La préfète de l’Hérault interdit les manifestations à Montpellier

Le couperet est tombé. La préfète de l’Hérault, Chantal Mauchet, a décidé d’interdire par arrêté la manifestation, pourtant déclarée en préfecture, prévue samedi 24 octobre « au regard des risques majeurs de troubles à l’ordre public ». La représentante de l’Etat motive sa décision par les « graves incidents et des violences qui ont émaillé la manifestation du 17 octobre dernier et face aux nombreux appels à rassemblements lancés sur les réseaux pour le samedi 24 octobre 2026 à Montpellier. »

« Les rassemblements et attroupements de personnes dans le centre de Montpellier» sont aussi interdits ce samedi de 8h à 22h, sur un périmètre élargi incluant les secteurs gare Saint Roch, place de la Comédie, CC Polygone et les boulevards autour de l’Ecusson.

La préfète instaure également un couvre-feu dans les centres-villes de Montpellier et de Béziers, dès ce vendredi 23 octobre à partir et le samedi 24 octobre dès 20h jusqu’au dimanche matin, 6h.

Dans son communiqué, la préfecture de l’Hérault précise que sont aussi interdits, samedi de 5h à 22h « le port et le transport sans motif légitime d’équipements de protection individuelle (notamment masques à gaz, masques filtrants, lunettes de protection de type masque de ski ou de chantier, casques de protection, genouillères et coudières tactiques) sont interdits dans plusieurs communes du département (dont Montpellier) ». Outre la captation d’images par drones, un dispositif de « sécurité renforcé » est prévu : « Les effectifs locaux de la police nationale et gendarmerie nationale seront renforcés par des unités de forces mobiles. Les forces militaires Sentinelle seront également mobilisées ». La préfecture Aucun tramway ne circulera samedi. Une mesure prise à « titre préventif » et « en accord avec la collectivité et la CCI. »

Mardi 21 octobre, la préfète de l’Hérault avait dit, devant la presse, que le 17 octobre, les 260 forces de l’ordre auraient été submergées par les 35 à 40 000 manifestants quand 4 à 8000 étaient attendus par les renseignements généraux. « C’était insuffisant face à 4 000 casseurs », admet Chantal Mauchet, qui évoque des « rues étroites saturées » et des « attaques simultanées » sans doute «organisées » qui ont « complexifié les interventions ». De 16h à minuit, Benoît Desmartin, directeur interdépartemental de la police nationale, confirme que ses hommes ont subi un « climat d’hostilité d’ampleur inédite ». « Face à des individus très violents qui voulaient se faire des flics, on s’est recentrés sur le Polygone, la préfecture, la gare », justifie le haut fonctionnaire qui évoque la préméditation de «blocks constitués comme au G7 ». « Des caméras ont été peintes. Des gens postés sur les toits nous balançaient des tuiles ». 1 600 grenades ont été tirées, 37 policiers blessés, résume Benoît Desmartin.

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