À Digne, profs, élèves et syndicats sont unis

« éducation au rabais = démocratie en danger », « laissez nos profs en paix », « laissez-nous nos options et nos spé »… De nombreux élèves se sont mobilisés aux côtés de leurs professeurs, jeudi, devant leurs établissements, puis devant la DSDEN (Direction des services départementaux de l’Éducation nationale), à Digne-les-Bains. Ils s’inquiètent des suppressions de classes, d’heures de cours, de postes d’enseignants et d’options ou de spécialités, dans le département.

Devant le lycée Alexandra-David-Néel de Digne-les-Bains, particulièrement mobilisé car largement touché par ces coupes budgétaires, Alexandra, 17 ans, craint que la suppression de sa spécialité audiovisuel. « C’est la grande spécificité de notre lycée, les options et les spés artistiques. C’est pas possible de les supprimer ! », déplore-t-elle, en train de préparer des pancartes pour la manifestation, sur fond musical. « Ils veulent augmenter les effectifs de classes à 35 élèves, surtout pour les sections STMG (sciences et technologies du management et de la gestion), alors que, pour avoir une classe qui est déjà à 35, c’est horrible ! »

« Éducation négligée, lycées énervés »

Elena, 15 ans, est venue devant son lycée pour soutenir ses professeurs. « Notre classe est menacée, on a déjà du mal à se concentrer avec 25 élèves, et c’est compliqué pour les professeurs de nous aider chacun à notre tour. Alors 35, ça risque d’être énorme », craint-elle. Sur les pancartes préparées par les lycéens et leurs enseignants devant l’établissement, on peut lire : « 35 élèves pour 30m2, on appelle ça un élevage intensif », « éducation négligée, lycéens énervés », « le nouveau budget gros flop »… « On aurait décroché depuis longtemps si on était 35 », affirment Anaé et Alexia, 17 ans, en classe de STMG, dont les effectifs vont augmenter.

À l’intérieur du lycée, les nombreux professeurs mobilisés se réunissent avant de prendre la route vers la DSDEN en fin de matinée. « Jusqu’à maintenant, on avait 9 heures d’option EPS, on a même eu jusqu’à 12 heures. Et là, on nous supprime 3 heures. Cela veut dire qu’un groupe va sauter alors qu’on a 79 inscrits. Il y en a forcément qui vont rester sur le carreau et arrêter l’option », regrette Aline Marteau, professeure d’EPS au lycée Alexandra-David-Néel. « On a un collègue qui vient faire un complément de service. Ce collègue risque de sauter », ajoute-t-elle.

« On doit faire des compromis pour que l’édifice ne s’écroule pas », constate Julie Ruffe Raimon, professeure d’arts plastiques. « Mais là, ça s’écroule », lui répond Aline Marteau. Le convoi d’Alexandra David-Néel a rejoint plusieurs autres établissements mobilisés devant la DSDEN. « C’est un département qui se soulève », lance Lionel Lasfargues, secrétaire du Snes-FSU 04, rappelant qu’il manque « 44 classes supplémentaires pour être dans la moyenne européenne » dans le département : « Pour l’instant, on est les derniers d’Europe. Cette année, ils attaquent l’éducation prioritaire. Le collège Jean-Giono à Manosque perd deux classes. »

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