L’indécence au grand jour. Semestre après semestre. L’annonce est tombée ce jeudi matin, alors que le pays se prépare à un nouveau week-end de rassemblements contre la vie chère, suivi par un appel intersyndical à la mobilisation le 5 novembre. TotalEnergies a présenté jeudi à ses actionnaires un bénéfice net record de 8,3 milliards de dollars pour le troisième trimestre, contre 3,7 milliards de dollars sur la même période l’an passée.
Comme l’Espagnol Repsol et le géant britannique Shell, la compagnie pétrolière française profite de la flambée des prix des hydrocarbures, conséquence des guerres en Ukraine et au Moyen-Orient, pour se remplir la panse. Le malheur des uns fait le bonheur des autres. Et si, au vu du contexte social explosif en France, des réactions indignées se sont exprimées ce jeudi, pour la porte-parole du gouvernement : « On aurait tort de sombrer dans le Total bashing », estime Maud Bregeon sur le plateau de BFMTV.
« Depuis janvier, la multinationale a engrangé 19,511 milliards de dollars de profits, soit près de deux fois plus qu’à la même période en 2025, sans que ces gains exceptionnels ne soient soumis à la moindre taxe supplémentaire. Ce manque à gagner pour l’État intervient au moment même où l’Assemblée nationale examine un projet de budget 2027 marqué par l’austérité, alors que les ménages subissent la flambée des prix de l’énergie et que la crise du pouvoir d’achat entraîne des mobilisations massives à travers tout le pays », rappellent les ONG 350.org, Action Justice Climat Paris et Attac France dans un communiqué.
« Notre économie en souffre et les seuls à qui on demanderait pas un effort c’est Total ! Tout cela est hallucinant », a fustigé la veille Éric Coquerel, président LFI de la Commission des finances alors que des amendements visant à taxer les profits fossiles ont tous été rejetés par les députés.
Les Socialistes annoncent déposer, dans le cadre de leur journée réservée à l’Assemblée nationale le 19 novembre, un projet de loi pour encadrer les marges réalisées par les entreprises de raffinage. « Moins de profits pour les actionnaires de TotalEnergies, plus de pouvoir d’achat pour les travailleuses et travailleurs », écrit le groupe dans un communiqué de presse. « Nous estimons que cela permet de faire baisser le prix à la pompe de 20 à 30 centimes par litre, sans rien coûter aux finances publiques », justifient les députés.
Le groupe dirigé par Patrick Pouyanné rappelle qu’il plafonne le prix du gazole à 2,25 euros le litre dans ses stations-service, ce qui lui coûte 500 millions d’euros depuis le début de l’année. « Cela représente seulement six jours de bénéfice. Des miettes pour les automobilistes, des milliards pour les actionnaires », tacle le secrétaire national du PCF Fabien Roussel. Dès lors, « nous demandons la nationalisation de TotalEnergies pour reprendre la maîtrise des prix et des investissements. Les profits de l’énergie doivent servir à alléger les factures et à financer la transition écologique. C’est une question de souveraineté », appuie-t-il dans des messages sur X.

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