Cette journée est importante pour notre ville, qui compte désormais un bâtiment classé Monument historique de plus. Il s’ajoute aux 160 monuments historiques de votre ville qui sont déjà protégés », lance Marie-Pierre Sicard-Desnuelles à l’attention de Sophie Joissains, maire (UDI) d’Aix. Présidente du conseil de surveillance de l’hôpital de Montperrin, elle fait partie du florilège d’autorités locales et figures de santé réunies pour marquer, enfin, l’inscription de ce lieu patrimonial aux Monuments historiques.
La démarche avait été engagée sous la direction de Pascal Rio, ancien directeur d’établissement. Installé en plein centre-ville, derrière son entrée principale historique, l’établissement raconte l’histoire et l’évolution du regard porté sur les différentes pathologies mentales et la prise en charge des patients au fil des décennies. « Les murs, les façades, la conception des pièces ne sont pas que des éléments matériels. Ce sont les témoins d’une histoire de la psychiatrie, de l’asile d’aliénés – sa dénomination d’origine – à l’établissement public de santé mentale d’aujourd’hui, déroule Gaëlle Dufour, directrice de l’établissement. Jusqu’au XIXe siècle, les personnes atteintes de troubles mentaux étaient généralement enfermées dans des conditions indignes, dans des lieux conçus avant tout pour les éloigner de leurs contemporains. »
Ces considérations résident d’ailleurs encore dans les murs de l’hôpital. Le 3 bis F, par exemple, devenu, à la fin des années 1970, centre d’art contemporain installé au cœur même du site, garde encore les traces du pavillon d’enfermement pour femmes dites « agitées ». En 1838, une loi inspirée notamment par les travaux du médecin Philippe Pinel favorise une approche davantage tournée vers le soin des malades psychiatriques que vers leur mise à l’écart. Chaque département est alors tenu de se doter d’un « asile d’aliénés », selon la terminologie de l’époque. « Nommé médecin directeur en 1859, Eugène Pontier partage cette vision plus humaine et s’indigne des conditions d’accueil jusque-là réservées aux malades mentaux. En 1864, la propriété du Montperrin est acquise et, en 1867, débute la construction du nouvel asile », poursuit Gaëlle Dufour.
Avant cette réorganisation, les prémices de la prise en charge de la maladie mentale se trouvent dans l’ancien « hospice général des insensés », fondé en 1698, dans le quartier de Saint-Eutrope. Aujourd’hui, « c’est tout un urbanisme, l’hôpital de Montperrin. Ce sont des allées, des jardins, une conception qui diffère totalement des hôpitaux d’aujourd’hui, où l’on peut voir des dizaines d’étages s’empiler. Ici, il y a des chemins, des lieux de rencontre, mais aussi les 3 bis F (…), décrit Sophie Joissains. On espère que malgré les vicissitudes métropolitaines, l’aspect spectacle vivant pourra se poursuivre l’année prochaine, dans deux ans, dans trois ans… ».
La maire se félicite aussi d’une inscription qui barre la route aux possibles « appétits immobiliers ».

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