Une quinzaine de concerts et spectacles gratuits qui traversent en musique la Méditerranée, voire au-delà, avec des valeurs humanistes toujours chevillées au corps : la 33e édition des Nuits Métis attend à nouveau 15 000 festivaliers du mercredi 24 au samedi 27 juin. Métis, comme le nom de la déesse grecque de l’intelligence et de la sagesse ayant donné son qualificatif aux navigateurs qui savaient affronter les vents contraires et arriver à bon port.
« Notre ADN, c’est de n’exclure personne grâce à la gratuité », rappelle Benjamin Befort, nouveau directeur de ce festival fondé il y a 34 ans par Marc Ambrogiani, à Marseille, avant de migrer une quinzaine d’années à La Ciotat, puis d’investir Miramas depuis 2009. Un caractère populaire qui rejaillit à l’année sur la ville à travers de nombreuses actions et notamment « un parc d’instruments qu’on prête aux jeunes de la ville pour s’initier à la pratique de la musique, aux centres sociaux, aux personnes âgées… », illustre-t-il en pagaille.
« Partie immergée » de l’iceberg Nuits Métis, son festival s’élancera dans l’après-midi du 24 juin juin, au Théâtre de la Colonne, avec le baroudeur des cordes Jack Jacko la guitare, avant de proposer le lendemain soir, dans l’amphithéâtre de verdure, une première soirée de concerts. Au menu, Bakir, « trio marseillais de musique électro-méditerranéenne », ou encore le duo maroco-tunisien AÎta mon amour. « Les Aita sont les chants traditionnels des femmes marocaines. Là, ils en donnent une autre version en mélangeant la tradition avec des musiques plus actuelles », décrit Benjamin Befort. La Fanfare Vents métis ouvrira le bal de cette nuit lors de laquelle se produira également La Batuc’en voix, « création musicale vibrante qui mêle l’énergie percussive de la batucada à la puissance des voix chantées ».
Le festival élira domicile, les 26 et 27 juin, au plan d’eau Saint-Suspi. Accents caribéens comme africains prononcés lors de la première soirée avec Ky-Mani Marley en tête d’affiche. Parmi les onze enfants de la légende Bob, ce dernier « viendra avec son propre répertoire », où reggae et hip-hop claquent nonchalamment sur des rythmes rocksteady, « tout en reprenant aussi certains titres » de son paternel, indique Benjamin Befort. Groupe de rock gnawa à la transe contagieuse, Bab L’Bluz lui emboitera le pas, sans oublier le dialogue entre Ablaye Cissoko, joueur sénégalais de kora, cette harpe-luth mandingue, et l’accordéoniste français Cyrille Brotto.
L’ultime date des 33e Nuits Métis permettra d’écouter Kin’gongolo Kiniata, « projet congolais énergique joué avec des instruments de rue recyclés », le groupe franco-burkinabé Kanazoé Orkestra, comprenant Seydou Diabaté « parmi les plus grands maîtres mondiaux du balafon », cet instrument mélodique et percussif répandu en Afrique. Mais aussi le pianiste palestinien Isam Elias, qui mixe les sonorités du Levant à l’électro, et Mélina Vlachos, chanteuse à la voix de velours revisitant le rébétiko, « chant des âmes grecques », en le « mélangeant à des influences européennes et orientales ».

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