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  • [Entretien] Daniel Bretonès, CGT : « L’industrie est menacée par la crise et la financiarisation »

    [Entretien] Daniel Bretonès, CGT : « L’industrie est menacée par la crise et la financiarisation »

    La Marseillaise : La rentrée sociale va être dense. Quelles sont les dates à ne pas manquer ?

    D.B. : Il va y avoir pas mal de journées d’action : le 15 septembre dans la santé et l’énergie, puis le 29 septembre dans la fonction publique. Dans notre périmètre, on a l’industrie qui est menacée par la crise mais aussi par la financiarisation. Avec la Fédération de la Chimie et la Ville, on organise des assises de l’industrie à Martigues le 1er octobre, parce que Kem One est très menacé.

    Quelle est la problématique ?

    D.B. : C’est une entreprise qui est en difficultés financières seulement à cause de son montage financier. C’est une LBO, donc un système où l’entreprise qui reprend fait payer le crédit qu’elle a elle-même engendré par le site lui-même. Kem One a été rachetée en 2021 par le fonds de pension américain Apollo quasiment sans dette. Pourtant, on parle aujourd’hui de 700 millions d’euros de dette, et ce sont les salariés qui remboursent. Kem One fait plus de 60 millions de bénéfices mais a un budget de fonctionnement (hors salaire et maintenance) qui est au-delà de ce qu’elle gagne. C’est une gestion purement financière de l’économie. La LBO mise en place par Maastricht sert juste à engraisser la finance et à détruire notre industrie.

    Aujourd’hui on craint une revente de Monarch Alternative Capital, qui a pris le contrôle de l’entreprise en juin après qu’Apollo lui a cédé. Le groupe Apollo accepte de s’asseoir sur une partie de la dette, mais demande à l’État de compenser. Il y a une menace sur l’emploi, il y a quand même plus de 1 300 salariés concernés. C’est un groupe qui a un impact important sur la France et qui est primordial pour l’industrie. Il fait du PVC, du chlore et de la soude, qui est utilisée dans les centrales nucléaires et dont la production doit être locale parce qu’elle ne peut pas être transportée. Si Kem One tombe, aucun acteur en France ne sera capable de prendre le relais. C’est aussi un des premiers clients de Naphta Chimie, de LyondellBasel à Berre…

    Pour nous, il y a urgence de dénoncer ce genre de choses mais aussi proposer des solutions comme la nationalisation, ou un principe qui permet à l’État de devenir actionnaire quand il met de l’argent. Quand Kem One était en redressement, l’État a investi 300 millions d’euros. Aujourd’hui, il aurait pu être gestionnaire de cette boîte.

    Quel regard portez-vous sur
    la décarbonation après que
    le Carbon, qui était présenté comme l’une des locomotives,
    a finalement été abandonné ?

    D.B. : On met la lumière sur des projets qui n’arrivent jamais. Tout tombe à l’eau pour la simple et bonne raison que l’État français est créditeur et dépendant des banques. À l’époque, on empruntait à la banque de France avec un taux d’intérêt de 0, donc on ne payait pas de dette. Aujourd’hui, si on veut une vraie planification écologique ou industrielle, il faut sortir de la loi Pompidou-Giscard-Rothschild de 1973.

    Comment va se poursuivre la lutte pour le redimensionnement de l’hôpital ?

    D.B. : On est très inquiets, avec toutes les maladies professionnelles et les expositions, de savoir l’état de l’hôpital de Martigues. On se dit qu’en cas d’incident majeur, il n’y aura pas de service de santé puisqu’on est même pas capables de gérer des épidémies saisonnières. Les soignants sont maltraités par l’État, par leur direction, qui leur demande de travailler plus pour compenser le manque de personnel, mais aussi par les patients, qui sont en colère. Et puis, on a un gros souci au niveau du respect du droit de grève, avec des soignants qui sont systématiquement assignés. On a déjà interpellé la direction, les salariés en ont marre, ils peuvent même plus s’exprimer. Jeudi prochain il y aura une assemblée générale pour coordonner des journées de grève, mais aussi pour interpeller la population, parce que c’est notre hôpital à tous en tant que citoyens. C’est un bien commun.

    La campagne pour l’élection présidentielle va aussi rythmer l’année. Comment préparez-vous cette échéance ?

    D.B. : On a une réflexion pour rentrer dans une campagne contre les idées d’extrême droite, que même les politiques libéraux récupèrent. Pour nous, le gros combat à mener c’est de faire comprendre que le RN ne s’attaque pas qu’aux étrangers mais aussi aux personnes handicapées, aux services publics, à l’écologie, aux salariés… Les premières lois que passe l’extrême droite au pouvoir c’est pour réformer le droit du travail pour asservir les travailleurs. Parce que l’extrême droite travaille pour le grand capital.

  • Les salles de repos du personnel de l’hôpital de Brignoles bientôt toutes réhabilitées

    Les salles de repos du personnel de l’hôpital de Brignoles bientôt toutes réhabilitées

    Ce ne sont pas les agents engagés au quotidien, jour et nuit, sur les nombreux sites du centre hospitalier intercommunal qui vont s’en plaindre. Bien au contraire, même. Puisqu’ils vont pouvoir disposer de lieux fonctionnels pour profiter d’un temps de repos mérité et surtout indispensable pour assurer leur mission en sécurité. Et supporter les conditions de travail très dégradées avec entre autres une hausse constante des charges de travail du fait d’un manque d’effectif chronique.

    C’est d’ailleurs ce que souligne la direction, elle-même, en mettant en avant leur dévouement malgré « un environnement matériel de travail en assez mauvais état », précisant que les personnels assurent une qualité de prise en charge reconnue par tous les usagers.

    Une satisfaction qui ne doit surtout pas faire oublier, poursuit-elle, les difficultés que les personnels rencontrent au quotidien.

    L’occasion de rappeler que le métier de soignant est en effet une des activités professionnelles les plus exposées. Leur engagement les confrontant quotidiennement à des risques infectieux, des blessures et Troubles MusculoSqueletiques (lombalgies, pathologie épaules…) avec les manutentions répétées de charges et de personnes, aux chutes et aux glissades. Mais aussi à de nombreuses sources de stress telles qu’un épuisement induit par les cadences intenses et répétées, la confrontation constante à la maladie, à la fin de vie et à la mort, ainsi qu’aux petites et grandes violences en provenance des patients et de leur entourage.

    Le recours au privé

    qui interroge

    D’où l’importance de pouvoir avoir accès à des salles de pause pour, le temps d’un moment, se mettre à l’abri et recharger ses accus.

    D’autant que la majorité des professionnels travaillent 12 heures consécutives et ne quittent pas ou très peu leur service sur ce temps. Les pauses s’organisent en fonction de l’activité de service avec l’obligation légale d’une, de 20 minutes, toutes les 6 heures, comprenant la restauration.

    L’aménagement de leur environnement de travail devient donc d’autant plus indispensable. D’autant que cela permet aussi, outre l’indispensable repos physique et mental, de se retrouver pour les besoins de l’organisation même du service. Des lieux, pointe la direction, propice à plus de concertation et de coopération entre soignants et de cohésions des équipes, où l’on peut retrouver des informations important aussi. Et peut-être même où l’on peut questionner ensemble le manque de moyens pour exercer ses missions.

    « L’enjeu à proposer aux soignants des salles de pause agréables et fonctionnelles est donc crucial et l’établissement en a fait une priorité dans ses appels à mécénat avec la chance extraordinaire d’avoir été entendu et soutenu immédiatement par le fonds de dotation MGL des entreprises Lauvige », précise l’établissement.

    En tout ce sont 30 salles qui vont être modernisées sur l’ensemble des sites du centre hospitalier pour un coût de 55 000 euros prix en charge en intégralité par le mécénat.

    Le centre hospitalier annonce également lancer en fin d’année via son nouveau fonds de dotation Còrdea, un appel à dons à destination des commerçants et habitants du territoire pour équiper en électroménager et en fauteuil de repos ces salles de pause rénovées.

    Solliciter la « générosité » du privé, pourquoi pas. Mais ça en dit long tout de même sur le sous-investissement de l’État dans l’hôpital public et le service public de santé.

  • [Entretien] Patrick Bourdillon, CGT : « Avec l’ambulatoire, la prise en charge échoit aux familles »

    [Entretien] Patrick Bourdillon, CGT : « Avec l’ambulatoire, la prise en charge échoit aux familles »

    La Marseillaise : La maternité d’Apt a fermé en 2016, celle de la clinique Urbain V à Avignon en 2024. Quelles conséquences ont pu avoir ces fermetures ?

    Patrick Bourdillon : La baisse de la natalité considérable dans notre département a fait que l’absorption de l’activité d’Urbain V n’a pas eu pour conséquence une explosion des naissances sur le centre hospitalier d’Avignon. Mais la fermeture de l’hôpital d’Apt a amené beaucoup plus de naissances à Cavaillon, d’autant plus que la distance est importante depuis Apt. Et il y avait eu avant les fermetures à Vaison-la-Romaine et Pertuis. Si les chiffres de difficultés dans la naissance n’ont pas forcément augmenté, leur pourcentage par rapport au nombre de femmes qui accouchent lui augmente. On s’aperçoit surtout que c’est le nombre de professionnels en capacité de prendre en charge l’enfant, et la durée notamment de l’hospitalisation en post-partum, qui vont compter.

    Le rapport de l’Igas pointe le manque de places en réanimation en néonatalogie dans la région, quels constats faites-vous ?

    P.B. : Sur un centre hospitalier de la taille de celui d’Avignon, le service de néonatalogie n’est pas suffisant puisque c’est une maternité de niveau 2, donc nous n’avons pas de réanimation en pédiatrie. La plus proche est à Marseille, à pratiquement une heure de trajet. Un bébé en difficulté à Orange aura donc moins de chances qu’un bébé à la Timone. Mais les difficultés sur la réanimation existent aussi pour les adultes.

    Quelles sont les conditions de travail en néonatalogie ?

    P.B. : Elles sont plutôt bonnes dans la mesure où il y a un encadrement suffisant, même si parfois il y a des nécessités plus fortes. La néonatalogie est relativement préservée, mais nous ne sommes pas capables de gérer si beaucoup d’enfants ont des nécessités de soins, essentiellement pour les enfants prématurés ou pour ceux qui ont des complexités métaboliques ou des problématiques d’organes.

    Le travail de prévention est-il suffisant ?

    P.B. : Quand on voit les suppressions de subventions au Planning familial, on s’interroge… Ils ont dû faire appel à des dons en urgence ! D’autres préventions relèvent de la médecine de ville, mais le nombre de médecins est de moins en moins important. Cela a des conséquences, avant la naissance mais aussi après la grossesse. Il y a beaucoup d’arrivées aux urgences pédiatriques de jeunes mamans totalement perdues. L’ancien programme d’accompagnement du retour à domicile encourageait les jeunes mamans à rentrer le lendemain de l’accouchement, on a voulu faire de l’ambulatoire avec pour limite une prise en charge de l’individu qui échoit aux familles, et pas aux professionnels de santé. Alors il y a des incompréhensions sur la perception des symptômes de l’enfant, alors qu’il est de plus en plus compliqué de trouver des médecins, ne parlons même pas des pédiatres, pour voir si l’enfant est en danger ou pas. Le quadrillage médical ne se joue pas seulement sur les hôpitaux et maternités.

  • [Patrimoine] Au Frioul, l’hôpital aux quatre vents de Proust

    [Patrimoine] Au Frioul, l’hôpital aux quatre vents de Proust

    L’hôpital Caroline, complexe sanitaire de soins et de quarantaine trouve son origine dans l’épidémie de fièvre jaune de 1820 qui décima les équipages des ports de Méditerranée. Durant l’été 1821, un navire venant de Cuba avait introduit la fièvre jaune à Barcelone provoquant 20 000 morts. Dans la foulée, un navire infecté venant de Malaga était mis en quarantaine à Pomègues. 12 marins décédaient, mais la cité phocéenne n’était pas touchée, ce qui convainquait l’Intendance sanitaire de demander à Louis XVIII de construire au Frioul un port bastionné pour la quarantaine. Il aura coûté 638 000 francs-or sur des fonds du Trésor public, de la Chambre de commerce et de la Ville. Son nom est un hommage rendu à la duchesse de Berry, Marie-Caroline de Bourbon-Siciles qui séjourna en quarantaine au la zaret d’Arenc.

    Le projet est confié à l’architecte Michel-Robert Penchaud qui édifie en 1828 cet hôpital sur un promontoire battu par les vents de l’île de Ratonneau suivant un système pavillonnaire autour de deux grandes cours et obéissant aux préceptes d’isolement, de surveillance et d’aération maximale. Il est conçu pour accueillir 48 malades et 24 convalescents dans 12 corps de bâtiments sur 3 500 mètres carrés.

    « C’est une ruine »

    En 1847, le secrétaire de l’Intendance Sanitaire décrit un bouge : « Ce que j’ai vu dépasse toute idée de malpropreté que j’avais pu me faire, les quatre pavillons habités par les ouvriers sont dans un état déplorable. Il n’existe pas de cloaque plus sale, plus dégoûtant ; les escaliers intérieurs, les paliers et les planchers sont meublés d’ordure… En fait les quatre pavillons sont dans un état pitoyable… »

    Ce qui n’empêche pas en 1850, d’y transférer les malades du lazaret d’Arenc. Puis l’armée réquisitionne les lieux jusqu’en 1856 pour y soigner plus de 700 soldats atteints parfois du typhus de retour d’Afrique et de Crimée. 308 navires débarquent alors 33 500 marins, 124 200 militaires et 5 090 passagers civils. 709 malades furent traités à l’hôpital parmi lesquels on déplora 165 décès, dont 90 dus au typhus.

    En 1900, 35 malades de la peste y sont hospitalisés. En décembre 1903, un rapport à l’Académie de médecine signale son état déplorable : « Qu’il me soit permis de vous dénoncer l’hôpital Ratonneau destiné aux malades atteints de la peste, de la fièvre jaune ou du choléra. Il vous est impossible de vous représenter un hôpital aussi délabré et aussi abandonné. Il ne renferme ni pharmacie, ni instruments, en un mot il n’y a rien ; ce n’est pas un hôpital, c’est une ruine » écrit le docteur Josias.

    Deux ans plus tard, le docteur Adrien Proust, père de Marcel Proust, vient à Marseille prodiguer ses conseils pour lutter contre l’épidémie de choléra. Son rapport « sur les améliorations à apporter au fonctionnement du service [sanitaire] dans le port de Marseille et au Lazaret du Frioul », fustige le recrutement des auxiliaires du lazaret parmi « les personnes errant sans emploi sur les quais de Marseille et qui n’ont aucune notion du travail auquel on les destine ». En 1923, le nom d’Adrien Proust est brièvement donné à l’hôpital du Frioul.

    Il sert encore d’hôpital en 1941 en raison d’une épidémie de typhus dans les prisons de Marseille puis devient un dépôt de munitions de la Wehrmacht pilonné à la Libération. Racheté par la Ville en 1978, il est inscrit aux monuments historiques en 1980. L’association Caroline s’est battue avec la fédération Remparts pour lancer des travaux de restauration au travers du bénévolat estival puis a bâti un partenariat avec la prison des Baumettes pour des chantiers de réinsertion avec des détenus en fin de peine. Progressivement le pavillon Saint-Roch, l’ancienne infirmerie, le pavillon des morts, les murs d’enceinte, le pavillon des entrées, le pavillon de bains puis le pavillon Chevalier Roze ont été restaurés avec la chapelle centrale de style hellénistique pour rappeler les origines de la cité phocéenne. En 2007, Acta Vista poursuit le chantier pour le pavillon des intendants, la capitainerie.

    Il se visite à l’occasion des Journées européennes du patrimoine. On peut longer l’enceinte et à travers la grille observer la cour intérieure, la chapelle et les pavillons, tout en jouissant d’une vue exceptionnelle sur la rade phocéenne.

  • Les hospitaliers réclament une « prime canicule »

    Les hospitaliers réclament une « prime canicule »

    En France, près de 60% des bâtiments hospitaliers sont considérés comme vétustes. Le CHU de Montpellier ne fait pas exception, avec seulement 40% de ses services équipés en climatisation. Des températures exceptionnelles y ont été relevées depuis le début des canicules estivales, notamment en pédiatrie ou à la maternité, avec des pics jusqu’à 42 degrés dans la blanchisserie de l’hôpital. « Certains agents ont fait des heures supplémentaires et d’autres sont revenus sur leurs jours de repos pour travailler dans des conditions très difficiles, raconte Pierre Renard, infirmier et délégué syndical de la CGT au CHU de Montpellier. Nous demandons donc au gouvernement une prime exceptionnelle pour récompenser leurs efforts, un peu à la manière de celle qui avait été mise en place pendant la Covid. »

    Revaloriser les salaires

    « Il faut financer au plus vite l’adaptation de nos infrastructures au réchauffement climatique. Cela fait déjà plus de dix ans qu’on alerte sur ce sujet au CHU de Montpellier », continue Pierre Renard. Selon lui, au-delà du financement des rénovations, le nerf de la guerre pour un hôpital public de qualité reste la rémunération des hospitaliers. Cette prime ne saurait donc se suffire à elle-même si elle ne s’accompagne pas de la revalorisation des salaires de tous les agents du service public, à commencer par ceux de la catégorie C, comme certains ouvriers et membres de l’administration. « Ce sont des agents essentiels au fonctionnement de nos établissements et pourtant, certains sont rémunérés moins que le SMIC. Seulement, s’il n’y a pas d’agent pour désinfecter le bloc, il ne peut y avoir d’opération derrière. Et rien ne sert de recevoir des clims si on continue de mépriser les agents qui les installent. »

  • La Région Sud débloque in extremis le volet foncier du nouvel hôpital d’Aubagne

    La Région Sud débloque in extremis le volet foncier du nouvel hôpital d’Aubagne

    Soulagement pour les défenseurs du projet du futur hôpital à Aubagne. Il y a une dizaine de jours, l’Agence régionale de santé (ARS) Paca révélait dans les colonnes de La Provence qu’une solution devait être trouvée pour l’achat du foncier, estimé autour de 3 millions d’euros, d’ici l’automne 2026. Faute de quoi le projet risquait de perdre une importante partie de ses financements, compromettant ainsi sa réalisation.

    Ce mercredi, c’est finalement une participation de la Région qui a débloqué la situation. « Nous avions un problème important de sécurisation des financements, avec un terrain qui devait pouvoir être acheté rapidement, a détaillé Renaud Muselier, président (Ren.) de la Région Sud. Nous avons décidé, dans un premier temps, que la mairie d’Aubagne en paie la moitié et que la Région paie l’autre, pour débloquer la situation au niveau de l’État et du directeur général de l’ARS ». La collectivité s’engage à une avance de 1,5 million d’euros pour compléter le financement du foncier, le reste étant à la charge de la Ville d’Aubagne. « Nous verrons, plus tard, avec un tour de table que nous n’avions plus le temps de faire, pour l’achat complet de ce terrain », poursuit le candidat aux sénatoriales.

    Initialement prévu à la seule charge de la Ville d’Aubagne, le financement de l’acquisition des terrains a connu plusieurs rebondissements ces derniers mois. Le conseil municipal avait, dès le 5 juin, appelé à la construction d’un « front territorial commun » pour défendre le projet du nouvel hôpital, tout en invitant les communes concernées à mettre au pot pour l’acquisition foncière. « Puisque cet hôpital dessert 19 communes, ces [dernières] doivent s’impliquer activement dans le projet, mais aussi dans son cofinancement ! Nous ne pouvons plus être les seuls à porter la charge financière d’équipements dont bénéficie l’ensemble du bassin de vie », avait alors déclaré Jean-Pierre Squillari, maire (DVG) d’Aubagne.

    Les maires en difficulté

    Début juillet, lors d’une réunion sollicitée par Stéphanie Luquet, directrice et représentante légale de l’actuel centre hospitalier de la ville, une demande concrète de participation avait été formulée aux 19 maires concernés. Une perspective accueillie diversement selon les municipalités. Nombre d’entre elles estimaient en effet ne pas être en mesure de contribuer financièrement, leurs budgets étant déjà fortement contraints.

    C’est finalement Véronique Miquelly, maire (LR) d’Auriol, qui a sollicité une réunion rassemblant la Région et les parties prenantes, craignant un abandon du projet. Ce qui a abouti, mercredi, à l’engagement d’1,5 million d’euros de la Région. « Les maires sont d’accord pour participer à l’achat du foncier. Le problème était l’urgence. Pour Auriol, c’était 360 000 euros à trouver en quelques semaines. C’est pour ça que j’ai sollicité le président de Région », a-t-elle souligné. L’avance financière de la Région doit permettre aux communes d’étaler leur participation.

  • La Boîte à bijoux : nouvelle forme de soins au CHU de Montpellier

    La Boîte à bijoux : nouvelle forme de soins au CHU de Montpellier

    C’est la deuxième intervention au CHU de Montpellier pour la journaliste de Radio Clapas Laure Méravilles, qui s’est prise de passion pour le milieu hospitalier. « J’ai débuté en pédiatrie », explique celle qui a d’abord coordonné le projet sonore Portraits de doudous. Mêlant radio et photo, il donnait la parole aux enfants malades et à leurs doudous à travers une exposition et des podcasts. « Au moment du montage, je me suis questionnée sur ce que je devais faire des enregistrements de ceux qui n’étaient plus là. Je suis allée poser la question au service de soins palliatifs et c’est comme ça que s’est faite la rencontre », raconte-t-elle.

    Laure Meravilles s’est formée à la faculté de Médecine de Nîmes pour appréhender la relation avec les patients. « J’ai eu un coup de foudre pour la démarche et j’ai voulu décliner ce projet sonore et artistique chez les adultes », commente-t-elle. Inspirée par le récent modèle de biographie hospitalière, cette forme de thérapie où le professionnel et le patient construisent ensemble une biographie reliée remise à la famille après le décès, elle invente « l’audiographie » hospitalière. Durant plusieurs rendez-vous, Laure propose ainsi au patient de se livrer à propos d’un bijou qui lui appartient et d’évoquer un souvenir. Elle travaille ensuite avec Christelle Labrande pour construire le support photo de l’enregistrement qui sera remis à la famille du patient. « La voix enregistrée peut survivre à celui ou celle qui l’a portée », remarque Laure, qui veut faire de la voix radiophonique un lien entre le disparu et son entourage. « C’est une parole authentique, consentie et préparée par le patient lui-même. »

    Sylvie Galan, cadre de santé en oncologie à l’hôpital Saint-Éloi, a vu évoluer le projet. Très optimiste, elle le désigne comme un renforcement des soins de support, ces méthodes destinées à permettre une meilleure acceptation et prise en charge du patient et de sa pathologie. « C’est une thérapie, c’est un plus qui s’inscrit dans la globalité des soins proposés », affirme-t-elle. « C’est bénéfique pour les patients de parler à quelqu’un qui n’est pas du milieu médical, une relation de confiance se construit. Ils se sentent écoutés et valorisés », précise la cadre de santé.

    Humaniser les relations hospitalières

    Ce dispositif fait partie d’un large panel de soins narratifs proposés au CHU. Ces soins visent à placer le récit du patient et son écoute attentive au centre de la relation médicale, pour construire un lien plus humain et profondément empathique. « À mesure que le projet grandit, on élargit les sujets, les souvenirs à raconter et la conversation déborde », avoue Laure. Cette approche sur-mesure et très humaine est appréciée par les patients. « Je suis suffisamment à l’aise pour donner un bout de moi », confie Alexandra, patiente en oncologie. « Il y a le côté agréable de faire des rencontres et le côté agréable de se remémorer de jolis souvenirs » ajoute-t-elle. Lorsque Laure lui apporte son objet finalisé, elle est émue : elle l’offrira à sa fille.

    Le projet traduit l’alliance thérapeutique tissée entre les malades et les soignants dans le milieu hospitalier. C’est le cas de Jean-Luc, greffé du cœur en 2013 et aujourd’hui suivi en oncologie. Venu enregistrer sa photo sonore dans le studio de radio Clapas, il insiste sur sa reconnaissance envers le personnel qui a remplacé son cœur par un autre cette nuit du 31 décembre : « Je leur apporte un petit cadeau chaque année », assure-t-il. Jean-Luc est aujourd’hui engagé dans plusieurs associations et intervient dans les établissements scolaires pour parler de son expérience avec les professeurs des matières scientifiques. Il vient raconter ses tatouages et sa vie de greffé au micro : motard aguerri au look de rockeur, il porte une multitude de bagues sur lesquelles Laure le questionne. Cet enregistrement, il le fera pour raconter comment il a décidé de continuer à vivre, en explorant le monde sur sa moto.

  • La CGT de l’hôpital de Manosque déplore les mesures d’économie

    La CGT de l’hôpital de Manosque déplore les mesures d’économie

    Le personnel n’est pas responsable des difficultés financières de l’établissement et refuse toute mesure impactant négativement ses conditions de travail, sa santé et les soins qu’il prodigue » : dans un communiqué diffusé lundi soir, la CGT de l’hôpital de Manosque déplore la stratégie d’économies et de « réduction d’effectif » envisagée par la direction, qui a annoncé de nombreuses « réorganisations » ces dernières semaines. « Comment peut-on prétendre développer l’activité de l’hôpital avec toujours moins de personnel ? », s’interroge le syndicat, alors que Camille Galtier (DVD) vient d’être réélu président du conseil de surveillance et a indiqué souhaiter rencontrer les syndicats avant la rentrée.

    L’hôpital est « confronté à une situation financière fortement dégradée », avec « un niveau d’endettement élevé et une trajectoire déficitaire persistante », explique la direction, qui annonce une réunion, début septembre, pour présenter le plan d’efficience aux cadres. Elle nie tout plan de licenciement, mais reconnaît « des départs non remplacés ». Selon la CGT, « l’établissement doit déjà près de 30 000 heures de travail non récupérées aux agents, les équipes travaillent en sous-effectif » et « les absences sont de moins en moins remplacées ».

    En conséquence, le syndicat appelle à une journée de mobilisation et de grève le 15 septembre, en attendant le prochain conseil de surveillance du 9 octobre, « où un plan social définitif doit être présenté par la direction », selon la CGT.

  • Les syndicats se préparent à la concertation à l’hôpital de Martigues

    Les syndicats se préparent à la concertation à l’hôpital de Martigues

    C’est un petit soulagement. Après l’action de jeudi dernier, les agents de l’hôpital de Martigues ont obtenu deux engagements de la part de la direction : « L’assurance que les mesures ne seront pas mises en place dès maintenant et qu’il y aura un dialogue social », détaille Laure Privat, déléguée syndicale CGT.

    Plusieurs sujets cristallisent les inquiétudes : la révision envisagée du temps de pause méridienne, du mode de rémunération des astreintes, des heures supplémentaires des agents à temps partiel, ainsi que du dispositif de garde des infirmiers anesthésistes.

    Ces dispositifs, « en vigueur au sein du centre hospitalier depuis la fin des années 1990 et le début des années 2000 », ne sont pas conformes à la réglementation selon « les travaux engagés à la suite des observations de la Chambre régionale des comptes en 2025 et des analyses conduites avec l’Agence nationale d’appui à la performance en 2026 », affirme le directeur de l’établissement, Loïc Mondoloni. « Si certaines recommandations (…) ont des conséquences financières, ce n’est pas ce qui conduit à l’engagement de la démarche », assure-t-il.

    Un discours auquel la CGT ne croit pas. Le syndicat y voit une recherche « d’économies » et dit travailler de concert avec la CFDT, une avocate et un cabinet d’expertise « sur de possibles dérogations » pour pouvoir maintenir ses conquis sociaux.

    Une injonction de retour à la légalité

    Au bloc opératoire, une grève est toujours en cours, selon le syndicat. Jeudi dernier, Manon, qui y est infirmière, témoignait : « On tourne avec deux trois intérimaires par jour, personne ne veut venir chez nous parce qu’on perd en qualité au niveau de nos conditions de travail. On n’est pas assez attractifs et aujourd’hui, on veut nous retirer en plus un acquis au niveau des astreintes. »

    Alice, infirmière anesthésiste, s’inquiétait quant à elle d’une mise en place d’une ligne en 12h à la place des gardes de 24h. « Le personnel n’y est pas et ça va nous enlever énormément de jours de repos de compensation. Sans compter que les patients pourraient pâtir du manque d’effectifs et de la fatigue qui va s’accumuler. »

    Laure Privat assène : « Notre mot d’ordre, c’est de ne pas céder de terrain. Aucune régression de nos droits. » Si « aucune modification de cycle ou d’organisation ne serait mise en œuvre avant l’aboutissement des concertations », la direction prévient : celles-ci devront « aboutir, dans la mesure où nous avons une décision de justice qui l’exige ». L’établissement a reçu, en octobre 2025, une injonction de retour à la légalité du procureur général auprès de la Cour des comptes concernant la pause méridienne.

    Sur ce point, l’établissement souhaite prendre en compte « les exceptions liées aux situations où les agents demeurent mobilisables pendant leur pause, ainsi que le traitement de certaines organisations spécifiques ». Les syndicats craignent des conséquences pour certaines catégories, à l’instar des administratifs. « Il va falloir qu’on trouve des failles », glisse Laure Privat.

  • Les soignants de l’hôpital de Martigues refusent de perdre leurs conquis

    Les soignants de l’hôpital de Martigues refusent de perdre leurs conquis

    Les soignants de l’hôpital de Martigues dénoncent une volonté de faire des économies sur le dos des agents. Ce jeudi, alors que les partenaires sociaux devaient rencontrer la direction, des dizaines de personnels en grève ont envahi la salle des Pinèdes à l’initiative d’une intersyndicale CGT et CFDT. À l’origine de la fronde : la crainte d’une mise en œuvre des recommandations de l’Agence nationale d’appui à la performance suite au rapport de la Chambre régionale des comptes publié en octobre 2025, qui soulignait les problématiques financières de l’établissement.

    Son directeur Loïc Mondoloni concède : « La bonne nouvelle, c’est que la situation s’est bien améliorée : le niveau de déficit a été réduit de 40%. Mais il y a des choses non conformes à la loi et ça, il faut le régler quels que soient les impacts budgétaires. Fin 2025, j’ai reçu une injonction d’un procureur financier de revenir à la règle. J’engage ma responsabilité en tant que gestionnaire public. »

    Le principal sujet à traiter est celui de la pause méridienne. « On veut nous enlever 40 minutes de temps de travail alors qu’on mange en bossant », s’agace Laure Privat, secrétaire générale du syndicat CGT. Avec une conséquence directe, évoquée comme une hypothèse pour le moment : la suppression de RTT. « Pour un temps plein, ça équivaudrait à peu près à 9 jours de repos en moins sur l’année », détaille Manon, infirmière au bloc opératoire.

    « On veut de l’équité. »

    Le décret du 4 janvier 2002 stipule qu’une pause « d’une durée de 20 minutes est accordée lorsque le temps de travail quotidien est supérieur à 6 heures consécutives » sauf si les agents restent à la disposition de leur employeur, auquel cas cette pause est considérée comme du temps de travail effectif. « On est toujours à disposition », s’agacent les personnels. La direction entend « poser des principes » puis « discuter des exceptions avec les équipes » dès le mois de septembre. « Il y a des services où il n’est pas question de décompter ces 40 minutes parce qu’il faut une continuité. » Pour les personnels, hors de question de différencier les conditions de travail en fonction du poste. « On veut de l’équité. »

    Nathan Cabiac, secrétaire général CGT, affirme qu’il n’est pas envisageable de toucher aux RTT des soignants. « Aujourd’hui on a du temps de travail qui n’est pas pris en compte : quand on arrive avant pour la relève, le quart d’heure qu’on note jamais mais qu’on donne par conscience professionnelle, le temps d’habillage, de déshabillage… Ce temps, il faut le prendre en compte et il compense largement le temps de pause méridienne. » La direction s’est engagée à ne pas toucher aux jours de repos mais prévient : « La question de la pause devra être posée. »

    Celle du forfait des astreintes sera aussi à l’ordre du jour. La rentrée promet d’être mouvementée. Les soignants du bloc opératoire ont entamé une grève reconductible pour amplifier la mobilisation.