À l’hôpital de Béziers, la colère gronde

La parenthèse estivale touche à sa fin et la rentrée sociale se prépare. Un des premiers rounds s’est joué à Béziers, lors de la venue du ministre de la santé Yannick Neuder, le 27 août pour inaugurer la Maison des femmes (lire ci-contre). « Même si la Maison des femmes est quelque chose de bien, on profite de sa venue pour rappeler les 1,1 milliard d’euros d’économies à réaliser dans le secteur de la santé [prévus dans le cadre des 40 milliards d’économies de Bayrou, Ndlr]. On est en colère. Les hôpitaux sont à l’agonie et pour faire ce genre de structures, il faut de l’argent », soupire Magali Lafaille, représentante CGT du personnel de l’hôpital de Béziers.

Des professionnels au bout du rouleau, comme en témoigne la situation biterroise. « Le flux des entrées aux urgences est de plus en plus tendu, avec une moyenne de 200 admissions par jour. Cela révèle le problème d’une population vieillissante sur le Biterrois en constante augmentation avec des poly-pathologies que seul l’hôpital peut recevoir car ces patients ne sont pas rentables pour les cliniques privées », souffle Valérie, administratrice au centre hospitalier.

Réunis devant l’établissement, ces syndicalistes sont venus dénoncer ce « coup de communication » de la part du ministre. Car le manque de moyens dans la santé est un problème national, à l’instar de l’hôpital de Béziers « Nous sommes en déficit de 6 millions d’euros et nous devons encore faire des économies. Mais qu’est-ce-qu’on supprime ? Ce n’est pas possible », poursuit Magali Lafaille.

Une délégation reçue

Dans ce contexte, cette inauguration a de quoi poser question. « La Maison des femmes est un plus évidemment. Mais elle laisse des interrogations. Qui va travailler là-dedans ? Il n’y a pas 36 associations compétentes. Sera-t-elle plus efficace que l’espace Delphine [l’ancienne structure accueillant les femmes victimes de violences, Ndlr] ? Quelles solutions ? », avance Chantal Lapuerta, présidente de l’association les Simones veillent. Et de regretter également la mise en avant de l’édile d’extrême droite de Béziers Robert Ménard, présent lui aussi à la sauterie du ministre. « Cela montre qu’il est déjà en campagne électorale car plus misogyne que lui, ça n’existe pas. »

Une délégation a été reçue par le ministère afin de faire part de ses revendications et d’aborder les pistes de financement – une lourde tâche face à un interlocuteur qui ne veut pas entendre parler de hausse d’impôts. « Il existe d’autres pistes pour trouver l’argent. Un rapport sénatorial a montré que 211 milliards d’euros d’aides publiques ont été versés aux entreprises en 2023 sans contrepartie. On pourrait piocher là-dedans pour financer les services publics et donc la santé », fait valoir Sébastien Boudesocque, de la CGT héraultaise. Et permettre ainsi d’embaucher dans un secteur manquant fortement de bras. « Nous avons échangé sur la précarité de l’emploi, la revalorisation des catégories C, la souffrance au travail. Il s’est engagé à répondre à chacune de nos questions », détaille Magali Lafaille. Après les mots, les actes ?

« Faire encore des économies n’est plus possible »

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