C’est un jour à marquer d’une pierre blanche. Les Marseillaises vont disputer pour la première fois de leur histoire un match de championnat au stade Vélodrome, ce samedi à 18h30, à l’occasion de la 19e journée d’Arkema Première Ligue, le plus haut niveau du football féminin français, face à leurs voisines de Montpellier.
« Pour moi, c’est un rêve d’enfant », lance Tess Laplacette, capitaine de la formation phocéenne. « Si on m’avait dit ça il y a huit ans, je n’y aurais pas cru. C’est quelque chose d’incroyable, le club en plus a mis les petits plats dans les grands. C’est ce qui fait aussi rêver tout le vestiaire et on a très hâte d’y aller », poursuit la défenseure hyéroise de 26 ans, consciente qu’elle va évoluer devant près de 50 000 spectateurs. « Je pense que pendant deux secondes, on n’aura pas les pieds sur terre », surenchérit celle qui a disputé le plus de minutes cette saison (1 521). « Dès la première seconde du match, ça va être important d’être concentrées, de faire abstraction de tout ce qui va se passer autour, et je pense que les supporters vont nous pousser, vont nous aider à garder les pieds sur terre et à nous motiver pour ce match à pression », ajoute-t-elle, en appréhendant tout de même les frissons que procure l’entrée dans le tunnel. Une atmosphère électrique qu’a bien connue Corinne Diacre lors de ses deux précédentes expériences au stade Vélodrome : le 16 août 2000 (1-0 contre l’Angleterre) en tant que joueuse de l’équipe de France et le 20 janvier 2018 (1-1 contre l’Italie) en tant que sélectionneuse. « Comme j’ai affaire à des joueuses qui ont très peu l’habitude de vivre ce genre d’événements, il faut que je puisse leur apporter mon expérience et surtout leur donner un peu de sérénité. Parce qu’on ne va pas se cacher, c’est un peu difficile pour certaines en ce moment d’appréhender ce match », révèle l’entraîneure marseillaise, en poste depuis le 6 octobre 2025, persuadée que ses protégées répondront présentes au rendez-vous. « Ce match a un enjeu particulier pour nous puisque si on bat Montpellier demain, on est à 90% assurées d’être maintenues en Arkema Première Ligue la saison prochaine », résume la technicienne de 51 ans.
Neuvièmes du championnat avec sept points d’avance sur la lanterne rouge, les Marseillaises s’apprêtent à affronter une équipe héraultaise en grande difficulté à la dernière place et au bord d’une relégation assurée. « Je préfère être à ma place quand même qu’à la leur », souligne Diacre, qui souhaite avant tout que ses joueuses soient « efficaces » avant d’être « belles ».
Repères
Record battu
Près de 50 000 personnes ont pris un billet pour assister à cette grande première historique au stade Vélodrome. Un record dans l’histoire du football féminin français, qui bat celui établi en avril 2022, lors de la demi-finale retour de Ligue des champions entre le PSG et lOL (1-2) au Parc des Princes, avec 43 254 spectateurs présents.
Des animations toute la journée
Dès la matinée, la fête du football féminin débutera au Stade Delort, avec un tournoi des catégories U8F à U10F réunissant les jeunes joueuses de la région, de 10h à 16h. Dès 14h45, le parvis Ganay s’anime avec de nombreuses activités accessibles à tous avant le préfiltrage, dans une ambiance festive et populaire. Sans compter les animations prévues au sein de l’enceinte.
En début de saison, Stefano Petruzzo, directeur général des Marseillaises, s’interrogeait sur l’affiche la plus pertinente pour faire évoluer ses joueuses sur la mythique pelouse du Vélodrome. Plutôt que d’opter pour un choc face à l’une des grosses écuries du championnat, comme Lyon ou Paris, avec le risque d’un revers sévère, comme lors de récentes confrontations, le dirigeant italo-argentin a préféré miser sur une rencontre offrant une réelle chance de l’emporter. L’objectif : proposer un beau spectacle aux spectateurs. « Dès le moment où l’on a décidé de faire le match au Vélodrome, on a étudié toutes les dates et toutes les options possibles. On a voulu donner une visibilité maximale à l’équipe féminine. On a donc choisi la trêve internationale des garçons. C’est l’une des raisons », explique-t-il, enthousiaste à l’idée de vivre ce moment historique, avant de se projeter déjà vers l’avenir. « On a envie de pérenniser un rendez-vous au Vélodrome chaque saison », martèle l’ancien directeur de la stratégie au club anglais de Liverpool.

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