Le 1er bébé de l’année à Avignon victime d’un déferlement raciste

C’est une histoire glaçante et à peine croyable que connaît Zaïd, petit avignonnais de même pas une semaine. Né le 1er janvier à l’hôpital d’Avignon, vers 1h30, il est présenté comme le premier bébé 2026 par un article dans La Provence. Une information classique du 1er janvier mais qui a pris depuis une tournure nauséabonde. La publication sur les réseaux sociaux de nos confrères a été la cible d’un déversoir haineux et raciste en raison de la consonance du prénom de l’enfant.

Sur X (ex-Twitter), la publication a été vue plus de 1,7 millions de fois poussant ensuite La Provence à retirer son tweet. Sur Facebook, plus de 11 400 commentaires restent actifs, bien que le journal ait bloqué les réactions. Ce mardi, Olivier Biscaye, directeur de la rédaction a fini par réagir dans un édito : « Notre vigilance a un temps permis de les réguler [les « écrits extrémistes »] mais la violence a repris de plus belle ». Et d’indiquer qu’il « était hors de question de supprimer l’article au nom d’un principe qui nous semble évident, l’extrémisme ne peut pas gagner, supprimer cet article, signifiait notre renoncement à des valeurs de respect et d’ouverture auxquelles nous croyons ». Difficile d’être exhaustif face au déferlement abject subi par Zaïd. Mais citons pêle-mêle, « on aurait du l’avorter », « les nuisibles d’Allah ne sont pas Français […], il faut les remettre dans leurs réserves naturelles africaines », « Erreur de pays ! C’est Marcel ou Germaine en France… », ou « Le premier migrant terroriste de 2026 ».

Des propos tous susceptibles d’être condamnés par la justice, reposant aussi la question des réseaux sociaux et de leur régulation. Cette campagne de haine a même trouvé un écho en Algérie, où le média en ligne TSA parle de Zaïd comme de « la plus jeune victime de haine au monde ». Quelques autres commentaires indignés ont réagi en souhaitant la bienvenue à Zaïd. « La France, ce n’est pas un prénom. La France, c’est aussi des valeurs : respect, humanité, dignité et elles commencent par la façon dont on parle d’un enfant », écrit une internaute. Localement, le député (LFI-NFP) Raphaël Arnault s’est rapidement ému : « Le racisme s’est tellement banalisé qu’aujourd’hui ils s’en prennent même à un bébé qui vient de naître. Bienvenue à Zaïd. Déjà tellement plus beau que les immondes racistes ». Le 4 janvier, le collectif No Pasaran jeunes a réalisé plusieurs collages de soutiens à Montfavet, où vit sa famille, souhaitant la « bienvenue à Zaïd, Avignon est ta maison, Montfavet est anti raciste ».

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