Le dossier était attendu de pied ferme, mais ses modalités restaient des nébuleuses. Après une approbation en conseil métropolitain le 15 décembre dernier, c’est au tour du conseil municipal aixois d’approuver, ce vendredi 19 décembre un programme de travaux qui permettrait, à terme, d’installer une ligne de bus haut niveau de service (BHNS) depuis la gare routière de la capitale de Provence placée en centre-ville, vers le pôle d’activités économiques (PAAP) de la Duranne. La ligne permettra également de desservir le quartier des Milles et la zone de la Pioline, de la Constance (sud), en longeant le Pôle d’échanges multimodal et le Plan d’Aillane. Il aura néanmoins fallu patienter près de deux décennies pour que les premières signatures autour du projet ne soient couchées sur le papier : en juillet, Martine Vassal, présidente (DVD) de la Métropole et François Rebsamen, ministre de l’Aménagement du territoire, signaient enfin cette mise en service. « Il y a ceux qui parlent, et ceux qui font. Le maire d’Aix en Provence fait », félicitait, en amont des présentations, Eric Chevalier, premier adjoint de Sophie Joissains, maire UDI de la commune.
Les travaux s’annoncent d’ampleur sur cette ligne dont une longue présentation, en amont des débats, en a décrit la disposition : 18 kilomètres de distance au total, 28 stations desservies pour un fonctionnement continu du lundi au samedi. Coût total du programme : 153 millions d’euros hors taxe. « L’insistance que nous avons mise sur ce dossier depuis plusieurs années vous pousse à trouver des solutions très électorales », ironisait de son côté Cyril Di Méo, élu d’opposition dans le groupe mené à gauche par Marc Pena (PS), candidat au fauteuil de maire.
« La physionomie du projet a massivement changé. Les scénarios évoqués, il y a un an et demi deux ans, étaient sur des budgets au maximum de 80 millions d’euros. Là, on est passés à des travaux à bientôt 200 millions. Les tracés aussi sont complètement modifiés », poursuit l’élu, qui estime que le tracé desservira mal le cœur de la Constance. Même remarque chez Anne-Laurence Petel (Aix-au-Coeur) qui rappelle : « L’exigence pour valider le dossier de la Constance était d’avoir un réseau de transport pertinent. Le BHNS ne passe plus par la Constance ! » « J’ai soutenu et lundi dernier voté très favorablement pour ce projet, qui a des conséquences écologiques (…) j’espère que sa mise en place soit facile, j’ai peur que 2030 soit une date un peu trop optimiste », pointait de son côté Philippe Klein, chef de file du groupe d’opposition Aix Autrement. Marc Pena lui, ajoute une couche sur le sujet : « Quelle que soit la municipalité qui viendra au printemps prochain, elle aura pour objectif de travailler encore plus le projet avec la Métropole et faire en sorte que ce projet soit un projet qui réponde aux besoins. Là, pour l’instant, on est à mi-chemin. Je suis inquiet des sommes envisagées. Et il se dit partout que la mise en service effective sera 2035. » « La commune est allée chercher la solution financière auprès de l’Europe. C’est pour ça que ce projet s’est débloqué, et ça va aller très vite », rétorque Jean-François Dubost, adjoint à l’économie. « Le projet sera perfectible, et développé », tranche Christophe Chenaud, directeur général adjoint urbanisme.

Leave a Reply