fos-sur-Mer, comme dans la région lyonnaise, l’ensemble des syndicats CGT du groupe pétrochimique appellent à la grève, ce mardi 31 mars, « pour défendre nos emplois et notre outil de travail », tel que le présente la coordination syndicale. Ils sont appuyés par leur fédération des industries chimiques (Fnic-CGT) et par leurs unions locales, notamment à Martigues.

    1 300 emplois sont en jeu à l’échelle nationale. « Tous les signes sont négatifs », quant à la santé financière de l’entreprise, considère Geoffrey Del Baldo, secrétaire général du syndicat CGT du site de Lavéra. Depuis notre état des lieux publié le 14 janvier, le syndicaliste poursuit son travail de « lanceur d’alerte ». Et pour cause : « Apollo a mis en vente Kem One depuis le début de l’année pour se désengager le plus vite possible », indique-t-il, à propos du fonds d’investissement, repreneur en 2021. La coordination syndicale CGT de Kem One fait état d’une dette colossale contractée par l’entreprise depuis, à hauteur de 700 millions d’euros au total, dont 230 millions « prioritaires en cas de liquidation », à comparer aux « 10 millions d’euros de dette » à la reprise en 2021. Et couplée aux « presque zéro euros d’obligations de l’entreprise sur les marchés financiers », soit un autre signal de faiblesse.

    Apollo ne répond plus

    La première des inquiétudes des syndicats est celle de l’emploi. Rien que pour le site de Lavéra, Geoffrey Del Baldo fait état d’« une vingtaine de postes qui n’existent plus depuis un an et demi, deux ans », citant notamment « deux postes RH en moins, un au magasin et deux à l’inspection ». « Plein d’alternants et de CDD n’ont pas été reconduits sur le site, ce qui met en péril la formation », selon le responsable, ce qui interroge sur la politique des ressources humaines.

    D’autre part, « la direction générale nous a dit que tout était possible lors du CSE extraordinaire du 25 mars », reprend Geoffrey Del Baldo, à propos d’une liquidation ou même d’un démembrement du groupe. « La vente à des concurrents, comme à des entreprises qui ne produisent pas de PVC, ou le démembrement : il n’y a pas de limite », rapporte-t-il. « Si, demain, il y a concurrence entre nos sites, certains seront désavantagés », estime le syndicaliste, pour qui « l’affaiblissement de Kem One est celui de toute la chimie ». Ce que confirme la Fnic-CGT dans sa lettre ouverte à Emmanuel Macron, lorsqu’elle parle de la « place stratégique au cœur de la chaîne de valeur industrielle française » de Kem One, « représentant des milliers d’emplois induits », ainsi qu’un aspect stratégique en Europe face au PVC chinois à bas prix.

    Dans leur combat, les syndicalistes de Kem One peuvent compter sur le sénateur (PCF) Jérémy Bacchi, qui a réagi en apportant son « soutien aux travailleurs en lutte pour la transparence et la pérennité de leurs emplois ». « Le gouvernement doit prendre la mesure de l’actualité de Kem One et agir pour pérenniser les savoir-faire et les outils de production stratégiques de notre pétrochimie », considère le sénateur. L’élu prévoit d’être représenté auprès des salariés mobilisés ce mardi, à Lavéra et à Fos-sur-Mer, pour « échanger avec eux afin de déterminer quelle sera notre action » au niveau parlementaire.

    D’autres soutiens locaux sont comptés comme le maire (PCF) de Martigues, Gaby Charroux, et Pierre Dharréville, de la direction nationale du PCF. Contactée, la direction de Kem One ne nous a pas répondu.

  • Fibre Excellence toujours en sursis malgré les propositions du ministre

    Fibre Excellence toujours en sursis malgré les propositions du ministre

    L’étau se resserre sur les usines de pâte à papier Fibre Excellence. La menace d’une mise en redressement judiciaire, qui inquiète les salariés depuis des mois, semblait s’éloigner avec l’annonce du ministre délégué à l’industrie, Sébastien Martin, d’un potentiel soutien, et sous conditions, à hauteur de 150 millions d’euros, la semaine dernière. Mais rien n’est acté pour l’heure et l’urgence est toujours bien présente : « On n’a plus de bois, juste de quoi tourner jusqu’à lundi. À partir de là, on s’arrête », s’inquiète Laurent Quinto, pour la Filpac-CGT du site tarasconais. En bref, la promesse ministérielle n’a rien réglé : « La proposition du gouvernement, c’est de l’étalement de dettes, des garanties de prêts… Il n’y a pas de soutien direct ou structurel. » Une réunion se tient ce jeudi à Berçy avec le comité interministériel de restructuration industrielle (CIRI) à laquelle participe l’intersyndicale. « Tout ce qu’on discutait au Ciri depuis des semaines tombe à l’eau, puisque les travaux sur la renégociation des tarifs de vente de l’électricité et le travail avec la filière bois passent au second plan et ne sont pas dans l’annonce du ministre », dénonce Laurent Quinto. Contactée, l’entreprise explique être toujours en train d’étudier la proposition du ministre délégué.

    Le sénateur communiste des Bouches-du-Rhône, Jérémy Bacchi, s’est emparé de la question et va prochainement « faire une question écrite au ministre Roland Lescure ». Il travaille également à une table ronde en préfecture.

  • [Salon de l’agriculture] Le Var veut miser sur l’agroforesterie

    [Salon de l’agriculture] Le Var veut miser sur l’agroforesterie

    S’il est un département maritime, le Var n’en demeure pas moins – et avant tout – un territoire forestier : plus de 70% de sa surface, soit quelque 420 000 hectares, est recouverte de forêt. Une richesse qui offre de somptueux paysages, mais engendre un nombre d’incendies important. En un peu plus de vingt ans, trois d’entre eux – deux à Vidauban en 2003 et un à Gonfaron en 2021 – ont, à eux seuls, ravagé plus de 20 000 hectares boisés.

    Ces chiffres imposent de s’adapter et de trouver des solutions viables pour l’avenir. L’une d’elles pourrait venir de l’agroforesterie, thème d’une table ronde organisée, mardi, sur le stand du Département du Var au Salon de l’agriculture, en présence de plusieurs acteurs du secteur. Cette méthode, qui consiste à mener de front activité agricole et activité forestière (lait-bois, viande-châtaigne…), ne date cependant pas d’hier. Il s’agit d’une pratique méditerranéenne ancestrale, notamment dans des espaces forestiers naturels, où des éleveurs ont, en tout temps, établi leurs pâturages sous les arbres. Dans le massif des Maures, principal espace forestier du département, on relève deux formations particulières : les forêts de chênes et les espaces plus agricoles que sont les châtaigneraies.

    L’intérêt de cette pratique est multiple et repose sur une logique gagnant-gagnant. « Cette alliance est au bénéfice de tous : le troupeau y trouve de l’alimentation et un abri et, par son action, limite la repousse des semis concurrents », explique Charles Dereix, président de l’association Forêt méditerranéenne. « En Corse, par exemple, quand on régénère les pins laricio, les troupeaux vont boulotter les petits semis de chênes ou de hêtres qui font concurrence. Ils produisent aussi du débroussaillement, réduisent ainsi le risque d’incendie et créent de l’activité économique. »

    Dans le Var, « 100 000 hectares sont déjà pâturés, soit près d’un quart de l’espace boisé », précise Christine Amrane, conseillère départementale varoise, maire de Collobrières et présidente du Syndicat du massif des Maures. Dans sa commune et aux alentours prospèrent les châtaigneraies, « très importantes économiquement avec les Fêtes de la châtaigne », rappelle-t-elle. Le sylvopastoralisme – le pâturage en milieu forestier –, représente ainsi une voie d’avenir pour la filière après avoir fait son succès : « La châtaigneraie du massif des Maures représentait 3 000 hectares entretenus il y a quelque temps. Moins aujourd’hui, mais il y a un enjeu car les consommateurs reviennent à des produits traditionnels. Cette châtaigneraie est un verger planté depuis 500 ans. Les castanéiculteurs travaillent depuis longtemps avec les bergers. Leurs animaux broutent, déposent leurs excréments qui font la fumure [enrichissement du sol, Ndlr] des châtaigniers. C’est une symbiose », développe Raphaël Louat, castanéiculteur, président du Syndicat des producteurs de châtaignes du Var.

    Les solutions doivent être « appuyées par les élus »

    Claude Audibert, propriétaire forestier de chênes, président de l’Association syndicale libre de la Suberaie varoise et producteur de liège, y voit lui aussi « une solution économique et écologique. L’élevage prend le relais pour nourrir les hommes, entretenir écologiquement les espaces boisés et favoriser la récolte de liège, d’arbouses et autres produits forestiers ».

    L’agroforesterie fonctionne. L’agroforesterie s’applique également aux productions fruitières et potagères, permettant de créer des écosystèmes nourriciers favorables à la biodiversité. « L’agroécologie répond aux enjeux de dépassement des limites planétaires, ajoute Séverine Cachod de l’association Les Résilients. Elle repose sur trois piliers : écologique, en s’inspirant des écosystèmes pour préserver l’environnement ; social, par la création d’emplois ; et économique, en créant des filières où chacun est rémunéré pour ce qu’il produit. » Pour la rendre efficiente, il faut « embarquer les entreprises et les collectivités ».

    Dans cette logique, son association travaille avec le SL du massif des Maures « sur une autre manière de rémunérer les agriculteurs : sur ce qu’ils produisent, mais aussi sur les effets utiles qu’ils génèrent d’un point de vue socio-environnemental. On prototype un modèle à visée générative pour renforcer tous les maillons de la chaîne ». Des solutions d’avenir que Charles Dereix souhaite voir « appuyées par les élus ».

    « C’est à partir des incendies de 2003 qu’on a travaillé sur la mutualisation des services. On a fait de petits pas en 23 ans. J’espère qu’on pourra en faire un plus grand désormais », conclut Christine Amrane.

  • [Salon de l’agriculture] Le Var et les Alpes Maritimes demandent à l’Union Européenne une IGP sur le mimosa

    [Salon de l’agriculture] Le Var et les Alpes Maritimes demandent à l’Union Européenne une IGP sur le mimosa

    Lundi matin, avant même l’inauguration de leurs stands respectifs, responsables politiques maralpins et varois se sont retrouvés pour une conférence commune dédiée à la question du mimosa. « L’or de la Côte d’Azur, cette fleur que nous partageons avec les Alpes-Maritimes » a introduit Guillaume Décard, président de Var Tourisme, qui n’a pas manqué de mentionner l’inévitable Route du mimosa et « ses 130 km de route entre Bormes et Grasse en huit étapes », avec, pour paysage, « cette fleur hivernale qui perce notre forêt et illumine nos massifs ».

    Un élément essentiel du « tourisme 4 saisons, qui est aussi un tourisme 4 couleurs : l’or du mimosa l’hiver, le vert du printemps, le vin rosé de l’été et le rouge des vignes à l’automne », décrit le président du Département Jean-Louis Masson (LR). Une idée à laquelle adhère le président de la Route du mimosa, Florian Raoux : « La route a été créée en 2001 pour faire de l’hiver une saison à part entière et non pas une simple parenthèse. C’est une stratégie pour changer une période en une vraie destination. »

    Mais, quand on parle de cette fleur, « on parle autant de tourisme que d’agriculture », rappelle ce dernier. Ainsi, « lancer la Route du mimosa au Salon de l’agriculture a beaucoup de sens », car la filière « vit bien au-delà de sa période de floraison », avec « des produits dérivés, bougies, parfums, aliments, des opportunités économiques si les choses sont bien faites ».

    Un document pour porter une IGP à Bruxelles

    Pour ce faire, « la coordination portée par la Route du mimosa est décisive, en recensant ce qui existe avec les acteurs de la filière, identifier les dérives et renforcer notre marque. Et cela ne pourra se faire qu’au travers d’une Indication géographique protégée (IGP) », soutient Florian Raoux. « Nous sommes une filière de niche. C’est important que les Départements nous soutiennent car au niveau national, on n’a rien. Il faut venir en aide aux jeunes et on va continuer à travailler sur cette IGP », plussoie Michel Lovera, président de la filière à la Chambre d’Agriculture du Var.

    L’échange, débuté sur le stand du Var, s’est poursuivi sur celui des Alpes-Maritimes, pour symboliser le trait d’union qu’incarne cette route. Jean-Louis Masson et son homologue Charles-Ange Ginesy, président (LR) du Département des Alpes-Maritimes, accompagnés de Guillaume Décard et d’Alexandra Borchio Fontimp, sénatrice (LR) des Alpes-Maritimes et présidente du comité régional du tourisme Côte d’Azur France, ont ainsi signé un document pour porter la création d’une IGP auprès de Bruxelles. « Un message fort pour ceux qui travaillant dans des conditions difficiles, avec une concurrence déloyale de pays n’ayant pas les mêmes lois et qui usurpent notre marque », souligne cette dernière. Un lien supplémentaire, qui rappelle l’importance capitale d’un autre : l’eau. « Comme l’a évoqué Jean-Louis Masson, avec le lac de Saint-Cassien notamment. Nous partageons cette problématique, car il n’y a pas d’agriculture sans eau », abonde Charles-Ange Ginesy.

    Le Stand du Var inauguré

    L’inauguration du stand du Département du Var s’est tenue lundi après-midi. « Le but est de faire parler de nos producteurs, de la marque Var – peut-être faut-il l’inventer -, faire connaître nos filières, nos savoir-faire, développer l’attrait du consommateur sur nos produits locaux. Être présent au SIA est un vecteur de communication dont on ne peut se passer », affirme son président, Jean-Louis Masson, qui rappelle aussi « qu’avec l’agriculture et la pêche, il y a la transformation et l’artisanat ». « Le produit brut agricole varois, c’est 350 millions, la production vendue, c’est 1 milliard, soit 650 millions sur l’aval des filières », ajoute Sylvain Audemard, président de la Chambre d’agriculture du Var. « Sur le territoire, c’est un moteur économique et un vecteur d’équilibre. »

  • L’État propose 150 millions pour sauver Fibre Excellence

    L’État propose 150 millions pour sauver Fibre Excellence

    Une nouvelle qui tombe à pic ? Alors que l’entreprise Fibre Excellence et ses deux usines, dont celle de Tarascon, était au bord d’un gouffre financier et menacée de fermeture, le ministre délégué à l’Industrie, Sébastien Martin, annonce la possible arrivée de 150 millions d’euros pour renflouer les caisses. Une annonce faite chez nos confrères de La Dépêche, qui se découperait en deux parties de 75 millions d’euros chacune. La première serait composée notamment d’un « abandon des dettes publiques et sociales » et d’intégration aux quotas carbone. La seconde porterait sur « une garantie de l’État sur la moitié des investissements du plan industriel ».

    Le conditionnel reste de mise car le ministère demande à l’actionnaire de l’entreprise des contreparties et qu’il apporte « des fonds ». « Les propositions apportées par l’État sont un premier pas dans la bonne direction », réagit l’entreprise, par communiqué de presse ce vendredi. « Nous allons étudier, dans les jours à venir, avec le plus grand soin ces propositions, avec leurs effets immédiats et ceux à moyen-long terme », développe son PDG, Jean-François Guillot.

    Un sursis mais…

    En bref, rien d’acté pour l’heure. Dans cette lignée, la CGT du site tarasconnais accueille la nouvelle positivement mais l’analyse comme « un sursis ». « Ce qui est présenté est très bien. C’est un beau geste. On est satisfaits mais pas rassuré », explique Laurent Quinto, pour la Filpac-CGT. « Ce sont des soins palliatifs. Même avec cette injection, le problème structurel n’est pas réglé. D’autres mesures sont nécessaires pour qu’on soit dans le positif financièrement », développe-t-il. Il a dans le viseur le prix du bois, nécessaire au site pour sa production de pâte à papier et une « revalorisation du prix de revente de l’électricité ». Cette dernière revendication est jugée par l’intersyndicale (CGT, FO, CFDT) comme essentielle à « la pérennité du site ». « Sans travail avec la filière du bois, sans renégociation du prix du Mégawattheure, la pérennité des sites n’est pas assuré », martèle Laurent Quinto. D’autant que ces points étaient l’objet de discussion au Comité interministériel de restructuration industrielle (Ciri) depuis plusieurs mois. « Au Ciri, on nous a pas du tout discuté des mesures annoncées. À part cette annonce dans la presse, nous n’avons pas de détails », conclut la CGT. Suite au prochain épisode donc.