Tag: Vitrolles

  • Les eaux de l’étang de Berre de mauvaise qualité suite à l’orage

    Les eaux de l’étang de Berre de mauvaise qualité suite à l’orage

    Ce sont « des fermetures
    préventives
     », explique Raphaël Grisel. Suite à l’orage qui a éclaté lundi soir, le Gipreb, le syndicat mixte en charge de la réhabilitation de l’étang de Berre qu’il dirige, a préconisé l’interdiction à la baignade des plages de la lagune. Les plages d’Istres, de Vitrolles, de Saint-Chamas, de Marignane et de Martigues ont donc été fermées jusqu’à ce mercredi matin.

    Dans les Bouches-du-Rhône, les cumuls indiquent qu’il est tombé entre 15 et 25 mm en seulement 10 minutes lundi 24 août au soir. « On sait que la fin de l’été fait partie des périodes les plus à risque, où il n’a parfois pas plu depuis plusieurs mois et les orages violents produisent un lessivage des sols et du ruissellement des eaux de qualité dégradées vers l’étang, détaille Raphaël Grisel. Ça peut aller du résidu de pneu, qui est plus un problème d’écologie, aux excréments des chiens, qui, pour le coup, posent plus problème pour la baignade. » Un point positif néanmoins : les pluies liées à l’orage de la semaine dernière ont déjà permis un premier lavage des sols, limitant les dégâts de ce second épisode.

    Des coups de vent qui permettent de brasser

    « On a des situations très contrastées sur l’étang de Berre, poursuit le directeur du syndicat mixte. On a Vitrolles, Rognac ou Marignane, qui ont des bassins-versants très urbanisés, avec des activités économiques importantes, mais on a aussi Figuerolles à Martigues où il n’y a rien, donc les risques de dégradation sont très faibles en période d’orage. » Néanmoins, pour « plus de lisibilité », le Gipreb préfère préconiser l’interdiction de baignade à chaque ville avant d’obtenir les résultats des analyses, qui peuvent arriver après 48h.

    « On a une courbe de restauration de qualité de l’eau qui s’est dessinée au fil des données accumulées depuis dix ans », précise le directeur. Dans 95% des cas, le retour à la normale s’observe 24 heures après l’épisode pluvieux.

    Si l’orage engendre un risque de contamination bactériologique, il est aussi, en certains points, salvateur pour l’étang de Berre qui est en mode survie face aux fortes chaleurs de la saison estivale. « On observe des dégradations majeures sur certains sites, avec une mortalité importante de palourdes, note Raphaël Grisel. Lors de la dernière canicule, la température de l’eau excédait 32 degrés au niveau des plages. Heureusement, depuis quelques jours, les températures baissent et on a des coups de vent qui permettent de brasser, donc d’oxygéner. On espère retrouver des taux qui permettent à la vie de se maintenir, soit 2/3 mg par litre. Là, on y est pas dans les couches profondes. »

  • Le camp de GI’s de Calas, une mémoire à faire vivre

    Le camp de GI’s de Calas, une mémoire à faire vivre

    Une véritable ville dans un village. En 1944, après le débarquement de Provence, l’image prend tout son sens à Calas. Alors que le hameau compte 400 habitants, des milliers de soldats américains investissent le plateau de l’Arbois, au « Calas Staging Area ». Sur 750 hectares, ce camp, aujourd’hui à cheval sur Cabriès, Vitrolles et Aix-en-Provence, devient une ville éphémère : baraquements, hôpital, bureaux de poste, terrains de sport ou encore théâtres. Jusqu’en 1947, plus de deux millions de soldats y transitent.

    « Sa proximité avec Marseille, la typologie et l’immensité du plateau en faisaient un lieu bien adapté », explique Sylvie Cenci, adjointe à la culture et au patrimoine de Cabriès. La fonction de cette base arrière est double. « L’accueil des GI’s [les soldats américains, Ndlr.] qui arrivaient du débarquement et repartaient faire la jonction avec l’armée de Normandie. Puis la remise en forme des soldats pour repartir sur le front du Pacifique », détaille l’élue.

    Une partie du site accueille également le camp de prisonniers CCPWE 404, principalement destiné aux soldats allemands. Mais la vie sur place ne se résume pas qu’aux mouvements de troupes. « Il y avait plusieurs théâtres dont un en plein air où Marlène Dietrich et Mickey Rooney sont venus chanter et danser pour les GIs », raconte Sylvie Cenci.

    Une vie américaine qui ne reste pas complètement coupée de celle des habitants de Calas. Les témoignages récoltés depuis évoquent des échanges essentiellement commerciaux. Mais lorsque les soldats repartent, cette ville improvisée disparaît presque aussi vite qu’elle était apparue. « Il reste peu de vestiges, surtout quelques dalles de béton. Tout le reste avait été construit en matériaux faciles à enlever. Une fois partis, les Américains ont enterré énormément de choses », rappelle l’adjointe. Reste parmi les quelques éléments encore présents, une cabine de projection, aujourd’hui totalement dissimulée par la végétation.

    Pour qui ne connaît pas l’histoire du lieu, difficile alors d’imaginer qu’il a accueilli des millions d’hommes et constitué pendant plusieurs années une véritable ville américaine. Le peu de vestiges nourrit pourtant, encore aujourd’hui, les recherches de passionnés. Aixois, Christian Pastore découvre le camp de Calas alors qu’il est enfant, dans les années 1960, lors de promenades régulières sur le plateau de l’Arbois. « Avec ma sœur on jouait souvent au ballon près des dalles en béton et il m’est arrivé de trouver des plaques, les “dog tags”, avec l’identité des soldats américains passés par là », se souvient-il.

    Des décennies plus tard, avec l’arrivée d’Internet, Christian Pastore entreprend de retrouver les familles de ces soldats. Grâce aux noms et matricules inscrits sur les plaques, puis un long travail de généalogie mené en écumant les archives de l’armée américaine, il parvient à leur restituer une dizaine de « dog tags ». « Ça met la chair de poule de savoir que vous redonnez une part de l’identité d’un soldat à sa famille », s’émeut-il. En 2023, il signe Le camp américain, ouvrage consacré à ses recherches sur le site de Calas. Une manière pour le retraité de « faire connaître l’histoire ce camp encore trop peu connu ».

    Préserver les dernières traces

    Le paradoxe est désormais là : alors que le camp a accueilli des millions d’hommes, ses traces sont devenues extrêmement discrètes. Et cette discrétion explique aussi pourquoi son histoire reste encore largement méconnue. « Il n’y a pas encore eu de fouilles archéologiques parce que, pendant très longtemps, ce camp était extrêmement méconnu, pour ne pas dire inconnu », souligne Sylvie Cenci.

    Cette méconnaissance a toutefois laissé le champ libre au pillage. « Des gens ont déterré des médailles, des paquets de clopes, des grenades. Certains arrivaient même avec des mini tractopelles pour sonder le sol », pointe l’élue. Face au risque de voir disparaître les derniers témoins matériels, la question de la valorisation du site devient centrale.

    Avec le consulat américain, les archives d’Aix-en-Provence et le principal propriétaire des terrains, la commune de Cabriès continue de réfléchir à l’avenir du site. L’idée d’un lieu de commémoration existe, mais sa réalisation est complexe : « Quoi que ce soit qu’on puisse imaginer, ça coûterait des millions d’euros et représenterait un travail colossal notamment parce que le foncier a considérablement été morcelé depuis la guerre », constate Sylvie Cenci. Mais « construire quelque chose autour de ce camp est une idée qu’on ne veut pas du tout mettre de côté », conclut-elle.

  • Le Roucas de Vitrolles, un piton qui nécessite d’être conforté

    Le Roucas de Vitrolles, un piton qui nécessite d’être conforté

    Pour l’atteindre, il faut accepter de gravir pas loin de cent marches taillées dans l’imposant piton rocheux qui domine le vieux village de Vitrolles. À l’arrivée, c’est une double récompense : d’abord cette vue imprenable et contemplative sur l’étang de Berre et jusqu’à la Sainte Victoire. Ensuite deux monuments chargés d’histoire à découvrir : la Tour Sarrasine et la chapelle Notre-Dame-de-Vie.

    « Dès le Ve siècle, la situation privilégiée du Roucas de Vitrolles en fait un lieu de refuge et d’observation afin de se protéger des invasions barbares ou sarrasines. Mais la chapelle Notre Dame de Vie et la Tour Sarrasine n’ont été bâties toutes deux qu’entre le Xe et XIe siècles probablement après le départ des Sarrasins de Provence » décrit la Fondation du Patrimoine qui avec la Mission Patrimoine de Stéphane Bern soutient les travaux de sauvegarde et de restauration portés depuis plusieurs années par la mairie.

    Pour l’heure, la commune programme des travaux de confortement de son rocher pour réduire le risque de chutes de blocs. Le rocher qui culmine à 25 m de hauteur fait jusqu’à 75 m de long et 20 m de large, bénéficie déjà d’ouvrages de protection. Pour autant, de nombreuses instabilités ont été relevées sur les faces du rocher, notamment de gros pans de falaise décomprimés.

    « Un aléa très élevé

    de chute de pierres »

    « La face ouest la plus affectée présente 44 instabilités identifiées dont 15 à aléa élevé à très élevé. 4 des instabilités potentielles identifiées sont des pans de falaises volumineux et problématiques » énonce un rapport d’étude géotechnique qui a conclu en novembre 2025 à « un aléa très élevé de chute de pierres au droit de toutes les falaises. Un aléa variable, au cas par cas, d’écroulement de blocs, chandelles, voire de pans de falaise de volume important ».

    Ces risques exposent à des degrés divers la stabilité de la tour sarrasine, de la chapelle, la route en pied de falaise, quatre habitations, les piétons, le parking. Le rapport prescrivait d’interdire l’accès aux talus, de renforcer les mesures d’information « en insistant bien sur le risque accru pendant les périodes pluvieuses ». Il était demandé une surveillance instrumentée pour s’assurer de l’absence d’évolution d’un pan rocheux représentant une masse de 344 tonnes d’aléa élevé.

    C’est pourquoi la commune a lancé un marché public de réalisation de travaux de « réduction du niveau de risques » afin de conjurer ces risques liés à l’érosion naturelle de la falaise. Il prévoit la réalisation d’études géotechniques, l’exécution de mesures préventives telle que la pose de 5 fissuromètres électroniques connectés à des balises d’alerte au droit des instabilités critiques. Les premiers travaux consisteront en des opérations de débroussaillage, de purges manuelles et mécanisées par des cordistes des éléments les plus instables et les plus déconsolidés. Il est prévu la projection de béton projeté fibré et teinté et l’entretien des ancrages déjà installés. Des nappes de grillages et des barres d’ancrage seront posées. Des filets à haute limite élastique viendront recouvrir les falaises de la face sud et une partie de la face est du rocher de Vitrolles pour stopper les chutes de pierres et de blocs de faible volume et d’être le moins visible.

    Le risque résiduel de chutes de pierres et de blocs de faibles volumes reste encore possible après les travaux. C’est pourquoi sur la base de scénarii trajectographiques de chutes simulées, il est prévu de construire des parois de soutènement en béton cloué, de poser des écrans pare-blocs au pied du talus en face nord.

  • [Entretien] Keny Arkana : « Je brûle, je finis en cendres et je renais »

    [Entretien] Keny Arkana : « Je brûle, je finis en cendres et je renais »

    La Marseillaise : Après la sortie de votre mixtape « Avant l’exode », en 2021, vous avez observé un silence médiatique. Qu’avez-vous fait ces dernières années ?

    Keny Arkana : Je suis partie de France en 2021 et ne suis revenue qu’en juin dernier. J’ai passé cinq ans au Mexique. La première année, j’étais un peu à droite à gauche, puis je me suis posée en 2023. J’avais une partie de mon matos avec moi, j’ai fait mon petit studio : ordi, compresseur, micro, enceinte… et je n’ai pas arrêté de faire du son toute seule : des instrus aux textes en passant par les enregistrements. J’ai énormément de chansons de côté donc j’aimerais bien sortir un album dans l’année qui arrive. Et puis, comme les artistes comme moi sont un peu boycottés, je me suis dit que ça serait bien de montrer au public que je suis encore là.

    Depuis vos débuts dans les années 2000, votre carrière et discographie alternent souvent entre les périodes hyperprolifiques et des parenthèses hors des radars de plusieurs années. Vous renaissez à chaque fois comme un phénix en fait ?

    K.A. : La vérité, c’est que je n’ai jamais eu vraiment de manager autour de moi. Ce qui explique que, souvent après la sortie d’un album et d’une tournée, je finissais en gros burn-out. J’étais aussi souvent en fight avec ma maison de disques à l’époque. Cette industrie me gavait. J’ai toujours été sur tous les fronts, je n’ai jamais eu le luxe d’être juste une artiste. Durant toutes ces années, je me suis toujours battue pour ne pas être un produit et garder mon intégrité. Après, même si j’ai des périodes d’inactivité publique, je fais toujours de la musique, j’ai des disques durs pleins de morceaux. Mais, à force de tout faire, les albums et les tournées, je finis en burn-out et ciao. Je brûle, je finis en cendres et je renais.

    Êtes-vous aussi partie au Mexique parce que Marseille vous gonflait ?

    K.A. : Ce n’est pas Marseille qui me gonfle mais la France. Je suis partie à l’époque du « passe sanitaire ». À Marseille, pendant le confinement, ça allait à peu près car il n’y avait pas trop de ségrégation. Mais j’ai surtout mal vécu le retournement de veste du peuple français. Si je me sens mal quelque part, et même si c’est chez moi, je me casse. Moi, je suis bien à Marseille, je n’ai pas de problème ici. Mais vraiment, ce qui m’a gonflé, c’est la France, la macronie, tous ces gens qui font du mal au peuple.

    Vous avez mis en ligne il y a trois mois un nouveau titre, « Quelque chose de pur a survécu »…

    K.A. : J’y parle des gens comme moi, qui ont traversé des épreuves depuis l’enfance et qui, malgré tout, ont fait preuve de résilience. On a gardé un truc pur en nous.

    Grâce à quoi n’avez-vous pas sombré ?

    K.A. : Déjà, j’ai la foi. J’arrive encore à m’émerveiller des belles choses de la vie. C’est la racine de mon engagement, de mon côté antisystème, de mon militantisme. Cela m’a toujours donné de la force par rapport à la douleur et à l’obscurité de ce monde. Je ne suis pas habitée par la peur et j’essaie de cultiver cela. Je me considère comme un être spirituel avant tout, avant même d’être un être social.

    Est-ce que le mouvement zapatiste au Chiapas, cette région pauvre du Sud du Mexique, avec qui vous êtes en lien depuis 20 ans, vous a aussi aidé à tenir le coup ?

    K.A. : Depuis cette période, nous sommes toujours en contact étroit. Marcos [le « sous-commandant » et figure de l’Armée zapatiste de libération nationale, Ndlr.] ainsi que tous ses camarades sont des gens vraiment importants dans ma vie. Notre relation a traversé les années. Souvent, ils me font des clins d’œil dans leurs communiqués, et moi, je leur en fais dans mes morceaux. Ce sont mes frères de lutte. Ce n’est bien sûr pas un hasard que je sois allée au Mexique car j’ai finalement un lien plus profond avec eux qu’avec mes propres origines.

    Inspirés par le socialisme libertaire et l’autogestion, les Zapatistes du Chiapas continuent de défendre leurs terres mais le gouvernement mexicain ne cesse pas ses coups contre eux…

    K.A. : Oui, et depuis toujours. Derrière leur lutte, il y a aussi toute une spiritualité, quelque chose de très profond envers les humains, la nature, les animaux : la vie quoi. Cela fait des décennies qu’ils construisent une autonomie, c’est un exemple. À mes yeux, c’est presque le seul exemple d’un peuple qui s’est construit dans l’autonomie totale par rapport au système actuel. Ils ont fait énormément de belles choses dont il faut s’inspirer.

    Pour revenir à un aspect plus musical, vos derniers titres montrent qu’en plus du rap, vous vous laissez de plus en plus aller au chant…

    K.A. : J’ai toujours chantonné, même sur mon premier album [Entre ciment et belle étoile, 2006]. J’essaye d’aller au bout de mes délires musicaux. Mais ce qui change aujourd’hui, c’est que je produis tout au niveau de mes instrus : je peux donc aller encore plus loin. J’ai depuis toujours eu des influences musicales plus larges que le seul rap. J’aime la musique en général, donc la mélodie aussi. J’ai la même bande de musiciens avec moi depuis 2012. Désormais, ça se fait un peu plus car le rap est devenu plus mélodieux.

    Vous vous produisez vendredi 10 juillet à Vitrolles, au cours d’une soirée très marseillaise avec notamment Le Rat Luciano et Massilia Sound System. Quel est votre rapport à eux ?

    K.A. : Cette soirée, ça tue. Avec Luch’ [L’un des surnoms du Rat Luciano, Ndlr.], on n’a jamais officiellement fait de morceaux, mais je l’ai toujours croisé en centre-ville. Pour l’anecdote, quand j’étais petite, encore mineure, et qui lui était une star de la Fonky Family, je suis allée quelques fois chez lui au Panier. Il m’a fait des instrus alors que moi, j’étais une petite anonyme. Ce mec est une légende, l’un des plus grands rappeurs de France, voire le plus grand. Et c’est surtout un exemple d’humanité. À l’époque, j’étais juste une petite du centre-ville, tout le monde s’en battait les couilles de moi, et lui prenait le temps pour me faire des sons. Et je ne suis pas la seule dans ce cas, il a aidé plein de petits à l’époque. Quant à Massilia Sound System, je les considère comme des grands frères. Pour moi, ça représente les sardinades de la Plaine et tout le reste. On a déjà fait des festivals en commun. C’est la famille.

    Entretien réalisé par Philippe Amsellem

    Hip-hop, folk et pop fleurissent Jardin Sonore à Vitrolles

    « Deux jours, comme un temps de rencontres musicales entre les têtes d’affiche et les plus émergents », résume Alexandre Langlais, directeur du festival Jardin Sonore dont la 9e édition se déploie les 10 et 11 juillet au Domaine de Fontblanche. Au menu, vendredi soir, un plateau très marseillais avec les tauliers du raggamuffin Massilia Sound System et le rappeur le plus légendaire de la ville, Le Rat Luciano, récemment à l’origine de l’album Magma, 26 ans après son classique Mode de vie béton style. La rappeuse colombienne Valentina ou encore le MC marseillais Allen Akino seront aussi de la partie. Davantage portée pop, folk et électro, la soirée du samedi verra la venue du groupe Lilly wood and the prick, mais aussi d’Angus & Julia Stone ou Ben Mazué.

    www.jardinsonorefestival.com

  • Ces officiers pompiers formés au cœur de l’Arbois

    Ces officiers pompiers formés au cœur de l’Arbois

    Sur le plateau de l’Arbois, à proximité immédiate de la D9 et du Stadium de Vitrolles, un drôle de carrefour se trouve en pleine pinède. Plusieurs bâtiments en béton, à l’allure plus de bunkers que de gais foyers, se dressent aux quatre coins, avec une laverie d’un côté, ou un hall d’immeuble de l’autre. Une station-service à la pompe désuète termine l’ensemble.

    Une infinité de scénarios

    Tout autour, des pompiers et leurs véhicules terminent leur exercice, encore possible ce mercredi 24 juin au matin avant de subir les chaleurs de la journée. La boucle passant par cette ville factice du plateau technique de l’École nationale des officiers sapeurs-pompiers (Ensosp) forme un parcours-type pour les escadrons de combattants du feu placés sous les ordres des élèves officiers en formation. « Ici, on n’apprend pas à ouvrir une lance. On apprend à de futurs lieutenants chefs de groupe à gérer 4 engins », explique le commandant Frédéric Puel directeur du plateau technique.

    Sur les 24 hectares du centre, plusieurs simulateurs permettent d’aborder presque toutes les situations du quotidien du pompier. « Nous avons une base de 130 scénarios différents avec une possibilité de variation quasi infinie : une, deux, cinq victimes, avec ou sans propagation du feu », illustre le commandant. Tout est question d’évolution pédagogique : « On travaille sur trois niveaux de difficulté. La première mise en situation comporte une seule évolution » prévue dans le scénario, comme par exemple une victime en plus de ce qui était prévu. Le deuxième échelon prévoit jusqu’à trois évolutions. Enfin, le troisième échelon prévoit « une situation complexe de plusieurs évolutions pour forcer l’élève officier à réorganiser son chantier » indique Frédéric Puel.

    Chaque exercice est simulé en conditions proches du réel. Une alerte est créée par un formateur, envoyée par le centre de traitement et réceptionnée à la base opérationnelle sous forme d’un ticket comprenant les infos essentielles. Dans le hangar attenant, sept centres de secours sont simulés, chacun disposant d’une voiture de commandement, d’une ambulance et de deux pompes. « Chaque officier doit produire une stratégie et prendre des décisions, seul. La finalité est qu’il ressente la solitude du chef », détaille Frédéric Puel. Tout est prévu pour accueillir entre 6 et 7 000 élèves officiers par an en formation initiale ou complémentaire sur site, sur des périodes de quinze jours en moyenne.

  • La note bleue sous toutes ses couleurs à Vitrolles

    La note bleue sous toutes ses couleurs à Vitrolles

    Irriguées par le jazz comme le rock, notes en fusion en ligne de mire pour l’ouverture de la 28e édition du Charlie jazz festival. À Vitrolles, le jeudi 2 juillet, les riffs ravageurs du guitariste du New Jersey Al Di Meola en personne, résonneront au Domaine de Fontblanche. Révélé au sein de Return to forever dans les années 1970, groupe de jazz fusion du pianiste Chick Corea, ce tout frais septuagénaire ne cesse depuis d’éblouir le public avec sa technique tout autant que son sens de la mélodie tranchants. En mode Elegant gypsy ou bien paré de son Friday night in San Francisco, suggèrent deux de sa trentaine d’albums sémillants, Al Di Meola montera sur scène, lors de la soirée inaugurale, juste après le « jeune virtuose du trombone » Robinson Khoury. Un « musicien explorateur » qui, dans son dernier album MYA, « propose une synthèse audacieuse entre jazz contemporain, sonorités moyen-orientales, musique ancienne et textures électroniques », campe l’association Charlie Free, aux manettes du festival.

    New York, Inde, Mali…

    « Le festival se distingue par une programmation audacieuse et accessible qui s’adresse aussi bien aux amateurs éclairés qu’aux néophytes. Défendant une vision du jazz affranchie des standardisations médiatiques et des logiques industrielles, il met en lumière une musique vivante, inventive et ouverte aux croisements esthétiques », soulignent ses organisateurs. Illustration supplémentaire vendredi 3 juillet avec la venue de Lakecia Benjamin. Cette saxophoniste et chanteuse new yorkaise poursuit dans son récent et très abouti album We dream, son ascension des sommets jazz. Un son qu’elle croise avec le hip-hop et les musiques latines, comme un symbole des multiples influences ayant irrigué son quartier d’enfance, Washington heights, où vit une forte communauté dominicaine. Adepte lui-aussi de pareilles fusions au groove certain, le batteur Nate Smith sera également de la partie.

    Chaque soirée du Charlie jazz festival voit ainsi le « dialogue de figures majeures de la scène jazz internationale et de talents émergents de la création contemporaine ». Si certains esprits grincheux en doutaient encore, le genre continue de vivre la tête haute, fidèle à son ADN voyageur. Le lendemain, la flûtiste d’origine syrienne Naïssam Jalal défendra l’opus Landscapes of eternity, « fruit de son immersion dans la tradition hindustani, musique classique du Nord de l’Inde ». Avant que la diva malienne Oumou Sangaré ne prenne son relais mélodieux, « portant à son plus haut niveau le wassoulou, cette musique envoûtante du Sud du pays, faite de rythmes hypnotiques de polyrythmies et de chants incantatoires », situent encore le Charlie jazz festival qui s’achèvera le 5 juillet avec le maestro du oud, Dhafer Youssef.

  • La Poste rassure sur l’avenir de la plateforme de tri de Vitrolles

    La Poste rassure sur l’avenir de la plateforme de tri de Vitrolles

    Un projet conduit « de manière responsable, progressive et concertée, en veillant à concilier accompagnement des équipes, performance industrielle et développement des activités ». Voilà comment La Poste décrit l’évolution à venir de la plateforme industrielle de courrier Marseille-Provence située à Vitrolles. Après des alertes répétées de la CGT sur sa transformation en platefor me multiflux (lire notre article du 24/06), dénonçant une disparation en tant que telle de la PIC, La Poste veut éteindre toute incertitude, dans un communiqué de presse diffusé ce mercredi. « L’objectif est d’adapter l’outil industriel aux évolutions du marché, tout en renforçant la capacité du site à se positionner sur les activités en croissance, notamment le colis, dans une logique de plateforme multiflux (courrier, colis et presse) », explique l’entreprise en charge du service public postal.

    La concertation

    va se poursuivre

    Elle confirme que les résultats d’études techniques « ont été présentés aux représentants du personnel lors du comité social et économique du mois de juin ». Mais précise : « À ce stade, aucune décision définitive n’est arrêtée. Une phase de concertation va se poursuivre. »

    Quant aux questionnements de la CGT sur l’impact social du projet, là encore La Poste joue le pompier : « Le respect du modèle social, l’association des équipes aux modalités de mise en œuvre ainsi que la concertation avec les partenaires sociaux sont placés au cœur de la démarche. » Et de promettre : « Chaque personne concernée par les évolutions disposera d’une solution adaptée, sur le site de Vitrolles, au sein du bassin d’emploi ou d’une plateforme de proximité avec un accompagnement individuel. »

  • La fin du courrier se profile à la plateforme de La Poste

    La fin du courrier se profile à la plateforme de La Poste

    « Aucun engagement, à ce stade, ne peut être pris quant au maintien sur site de l’ensemble du personnel affecté à la Plateforme Industrielle Courrier de Vitrolles ». Le message du directeur de la PIC de Vitrolles, cœur battant du traitement des courriers dans les Bouches-du-Rhône, à l’adresse des salariés de La Poste est sans détour. En date de ce 22 juin et sous la forme d’une « newsletter », la direction du site aborde le « projet de transformation » ainsi que « l’évolution de ses activités ». Une bonne nouvelle ? Pas vraiment aux yeux de la CGT, qui alertait dès l’année dernière sur une potentielle disparition de la PIC en tant que telle (lire notre article du 20/08/2025). « Tout ce qu’on pressentait, c’est confirmé ! », s’alarme Sabrina Manca, élue CGT de La Poste et salariée du site. Et pour cause : quand la direction évoque une « nouvelle orientation industrielle », la CGT y voit une « fermeture ». « Ça serait une transformation si on gardait tous les agents, mais là on diminue le courrier et les effectifs… On ne va plus être une PIC, le statut va changer. Faire du multiflux, c’est un métier différent que de faire du courrier ! », explique Sabrina Manca. Il faut dire qu’elle en sait quelque chose : « J’ai déjà fait trois fermetures de PIC ailleurs en France, il ne reste que la moitié des effectifs ». Avant de développer : « Les casiers pour trier le courrier vont disparaître, ou être fortement réduits. Avec l’installation d’une machine qui s’occupera des colis, les effectifs vont être réduits, forcément ».

    Ce qui est certain, c’est que la direction, dans sa newsletter, confirme bien une « transformation vers une plateforme industrielle multiflux » avec notamment « l’implantation d’une machine colis ». Et surtout des études « logistiques et organisationnelles » pour préciser le « périmètre des futures activités colis et le périmètre des activités complémentaires (courrier, Log’issimo…) ». En clair, le maintien d’un flux courrier est bien stipulé, mais relégué au second plan face aux colis. D’où l’inquiétude syndicale : « Ils ne garderont que quelques machines pour trier les tournées des facteurs… Une partie du courrier va partir sur la PIC de Montpellier. Sur 244 salariés, on ne sera plus que 150 à 180 salariés à la fin » dénonce Sabrina Manca. Même principe pour le courrier alpin, traité sur la PIC de Vitrolles à l’heure actuelle : « Le courrier du Hautes-Alpes et Alpes-de-Haute-Provence ira à Toulon ! ».

    Toujours dans la newsletter, le directeur du site assure que « chaque personne concernée par les évolutions des activités disposera d’une solution adaptée avec la garantie d’une réorientation professionnelle et d’un accompagnement individuel et personnalisé au sein du bassin d’emplois ou sur une PIC de proximité ». Pas de quoi rassurer la CGT : « Qui va aller à Montpellier quand on a ses enfants scolarisés à Marseille ou son mari qui travaille dans le département ? Le plus grand nombre de postes ouverts pour les reclassements des agents, c’est facteur. Mais justement, la plupart des personnes qui travaillent en PIC en viennent… ». L’organisation syndicale évoque même un « plan social déguisé » tant elle prévoit de la casse dans les effectifs. « Il y aura des abandons de postes, des licenciements pour inaptitude, des reclassements pour ceux qui peuvent et veulent… », se désole Sabrina Manca.

    Contactée pour avoir plus d’éléments, La Poste doit revenir vers nous prochainement. Mais l’entreprise table sur un début des travaux prévisionnel pour février ou mars 2027, et une mise en service à la fin de cette même année.

  • Les loulous ont rendez-vous au Fabuleux Festival de Vitrolles

    Les loulous ont rendez-vous au Fabuleux Festival de Vitrolles

    La Ville de Vitrolles, la librairie Quartiers Libres et l’association les bouqineurs.seuses vous attendent samedi et dimanche au domaine de Fontblanche pour une troisième édition de l’événement entièrement dédié à la jeunesse, le Fabuleux Festival.

    Pendant deux jours, familles, enfants, adolescents et passionnés de littérature jeunesse pourront profiter d’une programmation foisonnante mêlant spectacles, ateliers, rencontres, cinéma, musique, expositions et animations dans une ambiance festive et conviviale ouverte à tous, placée encore et toujours sous le signe de l’humour ! Cette année, la marraine de l’édition est Susie Morgenstern, auteure française et américaine de livres pour enfants et de littérature jeunesse qui sera présente lors de l’événement.

    Des activités pour tous

    Pour l’occasion, le week-end sera ponctué de nombreux spectacles et animations pour tous les âges dès la naissance et jusqu’à 14 ans avec des espaces divers qui s’articulent sous forme de quartiers adaptés en fonction des tranches d’âge de chacun.

    Ainsi, les loulous jusqu’à trois ans pourront participer à des ateliers, autour des émotions ou encore des comptines dans le quartier le Cirque des Pitchouns. Le quartier des Petits monstres s’adresse quant à lui aux enfants entre 4 et 6 ans où ateliers, fresques, cinéma contes et histoires les attendent. Entre 7 et 10 ans, rendez-vous donné au quartier À mourir de lire avec chasse aux trésors, ateliers lecture musicale ou encore cinéma et sérigraphie sont au programme. Enfin les ados auront de quoi se délecter dans le quartier de la place du Rire accessible dès 11 ans et jusqu’à 14 ans avec des ateliers autour de la lecture, des blagues, des mots mais aussi des jeux et challenge ou encore un plateau radio autour de l’humour et un escape game feront leur bonheur.

    Sans oublier que les enfants et leurs parents pourront rencontrer leurs auteurs ou illustrateurs préférés au sein de l’espace dédicaces ouvert en continu de 10h à 18h sur les deux jours de festivités.

    De 10h à 18h. Gratuit.

  • Face aux moustiques tigres, la vigilance est requise

    Face aux moustiques tigres, la vigilance est requise

    Avec la chaleur, ils pullulent. Les moustiques tigres sont de retour, et ils gâchent la vie d’Alain. « On est assaillis depuis trois ans, c’est invivable, s’agace-t-il. On ne peut pas vivre dehors, l’été c’est un peu bête… Moi je suis retraité j’aimerais bien pouvoir profiter de mon jardin. »

    L’an dernier, c’est dans son quartier de la ferme de Croze qu’un important épisode d’épidémie de chikungunya s’était déclaré. Pas moins de 47 cas avaient été identifiés par les pouvoirs publics au cours de l’été. Selon le maire de Vitrolles (PS) Loïc Gachon, « les quartiers pavillonnaires sont les plus touchés. Le moustique tigre vole mal et très peu loin. C’est pour ça que la densité de population sur un secteur et la végétalisation sont déterminantes. »

    Alors que 80% des gîtes larvaires se trouvent dans des espaces privés, l’édile a un message à faire passer : « On a tous, dans notre jardin, une soucoupe ou un fond de pot qui n’a pas été retourné depuis l’hiver. À chacun de prendre sa responsabilité et d’éliminer les eaux stagnantes. Il n’y a pas d’espoir ou d’attente à avoir envers les pouvoirs publics qui ne peuvent pas intervenir sur l’essentiel du réservoir. (…) Ce contrôle ne peut être fait que par les citoyens. »

    En cas de symptômes – douleurs articulaires importantes, fièvre élevée, éruptions cutanées pour le chikungunya ; courbatures, maux de tête et douleurs orbitales pour la dengue -, les habitants sont appelés à se signaler auprès d’un médecin généraliste.

    Clémentine Calba, épidémiologiste chez Santé Publique France (SPF), explique : « Lorsqu’on identifie un premier cas autochtone, on met une enquête de terrain en place avec du porte à porte auprès des riverains en étroite collaboration entre SPF, l’ARS et la commune pour sensibiliser, passer les messages de prévention et rechercher un max de cas. » À Vitrolles, sur les 47 personnes diagnostiquées, 24 avaient été identifiées par le biais de cette opération.

    Devant l’ampleur de l’épidémie, l’Entente interdépartementale pour la démoustication était passée tôt le matin dans les jardins du quartier pour éliminer le foyer à l’aide d’insecticide, invitant les habitants à rester calfeutrés chez eux. Pour éviter ce dernier recours, mieux vaut prévenir que guérir.