« Chantage à la rupture », « domination », prostitution forcée… Le procureur de la République de Digne-les-Bains, Antoine Pesme, a détaillé, jeudi, les raisons pour lesquelles l’ex-conjoint de Laëtita a été mis en examen. Il sera jugé en mai pour torture, acte de barbarie, viol, proxénétisme « au préjudice d’une personne particulièrement vulnérable » et détention d’arme.
Le responsable d’une agence bancaire manosquine est soupçonné d’avoir violé, torturé et livré sa compagne Laëtitia à des dizaines d’inconnus, de 2015 à 2022, à Manosque, La Seyne-sur-Mer et Grasse. Au cours de l’enquête, Laëtitia « a décrit des viols et des violences extrêmes commis depuis 2015 dans le cadre d’une relation de couple marquée par des pratiques sadomasochistes au départ consenties », relate le procureur. « À plusieurs reprises, depuis 2015, lorsqu’elle lui avait demandé d’arrêter en raison de la douleur ressentie, il avait, selon elle, poursuivi ses gestes, commettant des violences lorsqu’elle s’opposait à ses demandes », indique le magistrat.
« Leurs jeux sexuels avaient rapidement dépassé les limites qu’elle pouvait accepter, le mis en examen se livrant alors à un chantage à la rupture et exerçant une domination sur elle. Elle a indiqué qu’il lui avait ordonné d’avoir des relations sexuelles avec d’autres hommes, pendant lesquelles il écoutait via son téléphone portable », décrit Antoine Pesme.
En plus des violences conjugales multiples, il est reproché à l’accusé d’avoir forcé son ex-compagne à se prostituer et d’avoir récupéré les fonds récoltés de par cette activité illicite. « Elle avait dû se prostituer à la demande du mis en examen, lequel décidait des pratiques et des tarifs et récupérait la moitié puis la totalité des gains », avance le procureur de Digne-les-Bains. Le responsable d’agence bancaire reconnaît l’existence de relations sadomasochistes avec sa compagne, « mais a affirmé que celles-ci étaient consenties, décrivant la prostitution, l’échangisme ou les pratiques zoophiles comme des jeux ».
« L’intensité et la répétition des violences décrites par la partie civile, mises en relation avec les conclusions de l’expertise médicale et l’exploitation d’enregistrements sonores et vidéos, a conduit le magistrat instructeur à renvoyer le mis en examen devant la cour d’assises », conclut Antoine Pesme.
L’accusé sera défendu par les avocats Me Charlotte Barriol et Me Arnaud Lucien, du barreau de Toulon, tandis que son ex-compagne sera assistée par Me Philippe-Henry Honeger, avocat au barreau de Paris.
La mère de famille de 42 ans avait décrit le calvaire qu’elle a vécu à France Info : « C’étaient des coups de poing, des entailles dans le dos au cutter ou avec un couteau. Il me frappait avec une planche à découper. J’étais souvent à sang. Il me brûlait aussi avec sa cigarette. »
Procès du 18 au 22 mai, devant la cour d’assises de Digne-les-Bains.

Leave a Reply