Rassemblement : il y a 65 ans, le dix-sept octobre 1961

Malgré les tensions en centre-ville de Marseille samedi, le collectif du 17 octobre 1961 a maintenu le rassemblement commémoratif pour les victimes du « massacre des Algériens ». Il y a 65 ans, lors d’une manifestation initiée par la Fédération de France du FLN, plusieurs milliers d’Algériens protestaient dans les rues de Paris contre le couvre-feu imposé aux « Français musulmans d’Algérie ». La répression policière a été sanglante : des manifestants ont été tués, jetés à la Seine et onze mille ont été arrêtés, sous les ordres du préfet de police Maurice Papon.

Depuis, le collectif appelle à « nommer le crime » et demande « la reconnaissance pleine et entière de la responsabilité de l’état dans les évènements ». « Le préfet Papon agit sous l’autorité du ministre de l’Intérieur Roger Frey et du Premier ministre Michel Debré : c’est tout un appareil d’État qui frappe », affirme Zohra Boukenouche, membre du collectif. Elle dénonce un « problème systémique dans la police, qui persiste aujourd’hui ». Elsa Einaudi, fille de Jean-Luc Einaudi, auteur d’enquêtes pionnières sur la guerre d’Algérie et qui a contribué à la reconnaissance officielle du massacre d’octobre 1961, a soutenu la mobilisation à Marseille. « Il faut transmettre l’histoire pour qu’elle soit un outil de compréhension du présent », a-t-elle défendu. Et d’ajouter : « L’état doit reconnaître sa responsabilité pour rendre service à la police, dans un travail de repentance. »

Une exposition d’archives d’articles de presse française et algérienne de l’époque a été déployée sous l’ombrière du Vieux-Port, suivie de prises de paroles sur les crimes policiers. Elles ont attiré les manifestants réunis dans les rues pour protester contre le coût de la vie, le même jour. « Ça résonne aujourd’hui », souligne un participant : « le gouvernement n’écoute toujours pas les revendications ».

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