Tag: Naissance

  • Les rafles de 1943 à Marseille, un crime contre l’Humanité

    Les rafles de 1943 à Marseille, un crime contre l’Humanité

    « La rafle menée à Marseille dans le quartier Saint-Jean les 23 et 24 janvier 1943, ainsi que le pillage et la destruction du quartier dès février 1943, caractérisent indubitablement des crimes contre l’humanité au sens de la charte du tribunal militaire international de Nuremberg applicable aux crimes commis durant la Seconde Guerre mondiale » a solennellement exprimé mercredi le Procureur national antiterroriste (PNAT), Olivier Christen, devant plus de 70 victimes et descendants de victimes réunis au Palais Monthyon avec le collectif Saint-Jean et les avocats, Me Pascal Luongo et Me Michel Pautot.

    Le Procureur national a été accueilli par Olivier Leurent, le président du tribunal judiciaire qui a présidé en 2014 le premier procès à Paris du génocide des Tutsi au Rwanda. « La reconnaissance des crimes est essentielle et l’attente des victimes est légitime d’une justice intemporelle et surtout imprescriptible. Le devoir de mémoire est plus que nécessaire car l’oubli et l’ignorance sont la porte ouverte au renouvellement des crimes contre l’humanité. » Marseillais de naissance au sein d’une famille italienne, le procureur de la République de Marseille, Nicolas Bessone, a dit combien il était important « que la vérité soit établie sur ces faits terribles commis à Marseille. »

    Une reconnaissance, un classement sans suite

    Il y avait une dimension symbolique forte pour le PNAT à venir ici-même énoncer solennellement que « des persécutions, déportations et autres actes inhumains ont été commis à Marseille à l’encontre d’un groupe de population civile expressément ciblé pour des motifs politiques, raciaux ou religieux ». Qu’en outre cette tragédie a été perpétrée « dans le cadre d’un plan concerté au nom d’un état pratiquant une politique hégémonique idéologique, la rafle ayant été menée conjointement par les forces allemandes et françaises à l’instigation des plus hautes autorités SS. »

    Olivier Christen a salué le travail d’investigation notamment archivistique mené par les gendarmes de l’Office central de lutte contre les crimes contre l’humanité, les génocides et les crimes de guerre (OCLCH) dirigé par le colonel Nicolas Philippotin, présent mercredi. 22 victimes de 20 familles ont été entendues. 17 personnes ont souhaité porter plainte pour crime contre l’humanité.

    Les enquêteurs ont identifié les 12 000 membres des forces de police et de gendarmerie françaises mobilisés pour la rafle et ont identifié 150 noms dans la liste des 100 000 collaborationnistes. « Pour celles encore vivante, il n’a pas été possible d’établir leur implication précise » a dit Olivier Christen. Les recherches en Allemagne pour retrouver des personnes n’ont pas abouti. Si la juste qualification juridique des crimes est posée, « la procédure a été classée sans suite, en l’absence de responsables pénalement poursuivables identifiés 83 ans après les faits » n’a pu que conclure le Procureur national.

    Pour autant les responsables sont connus. Heinrich Himmler, le ministre de l’Intérieur du IIIe Reich qui a donné l’ordre. Karl Olberg, le chef de la SS en France, qui écrit que « l’autorité allemande veut nettoyer de tous les indésirables les vieux quartiers et les détruire par la mine et le feu. » Sont aussi responsables Bernhard Griese, le chef des SS, Rolf Müller, le chef de la Gestapo à Marseille, René Bousquet, le chef de la police de Vichy, Antoine Lemoine, le préfet de Région, Pierre Barraud, l’administrateur provisoire de Marseille sous tutelle. Tous posent sur le même cliché pris à l’Hôtel de Ville le 23 janvier 1943 au terme de la dernière conférence préparatoire à l’Opération Sultan.

    Le maire de Marseille, Benoit Payan, voit dans cette reconnaissance « le résultat de décennies de lutte pour la mémoire de Marseille. Merci à l’ensemble des familles et associations mobilisées dans ce combat pour la Justice et la mémoire des victimes trop longtemps oubliées. Marseille se souvient. »

    « Ce travail de mémoire résonne avec une force particulière auourd’hui. À l’heure où l’extrême droite progresse et où le Rassemblement national cherche à se détacher de l’histoire du Front national, nous ne pouvons pas effacer d’où vient ce parti, fondé notamment avec d’anciens Waffen-SS », souligne pour sa part le sénateur communiste Jérémy Bacchi.

    Après deux heures de restitutions pédagogiques des 7 années d’enquête pénale et d’échanges avec quelques rescapés et de nombreux descendants de victimes, le Procureur national antiterroriste, Olivier Christen, a pris la parole vers midi pour annoncer officiellement la reconnaissance par la justice du crime contre l’humanité. PHOTO D.C.

  • Deux jeunes calaos papous sortent du nid dans le Var

    Deux jeunes calaos papous sortent du nid dans le Var

    Si le parc accueille régulièrement des naissances de calaos, mener deux jeunes à l’âge de l’envol lors d’une même reproduction est plutôt rare. Avec une particularité cette année, une aide inattendue : leur grande sœur, née au parc en 2025, a participé au nourrissage aux côtés de son père, apportant de la nourriture à la femelle et aux oisillons. Une véritable histoire familiale sur deux générations. Le parc
    varois accueille aujourd’hui sept espèces de calaos et plusieurs couples qui se reproduisent régulièrement. Le résultat d’un suivi attentif des couples et d’installations adaptées. Originaire de Nouvelle-Guinée, le calao papou joue également un rôle essentiel dans la dispersion des graines et le renouvellement des forêts tropicales.

  • Deux bébés caracals, la fierté du zoo de Toulon

    Deux bébés caracals, la fierté du zoo de Toulon

    Une naissance extrêmement rare. Depuis ils grandissent auprès de leurs parents et sont choyés par les soigneurs. Tout duveteux et espiègle, le duo de chatons est rapidement devenu l’attraction du zoo. Mais bientôt, faute d’espace suffisant pour leur épanouissement, ils devront quitter leurs parents pour être transférés dans un autre zoo aux Pays-Bas.

  • Mortalité infantile : la région désarmée

    Mortalité infantile : la région désarmée

    C’est un document que le gouvernement voulait garder dans les tiroirs. Sept mois après avoir rendu ses conclusions, l’Inspection générale des affaires sociales (Igas) a finalement été autorisée le 4 août dernier à publier son rapport consacré à la hausse de la mortalité infantile, au moment même où le Canard enchaîné en dévoilait le contenu.

    C’est que le constat est dramatique. « Connaissant une lente mais continue dégradation de ses indicateurs de santé périnatale au cours des quinze dernières années, la France se retrouve désormais en 23e position au sein de l’Union européenne (UE) en termes de mortalité infantile, une chute marquée par rapport aux années 1990, où elle figurait parmi les pays les mieux classés », pointe le rapport. Depuis 2011, ce taux a augmenté de 0,6 point pour atteindre 4,1 décès avant le premier anniversaire pour 1 000 naissances. « Si la France connaissait le taux de mortalité infantile moyen de l’UE, soit 3,3 ‰, ce sont les morts de 529 enfants dans leur première année qui auraient pu être évitées en 2024 », écrit l’Igas. En Provence-Alpes-Côte d’Azur, 182 nouveau-nés qui ont perdu la vie en 2024, soit 3,7 décès pour 1 000 naissances, contre 2,8 en 2012. Si l’augmentation est la plus forte dans les Alpes-de-Haute-Provence, les Bouches-du-Rhône restent les premiers concernés avec 3,5 décès pour 1 000 naissances sur la période 2020-2024.

    La précarité en cause

    Derrière ces drames, pour moitié liés à des naissances prématurées, « l’accroissement de la précarité sociale et des difficultés socio-économiques joue un rôle important », souligne l’Igas. En première ligne, les femmes nées à l’étranger, avec « des barrières à l’accès primaire aux soins et des soins sous-optimaux », s’alarme l’Igas. Un constat qui vaut aussi en Provence-Alpes-Côte d’Azur. Dans son bulletin régional thématique publié le 8 juillet dernier, Santé publique France pointe « des indicateurs de précarité et de morbidité maternelle plus défavorables dans les Bouches-du-Rhône ». 20,8% des femmes ayant accouché y bénéficient de la complémentaire santé solidaire ou de l’aide médicale de l’État, trois points de plus que la moyenne nationale. Parmi les facteurs de risque, le bulletin pointe aussi la forte augmentation du surpoids et de l’obésité avant la grossesse qui concerne désormais un tiers des mères.

    150 millions nécessaires

    C’est dans ce contexte que l’Assemblée nationale avait voté, en mai 2025, un moratoire de trois ans sur la fermeture des maternités. Leur nombre a été divisé par deux en trente ans en France, dans un contexte de chute de la natalité. Dans la région, elles sont quatre à avoir fermé ces dix dernières années, dont trois cliniques privées, alors qu’une femme sur vingt y a un temps de trajet supérieur à 45 minutes pour accoucher. « On ne saurait soutenir qu’il existerait un lien univoque entre l’organisation de l’offre de maternités et les résultats enregistrés en termes de mortalité infantile », objecte cependant l’Igas.

    Son rapport insiste davantage sur la nécessité de renforcer la prévention et le dépistage, le suivi post-natal, et en particulier de « se donner les moyens de toucher les publics les plus vulnérables et les plus éloignés des parcours de soins ». Mais surtout, il reprend l’alerte de la Société française de néonatalogie. « Les unités [de soins intensifs et réanimation] sont saturées, avec des taux d’occupation trop élevés, ce qui a un impact sur la qualité des soins et sur la mortalité », écrit l’Igas. Un quart des services refuse régulièrement des entrées critiques faute de place, et le sous-effectif infirmier augmente la mortalité des grands prématurés. Dans la région, 94 événements graves indésirables ont été déclarés en 2017 et 2024. Celle-ci est la moins bien dotée de l’Hexagone en matière de réanimation en néonatalogie : on n’y compte que 0,71 lit pour 1 000 naissances, quand l’Igas réclame un ratio d’un lit pour 1 000 naissances. Selon la Société française de néonatalogie, il faudrait consacrer au moins 150 millions de plus par an pour ajuster les effectifs soignants et le nombre de lits. « Une telle mesure se justifie d’un point de vue éthique, médico-économique et sociétal », résume l’Igas.

    Un accompagnement pour les femmes enceintes dans le 3e arrondissement

    Depuis le début de l’année, la Ville de Marseille a mis en place un dispositif Bien Naître à Marseille, avec l’ambition d’accompagner une centaine de femmes enceintes dans le 3e arrondissement, où plus de 52% de la population vit sous le seuil de pauvreté. Lancé dans le cadre de sa politique de prévention et de lutte contre l’obésité infantile, ce programme propose deux ateliers « Alimentation et grossesse » ainsi que « Alimentation de bébé », avec des conseils personnalisés pour les participantes, auxquels s’ajoutent des activités hebdomadaires de marche, yoga, pilates, proposées par des associations locales. Identifiées par la protection médicale et infantile (PMI) ou par la maison de santé pluriprofessionnelle Peyssonnel qui accueille les ateliers, les participantes peuvent intégrer le dispositif au troisième mois de la grossesse, avec un accompagnement qui se poursuit avec quatre rendez-vous annuels après l’accouchement, pour un suivi durable. Surtout, elles reçoivent une aide financière de 45 euros par mois pendant cinq mois pour pouvoir accéder à une alimentation de qualité, qui peut être dépensée dans des lieux choisis pour la qualité de leurs produits.

    Y.S.

  • La haute-commissaire à l’enfance de passage à Marseille

    La haute-commissaire à l’enfance de passage à Marseille

    « Pour une fois, nous sommes là pour annoncer un nouveau droit, ça fait du bien », s’est jeudi enthousiasmée Sarah El Haïry, haute-commissaire à l’Enfance, de passage au pôle parents-enfants de l’hôpital de Saint-Joseph pour promouvoir le « congé supplémentaire de naissance », entré en vigueur mercredi.

    Issue de la loi de financement de la Sécurité sociale, votée dans un contexte de crise démographique, la mesure permet aux nouveaux parents, adoptifs compris, de bénéficier d’un ou de deux mois de congé supplémentaires, en plus des congés maternité ou paternité. Ceux-ci sont indemnisés à hauteur de 70% du salaire le premier mois et 60% le deuxième. Dans le top 10 des maternités françaises, avec 4 800 naissances par an, l’hôpital Saint-Joseph a déjà mis en place une stratégie de communication pour tenir les parents informés. « Un droit n’est effectif que si les personnes en ont la connaissance et peuvent en bénéficier », a souligné Sarah El Haïry.

    Syndrome du bébé oublié

    Au pas de course, l’ex-ministre s’est ensuite rendue dans les locaux du nouveau Samu de Marseille pour rappeler, en cette période caniculaire, les dangers du syndrome du bébé oublié. « Ça peut arriver à tout le monde, pour plein de raisons, parce qu’on est fatigué, parce qu’on subit un changement de rythme… Il faut créer une chaîne de vigilance collective », a-t-elle souligné. Un enfant de 18 mois est mort à Marseille la semaine passée, après avoir été oublié dans une voiture sur le parking de la faculté de médecine.

  • Une société varoise crée des biberons sans plastique

    Une société varoise crée des biberons sans plastique

    Après avoir donné naissance à son troisième enfant dans les années 2010, Allison Piraud s’interroge. Comment éliminer les plastiques des objets nécessaires au quotidien d’un nourrisson tels que les tétines et les biberons ? « Mon mari, qui travaille dans la plasturgie, me déconseillait formellement le plastique pour les risques de migration de substances vers le lait. Je me suis alors tournée vers le verre, mais il cassait. » Après deux années de recherche, l’idée du silicone pur de grade médical, matériau biocompatible (donc toléré par l’organisme), s’impose comme la meilleure alternative. Utilisé, comme son nom l’indique, en médecine, du soin infirmier jusqu’à la chirurgie, garanti sans BPA, BPS, phtalates, PVC, plomb ou nitrosamines, ce matériau ne libère aucune substance volatile ni microparticule sous l’effet de la chaleur, et constitue une alternative saine et sûre aux contenants alimentaires traditionnels. « Je cherchais un matériau qui puisse répondre à des exigences sanitaires extrêmement élevées pour des produits destinés aux nourrissons. Et au-delà de l’aspect sanitaire, le silicone médical est aussi un matériau durable et réutilisable, conçu pour durer dans le temps », souligne Allison Piraud. Elle lance alors l’entreprise Elhée, en 2018, dont le nom est inspiré de celui de sa fille, Éléonore.

    Objectif : multiplier le chiffre d’affaires par 3 ou 4

    Naît alors le « Biberond », premier produit de la gamme, un biberon anti-coliques, qui offre un confort digestif et sensoriel. Dans sa lignée sont conçus d’autres objets (tétines, tasses, chauffe-biberon…), en collaboration avec d’autres marques de l’univers de la puériculture, et bientôt une ligne de soins dermocosmétiques. Toujours avec une double visée sanitaire et écoresponsable : « Nos produits sont évolutifs, avec des accessoires interchangeables et des pièces détachées pour prolonger leur durée de vie et limiter les déchets. »

    Avec des produits imaginés à Toulon et conçus en Isère, Elhée entend privilégier des circuits courts, des matières premières sourcées en Europe et une conception durable. Actuellement « dans une phase d’accélération importante », tel que le décrit sa présidente, présente dans 35 pays, la marque revendique un chiffre d’affaires de 4 millions en 2025, et vise 7 millions cette année, puis 15 à 20 millions à l’horizon 2030. Des objectifs d’expansion qui vont « s’accompagner d’investissements industriels et du renforcement progressif des équipes », prévoit Allison Piraud, qui compte aujourd’hui cinq salariés et une vingtaine d’emplois indirects générés à travers ses partenaires industriels et ateliers français.

  • La région Sud touche du doigt la chute des naissances

    La région Sud touche du doigt la chute des naissances

    La dynamique démographique en Provence-Alpes‑Côte d’Azur, +0,6% en moyenne (29 600 habitants par an) depuis 2016, continue de reposer de moins en moins sur les naissances. Selon le bilan démographique 2025 de l’Insee, la région enregistre une nouvelle baisse marquée de la natalité, confirmant une tendance installée depuis 2013 : 48 600 bébés sont nés en Paca en 2025, soit une diminution de 2,1% sur un an et un recul de 17% en dix ans. C’est « un quart de bébés en moins dans le Vaucluse » sur la période.

    Une contraction des naissances qui s’inscrit dans un contexte national plus large. « Deux facteurs expliquent traditionnellement une baisse de la natalité : la baisse du nombre de femmes en âge d’avoir des enfants et celle de la fécondité. Le premier a joué dans les années 2010 mais, depuis 2022, seule l’évolution de la fécondité, c’est-à-dire la baisse du nombre d’enfants par femme, explique cette baisse », observe Nicolas Cochez, chef de projet à l’Insee.

    En 2025, l’indicateur conjoncturel s’établit à 1,61 enfant par femme en Provence‑Alpes-Côte d’Azur (1,54 en France, deuxième pays le plus fécond après la Bulgarie), contre 1,95 en 2019, et 2,02 en 2015. Un chiffre qui place toutefois la région dans le trio de tête des plus fécondes avec l’Île-de-France et Centre-Val-de-Loire. Dans le détail, toutes les classes d’âge sont concernées par ce repli. Les naissances diminuent chez les moins de 30 ans, mais aussi chez les femmes âgées de 30 à 39 ans, longtemps considérées comme le cœur de la maternité tardive. Seules les maternités après 40 ans résistent à la marge. Résultat : les naissances restent durablement sous le seuil des 50 000 par an.

    Multifactoriel

    « On peut mettre en avant, d’abord, que les préférences sociétales évoluent », note Valérie Roux, directrice régionale de l’Insee, évoquant « un changement dans les préférences individuelles » révélé par une enquête de l’INED, qui interrogeait les ménages sur leur nombre idéal d’enfants et montrait une baisse très rapide, ces dernières années, avec beaucoup plus de personnes déclarant « 0 ou 1 enfant » que par le passé.

    « Il peut y avoir des contraintes qui jouent dans ces décisions aussi », poursuit la responsable des contraintes biologiques, « du fait que l’âge à la maternité recule et que l’on ait moins facilement des enfants à 30 ou 35 ans », ou financières liées au coût de la vie et au sujet d’inflation récurrents ces dernières années.

    Dans ce registre, « des problématiques de coût du logement très prégnantes dans les métropoles peuvent aussi jouer dans les arbitrages parce qu’on estime ne pas avoir assez de place pour un enfant de plus », renchérit Valérie Roux. « Enfin, à la croisée, il y a aussi probablement les phénomènes d’inquiétude multiples, liés à la situation géopolitique mais aussi, de façon plus structurelle, à tout ce dont on parle autour de l’environnement. »

    Cette situation inédite depuis des décennies – il faut remonter à 1979 pour trouver un nombre de naissances aussi bas et à 1976 pour un taux de fécondité aussi faible dans notre région -, s’est accentuée avec la « chute brutale » des naissances de 7,3% en 2023. Aujourd’hui, ce décrochage est mis en perspective par la hausse des décès. Après trois années de baisse suite à la période covid, ils ont augmenté de 2,3% en 2025 (54 400).

    En 2025, la région a donc compté 5 800 décès de plus que de naissances. Une situation qui contribue au creusement du déficit naturel régional observé depuis 2020 et pose des enjeux structurels, car ce déséquilibre va peser sur les systèmes de protection sociale, le marché du travail et sur les services publics, de l’école à la santé.

    REPÈRES

    – 5800

    En 2025, pour la 5e année consécutive, le solde naturel de la région est négatif avec 54 400 décès (1 200 de plus qu’en 2024) pour 48 600 naissances. Si les courbes se sont croisées en 2020/2022 dans une période « chahutée » par le covid, la grippe et la canicule, la tendance était plus structurelle et celle-ci n’a servi que d’accélérateur.

    5,32 millions

    Avec 5,32 millions d’habitants en 2026, la population de la région continue paradoxalement d’augmenter (+0,6% par an depuis 10 ans) plus vite que celle de la France.

    Une évolution liée à un solde migratoire largement positif.

    86 ans et 1 mois

    En 2025, l’espérance de vie des femmes de notre région s’établit à 86 ans et 1 mois, 4 mois de plus qu’en 2019. Celle des hommes est de 80 ans et 10 mois, 6 mois de plus qu’en 2019. Avec le vieillissement des baby-boomers, 25% des habitants ont 65 ans ou plus, contre 21% de moins de 20 ans.

  • Une vague d’affections pour Zaïd dans les lycées marseillais

    Une vague d’affections pour Zaïd dans les lycées marseillais

    C’est certainement l’une des plus belles réponses, à visage découvert cette fois, à la haine et au racisme. Depuis plusieurs jours, de nombreux professeurs de lycées à Marseille ou à Marignane se prennent en photo en diffusant un message de soutien à Zaïd. Ce petit garçon d’à peine deux semaines, né aux premières heures de 2026 à Avignon, et dont la naissance, relayée par La Provence comme le premier bébé de l’année, a suscité, en ligne, un déferlement abject de haine lié à son prénom (nos éditions du 7 et 8 janvier). Les parents de Zaïd ont d’ailleurs porté plainte.

    « Cela m’a meurtri, raconte Pascal Raimond, professeur de gestion au lycée professionnel de la Calade à Marseille. On ne peut donner et souhaiter que de l’amour à un bébé. J’ai très mal dormi la nuit qui a suivi, je me mettais sans arrêt dans la peau des parents. Que faire pour manifester mon indignation et adresser un message de réconfort aux parents ? » Le lendemain, il propose donc à ses collègues de lycée de poser pour une photo de soutien, diffusée ensuite sur le groupe WhatsApp. « Et là, ça a fait boule de neige, tous les jours de nouvelles photos sont publiées », n’en revient toujours pas Pascal Raimond. Les lycées marseillais Diderot, César, de l’Estaque ou Maurice-Genevoix à Marignane se sont aussi mobilisés, de même que l’école Estaque gare à Marseille. Le professeur « espère tellement que ces photos remontent à la famille de Zaïd ».

  • Les deux maternités de Sète vont fusionner

    Les deux maternités de Sète vont fusionner

    En 2023, un rapport national rédigé par le professeur Yves Ville, de l’hôpital Necker à Paris, préconisait de réduire de 20% le nombre de maternités en France, visant notamment les structures avec une activité de moins de 1 000 naissances par an. L’épée de Damoclès qui menaçait déjà la maternité de la polyclinique Sainte-Thérèse et celle de l’hôpital Saint-Clair à Sète depuis 2023 vient de tomber. Au 1er juillet 2026, les deux plateaux techniques devraient fusionner et tous les accouchements auront lieu au sein de la structure hospitalière.

    « Une situation catastrophique » selon FO

    D’après l’ARS Occitanie, ce « rapprochement » est dû à la baisse des naissances ces dernières années sur l’Île singulière. Fin 2025, 470 et 414 naissances avaient été comptabilisées respectivement dans chaque établissement. Un chiffre qui n’est pourtant jamais passé sous la barre des 300 par an et par maternité, seuil sous lequel le code de la santé publique prévoit une fermeture.

    L’autre raison majeure de cette fusion est, bien sûr, budgétaire. Pour Sébastien Mazel, le secrétaire régional et départemental santé de Force ouvrière, « c’est une situation catastrophique qui traduit la politique économique nationale ». Il établit un lien entre la diminution de la natalité à Sète et une baisse d’activité dans les maternités et donc de bénéfices. « Mais ce raisonnement me gêne. On tente de faire de la rentabilité et de la gestion financière sur de l’humain. »

    Le syndicaliste s’inquiète pour une patientèle qu’il estime « lésée ». « Je n’ai rien contre l’hôpital public mais je pense que le citoyen devrait avoir le choix d’une institution ou d’une autre pour préparer une naissance. »

    La CGT optimiste

    Autre son de cloche du côté de Véronique Mauroy, la secrétaire générale de la CGT des hôpitaux du Bassin de Thau. « On ne voit pas ce rapprochement d’un mauvais œil. Actuellement, rien qu’avec le personnel de la maternité de l’hôpital, on est en capacité d’absorber 800 naissances par an [soit plus de 90% des naissances des deux établissements cumulés, Ndlr.]. Alors ce ne sera que mieux si du personnel arrive du privé. » D’après la secrétaire générale, la direction de l’hôpital serait en discussion avec les salariés de la polyclinique pour les replacer.

    « Une aubaine pour l’hôpital »

    « En plus, la maternité a été récemment rénovée, ce qui garantit de très bonnes conditions d’accueil pour les mamans et leur bébé », rassure Véronique Mauroy. Elle voit même cette arrivée de nouvelles naissances comme « une aubaine pour l’hôpital ». « L’établissement avait prévu des travaux dans quelques années pour rapprocher le bloc obstétrical du bloc opératoire. Avec ces nouvelles entrées, les financements seront certainement disponibles cette année. »

    L’ARS Occitanie se veut elle aussi rassurante et garantit des conditions d’accueil exemplaires à la maternité de l’hôpital Saint-Clair. Le service est équipé d’un plateau technique complet comprenant une salle de césarienne au bloc opératoire, trois salles de naissance, une salle physiologique et le matériel nécessaire à l’accueil des bébés prématurés.

  • Le 1er bébé de l’année à Avignon victime d’un déferlement raciste

    Le 1er bébé de l’année à Avignon victime d’un déferlement raciste

    C’est une histoire glaçante et à peine croyable que connaît Zaïd, petit avignonnais de même pas une semaine. Né le 1er janvier à l’hôpital d’Avignon, vers 1h30, il est présenté comme le premier bébé 2026 par un article dans La Provence. Une information classique du 1er janvier mais qui a pris depuis une tournure nauséabonde. La publication sur les réseaux sociaux de nos confrères a été la cible d’un déversoir haineux et raciste en raison de la consonance du prénom de l’enfant.

    Sur X (ex-Twitter), la publication a été vue plus de 1,7 millions de fois poussant ensuite La Provence à retirer son tweet. Sur Facebook, plus de 11 400 commentaires restent actifs, bien que le journal ait bloqué les réactions. Ce mardi, Olivier Biscaye, directeur de la rédaction a fini par réagir dans un édito : « Notre vigilance a un temps permis de les réguler [les « écrits extrémistes »] mais la violence a repris de plus belle ». Et d’indiquer qu’il « était hors de question de supprimer l’article au nom d’un principe qui nous semble évident, l’extrémisme ne peut pas gagner, supprimer cet article, signifiait notre renoncement à des valeurs de respect et d’ouverture auxquelles nous croyons ». Difficile d’être exhaustif face au déferlement abject subi par Zaïd. Mais citons pêle-mêle, « on aurait du l’avorter », « les nuisibles d’Allah ne sont pas Français […], il faut les remettre dans leurs réserves naturelles africaines », « Erreur de pays ! C’est Marcel ou Germaine en France… », ou « Le premier migrant terroriste de 2026 ».

    Des propos tous susceptibles d’être condamnés par la justice, reposant aussi la question des réseaux sociaux et de leur régulation. Cette campagne de haine a même trouvé un écho en Algérie, où le média en ligne TSA parle de Zaïd comme de « la plus jeune victime de haine au monde ». Quelques autres commentaires indignés ont réagi en souhaitant la bienvenue à Zaïd. « La France, ce n’est pas un prénom. La France, c’est aussi des valeurs : respect, humanité, dignité et elles commencent par la façon dont on parle d’un enfant », écrit une internaute. Localement, le député (LFI-NFP) Raphaël Arnault s’est rapidement ému : « Le racisme s’est tellement banalisé qu’aujourd’hui ils s’en prennent même à un bébé qui vient de naître. Bienvenue à Zaïd. Déjà tellement plus beau que les immondes racistes ». Le 4 janvier, le collectif No Pasaran jeunes a réalisé plusieurs collages de soutiens à Montfavet, où vit sa famille, souhaitant la « bienvenue à Zaïd, Avignon est ta maison, Montfavet est anti raciste ».