L’Allemagne dans le concert des nations qui comptent

La Deutscher Pétanque Verband affiche une ambition : rivaliser avec les mastodontes de la discipline à l’échelle européenne et mondiale. Et les résultats de ces dernières années sont probants. Le fruit d’un travail de formation engagé dans les catégories jeunes qui commence à se traduire chez les adultes.

Licencié en Bavière à Munich, Ulrich Moritz, un proche du président de la Fédération allemande, a suivi de près cette évolution : « J’ai commencé à jouer aux boules en 2002 dans le seul club de Munich. Aujourd’hui, il y en a 16 dans la région ». L’homme est habitué du Mondial où il a noué des liens forts avec l’ancienne présidente du comité bouliste des Bouches-du-Rhône. Au niveau national, cette évolution s’est traduite par une croissance du nombre de joueurs : « En 2000-2010, c’était 15 000 licenciés, en Allemagne. Aujourd’hui, on doit se situer autour de 25 000. La pétanque est de plus en plus connue ici ».

La sélection juniors

au Mondial des jeunes

Au-delà du nombre d’adhérents, le pays enchaîne surtout les bons résultats. L’Allemagne est devenue la première nation étrangère à inscrire son nom au palmarès du GP féminin La Marseillaise en 2021. Les hommes, ont décroché en 2025, leur première étoile européenne, après avoir battu les champions du monde italien puis l’équipe de France de Bonetto, Montoro et Doerr, en finale. En jeunes, l’Allemagne est aussi championne du monde tir de précision.

La récompense d’une politique volontariste ayant pour but de mieux préparer les joueurs aux grandes compétitions. Pour Moritz, cela doit passer par l’apprentissage et la compréhension des styles de jeu d’autres nations. Pour cela, l’Allemagne adopte depuis près de deux décennies une politique de stages et d’échanges à l’étranger. Cette année, la sélection nationale juniors, sacrée championne du monde en 2025 participera au Mondial des jeunes…

L’objectif est d’habituer ses joueurs au très haut niveau. « Si on veut que nos équipes fassent des progrès, il faut les faire jouer en France, dans le Sud. Depuis quelques années, une fois par an, les Fédérations française et allemande organisent une semaine de stage pour les juniors des deux nations ».

Âgé de 19 ans, Oskar Fitz fait partie de l’équipe nationale espoir, après avoir évolué en junior de 2021 à 2024. Licencié en Bavière, il fait les beaux jours du Boule club Mechenhard. Pour lui, la pétanque est avant tout une histoire de famille. Il a commencé à quatre ans, avec son père, son grand-père et son arrière-grand-père. Champion d’Allemagne junior et espoir, il évolue désormais en senior, où il a atteint les 16es de finale.

Ambitieux, il souhaite s’installer au plus haut niveau et a déjà joué plusieurs championnats d’Europe et du monde en jeunes. Signe de l’espoir placé en lui, il est le seul Allemand parrainé par Obut. Pour lui, La Marseillaise est une étape obligée. « Là je dois passer mon bac mais j’espère venir l’an prochain » explique-t-il même si son histoire avec Le Mondial est pour l’heure un rendez-vous manqué. La première fois, son arrière-grand-mère est décédée. L’an dernier, il était inscrit sur le concours junior mais son vol a été annulé. « On est arrivé en retard pour la première partie, on l’a perdue sur tapis vert puis on s’est dépêchés pour jouer la deuxième mais on a perdu aussi… » sourit Oskar Fitz.

Pour Claude Azéma, ancien président de la Fédération internationale de pétanque et de jeu provençal et de la Confédération mondiale des sports de boules, cet essor est aussi dû à la qualité des infrastructures qui améliorent la réceptivité à ce sport. Le but est d’intéresser un public curieux à la recherche d’un loisir, en plus du public plus connaisseur : « L’attrait principal des clubs est d’avoir un lieu clos pour accueillir des gens tous les jours. C’est ce qui aide au développement. Il est essentiel de toucher ceux qui font de la pratique loisir, en plus de ceux qui veulent faire de la compétition ».

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