Tag: hausse des prix

  • La culture pâtit aussi de la hausse du prix du carburant

    La culture pâtit aussi de la hausse du prix du carburant

    « On est des nomades de l’animation, donc oui on est impacté par l’augmentation du prix du carburant », déplore Hugues Bru, directeur de la section Bouches-du-Rhône des Petits débrouillards Paca. L’association, qui cherche à développer « la prise de conscience du caractère complexe des relations entre sciences et sociétés », se déplace régulièrement, auprès des jeunes notamment, dans le département des Bouches-du-Rhône. Si la question du prix du carburant est préoccupante pour eux, elle s’ajoute cependant à une atmosphère d’inquiétude déjà existante, notamment autour du risque des baisses de subventions.

    Précarisation des employés

    La hausse du prix du carburant a provoqué une augmentation de 20% du budget essence de l’association, qui représente lui-même un quart du coût du transport lors d’une prestation. Cela a contraint les agents de l’association à être plus flexibles, mais créé aussi une forte précarité pour eux. « On essaye de faire du covoiturage, mais ça implique parfois que certains employés attendent la voiture pour rentrer à la fin de leur journée, le tout sans être payé. Ce n’est pas tenable sur le long terme », note Hugues Bru. Malgré tout, l’association n’a pas encore eu à refuser ou annuler une prestation, le souci étant encore relativement récent, selon le directeur. « Les effets vont se faire ressentir dans quelques mois si la situation n’évolue pas dans le bon sens, quand il faudra renouveler certains contrats ou faire des devis », s’inquiète-t-il. Une hausse qui pourrait s’ajouter à celles déjà enregistrées concernant « le prix de certaines fournitures ou bien les livraisons de matériel », précise Hugues Bru.

  • Promesses au rabais face aux prix records des carburants

    Promesses au rabais face aux prix records des carburants

    De nouveau, les prix des carburants battent des records en France. Moins d’une semaine après l’essence, c’est le gazole qui a atteint un niveau historique ce dimanche, avec 2,41 euros par litre à la pompe. De quoi battre le pic atteint au mois d’avril, deux mois après le déclenchement de la guerre par Israël et les États-Unis contre l’Iran.

    Face à cette situation, le Premier ministre Sébastien Lecornu a convoqué deux réunions ce lundi à Matignon, avec les directions des administrations centrales en matinée, puis dans l’après-midi avec le gouvernement, pour se pencher sur « l’accompagnement à court et moyen termes » des Français. Mais à l’issue des échanges, les annonces ont été encore repoussées, avec un rendez-vous donné ce mardi à 17h pour présenter de « nouveaux dispositifs d’aide et de soutien ». Emmanuel Macron de son côté s’exprimera à son tour jeudi à 20h, sur TF1 et France 2.

    Des tentatives de reprendre politiquement la main, au moment où la crise géopolitique percute de plein fouet la crise sociale. Face aux spéculations boursières qui nourrissent la flambée, les pénuries se sont en effet répandues dans les stations-service, principalement celles du groupe Total. Ce lundi matin, plus d’une station sur sept était en pénurie en France hexagonale selon les données de Bercy, la région Provence-Alpes-Côte d’Azur faisant à peine mieux que la moyenne. « Pour les deux mois qui viennent, on n’a pas d’inquiétude », rassurait cependant le ministre de l’Économie Roland Lescure ce lundi matin, indiquant que les stocks stratégiques étaient pleins.

    « Cadre budgétaire »

    Comme lui, les membres du gouvernement se sont multipliés en matinée sur les chaînes de radio et télévision pour jouer les pompiers. « On voit bien qu’il faut réfléchir à une aide supplémentaire pour accompagner les gros rouleurs et les salariés modestes », assurait le ministre du Travail. Qui faute de mieux pour l’instant « encourage l’usage du télétravail » pour faire des économies. « Toutes les pistes sont sur la table, à condition que ça reste des aides ciblées et que ce soit respectueux du cadre budgétaire », indiquait de son côté la porte-parole du gouvernement Maud Bregeon. Car quoi qu’il en soit, Bercy avait déjà indiqué refuser toute mesure structurelle, qu’il s’agisse d’une baisse des taxes ou un plafonnement des prix. « Ça coûte énormément d’argent », justifiait la porte-parole du gouvernement. Et d’assurer, très sérieusement, qu’elle préfère « viser les plus précaires ». Reste à savoir si les annonces de ce mardi sauront davantage viser la colère sociale, au moment où les mouvements, sans être pour l’instant massifs, commencent à se multiplier.

  • [Mémoire ouvrière] Lucien Molino : combattre pour le pain et pour la paix

    [Mémoire ouvrière] Lucien Molino : combattre pour le pain et pour la paix

    La situation économique et sociale commande la réplique ouvrière. Les prix montaient en dépit des promesses de baisse du gouvernement. L’indice des prix de détail fut multiplié par trois en 1948. Le « cartel » de la baisse des prix animé par FO et la CFTC était impuissant à enrayer la hausse des prix qui affectait le pouvoir d’achat des salaires. Dès février 1948, la CGT demanda l’augmentation de 20% des salaires, l’alignement automatique des salaires sur les prix et la révision des zones de salaire subie par la province. Nous soutenions aussi les multiples revendications des travailleurs agricoles. À ces appels, les luttes se développèrent, parfois partielles, à partir de juillet. Les actions prirent une plus grande envergure, en particulier les grèves des dockers, des inscrits maritimes, des douaniers, y compris des fonctionnaires. Octobre et novembre marquèrent le point culminant des grandes luttes, surtout pour les mineurs. Cette grève dura huit semaines au cours desquelles, avec courage, ils ont résisté à la répression, aux CRS et aux arrestations, en occupant les mines. Le bureau syndical, avec Giribone et moi-même, avons passé des nuits avec les mineurs qui nous faisaient confiance. Cette confiance fut confirmée par les élections aux délégués du personnel où la CGT obtint 75% des sièges. Le gouvernement dut faire des concessions dans de nombreux secteurs, augmenter les salaires et les retraites.

    « Cette guerre qui nous ruine »

    Au cours de cette année de lutte, la CGT apparut à nouveau comme la force syndicale première et décisive. Les statistiques officielles, bien qu’incomplètes, reconnaissaient pour l’année 6 561 176 grévistes et 13 133 313 jours de grève menée par les syndicalistes CGT.

    J’assistai aux travaux du 27e congrès confédéral, en octobre 1948, qui étaient consacrés pour une grande part aux menaces contre la paix et à la guerre du Vietnam. Alain Le Leap, secrétaire général de la CGT, souligna dans son rapport : « Le Vietnam résiste farouchement malgré la supériorité numérique et technique des troupes françaises et malgré les manœuvres de division du gouvernement français. » Il ajouta : « Les Américains regardent vers ces régions et procèdent à un véritable inventaire des richesses de ce pays. Le peuple français veut que se termine cette guerre qui nous ruine et fait couler le sang des soldats français comme celui des Vietnamiens. » Il félicita les dockers qui donnaient l’exemple et présenta un manifeste qui recueillit l’unanimité, invitant les travailleurs « à l’action contre les fauteurs de guerre et pour une paix solide et durable ». « Sous la direction des expansionnistes américains, dit-il, les forces réactionnaires mènent une politique de provocation à la guerre comme avant la 2de Guerre mondiale, elles préparent cette guerre par une campagne anticommuniste, antisoviétique et contre les démocraties populaires. »

    à suivre la semaine prochaine…

  • Des aides financières dans les filets des pêcheurs

    Des aides financières dans les filets des pêcheurs

    Le port de Fos-sur-Mer mardi, les ports de Nice et de Frontignan ce jeudi, et une nouvelle menace qui se profilait ce vendredi sur celui de Marseille. Les pêcheurs du littoral méditerranéen avaient décidé de passer à l’action pour faire entendre leur voix – et leur détresse – à l’heure où les prix des carburants s’envolent. Étranglant, de fait, leurs très faibles marges.

    Les pêcheurs « se sont engagés à débloquer les barrages », a annoncé jeudi la ministre déléguée chargée de la Mer et de la Pêche, Catherine Chabaud, à l’issue d’une rencontre de plus de six heures au ministère. Des aides indexées, la ministre a promis que lesdites aides « suivr(aient) la variation des cours des carburants ». Elle a aussi évoqué « la possibilité d’ouvrir, pour ceux qui ont des problématiques de trésorerie, un prêt à taux zéro ». « Bien évidemment, c’est surtout pour permettre de faire la transition d’ici le versement des aides », a-t-elle souligné.

    « On peut pas dire que nous avons tout eu. Des négociations sont encore en cours sur certains points mais la monnaie d’échange, c’est qu’on lève les barrages », a réagi auprès de l’AFP Vincent Scotto, pêcheur à Sète (Hérault), à la sortie de la réunion. Catherine Chabaud a également évoqué les aides promises mais non encore reçues par les pêcheurs pour les mois précédents : « Nous avons mis du temps à mettre en place le dispositif d’enregistrement des dossiers, mais aussi de paiement. Et à l’heure qu’il est, on a quasiment, pour les mois d’avril et mai, versé toutes les aides en carburant à tout le monde, on est à 90%. »

    Actions dans les ports

    « Il y avait du retard, et on a regardé avec le service de paiement des aides comment accélérer la procédure. Comme on a cumulé les deux premiers mois, plus les trois mois derrière, les pêcheurs ont rencontré des difficultés de trésorerie », a-t-elle expliqué. « Les pêcheurs sont très dépendants du prix du carburant. C’est, pour certains d’entre eux, jusqu’à 50% de leur chiffre d’affaires », a noté la ministre.

    Le Premier ministre Sébastien Lecornu avait annoncé mercredi soir le relèvement de 25 à 35 centimes par litre du montant de l’aide accordée aux pêcheurs français. Ce montant retrouvait ainsi le niveau maximal autorisé par l’Union européenne, et qui fluctue selon le cours du pétrole.

    Les pêcheurs mobilisés ont levé jeudi à la mi-journée les blocages organisés au port de Nice et à un dépôt pétrolier de Frontignan, dans l’attente de l’issue du rendez-vous entre leurs représentants et la ministre de la Pêche.

    Après un blocage mis en place avant l’aube à Frontignan (Hérault), les quelques dizaines de pêcheurs qui empêchaient l’accès des camions-citernes à un dépôt pétrolier se sont repliées sur la capitainerie de Sète, à l’ouest de Montpellier.

    De même, le port de Nice a été rouvert en début d’après-midi, a indiqué sa direction, après un blocage de plusieurs heures mené par une dizaine de bateaux déployés en mer à l’entrée du port. Les protestataires avaient laissé passer quelques bateaux, notamment un navire de recherches océanographiques, mais un ferry en provenance de Corse a été dérouté vers Savone en Italie, selon une source portuaire.

    Au Grau-du-Roi, des manifestants ont pendu deux mannequins représentant des pêcheurs en ciré jaune du haut d’un phare, avec ces banderoles : « la pêche se meurt », « l’Europe tue ». La mise en scène macabre était aussi déployée sur des bateaux à quai, avec des messages similaires et d’autres faux cadavres.

  • Maintenant

    Maintenant

    Plus 0,8 centime pour le SP95, 0,7 pour le SP98 et 0,2 pour le gasoil : ce lundi 14 septembre, les prix ont encore augmenté à la pompe. À cela s’ajoute une inflation annoncée à 2,9% d’ici la fin de l’année par l’Insee, des tarifs de chauffage qui apparaissent déjà menaçants pour l’hiver à venir… Le tout sur fond d’une cure d’austérité à 30 milliards que le gouvernement Lecornu concocte pour le budget à venir, dont le projet devrait être présenté le 30 septembre à l’Assemblée nationale. Sans oublier, le projet de loi de financement de la Sécurité sociale, qui se fera en parallèle et dont les premiers ballons d’essai lancés cet été n’augurent rien de bon.

    Comment s’étonner que le pouvoir d’achat soit le premier sujet de préoccupation ? Si le sujet figurera au centre de la campagne de la présidentielle, la période qui y mènera va se révéler cruciale. Pas question d’attendre en pliant l’échine que cette nouvelle étape s’ouvre. Les syndicats l’ont bien compris et annoncent de nombreuses dates pour cette rentrée.

    Rapport de force

    Aujourd’hui, l’énergie, mais aussi la santé sur nos territoires, les hausses des salaires et retour de la retraite à 60 ans le 24 septembre, la paix et le climat le 26 septembre, la Fonction publique le 29 septembre…

    Autant de dates et de sujets qui doivent permettre de créer un rapport de force, dès maintenant, pour obtenir des résultats concrets pour les salariés. Suppression des certificats d’économie d’énergie, baisse de la TVA voire ponction sur les 11,2 milliards de bénéfices réalisés par Total sur les six premiers mois de l’année… Les pistes existent pour le prix de l’essence par exemple. Encore faut-il se donner les moyens de les faire entendre.

  • « 2 euros la salade, ça commence à faire beaucoup »

    « 2 euros la salade, ça commence à faire beaucoup »

    Ce vendredi matin, au marché, tout le monde constate une hausse du prix des fruits et légumes sur les étals.

    « C’est surtout le prix des tomates qui a augmenté », observe une habituée âgée d’une soixantaine d’années. Cette Marseillaise poursuit en affirmant, selon elle, que « cette année, tout est plus cher et de moins bonne qualité, les fruits sont plus petits ». Une situation qui a modifié les habitudes de cette cliente, qui se tourne désormais en partie vers des grandes surfaces.

    Un primeur confie avoir « honte »

    Un autre client, d’une trentaine d’années, pointe quant à lui le prix des salades : « 2 euros la salade, ça commence à faire beaucoup ». Malgré cela, il continue d’acheter ses fruits et légumes sur le marché : « Je viens ici parce que je veux soutenir les producteurs locaux qui sont aussi impactés par l’augmentation des prix. Ça ne me dérange pas de mettre la main à la poche. De toute manière, on n’a pas le choix que d’acheter des légumes ».

    Un vendeur présent sur le marché du Prado, à Marseille, confirme que les clients ont constaté une hausse des prix : « Au départ, les gens ne comprenaient pas, mais en leur expliquant les raisons, ils s’y sont faits. » Le marchand confie avoir « honte de vendre des légumes à ces prix ». Jamais ce vendeur du marché du Prado n’avait affiché des tarifs aussi élevés au kilo, selon lui : « 10 euros les brocolis, 6,90 euros les pêches, j’ai jamais vendu aussi cher ».

    Malgré tout, la fréquentation du marché ne semble pas avoir diminué, la solidarité des clients ayant sans doute pris le dessus face à la hausse prix.

  • La pauvreté s’installe chez les étudiants

    La pauvreté s’installe chez les étudiants

    Suzanne Nijdam, présidente de la première organisation étudiante, la Fage, dresse un sombre tableau : « En 2020, en plein Covid, tout le monde criait à l’horreur sur la précarité et qu’il fallait agir étudiant en urgence. Depuis, les aides sociales ont été détricotées ». La rentrée 2026 coûtera en moyenne 3 240 euros pour un étudiant non-boursier en licence, soit une hausse de 655 euros par rapport à 2020, selon l’enquête annuelle de la Fage, rendue publique début septembre.

    Dans le détail, les frais de vie courante atteignent 1 145 euros par mois. Le logement en représente à lui seul plus de la moitié, avec un coût moyen de 637 euros, devant l’alimentation à 181 euros, hors restauration universitaire, estimé à 20 euros. Les dépenses de transport représentent en moyenne 152 euros par mois. À cela s’ajoutent 52 euros consacrés aux loisirs, un poste de dépense souvent considéré comme secondaire mais que l’organisation juge pourtant essentiel. « Cela a un impact énorme sur la santé mentale », estime Suzanne Nijdam.

    Les frais spécifiques de rentrée s’élèvent quant à eux à 2 095 euros. Ils comprennent notamment les frais d’agence immobilière (326 euros), le dépôt de garantie (637 euros) pour la localisation d’un logement et l’achat de matériel pédagogique, comme des manuels par exemple (502 euros). Ce dernier poste est particulièrement prononcé par la Fage, qui le qualifie de « frais illégaux ». Et la Fage de préciser : « Derrière cette augmentation, ce sont des étudiants qui travaillent davantage pour financer leurs études, renoncent à des dépenses essentielles, limitent toujours plus leur alimentation ou repoussent des soins. Cette précarité n’est pas une fatalité, elle est le résultat de choix politiques. »

    Car face à cette hausse continue du coût de la vie, « les réponses apportées restent largement insuffisantes. Nous refusons que les étudiants soient contraints de s’adapter indéfiniment à l’augmentation des prix pendant que les droits étudiants sont fragilisés d’année en année » déclare la Fage. L’organisation réclame ainsi une prise en charge par l’État des frais complémentaires.

    Elle s’alarme également de la situation des étudiants extra-communautaires, jugés « en première ligne face à cette précarité » avec la suppression des APL et la généralisation des frais d’inscription différenciés. Leur coût de rentrée atteint désormais 7 023 euros. Depuis cette rentrée, la majorité des étudiants non ressortissants de l’Union européenne doivent désormais s’acquitter de 2 895 euros de droits d’inscription en licence et de 3 941 euros en master. Deux « coups de masse », selon la Fage, qui réclament la suppression de ces mesures, ainsi que l’indexation et la revalorisation des bourses étudiantes prévues dans une proposition de loi adoptée en première lecture en juin et la pérennisation de l’encadrement des loyers. Même constat à l’Unef, second syndicat étudiant. Cette hausse continue s’inscrit dans une trajectoire de long terme qui ne laisse plus aucun doute : « la précarité n’est pas un accident de la politique gouvernementale, elle en est devenue le résultat assumé ». Cette rentrée résume à elle seule 10 années de macronisme.

  • À Béziers, Ménard fait-il payer aux pauvres ses uniformes ?

    À Béziers, Ménard fait-il payer aux pauvres ses uniformes ?

    Robert Ménard fait-il payer la note de ce qu’il reste de ses uniformes à l’école aux familles dont les plus précaires ?

    Directement, non. Puisque en dépit du retrait de l’État d’une expérimentation ratée, aucune contribution n’est réclamée aux familles. À celles qui en font la demande, deux blouses et deux polos seront encore distribués gratuitement par la mairie de Béziers à la rentrée. Une tenue qui, au passage, n’a plus rien de l’uniforme* vanté par le maire d’extrême droite, soi-disant pour gommer les inégalités sociales. En réalité, elle sert son idéologie qui fantasme le retour d’un ordre moral à l’école qui n’a jamais existé sous cette forme dans le public.

    Indirectement, en revanche, c’est autre chose. Car si la Ville n’a plus à elle seule les moyens de payer des pantalons ni des jupes aux 4 545 élèves des 21 écoles élémentaires publiques de Béziers, il lui en coûte encore environ 44 euros par élève (20 euros selon la mairie) contre 100 euros quand l’Etat co-finançait. Revu à la baisse, ce coût correspond aux 200 000 euros provisionnés au budget de la Ville, selon le PCF.

    Dans le même temps, R. Ménard vient d’augmenter « en catimini » les tarifs de la cantine, déplore le secrétaire de la section PCF biterroise. « Le conseil municipal n’a pas voté, c’est une simple décision du maire datée du 3 août », s’étrangle Nicolas Cossange.

    Une hausse inégalitaire

    Pour les six catégories de tarifs de cantine (jusqu’ici de 1,2 euro pour un quotient familial inférieur à 264, à 4,3 euros pour un QF supérieur à 905), la hausse est de 20 centimes. Sur un total de 144 jours d’école avec 4 545 élèves, cela fait en théorie un maximum de 130 896 euros qui pourraient entrer dans les caisses de la Ville. De quoi amortir le coût de l’uniforme…

    Quoi qu’il en soit, les familles les plus pauvres vont consentir au plus gros effort. Pour celles du premier échelon qui payeront désormais 1,4 euro par repas, une hausse de 20 centimes représente un surplus de 16,66%. Il n’est que de 4,65% pour les familles du 6e échelon qui payeront à présent 4,5 euros par repas.

    N. Cossange pointe aussi le fait qu’« il n’existe aucun échelon de gratuité ni tarif dégressif pour les familles nombreuses ». Et que sous couvert de lutte contre le gaspillage, « il n’est pas possible de décommander un repas au dernier moment ». Il ajoute que de meilleurs tarifs seraient proposés si la cantine était en régie publique. « Chaque année la société privée indexe ses prix sur l’inflation ».

    * Lire aussi la chronique page 18

  • Les grands sites touristiques d’Avignon de plus en plus boudés

    Les grands sites touristiques d’Avignon de plus en plus boudés

    Ils sont quasiment inratables si l’on s’aventure dans ou autour des remparts d’Avignon. Pourtant, le Palais des Papes et le pont d’Avignon (ou pont Saint-Bénézet) enregistrent tous les deux une baisse considérable de fréquentation payante lors de ce mois de juillet comparé aux exercices précédents.

    Pour l’ancienne demeure papale, 89 707 personnes ont déambulé entre les épais murs du site. Soit une baisse de 12% par rapport à 2025 et de 11% par rapport à 2024. En ce qui concerne le pont Saint-Bénézet, la chute est encore plus grande. Avec 59 256 visiteurs, la baisse constatée est de 31% par rapport à 2025 et de 17% comparé à 2024. Au cumul, il y a eu 38 200 entrées en moins qu’à la même période l’an dernier.

    Une baisse non seulement physique mais aussi numérique. Les sites web palais-des-papes.com et avignon-pont.com ont vu leur consultation baisser respectivement de 18,8%, soit 74 000 visiteurs sur le site du Palais, et de 23,3%, soit 44 500 visiteurs sur le site du pont, par rapport à juillet 2025. Des données qui s’opposent au taux de remplissage de plus de 90% annoncé par les professionnels de l’hébergement. Comme quoi les rues étaient bien pleines pendant le Festival. Mais les sièges rouges et les planches des théâtres ont visiblement été préférés aux monuments.

    Année exceptionnelle

    Des baisses auxquelles Avignon Tourisme tente de donner diverses explications. Elle rappelle en premier lieu que l’année 2025 était « exceptionnelle ». Marquée notamment par l’exposition « Othoniel Cosmos ou les Fantômes de l’Amour », déployée sur dix sites patrimoniaux, dont le Palais des Papes et le pont d’Avignon, à l’occasion des 25 ans d’Avignon Capitale européenne de la culture et des 30 ans du classement Unesco du centre historique. Un succès qui « rend la comparaison mécaniquement défavorable », assure Avignon Tourisme.

    L’exposition de cette année a également connu quelques retournements. Était initialement prévue une sorte de cabinet de curiosités de Macha Makeïeff. Mais, pour des raisons administratives et économiques, celle-ci a finalement été annulée. Et finalement remplacée par une exposition de l’artiste sud-coréen Lee Ufan. Est également pointée la « canicule précoce » qui a touché le territoire dès les premiers jours de la saison estivale. Ce qui aurait « probablement limité les déplacements durant une bonne partie de la période étudiée ». Ou encore « un contexte économique moins porteur », assure Avignon Tourisme. Ce qui « a pu inciter les touristes à réduire ou réorienter leurs dépenses de loisirs au moment des départs en vacances », analyse l’organisation.

  • [Entretien] Serge Ragazzacci : « Augmenter les salaires, les minimas sociaux et les pensions de retraite »

    [Entretien] Serge Ragazzacci : « Augmenter les salaires, les minimas sociaux et les pensions de retraite »

    La Marseillaise : En quoi ce 1er-Mai 2026 est particulier ?

    Serge Ragazzacci : Pour trois raisons. Il y a d’abord le contexte de guerre partout dans le monde et le 1er-Mai est une journée internationale. C’est la date choisie en 1889 pour avoir une journée de mobilisation internationale avec un même mot d’ordre qui était à l’époque la réduction du temps de travail, avec, également, l’objectif de rappeler les solidarités ouvrières. Ce qui frappe en 2026, c’est l’étendue des guerres et le retour des visées impérialistes. Il faut donc se mobiliser pour la paix. Le deuxième élément, c’est la nécessité de se mobiliser suite aux tentatives de remettre en cause le caractère férié du 1er-Mai et, au-delà, de disputer le symbole et l’histoire des luttes ouvrières.

    Enfin, il faut profiter de ce 1er-Mai pour faire entendre toutes les revendications et toutes les colères en particulier sur la vie chère puisqu’il y a une nouvelle inflation avec la guerre alors qu’il y avait déjà une inflation forte en particulier des produits alimentaires. Il y a une nécessité que l’on augmente les salaires, les minima sociaux et les pensions de retraite.

    Quelles sont vos propositions face à la hausse des prix du carburant ?

    S.R. : Aujourd’hui il y a la question du détroit d’Ormuz mais il y a aussi les choix politiques de la France qui inquiètent. Crise après crise, c’est toujours la même attitude puisqu’il y a un refus de prendre en compte celles et ceux qui travaillent et d’aller vers les augmentations de salaires. On fait comme s’il n’y avait plus de dividendes dans le pays, comme si des entreprises ne continuaient pas à s’enrichir énormément et comme s’il n’y avait pas 300 milliards d’aides publiques versées sans contrôle ni contrepartie. Il y a des secteurs très fortement touchés puisque la semaine dernière, il y a eu un appel à la grève des aides à domicile de l’Hérault, par exemple. Dans certains secteurs, la voiture est l’outil de travail et, pour d’autres, c’est le moyen d’aller travailler. Il faut vraiment redonner du souffle parce qu’il va y avoir des conséquences sur notre département et sur le tourisme durant la saison estivale. Il y a donc aussi une nécessité de blocage des prix. Il faudrait également avoir une politique industrielle.

    On nous dit qu’il faut aller vers plus d’électrification, mais encore faudrait-il en avoir les moyens. On n’a pas de politique industrielle à hauteur des enjeux économiques et environnementaux. Nous militons toujours pour un retour de ce qu’était EDF-GDF avec une gestion 100% publique. Nous voulons aussi une baisse de la TVA pour les particuliers et les entreprises parce qu’on considère que l’électricité est un bien de première nécessité.

    Les premières conséquences sur l’emploi se font-elles déjà sentir ?

    S.R. : Cela va arriver, surtout chez les artisans et les plus petites entreprises. On ne comprend pas non plus qu’il y ait des remises en cause du télétravail. Au lieu d’inciter au télétravail, ce qui permettrait d’économiser un peu d’argent, on remet en cause ces accords.

    Certains dans le bloc central et à droite voulaient remettre en cause le 1er-Mai. Comment avez-vous vécu cette bataille finalement remportée ?

    S.R. : Il y a une volonté d’être à l’offensive sur ce jour férié et de pouvoir encore libéraliser parce que ça permet de faire sauter des verrous dans le Code du travail. C’est extrêmement important. Ce verrou est primordial car le 1er-Mai est le symbole de la réduction du temps de travail.

    On voit bien les velléités de revenir sur ces réductions du temps de travail, que ce soit sur le droit à la retraite, la semaine de 35 heures ou la journée de huit heures. Il faut que les salariés prennent la mesure du danger. L’objectif est de dérégulariser l’ensemble de certains secteurs. Et pas pour le bien des artisans et des commerçants. Parce que derrière, il y a les grandes surfaces. C’est le cheval de Troie qui a conduit à l’ouverture généralisée des grandes surfaces le dimanche. Il faut aussi rappeler que le volontariat n’existe pas car le contrat de travail est un lien de subordination donc on ne parle pas d’égal à égal avec son patron.

    Le prochain 1er-Mai, en 2027, se déroulera en pleine élection présidentielle, comment appréhendez-vous les prochains mois ?

    S.R. : Il faudra que les gens se mobilisent. Il y a des choses qui se passent dans les entreprises qui permettront peut-être des avancées. On ne sait pas comment va se dérouler l’année à venir, mais nous appelons les salariés à ne pas rester attentistes dans une séquence électorale parce que de l’autre côté, les patrons, eux, ne sont pas attentistes. On voit [après l’invitation de Jordan Bardella par le Medef et la rencontre entre Marine Le Pen et les patrons du CAC 40, Ndlr] la porosité et l’absence de moralité du patronat. Nous sommes dans un phénomène de banalisation et le patronat ne voit pas le caractère raciste, xénophobe, islamophobe et antisémite de l’extrême droite. C’est aussi la conséquence de la démission d’un certain nombre de formations politiques, en particulier à droite, qui ont mis de sacrés coups dans le barrage républicain. Ça devient extrêmement dangereux. C’est un signal d’alerte et il y a besoin d’une réaction à la hauteur. L’autre raison de manifester le 1er-Mai, c’est donc pour s’opposer à la montée de l’extrême droite partout en Europe et plus particulièrement en France. C’est un sujet qui nous mobilise et qui va continuer de nous mobiliser jusqu’à l’élection présidentielle.

    Entretien réalisé par Tristan Arnaud