Irriguées par le jazz comme le rock, notes en fusion en ligne de mire pour l’ouverture de la 28e édition du Charlie jazz festival. À Vitrolles, le jeudi 2 juillet, les riffs ravageurs du guitariste du New Jersey Al Di Meola en personne, résonneront au Domaine de Fontblanche. Révélé au sein de Return to forever dans les années 1970, groupe de jazz fusion du pianiste Chick Corea, ce tout frais septuagénaire ne cesse depuis d’éblouir le public avec sa technique tout autant que son sens de la mélodie tranchants. En mode Elegant gypsy ou bien paré de son Friday night in San Francisco, suggèrent deux de sa trentaine d’albums sémillants, Al Di Meola montera sur scène, lors de la soirée inaugurale, juste après le « jeune virtuose du trombone » Robinson Khoury. Un « musicien explorateur » qui, dans son dernier album MYA, « propose une synthèse audacieuse entre jazz contemporain, sonorités moyen-orientales, musique ancienne et textures électroniques », campe l’association Charlie Free, aux manettes du festival.
« Le festival se distingue par une programmation audacieuse et accessible qui s’adresse aussi bien aux amateurs éclairés qu’aux néophytes. Défendant une vision du jazz affranchie des standardisations médiatiques et des logiques industrielles, il met en lumière une musique vivante, inventive et ouverte aux croisements esthétiques », soulignent ses organisateurs. Illustration supplémentaire vendredi 3 juillet avec la venue de Lakecia Benjamin. Cette saxophoniste et chanteuse new yorkaise poursuit dans son récent et très abouti album We dream, son ascension des sommets jazz. Un son qu’elle croise avec le hip-hop et les musiques latines, comme un symbole des multiples influences ayant irrigué son quartier d’enfance, Washington heights, où vit une forte communauté dominicaine. Adepte lui-aussi de pareilles fusions au groove certain, le batteur Nate Smith sera également de la partie.
Chaque soirée du Charlie jazz festival voit ainsi le « dialogue de figures majeures de la scène jazz internationale et de talents émergents de la création contemporaine ». Si certains esprits grincheux en doutaient encore, le genre continue de vivre la tête haute, fidèle à son ADN voyageur. Le lendemain, la flûtiste d’origine syrienne Naïssam Jalal défendra l’opus Landscapes of eternity, « fruit de son immersion dans la tradition hindustani, musique classique du Nord de l’Inde ». Avant que la diva malienne Oumou Sangaré ne prenne son relais mélodieux, « portant à son plus haut niveau le wassoulou, cette musique envoûtante du Sud du pays, faite de rythmes hypnotiques de polyrythmies et de chants incantatoires », situent encore le Charlie jazz festival qui s’achèvera le 5 juillet avec le maestro du oud, Dhafer Youssef.

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