Petar Tesanovic décrypte le poste de gardien de but au CNM

Faut-il forcément être un géant pour défendre seul une cage de 3 mètres de long pour 1 mètre de haut ? Pas besoin d’une copie double et de quatre heures pour y répondre, mais cette question mérite d’être posée. Le poste de gardien de but au water-polo est unique et infiniment opposé au reste du jeu. Même si la défense sert à aiguiller le portier dans ses parades, au final, le dernier rempart est bien le seul à pouvoir arrêter les tirs adverses.

Petar Tesanovic est le gardien du CNM et international monténégrin. Un homme d’expérience, connaissant parfaitement son rôle. « Pour moi, c’est une tradition familiale. Mon père était gardien et mon grand frère joue dans le championnat grec, au poste de centre. Le sujet a toujours été sur la table, donc j’ai voulu moi aussi commencer », explique-t-il. Ce dernier détaille également les principales qualités pour devenir un bon protecteur de cage. « Je pense que le gardien est un peu différent du reste de l’équipe, c’est même un sport complètement différent. Pour moi, la concentration, la confiance en soi et le calme sont des qualités importantes. » Celui qui débute sa troisième saison au Cercle met le doigt sur un point clé. L’envergure permet également aux gardiens de réussir plus de parades. L’avantage peut être naturel – « je fais entre 2m et 2m05 d’envergure [pour une taille de 1m95, Ndlr] » –, mais aussi la façon de se grandir dans le but.

Tesanovic parmi les meilleurs de la planète

Concrètement, est-ce que c’est difficile de garder un but aussi grand ? La réponse est claire. « Bien sûr que oui, nous assure Petar Tesanovic. Dans de nombreuses situations, il faut couper les angles pour être sur le ballon, bien anticiper, et savoir où la balle va aller. Il y a beaucoup de choses, mais au final, les gardiens ne sont pas seuls. C’est pour ça que les joueurs de terrain vous aident beaucoup avec leur positionnement et leur compréhension du jeu. »

En étalant toutes les caractéristiques de ce poste, une idée nous est venue. Gardien de water-polo et gardien de handball, les différences ne sont finalement pas si nombreuses. Ses deux sports sont très populaires au Monténégro, mais le portier du CNM n’est pas aussi catégorique. « Je ne pense pas que ce soit comparable. Être gardien de handball est un peu plus difficile, parce que le ballon est très rapide. Dans certaines situations, c’est impossible de réagir. Au water-polo, à 5 ou 6 mètres, tu peux réagir à chaque tir. Les tirs à l’intérieur sont plus comme au handball, il faut vraiment être prêt. »

Depuis Bucarest, où il joue mercredi son 2e match de Ligue des Champions de la saison, Petar Tesanovic désigne les meilleurs gardiens du monde actuellement. Ils sont au moins deux à le devancer, d’après lui. « En ce moment, je dirais que c’est Unai Aguirre, l’Espagnol (Barceloneta), mais aussi Soma Vogel, le gardien hongrois (Ferencvaros). Les deux ont beaucoup gagné, ils sont techniquement bons et jouent dans les meilleurs clubs du monde. » Bref, un excellent gardien est capable de faire basculer un match du bon côté, mais il aura toujours besoin de l’appui de ses défenseurs pour réaliser les parades cruciales. Un poste complètement à part et une pièce majeure dans la construction des victoires d’une équipe.

Arrêt roumain

Après leur victoire sur le fil à domicile face aux Grecs du Panathinaïkós (12-11), les poloïstes marseillais se déplacent dans le bassin du Steaua Bucarest, champion de Roumanie, ce mercredi (17h30), à l’occasion de la 2e journée de Ligue des Champions. « On se sent supérieurs, mais on sait qu’il faudra le démontrer sur le terrain. On devra imposer notre rythme dès la première minute et construire progressivement notre confiance, notamment en défense », souligne l’entraîneur Milos Scepanovic. Il devra composer avec les absences d’Adam Nagy, blessé, et de Bilal Gbadamassi, en fin de rééducation.

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