Tag: Fibre Excellence

  • Front commun pour sauver Fibre Excellence

    Front commun pour sauver Fibre Excellence

    « Dans quelques jours, Fibre Excellence peut disparaître. » C’est le cri d’alarme lancé par la secrétaire générale de la CGT Sophie Binet lors d’une conférence de presse ce vendredi. Ce rendez-vous convoqué la veille a réuni acteurs politiques de la région Sud et Occitanie, aux côtés des membres de l’intersyndicale du groupe. « Nous serons mobilisés, cette usine elle ne fermera pas parce qu’on a besoin de production industrielle en France », martèle la présidente PS de la région Occitanie Carole Delga.

    Le groupe qui emploie 670 salariés sur les sites de Tarascon dans les Bouches-du-Rhône et de Saint-Gaudens, en Haute-Garonne, a été placé en redressement judiciaire le 27 avril dernier. Depuis, les deux usines sont à l’arrêt et l’inquiétude plane sur leur avenir. Au total, plus de 10 000 emplois pourraient être impactés par la décision de mercredi. Ce qui implique entre autres la Chapelle Darblay, en Seine-Maritime, dont Fibre Excellence est l’un des repreneurs. « L’État a tout intérêt à se mobiliser. Le coût de la facture qui nous attendrait, qu’elle soit humaine, sociale, environnementale ou territoriale, serait terrible », alerte Cyril Juglaret, président de la Commission d’appel d’offres de la Région Sud.

    À ce jour, une seule offre de reprise a été déposée par Fibre Excellence, soutenue par les salariés et les collectivités locales. Le ferrailleur SPB (Société de participation de la Braye) allié au papetier canadien Paper Mill Industry aurait montré son intérêt pour le papetier dans une lettre d’intention communiquée au tribunal. La CGT craint qu’une reprise par un concurrent vise en réalité à démanteler le groupe. « Nous ne voulons pas de projet porté par des liquidateurs, par des rapaces. Nous allons continuer à améliorer d’ici mercredi ce projet industriel parce que nous avons besoin d’une diversification de production de pâtes à papier », fait valoir Carole Delga. « Nous demandons deux choses au tribunal : la poursuite de la période d’observation pour permettre à l’État de lever les conditions suspensives et la lettre d’engagement de l’État. Ces deux demandes vont ensemble », appuie Romuald Fontaine, secrétaire fédéral de la CFDT Chimie Énergie.

    « Que l’État prenne

    ses responsabilités »

    Hasard du calendrier – ou pas – le ministre de l’Industrie a adressé une heure avant le point presse une lettre aux acteurs concernés dans laquelle il détaille ses « engagements », parmi lesquels « la réévaluation des tarifs de rachat de l’électricité de Fibre Excellence jusqu’à +20% dans le respect du cadre juridique applicable, national et européen », écrit Sébastien Martin. Une formulation alambiquée, qui ne convainc pas : « Cette réponse est insuffisante », tranche Sophie Binet.

    Le député PS de Haute-Garonne, Joël Avignaret, a demandé au gouvernement la « nationalisation temporaire » de l’entreprise et « l’entrée de l’État à son capital ». Et a reçu une fin de non-recevoir. « La solution immédiate existe. Que l’État prenne ses responsabilités et mette les bouchées doubles pour préserver les deux sites. (…) On est en train de détruire toute une filière industrielle », tempête René Sale de l’UD FO 13. Sophie Binet, qui a fait de la lutte contre l’extrême droite l’une des priorités de son second mandat, prévient : « Quand on laisse les territoires se désertifier, les industries fermer, le déclassement s’organiser avec du travail qui ne paye plus, qui récupère les dividendes ? C’est l’extrême droite. »

  • Dernière ligne droite pour sauver Fibre Excellence et la filière papier

    Dernière ligne droite pour sauver Fibre Excellence et la filière papier

    L’avenir des sites industriels de Fibre Excellence, dont celui de Tarascon et des « 10 700 emplois directs et indirects », « est suspendu à plusieurs décisions relevant directement ou indirectement de l’État », écrivent les trois secrétaires généraux de la CGT, FO et la CFDT, ainsi que les présidents des régions Occitanie et Sud et de la Métropole de Rouen, dans une lettre commune adressée au premier ministre Sébastien Lecornu.

    L’entreprise, placée en redressement judiciaire le 27 avril dernier par le tribunal de commerce de Toulouse fait face à plusieurs difficultés majeures qui hypothèquent sa reprise, par la seule et unique offre déposée à ce jour par les dirigeants de l’entreprise. Ils se sont d’ores et déjà engagés « à reprendre l’intégralité des actifs et des salariés » a annoncé la direction du groupe qui emploi 670 salarié sur les sites de Tarascon (Bouches-du-Rhône) et de Saint-Gaudens, en Haute-Garonne.

    Reste que « la revalorisation de 20% du contrat énergie biomasse », « la sécurisation de l’approvisionnement en bois », « l’accompagnement financier des projets industriels de reprise » ou encore « la sécurisation des modalités de reprises des actifs » sont autant d’engagements attendus et exigés de l’État, écrivent les signataires.

    10 700 emplois

    dans la balance

    Et de préciser que « des industriels contactés et intéressés pour participer à un pool de financeurs attentent de votre part la levée de ces clauses pour s’engager pleinement. (…) C’est pourquoi nous vous demandons de formaliser urgemment une lettre d’engagement indispensable pour que les administrateurs judiciaires puissent sécuriser la solution de reprise et éviter la liquidation », résument les représentants syndicaux et élus dans cette même missive.

    Si le premier ministre Sébastien Lecornu n’a pas lui même répondu à cette interpellation, la question a été abordée ce mercredi, à l’Assemblée nationale. « Le gouvernement est-il prêt à prendre ces engagements écrits ? », a lancé Edouard Bénard, le député communiste de Seine-Maritime après avoir rappelé les principales demandes rappelées par les signataires du courrier.

    « Tout ne peut pas reposer sur l’État »

    C’est « un sujet qui m’occupe plus que quotidiennement », a lancé Sébastien Martin, le ministre de l’Industrie, considérant que « l’État a tout mis en œuvre » pour sauver l’entreprise, et de lister : « Un arbitrage pour l’augmentation de 20% du rachat de l’électricité, 150 millions d’euros pour la modernisation de l’entreprise et 75 millions d’euros pour les dettes. » Pour autant, « j’ai eu droit à un investisseur qui a fermé la porte », rappelle le ministre. En effet, au lendemain de la mise en redressement judiciaire de l’entreprise, le propriétaire et actionnaire principal de Fibre Excellence avait refusé tout net de mettre la main à la poche. Aussi, « moi, maintenant, je veux un investisseur industriel, tout ne peut pas reposer sur l’État », tance le ministre. Et il reste une semaine, tout juste, pour résoudre cette quadrature du cercle.

  • [Maj] Une offre de reprise pour Fibre Excellence mais des inquiétudes

    [Maj] Une offre de reprise pour Fibre Excellence mais des inquiétudes

    « L’offre a été déposée à 12h, lundi 1er juin. L’objectif est de créer une nouvelle entité qui reprendra l’intégralité des actifs et des salariés », a annoncé la direction du groupe Fibre Excellence, qui emploie 670 salariés sur les sites de Tarascon dans les Bouches-du-Rhône et de Saint-Gaudens, en Haute-Garonne. Il s’agissait de la date butoir fixée par le tribunal de commerce de Toulouse pour le dépôt des offres de reprise. C’est la seule qui aurait été déposée.

    Audience décisive le 17 juin

    Considérant « qu’il est établi que la SAS Fibre Excellence est dans l’impossibilité de faire face au passif exigible avec son actif disponible et est en conséquence en état de cessation des paiements », le tribunal avait placé l’entreprise en redressement judiciaire, dans sa décision du 27 avril. Il estimait cependant que « l’entreprise semble avoir les moyens de se diriger vers un plan qui aurait pour finalité la poursuite de l’activité, le maintien de l’emploi et l’apurement du passif » et avait accordé six mois de délais d’observation. L’entreprise est revenue à la barre du tribunal le 3 juin mais l’audience décisive est fixée au mercredi 17 juin « afin de déterminer si l’entreprise dispose des capacités financières suffisantes à sa poursuite d’activité et le maintien de la période d’observation ». En mai, Carole Delga, présidente (PS) de la Région Occitanie, avait fait savoir que la collectivité était prête à intégrer la gouvernance de l’entreprise et à investir 5 millions. Elle avait rencontré, avec les représentants des salariés, le ministre délégué chargé de l’Industrie, Sébastien Martin. Et de promettre : « Je continuerai à me mobiliser. » Vendredi, la direction de Fibre Excellence a fait savoir que l’offre de sauvetage des deux dernières usines de pâte à papier de France avait obtenu le soutien des Régions Occitanie et Sud. L’offre a été présentée aux salariés. La relance de l’activité de cette entreprise survient après le désengagement de son actionnaire indonésien. « C’est la seule offre, a réagi Laurent Quinto, délégué CGT. Alors il faut y aller ! » Avec un bémol : « Ce plan de reprise doit permettre de redémarrer l’activité avec une trésorerie saine et retrouver un investisseur pour appuyer la relance. Il faut que, d’ici le 17 juin, l’état prenne une décision sur l’augmentation du prix de rachat du kWh sur lequel repose ce plan. » Jeudi, l’intersyndicale en appelé au Premier ministre pour maintenir l’ensemble de la filière bois.

  • Une offre de reprise pour Fibre Excellence

    Une offre de reprise pour Fibre Excellence

    « L’offre a été déposée à 12h, lundi 1er juin. L’objectif est de créer une nouvelle entité qui reprendra l’intégralité des actifs et des salariés », a annoncé la direction du groupe Fibre Excellence, qui emploie 670 salariés sur les sites de Tarascon et de Saint-Gaudens, en Haute-Garonne. Il s’agissait de la date butoir fixée par le tribunal de commerce de Toulouse pour le dépôt des offres de reprise. C’est la seule qui aurait été déposée.

    Considérant « qu’il est établi que la SAS Fibre Excellence est dans l’impossibilité de faire face au passif exigible avec son actif disponible et est en conséquence en état de cessation des paiements », le tribunal avait placé l’entreprise en redressement judiciaire, dans sa décision du 27 avril. Il estimait cependant que « l’entreprise semble avoir les moyens de se diriger vers un plan qui aurait pour finalité la poursuite de l’activité, le maintien de l’emploi et l’apurement du passif » et avait accordé six mois de délais d’observation. L’entreprise doit revenir deux fois devant le tribunal pendant cette période : « Le mercredi 3 juin à 9h, munie d’une situation de trésorerie, d’une situation financière », explique la juridiction. Laquelle « renvoie l’affaire en chambre du conseil à l’audience du mercredi 17 juin à 9h, afin de déterminer si l’entreprise dispose des capacités financières suffisantes à sa poursuite d’activité et le maintien de la période d’observation ».

    « Il faut y aller ! »

    En mai, Carole Delga, présidente (PS) de la Région Occitanie, avait fait savoir que la collectivité était prête à intégrer la gouvernance de l’entreprise et à investir 5 millions. Elle avait rencontré, avec les représentants des salariés, le ministre délégué chargé de l’Industrie, Sébastien Martin. Et de promettre : « Je continuerai à me mobiliser. »

    Vendredi, la direction de Fibre Excellence a fait savoir que l’offre de sauvetage des deux dernières usines de pâte à papier de France avait obtenu le soutien des Régions Occitanie et Sud. L’offre a été présentée aux salariés. La relance de l’activité de cette entreprise survient après le désengagement de son actionnaire indonésien. « C’est la seule offre, a réagi Laurent Quinto, délégué CGT. Alors il faut y aller ! »

    Avec un bémol : « Ce plan de reprise doit permettre de redémarrer l’activité avec une trésorerie saine et retrouver un investisseur pour appuyer la relance. Il faut que, d’ici le 17 juin, l’état prenne une décision sur l’augmentation du prix de rachat du kWh sur lequel repose ce plan. »

  • À la feria de Nîmes, Fabien Roussel fête la victoire de la gauche sur l’extrême droite

    À la feria de Nîmes, Fabien Roussel fête la victoire de la gauche sur l’extrême droite

    Après Georges Marchais et Pierre Laurent, Fabien Roussel est devenu le troisième secrétaire national du PCF à participer à la feria à Nîmes samedi 23 mai. Une réelle fierté pour tous les élus de gauche mais aussi pour les jeunes de la Jeunesse communiste qui l’ont accueilli sur leur stand au Prolé. « Avec ma compagne, on est souvent venu à Nîmes mais c’est la première fois pendant la feria. Et le faire avec Vincent Bouget et une ville devenue une ville de gauche avec un maire communiste, ça décuple le plaisir. Quand j’ai lu l’édito de Vincent Bouget pour parler de la feria, j’ai retrouvé les valeurs que nous portons sur l’accès pour tous à la culture, à la fête, au beau, au plaisir, à la joie et ça, c’est notre fibre à nous », s’est félicité Fabien Roussel au moment de partager un verre avec les élus régionaux dans un Prolé plein à craquer.

    « La première intention de Fabien Roussel, c’est de venir fêter la victoire des communistes, de l’union de la gauche à Nîmes, de Vincent Bouget et de toute son équipe », confirme Pierre Lacaze, vice-président de la région Occitanie. « Aujourd’hui avec la feria toute la ville de Nîmes est en rouge et c’est normal que le secrétaire national des rouges vienne fêter un maire rouge à Nîmes ».

    Mais Fabien Roussel était également dans la capitale du Gard pour parler politique. Entre préparation du congrès national (3-5 juillet à Lille), des élections sénatoriales, législatives et même départementales et régionales qui suivront, mais aussi pour aborder des sujets sociaux comme le pouvoir d’achat ou la désindustrialisation, il a pu échanger avec les élus régionaux pendant plus d’une heure avant de partir découvrir l’ambiance des bodegas nîmoises.

    « Les élus m’ont parlé de leur territoire, des combats qu’ils mènent ici et notamment celui de la papeterie Fibre Excellence, donc on a des combats à mener aujourd’hui. Nous avons aussi parlé de l’emploi, de la vie chère qui frappe tout le monde. Puis nous avons parlé du congrès et des élections à venir. On s’est dit que si on menait des combats aujourd’hui sur ces questions-là, on va forcément parler des propositions que nous portons et donc de l’utilité du Parti communiste dans le débat politique parce que nous avons des propositions fortes qui permettront de répondre à la crise que l’on vit dans le pays », explique-t-il.

    « Fabien Roussel a parlé de la lutte pour le pouvoir d’achat et pour l’augmentation des salaires et contre la vie chère », confirme l’élu départemental et communal Christian Bastid. « Dans un département parmi les plus pauvres de France, ça correspond à la bataille que doit mener le PCF dans les mois à venir. La préparation de l’élection présidentielle qui vient est au centre d’enjeux qui dépassent la question de la candidature et le rôle du PCF au niveau national. Fabien Roussel a bien insisté sur ce point avec le but de rassembler tous les communistes qui est un élément important dans la bataille politique actuelle ».

    Après cette réunion au Prolé, Fabien Roussel a ensuite déambulé dans les ruelles nîmoises, découvrant la façade de la maison d’Olivier Jullian, artiste autodidacte habitué du Prolé, puis s’est rendu à la bodega des cheminots et au Carré d’art. Drapé de son nouveau bandana blanc, feria oblige, il a échangé avec de nombreux Nîmois et a même reçu un : « Bonjour Monsieur le Président ».

    Combattre le RN sur ses terres

    Dans un département qui n’a élu que des députés d’extrême droite lors des dernières élections législatives, Fabien Roussel était également venu délivrer un message d’espoir. « La victoire à Nîmes montre que l’on peut gagner contre le Rassemblement National », précise Pierre Lacaze. « Le RN avait la certitude de la victoire, mais nous avons su démontrer dans un large soutien de toute la gauche à l’exception de la France insoumise qui n’a pas choisi l’unité, que nous pouvions gagner. Fabien était venu fêter une victoire mais surtout saluer une perspective sur les années qui viennent pour que nous fassions reculer le RN ».

    La dernière fois que Fabien Roussel s’était rendu dans le Gard, c’était pour le rassemblement de soutien au Prolé d’Alès attaqué par des militants du groupuscule d’extrême droite violent du Bloc montpelliérain en pleine feria alésienne. Le secrétaire national du PCF a donc aussi profité de son retour dans le département pour se féliciter qu’un procès ait finalement bien lieu en octobre prochain : « J’espère que non seulement les personnes responsables de ces violences seront condamnées mais qu’ils vont parler et que l’on va connaître leur histoire, d’où ils viennent, leurs motivations et les réseaux d’extrême droite dans lesquels ils s’organisent. Il faut que tout cela soit décortiqué pour mettre un coup de projecteur sur ces réseaux qui sont dangereux et qui malheureusement se développent », ajoute Fabien Roussel.

    Le maire de Saint-Amand-les-Eaux a poursuivi son déplacement nîmois en assistant à la corrida du dimanche 24 mai aux côtés de Vincent Bouget. Puis, en début d’après-midi, il a échangé avec les militants communistes au Prolé.

  • La CGT demande des comptes au patronat

    La CGT demande des comptes au patronat

    Encouragée par environ 300 manifestants, d’après les organisateurs, une délégation de représentants syndicaux d’entreprises a été reçue par l’UPE 13. La CGT d’ArcelorMittal, de la Métropole, du Grand Port maritime de Marseille, de la CPMM, de Fibre excellence et de Kem One ont porté ensemble un message fort aux représentants du patronat local : l’industrie a un avenir dans le département. « Nous ne laisserons pas liquider notre industrie, ni nos services publics qui en découlent, ni les emplois du département », affirme Marc Pietrosino, secrétaire général de l’Union départementale CGT 13 et participant de la délégation. Un message porté de manière interprofessionnelle pour exiger le maintien de l’emploi et des salaires dignes. Prochain rendez-vous, le 1er juin pour continuer à faire monter le rapport de force.

    Stéphane Martins de Araujo, CGT Arcelor Fos

    « On veut alerter sur l’importance des emplois qui risquent de disparaître demain. On se dirige, si on ne fait rien, vers une casse sociale et sanitaire au regard des enjeux de décarbonation. On porte des revendications claires et nettes, dans le sens d’une sécurisation des emplois. Et à moyen terme, d’arriver à décarboner ce qui est possible sur le bassin de Fos. On se pose beaucoup de questions sur la faisabilité de cette décarbonation quand on voit ce qu’il s’est passé avec Carbon. Et à Arcelor Fos, il n’y a pas de volonté de décarboner nos hauts-fourneaux. »

    Propos recueillis par A.B.

    Carole Crescenzo, CGT Hôpital Nord

    « On est là parce que le patronat s’en met plein les poches ! Alors que notre point d’indice n’évolue pas. Et puis ils sont en train de privatiser la santé et l’hôpital public. Ils sous-traitent de plus en plus. Au sein de l’hôpital Nord, c’est une entreprise extérieure qui fait le ménage maintenant. Et il y a un cabinet privé qui réalise les dialyses. Et à côté de cela, les hôpitaux sont en train d’être gérés comme des entreprises, pour être rentables. Or dans le système de santé c’est l’humain qui devrait primer. On ne peut pas gérer l’hôpital comme on gère du capital. »

    Propos recueillis par E.J.

    Josette Biancheri, CGT retraités

    « On est venus faire convergence. Car notre société est basée sur ce que l’on appelle la sécurité sociale, interprofessionnelle et intergénérationnelle, qui nous prend en charge de la naissance à la mort. Mais si les emplois sont mal payés et que les cotisations baissent, ce sont nos retraites et celles des générations futures qui vont payer les pots cassés. Nous nous battons pour que nos pensions de retraite évoluent et pour maintenir des emplois bien rémunérés pour que tout le monde puisse vivre dignement de son travail. »

    Propos recueillis par E.J.

    Julie Didonnat, CGT, salariée de la CPMM

    « On tape à toutes les portes pour se faire entendre. Les aides publiques pour la presse sont données aux grands groupes mais pas à nous ! Cela met en péril la viabilité économique de l’ensemble des dépositaires de presse. Où va cet argent ? Pourquoi ne ruisselle-t-il pas jusqu’à nous ? Ce sont les questions qu’on pose au patronat et à l’État. Je m’inquiète pour nos emplois mais aussi pour les diffuseurs de presse, les kiosques, les magasins de presse, les transporteurs…. Si ça continue et que la distribution s’arrête, ça mettrait des milliers d’emplois en danger. »

    Propos recueillis par A.B.

    Laetitia Sidibe, CGT, conseil départemental

    « Le patronat, c’est lui qui négocie avec l’État et ce sont nous, les travailleurs du privé et du public, qui en payons le prix. Car les caisses de l’État servent à remplir les poches du patronat plutôt que les nôtres. On est là car on a besoin d’embauches, dans notre secteur mais partout. En tant qu’assistante sociale, on est en sous-effectif, avec une charge de travail toujours plus importante. Mais on est là pour tout le monde, car nous recevons de plus en plus de personnes qui ont un travail mais qui ne s’en sortent pas. »

    Propos recueillis par E.J.

    Laurent Quinto, CGT Fibre Excellence

    « On est là pour deux points : sauver nos emplois à Tarascon, être solidaires de tous les camarades qui ont aussi leurs emplois menacés. On est dans la même situation : regardez Arcelor, ils pourraient faire de la captation de CO2, du bioéthanol, comme nous sur Fibre Excellence… On pourrait tous se développer, renforcer nos industries plutôt qu’être en danger. Mais tout cela nécessite des investissements, des actions. Il faut que le Medef remonte le message aux plus hautes instances, le patronat doit faire quelque chose rapidement : on a besoin d’actions urgentes. »

    Propos recueillis par A.B.

    Fabrice Florio, CGT Cheminots

    « Toutes les industries sont imbriquées. Sans industrie, il n’y a pas de train de fret SNCF, donc c’est important que nous la défendions. Mais il y a aussi des problématiques avec l’ouverture à la concurrence. On fait venir des sociétés privées qui prennent la place de la SNCF, et on se rend compte que ça a un surcoût au niveau des deniers publics. On est là pour que le Medef local prenne ses responsabilités ainsi que l’État. Car le risque, c’est beaucoup de pertes d’emploi, ce qui risque d’impacter les services publics. »

    Propos recueillis par E.J.

    Véronique Dolot, CGT Métropole Aix-Marseille Provence

    « On va à la rencontre du Medef car l’on veut que ce groupe d’influence travaille dans le même sens que nous sur l’augmentation du prélèvement mobilité des entreprises. Ils ont la clé de la mise sous tutelle de la Métropole, et donc d’une éventuelle augmentation d’impôt pour tous les habitants du territoire, entre les mains. Une hausse de 1% du prélèvement, c’est 200 millions d’euros, ça règle le problème. Il faut que le patronat contribue à hauteur de ce que fait la Métropole : routes, transports, réseau de services publics. »

    Propos recueillis par A.B.

  • À Marseille, la CGT se mobilise devant le patronat

    À Marseille, la CGT se mobilise devant le patronat

    Mettre la pression sur le patronat pour défendre l’emploi. C’est l’objectif de l’UD CGT 13, qui appelle ses militants au rassemblement sur la place du Général-de-Gaulle à Marseille, ce jeudi à 11h30, devant les locaux de l’Union pour les entreprises, déclinaison phocéenne du Medef.

    L’organisation met en exergue des inquiétudes pour l’emploi sur plusieurs sites majeurs du département. « Des milliers d’emplois sont menacés, que ce soit dans l’industrie, dans les pans de la fonction publique, dans le secteur social ou le commerce, notamment avec Arcelor, Kem One, la CPMM (Coopérative de presse et de messagerie méditerranéenne), Fibre Excellence… », énumère la CGT. Avant de résumer : « Dans notre département, nous sommes face à des urgences dans tous les secteurs. »

    Des urgences sociales dont le dénouement pourrait avoir un impact direct sur les ambitions de réindustrialisation du Golfe de Fos et du pourtour de l’étang de Berre. « Il y a des projets de décarbonation et de réindustrialisation, mais la situation actuelle remet tout en cause : on risque de perdre des emplois existants et de ne pas gagner les emplois futurs », pressentait Marc Pietrosino, secrétaire général de l’UD CGT 13, lundi, lors d’une conférence de presse annonçant la mobilisation syndicale à venir. Preuve que son organisation a le nez fin : le projet d’usine XXL de photovoltaïque, Carbon, qui devait s’installer à Fos-sur-Mer, a officiellement été abandonné, le lendemain… D’où le rendez-vous avec le patronat : « Plus de 210 milliards d’euros d’exonérations lui sont offerts chaque année ! »

  • Pour l’emploi, la CGT appelle à la mobilisation

    Pour l’emploi, la CGT appelle à la mobilisation

    « On part en croisade pour l’emploi. » Ce lundi, Marc Pietrosino, secrétaire général de l’UD CGT 13, donne le ton des échéances à venir pour son organisation.

    Et autant dire qu’elle va prochainement avoir plusieurs fers au feu. « Il y a urgence à agir face à tous les plans sociaux qui se multiplient dans le département. On ne laissera pas les Bouches-du-Rhône devenir une zone qu’axée sur les emplois tertiaires du tourisme », campe le syndicaliste, le ton grave. Une inquiétude qui ne vient pas de nulle part mais bien d’incertitudes concrètes autour de l’avenir de sites de plusieurs industriels phares du département : « Il y a des menaces particulièrement visibles, qui concernent des dossiers industriels tels qu’ArcelorMittal, Kem One ou Fibre Excellence, avec des milliers de salariés menacés directement. » Trois usines d’importance pour le département et les filières qui dépendent de leur production respective (lire nos articles du 30/03, 02/04 et 27/04). « Arcelor, c’est 20 000 emplois directs et indirects. Fibre, c’est 5 000 emplois induits… », calcule François Canu, secrétaire de l’UD CGT 13, pour donner un ordre de grandeur.

    « Monter le rapport

    de force »

    D’autant qu’il faut aussi ajouter « des suppressions d’emplois moins visibles » « Dans le commerce avec la location-gérance qui aboutit à la perte des deux tiers des effectifs par magasin, dans la fonction publique avec des non-renouvellements de postes… », énumère Marc Pietrosino.

    L’UD CGT 13 met aussi le curseur sur deux collectivités territoriales en difficulté financière : « Il y a la situation très particulière de la Métropole Aix-Marseille qui n’a pas voté son budget mais qui emploie 1 200 contractuels… Sans être alarmiste, on est inquiets pour leur avenir. » « Et le Département qui réduit son budget de plus de 10% pour la protection sociale, c’est un autre mauvais signal », ajoute François Canu. L’organisation évoque aussi le cas de la Coopérative de presse et de messagerie méditerranéenne (CPMM) qui s’inquiète de sa viabilité économique à terme au regard de « l’absence d’aides de l’État ».

    En résumé, la situation économique décrite par la CGT est particulièrement terne. « On a déjà 200 000 demandeurs d’emploi localement selon les chiffres de France Travail », s’alarme Marc Pietrosino. D’où la volonté de relancer un processus de mobilisation autour d’un triptyque revendicatif cher à la CGT : « Vivre, travailler
    et vieillir dignement dans les Bouches-du-Rhône.
     »

    Concrètement, l’organisation affiche sa volonté de mettre les bouchées doubles d’ici la saison estivale. « On commence avec une action dès le 21 mai, avec une mobilisation devant le Medef local. On va l’interpeller, il a sa responsabilité dans la situation actuelle », annonce le secrétaire général. Après des interpellations de la préfecture et de la Chambre de commerce et d’industrie (CCI), l’objectif est donc de viser le patronat. « La restructuration du monde du travail est impulsée par le patronat, l’emploi ne peut plus être la variable d’ajustement des comptes d’exploitations », juge Marc Pietrosino. Avant de développer le calendrier : « On déclinera avec d’autres actions sur le territoire par la suite. Ce mardi, on a une réunion à l’Union locale de Fos-sur-Mer avec plusieurs acteurs. »

    Quid de mouvements de grève à venir ? « Plusieurs acteurs sont déjà partants pour monter le niveau du rapport de force. Des actions de grève d’ici fin juin dans la zone ont été évoquées », répond François Canu, secrétaire de l’UD. Avant de résumer le plan : « On va solliciter tous azimuts les acteurs politiques et économiques. »

  • Fibre Excellence en redressement judiciaire

    Fibre Excellence en redressement judiciaire

    Dans sa décision datée de ce lundi matin, le tribunal de commerce décide d’ouvrir une procédure de «redressement judiciaire» à l’égard de l’entreprise Fibre Excellence et de ses deux usines de pâtes à papier, à Saint-Gaudens en Haute-Garonne et à Tarascon dans les Bouches-du-Rhône. « Les conditions légales étant réunies, il y a lieu dans ces conditions d’ouvrir une procédure de redressement judiciaire », justifie le tribunal. Qui explique notamment « qu’il est établi que la SAS FIBRE EXCELLENCE est dans l’impossibilité de faire face au passif exigible avec son actif disponible et est en conséquence en état de cessation des paiements ».

    Toutefois, le tribunal estime aussi que « l’entreprise semble avoir les moyens de se diriger vers un plan qui aurait pour finalité la poursuite de l’activité, le maintien de l’emploi et l’apurement du passif ». D’où un redressement judiciaire assorti d’une large période d’observation. Le tribunal « fixe à 6 mois la durée de la période d’observation pendant laquelle sera établi un bilan économique et social et des propositions tendant à la continuation ou à la cession de l’entreprise dans le cadre d’un redressement ». Notons que l’entreprise devra revenir deux fois au tribunal pendant cette période. « La SAS FIBRE EXCELLENCE SAS devra se présenter au tribunal devant le juge-commissaire (2ème étage), le mercredi 03 juin 2026 à 09H00 munie d’une situation de trésorerie, d’une situation financière », explique la juridiction. Laquelle « renvoie l’affaire en chambre du conseil à l’audience du mercredi 17 juin 2026 à 09H00, […] afin de déterminer si l’entreprise dispose des capacités financières suffisantes à sa poursuite d’activité et le maintien de la période d’observation ».

    Une nouvelle en demi-teinte pour la Filpac-CGT du site. Si elle se dit rassurée « à moitié » , elle note surtout que cette période d’observation est « 6 mois avec le couteau sous la gorge, à la vue de la trésorerie, on ne sait pas si on va tenir d’ici là ».

  • L’entreprise Fibre excellence espère une poursuite d’activité

    L’entreprise Fibre excellence espère une poursuite d’activité

    L’avenir de Fibre excellence s’écrit ce lundi 27 avril. Après des mois d’inquiétudes sur la pérennité financière de l’entreprise et ses usines de pâte à papier, une cessation de paiements, le 15 avril, puis un abandon du groupe par l’actionnaire principal, le tribunal de commerce de Toulouse doit se prononcer aujourd’hui sur un potentiel redressement judiciaire. Le tout, à la suite d’une audience tenue le 21 avril, où direction comme représentants des salariés ont plaidé en faveur d’une poursuite d’activité. « L’audience ne s’est pas trop mal déroulée au regard des résultats de l’entreprise. La procureure a requis deux mois d’observation », relate Laurent Quinto, de la Filpac CGT.

    De quoi laisser le temps pour trouver un sauf-conduit ? L’équation reste complexe, alors que l’État avait proposé 150 millions d’euros d’aides à moyen et long terme, puis une revalorisation du tarif de vente d’électricité produite sur les sites, avant que l’actionnaire n’annonce ne plus mettre d’argent supplémentaire dans sa holding française. « La direction a rappelé que l’entreprise serait viable à plusieurs conditions, les salariés ont aussi des projets industriels sérieux », développe le syndicaliste, qui a pris la parole à la barre du tribunal au nom de l’intersyndicale (CGT, FO et CFDT). Justement, la direction a sollicité « un redressement judiciaire avec poursuite d’activité » afin de « permettre d’examiner les solutions les plus appropriées pour assurer la pérennité de l’entreprise ». Si les salariés gardent donc espoir, plusieurs questions se posent en cas de redressement. « Il manque 20 millions d’euros pour tenir l’année. Mais si l’on ferme, le coût social sera bien plus important », note Laurent Quinto, qui rappelle que de nouveaux plans d’économies ou de suppressions d’emplois ne seront pas tenables sur les sites de Haute-Garonne et de Tarascon.

    Vers un arrêt des usines

    « Est-ce qu’un autre industriel peut reprendre l’activité d’ici deux mois ? », interroge-t-il. Avant d’émettre quelques idées : « L’État pourrait se porter garant, mettre sous tutelle… » L’idée d’une nationalisation a aussi été mise sur la table par Sophie Binet, secrétaire générale de la CGT, quand la Région Occitanie affirme se mobiliser pour le maintien de l’activité.

    En bref, quelle que soit la décision prise par le tribunal, le chemin sera encore sinueux pour assurer une viabilité à l’entreprise. Et l’urgence est bien là : « Les usines s’arrêtent cette semaine car l’on n’a plus de bois, les fournisseurs ont logiquement peur de ne pas être payés. »